Cultiver son jardin naturellement après le confinement
On vous propose régulièrement une série de gestes à adopter pour réduire votre impact sur la planète. Cette semaine, on se reconnecte avec la nature sans dépenser un centime. Et participer çà une plus grande autonomie alimentaire locale…

A Lille, pendant le confinement, en avril.
La France confinée s’est piquée de jardinage. Grands jardins, petits bouts de terrain, balcons étroits ou simple rebord de fenêtre… la moindre surface disponible a servi de prétexte pour remettre les mains dans la terre. Une folie verte, parfaite pour tuer le temps, occuper les enfants, se reconnecter à la nature ou simplement crâner devant ses copains lors d’un apéro Zoom, en brandissant ses noyaux d’avocats en phase de germination.
Empêchés par les restrictions de circulation et l’interdiction à la vente de certains produits de jardinerie, nombre de pouces verts se sont lancés avec les moyens du bord, sans passer par la case magasin. L’occasion de découvrir des alternatives souvent plus économiques et écologiques. A conserver, voire à enrichir dans le monde d’après.
La chasse à la récup’
Cultiver son jardin sans sortir de chez soi pour se fournir en équipements et produits a mis à l’épreuve la débrouillardise. Dans la maison, de nombreux déchets ménagers en plastique ou en carton peuvent être récupérés pour faire germer les graines et accueillir les plantules. Barquettes de fraises, emballages de viennoiseries, boîtes d’œufs, pots de yaourt… préalablement percés pour le drainage, servent de mini-serre. Une bouteille d’eau ou de lait en plastique éventrée fait office de jardinière pour repiquer plants de tomates ou poivrons.
Une fois les plantes développées, partez à la chasse aux contenants durables, de préférence en bois, en céramique ou en terre cuite… Sur un balcon, des caisses de vin ou des cageots en bois se transformeront en jardinières. Tasses dépareillées, jolies boîtes de conserves, paniers en osiers, petits sacs en tissu… sur Instagram ou Pinterest, le détournement d’objets du quotidien en pots de fleurs ou cache-pots est une source d’inspiration quasi illimitée.
Pas de petites économies
La météo particulièrement ensoleillée du printemps a rappelé que chaque goutte d’eau vaut de l’or. Pour éviter l’évaporation de l’eau, arroser au pied des plantes le matin de bonne heure de préférence ou tard le soir. L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie (bidons ou tonneaux peuvent faire l’affaire) sous les gouttières des bâtiments ou plus modestement un grand récipient à un endroit où la pluie ruisselle, permet de constituer des réserves et d’arroser bout de terrain ou balconnières. L’eau de cuisine utilisée pour laver les légumes ou cuire certains aliments, même en petite quantité, peut hydrater les quelques plantes aromatiques en pot d’un rebord de fenêtre.
A la belle saison, pailler les massifs retient l’humidité et économise l’eau. Là encore, le système D utilisé pendant le confinement peut devenir pérenne. A la place d’un paillage naturel à base de feuilles séchées, de tonte de gazon ou de copeaux, il est possible d’utiliser du papier journal non coloré et du carton brun ! Un peu de terreau pour recouvrir l’aspect inesthétique de l’assemblage, et le tour est joué.
Recettes de grand-mère contre intrants de synthèse
Le compost, fabriqué grâce aux déchets de cuisine et de jardin est un excellent terreau « maison » et la meilleure solution pour réduire ses poubelles. Pour ceux qui ne peuvent pas en produire pour des raisons pratiques (manque de place, habitat collectif…) ou en quantité suffisante, nul besoin de se précipiter à la jardinerie. Le jardinier amateur trouve dans sa cuisine des fertilisants naturels. Peau de banane, marc de café par exemple, sont d’excellents engrais organiques.
Pour éloigner les nuisibles et lutter contre les champignons, il existe aussi de nombreux procédés et décoctions de grand-mère. Un rappel : depuis le 1er janvier 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter, utiliser ni stocker des pesticides chimiques pour jardiner ou désherber. Seuls restent autorisés les produits à faible risque ou utilisable en agriculture biologique. Pour autant, il existe des moyens de s’en passer totalement. Savon noir contre les pucerons, purin d’ortie, eau bouillante pour enlever les herbes indésirables… sont des alternatives naturelles efficaces. A condition toutefois de bien les utiliser. Le site jardiner-autrement.fr, porté par la Société nationale d’horticulture de France, avec le soutien du ministère de la transition écologique et solidaire, constitue une source d’information très complète sur le sujet.
Graines, boutures et patience
Avec le confinement, nombre de jardiniers amateurs se sont lancés dans les cultures vivrières, et ont retrouvé le goût des semis. Fini le basilic en pot qui pique du nez sitôt acheté, vive les semences et le repiquage ! Pour renouveler chaque année fleurs et légumes, récoltez vos propres graines, bouturez ou diviser vos vivaces. En cas d’excédents, faites-en profiter vos voisins aux mains vertes ou essayez le troc sur des sites spécialisés comme grainesdetroc.fr, troc-aux-plantes.com ou graines-et-plantes.com. Beaucoup de collectivités ou associations organisent aussi régulièrement des foires aux plants et graines gratuites.
Pour les semences, achetez de préférence chez de petits semenciers qui privilégient les variétés anciennes et contribuent ainsi à sauvegarder la biodiversité. Sur leurs sites, des producteurs de semences et plants bio comme la ferme de Sainte-Marthe (www.fermedesaintemarthe.com) ou l’association militante Kokopelli (kokopelli-semences.fr) garantissent des variétés libres de droits et reproductibles.
Outre un coût financier et écologique moindre qu’un plant « tout fait » acheté en grande surface, le sachet de graines rappelle que le jardinage est affaire de patience et de calendrier. Et cette année encore, confinés ou déconfinés, les jardiniers feront mieux d’attendre le passage de Mamert, Pancrace et Servais, les fameux saints de glace, autrefois fêtés les 11, 12 et 13 mai, pour planter et semer légumes du soleil et fleurs d’été frileuses.
Catherine Rollot
« Ecologie au quotidien Rhône-Alpes » travaille depuis 3 ans à la mise en place d’un Réseau de semences paysannes entre jardiniers, maraichers et agriculteurs. Contacter les pour ce Projet-Action-Développement :
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