Masque jeté à terre. Brune Poirson : « une question de responsabilité individuelle et collective »
Déconfinement ne veut pas dire « dégueulasser les lieux publics »… MCD
Les masques jetés à terre menacent ceux qui les ramassent ou termineront dans les océans. Brune Poirson, la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, appelle au civisme.
Brune Poirson, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, appelle à la responsabilité individuelle et collective
pour éviter la pollution liée aux masques de protection jetés après leur usage.
Les masques chirurgicaux jetés sur les trottoirs vous agacent ?
Comme beaucoup de Français ! La place de ces déchets est la poubelle, ceux-là plus encore que d’autres, car potentiellement souillés. Mettez-vous à la place de ceux qui doivent les ramasser et redoutent d’en être infectés. Il faut bien avoir conscience que la mer commence sur nos trottoirs, qu’ils soient de Vannes, Avignon ou Paris, car tout déchet jeté par terre y finit souvent sa course. On ne peut pas léguer aux dix, vingt prochaines générations la pollution de ces masques qui vont mettre plusieurs siècles à se dégrader.
Que mettez-vous en place pour prévenir cette pollution ?
Nous avons lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux, qui sera prolongée par une campagne d’affichage et des spots à la radio, mais c’est aussi une question de responsabilité individuelle et collective. La loi prévoit des amendes de 68 à 180 € pour l’abandon de déchets sur la voie publique mais les policiers ne peuvent pas se tenir en permanence derrière chaque contrevenant ! Les masques, gants et mouchoirs usagés sont des déchets
potentiellement infectés. Lorsque vous êtes chez vous, ils doivent être regroupés dans un sac fermé après usage, et vous attendez 24 heures avant de le jeter dans une poubelle pour tout-venant. Jamais dans un bac de déchets à recycler, pour protéger les employés des centres de tri.
Les déchets sanitaires ne sont pas recyclés ?
Pas parce qu’on n’y a pas pensé mais parce que la règle pour les déchets médicaux à risque infectieux est la destruction. Pour autant, l’État a soutenu dès l’année dernière des projets pilotes pour trouver des solutions de recyclage dans des conditions sanitaires strictes. Ce qui doit nous guider avant tout c’est la sécurité sanitaire.
Stéphane VERNAY