Le coronavirus en France a fait 762 morts supplémentaires, plus lourd bilan en 24 heures…
Avec 15.729 morts en 1 mois et demi on dépasse largement les décès dus à la grippe classique en 1 an en France ( souvent de 10 à 13 000 morts).
Le nombre de patients en réanimation est toutefois en baisse, « même si le chiffre reste élevé », a souligné Jérôme Salomon.
CORONAVIRUS – L’épidémie de coronavirus a fait au moins 15.729 morts depuis début mars, dont 5470 dans des maisons de retraites médicalisées, selon un nouveau bilan officiel donné ce mardi 14 avril au soir par le Directeur général de la santé.
Ce bilan correspond à 762 décès supplémentaires par rapport au décompte de lundi soir, soit le plus important bilan quotidien depuis le début de l’épidémie, selon les chiffres donnés par Jérôme Salomon.
Le précédent bilan le plus lourd enregistré sur une période de 24 heures remontait au 6 avril, avec 605 décès enregistrés, mais les décès en établissements médico-sociaux n’étaient alors pas encore comptabilisés quotidiennement. Les statistiques livrées en début de semaine par les hôpitaux, comme les décès ou les entrées en réanimation, intègrent par ailleurs le rattrapage d’une moindre déclaration le week-end, et notamment le dimanche.
“Les chiffres que nous communiquons (nombre de personnes hospitalisées, en réanimation, décédées) sont calculés par date de déclaration et sont donc impactés par cette déclaration moindre le week-end et plus importante le lundi”, précisait ainsi l’agence santé publique France à Check News. L’organisation des soins spécifique le lundi de Pâques a également pu différer les déclarations.
Plus de 100.000 personnes testées positives
Sur le bilan total, 10.129 des décès ont été enregistrés en milieu hospitalier et 5600 en Ehpad et autres établissements médico-sociaux, dont 5470 dans les seuls Ehpad, a précisé Jérôme Salomon.
“En plus des décès survenus à l’hôpital et en institutions il y a aussi des décès qui surviennent en ville, à domicile, et tous ces décès font l’objet d’une surveillance par l’Insee qu’on appelle de la mortalité toute cause (qui) sera disponible en détail demain”, a-t-il ajouté.
D’ores et déjà, d’après “les premières analyses des certificats de décès, qui portent sur près de 6000 certificats de décès analysés, la moyenne d’âge des personnes décédées est de 81 ans, 68% de ces personnes présentaient des comorbidités de type pathologies cardiaques, hypertension sévère, pathologies neuro-dégénératives, diabète ou cancer”, a-t-il déclaré.
Par ailleurs, mardi soir, 6730 patients dans un état grave se trouvaient en réanimation, soit un solde de -91 par rapport à lundi. Cet indicateur, qui dénote la pression sur le système hospitalier qui ne comptait avant la crise que 5000 lits de réanimation, est très suivi par les spécialistes.
“La baisse des besoins de réanimation se confirme, même si le chiffre reste très élevé”, a relevé le numéro 2 du ministère, évoquant à nouveau un “plateau” dans la diffusion de l’épidémie. “Nous devons poursuivre nos efforts.”
La France a dépassé le seuil des 100.000 contaminations au coronavirus. En tout, 103.573 personnes ont été testées positives au virus.
18 millions de Français devront rester confinés après le 11 mai, selon le Conseil scientifique
Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, estime que cette population courra toujours le risque « de développer une forme grave » lors du déconfinement.
Comment se déroulera le déconfinement progressif à partir du 11 mai? Si le gouvernement travaille toujours à l’élaboration d’un plan qui sera dévoilé “largement avant” le 11 mai, selon Édouard Philippe, le Conseil scientifique prévoit déjà qu’une grande partie de la population française ne pourra pas reprendre une vie normale à cette date.
Dix-huit millions de personnes à risque devront rester confinées même après le 11 mai, a plaidé ce mercredi 15 avril le président de l’instance scientifique qui conseille les autorités, soulignant que ce déconfinement devrait être reporté si les conditions n’étaient pas réunies.
Au moment du déconfinement, il y aura toujours 18 millions de personnes à risque “de développer une forme grave. Pour ces 18 millions de personnes, on continuera le confinement”, a déclaré le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, devant la commission des lois du Sénat. “Pour combien de temps, je ne sais pas. En attendant peut-être un médicament préventif”, a-t-il ajouté.
Des “pré-requis” indispensables au déconfinement
Selon lui, ces 18 millions de personnes sont les personnes “d’un certain âge, dont je suis, au-dessus de 65 ou de 70 ans”, les personnes ayant des affections de longue durée, ainsi que “des sujets jeunes ayant une pathologie, mais aussi obèses”.
Pour le reste de la population, le déconfinement annoncé par Emmanuel Macron pour le 11 mai ne pourra se faire que si un certain nombre de conditions sont réunies, a-t-il estimé. “Je suis extrêmement clair: si on n’a pas les pré-requis il faut rester confinés” et “s’il faut retarder de quelques jours parce qu’on n’est pas prêt, il faudra retarder de quelques jours”, a insisté le Pr Delfraissy.
Parmi ces “pré-requis opérationnels et techniques”, il a mis notamment en avant la disponibilité d’un nombre de tests de dépistage du virus suffisant et la mise en place d’un système de traçage des contacts des nouveaux cas identifiés.
De 10.000 à 15.000 nouveaux cas par jour en mai
Malgré le ralentissement de l’épidémie attendu, les estimations tablent sur “10.000 ou 15.000 nouvelles contaminations” par jour à partir de la mi mai ou de la fin mai, a-t-il noté.
Pour suivre les contacts de ces cas, il a mis en avant le déploiement d’un outil numérique sur smartphone, en projet. Mais si “le fantasme de la Corée (du Sud) pourrait suggérer qu’avec le numérique on va tout régler, la réponse est non”, a-t-il insisté, notant qu’en plus d’une application numérique, Séoul avait utilisé une “brigade de 20.000 personnes” pour la prise en charge des nouveaux contaminés et le traçage des cas contacts.
“C’est de l’humain qu’il y a derrière. Et on ne l’a pas en France et si on ne l’a pas ça ne marchera pas”, a-t-il estimé, évoquant un chiffre de 30.000 personnes pour cette “brigade” en France.
Dans les pré-requis pour le déconfinemenent, il faudra également “une véritable stratégie claire annoncée à nos concitoyens”, notamment sur des aspects très pratiques comme ce qu’on fait des nouveaux cas positifs (doivent-ils être isolés en famille ou dans des chambres d’hôtels dédiées…).
MCD