Sélectionner une page

Le second tour des élections municipales pour 16 millions d’électeurs le 28 juin, annonce Édouard Philippe

Alors que l’avis du Conseil scientifique se montrait très prudent, l’exécutif a finalement tranché pour cette date.

POLITIQUE : C’est donc l’échéance la plus proche qui a été retenue. Le deuxième tour des élections municipales 2020, reporté à cause de l’épidémie coronavirus, aura lieu le 28 juin, a annoncé ce vendredi 22 mai le premier ministre Édouard Philippe

La date ne fait pas  consensus dans le monde politique, y compris au sein de la majorité. “J’assume avoir considéré qu’un bureau de vote était un lieu indispensable à la vie du pays, qu’il n’y avait ce jour là pas plus de risque à aller voter qu’à faire ses courses”, a-t-il d’abord assuré au sujet du premier tour.

Et d’ajouter qu’avant la prise de décision concernant le second tour, le conseil scientifique avait été consulté et écouté, et que les avis de “toutes les forces politiques” du pays avaient été recueillis afin de trouver une solution optimale.

“La semaine prochaine, nous présenterons au président de la République la deuxième phase du plan de déconfinement”, a donc expliqué ce vendredi Édouard Philippe, “pour que, aussi sûrement que possible, la vie économique, la vie sociale, la vie démocratique, la vie privée même puissent reprendre leurs droits face au virus.”

“Ce ne sera pas un 2ème tour comme avant”

30 000 communes ont déjà leurs Conseil Municipal. Et  plus de 31 millions d’électeurs pourront rester chez eux… ( En fait 50 millions de Françaises et Français ne sont pas concernés…)

“Le 27 mai prochain, nous présenterons au président de la République un décret qui appellera les électeurs à se rendre aux urnes pour le second tour de élections municipales le 28 juin prochain”, a-t-il ensuite annoncé. Pour les quelque 5.000 communes qui n’ont pas élu leur conseil municipal au second tour (soit 16 millions d’électeurs environ. En février 2020, 47,7 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales (hors Nouvelle-Calédonie) ), c’est donc avant l’été qu’il faudra se rendre à nouveau aux urnes.

“Ce ne sera pas un second tour comme avant, si j’ose dire”, a continué Édouard Philippe. “Avec les maires qui organisent le scrutin, avec les candidats et leurs équipes de campagne, nous avons la double responsabilité d’assurer la sécurité de ceux qui participent et la sincérité du scrutin.”

Et de préciser qu’une concertation serait menée par Christophe Castaner avec les maires de France à partir de la semaine prochaine pour organiser “en toute sûreté les opérations électorales proprement dites”. Les règles de la procuration pourraient par exemple être assouplies, en plus de mesures d’hygiènes spécifiques qui seront prises.

Un report encore possible

Également présent, le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs livré quelques pistes quant à la tenue du scrutin. Rappelant la nécessité de respecter les gestes barrières et les préconisation du conseil scientifique, Christophe Castaner a ainsi expliqué que la campagne devrait être marquée par une vigilance accrue. Évoquant des professions de foi possiblement plus longues, des campagnes qui devraient se dérouler de façon numérique et dans les médias, il a dessiné les contours d’un avant-second tour “différent”.

Au sujet du vote en soi, Christophe Castaner a en outre confirmé que les procurations seraient plus simples à faire. “Et le jour du scrutin, dans les bureaux de vote, toutes les précautions seront prises”, a -t-il ajouté, officialisant le port du masque obligatoire dans les bureaux (chirurgical pour les officiels et assesseurs ainsi que les scrutateurs au moment du dépouillement, à minima grand public pour les électeurs).

Toutefois, a insisté le chef du gouvernement Édouard Philippe, cette annonce du 28 juin demeure réversible. “Nous aurons une clause de revoyure, qui interviendra sans doute dans deux semaines. Dans l’hypothèse où ce second tour ne pourrait pas avoir lieu, il faudrait garder le temps nécessaire à l’examen par le Parlement du cadre légal qui pourrait permettre d’organiser un nouveau report.”

Les dirigeants de LR semblent embarrassés sur la position à tenir. “Qu’ils assument”, réclame Christian Jacob qui se dit tout de même favorable à un second tour en juin, notamment pour des motifs économiques, mais sans jamais aller jusqu’à demander officiellement cette date. Il faut dire que le pari est risqué et que les dirigeants de l’opposition ont moins accès aux données sanitaires que les dirigeants.

Le PS d’accord sous conditions

C’est aussi l’avis du Parti socialiste qui se fait encore plus précis. Dans un communiqué publié le 20 mai, le parti à la rose pose deux conditions à une consultation de l’opposition dans ce dossier: “une nouvelle réunion – suite au deuxième avis que rendra le conseil scientifique – entre le gouvernement et les partis politiques 15 jours avant la date retenue pour le scrutin afin de prendre une décision définitive” et que le processus électoral puisse être suspendu “jusqu’au dernier jour” en fonction des alertes de la communauté scientifique. Le parti d’Olivier Faure estime tout de même, comme ses homologues, qu’il appartient désormais au gouvernement de prendre une décision qui relève de “sa compétence exclusive”.

MCD

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *