« Je ne pensais pas aux blessures, je pensais à la vie des enfants. » Il fait partie des Grenoblois qui ont sauvé deux enfants des flammes en les réceptionnant après un saut du 3ème étage. Ému, Walid raconte.
« On s’est cassé les bras ou les doigts, ça veut rien dire du tout. »
« Oui, oui, on leur a sauvé la vie. Je me sens tellement fier, je suis totalement ému. Ce sont des vies… Je n’en reviens pas de ce qu’il s’est passé. Hier soir, j’ai pas dormi du tout. Ce n’était pas un problème mais, psychologiquement, c’était plus fort. C’était plus fort de se dire qu’on avait sauvé deux vies. On s’est cassé les bras ou les doigts, ça veut rien dire du tout. Ça va passer. Mais les enfants, ils resteront là et ça restera dans la mémoire de tous les gens qui étaient là. »
L’homme qui parle, c’est Walid Athoumani. Brut l’a contacté depuis l’hôpital où il est soigné depuis mardi. Avec d’autres, Walid a sauvé la vie de Soleiman, 3 ans, et de Sofiane, 10 ans. Les images ont fait le tour du monde.
Ça se passe dans le quartier de la Villeneuve, à Grenoble, mardi 21 juillet sur les coups de midi. Le feu s’est déclenché dans l’appartement où sont les deux jeunes garçons. Leur père est au travail. Walid et d’autres montent au 3ème étage où se trouve l’appartement pour essayer de casser la porte. Tout simplement impossible. Il ne reste plus qu’une solution : les enfants vont devoir sauter par la fenêtre et il va falloir les réceptionner.
« Et là, l’enfant est tombé, on l’a tenu, on a tendu les bras pour le réceptionner et tout le monde sur le quartier était là. »
Les enfants doivent sauter
« On criait, on criait : “Allez, allez, allez, allez, allez, on se met ensemble, on se met ensemble”. Et là, l’enfant est tombé, on l’a tenu, on a tendu les bras pour le réceptionner et tout le monde sur le quartier était là, ils criaient encore à l’autre enfant : “Allez, sautez, sautez, sautez”. Avec beaucoup de courage, je salue les enfants et surtout le dernier qui était courageux pour envoyer d’abord le petit et puis lui-même. » Sofiane, 10 ans, a d’abord aidé son petit frère, Soleiman, âgé de 3 ans à se lancer du 3ème. Puis c’est lui qui s’est élancé après que Soleiman a été réceptionné sain et sauf.
En bas, Walid et les autres récupèrent les enfants comme ils peuvent : pour eux, le plus important, c’est que les enfants soient sauvés. « Eux deux, ils n’ont pas eu de blessures. En tout cas, pas de blessures graves, parce qu’ils n’ont pas touché le sol. Moi et un autre, on s’est cassé les poignets. Il y en avait une autre aussi, qui s’est cassé le pouce. On voulait sauver des vies, on les a sauvées. Je ne sentais pas la blessure. Ce à quoi je pensais, c’est la vie des enfants. »
« Je veux vraiment les féliciter. C’est grâce à eux que mes enfants sont vivants. »
Solidarité
Les images sont tout simplement incroyables.
Ces hommes qui avec leurs bras récupèrent les deux enfants terrorisés. Un acte de bravoure qui a été salué unanimement. Le père des deux enfants a tenu à s’adresser directement à Walid et aux autres personnes présentes pour les remercier. « Je veux vraiment les féliciter. C’est grâce à eux que mes enfants sont vivants », a-t-il déclaré au Parisien. Mais pour Walid, ce qu’il s’est passé est tout à fait normal et se trouve lié à une valeur aussi simple que fondamentale : la solidarité. « Je suis fier de la solidarité qu’on a mise avec tout le quartier, les participants et les gens qui étaient là, à encourager les enfants pour sauter. Parce que ce n’était pas une décision de petit enfant, sauter d’un bâtiment à une quinzaine de mètres, c’est très haut. Mais par rapport au feu, ils nous ont donné leur confiance, ils nous ont crus, ils ont cru en nous. Ils ont pris la bonne décision pour leur vie. On était beaucoup, on avait confiance en nous, on était costauds. Mais ce sont eux qui prenaient le risque. Ce sont eux, les héros. »
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