Les sites de «réinformation», la stratégie payante de l’extrême droite et extrême gauche sur internet
Les discours, surtout sur Internet, conspirationnistes, confusionnistes, complotistes et négationnistes touchent jusqu’à 14 % des habitantes et habitants ( En France). Ces théories fantaisistes inspirées par l’Extrême Droite et repris maintenant par l’Extrême Gauche et Antifa jouent sur les peurs et les pertes de sens. L’Extrême Droite est elle en train de gagner la bataille des idées ? (4/20). MCD
Des sites comme Fdesouche, LDC-News, Novopress ou TV Libertés visent à rendre acceptables les thèses d’extrême droite et extrémistes de gauche auprès de l’opinion publique. Et leur pari n’est pas loin d’être tenu.

Trente personnes –militants associatifs LGBT+, défenseurs du droit d’asile, féministes, artistes, chercheurs– auraient été «fichées» en Bretagne par un site d’extrême droite qui révélaient leurs noms et adresses.
Ce lundi 9 avril, le responsable de la publication du site a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Rennes pour «incitation à la haine, diffamation, injures publiques et provocation à la commission de crimes et de délits», selon le quotidien Le Télégramme.
L’extrême droite reviendrait-elle en force en France? Récemment, plusieurs étudiants occupant leurs universités pour protester contre les réformes dans l’enseignement supérieur ont été violemment attaqués par des individus armés, soupçonnés d’appartenir à des groupuscules d’extrême droite –le dernier épisode datant de samedi soir à Tolbiac, à Paris.
Canaux médiatiques propres
Ces modes opératoires sont loin d’être nouveaux. Seulement, les actions de dissémination et de diffusion des interventions violentes ont désormais des canaux médiatiques propres –comme pour l’attaque de Tolbiac, immédiatement relayée par le média LDC-News (Ligne de Conduite), présent sur les lieux et qui se qualifie d’«agence de presse indépendante».

Extrait de la vidéo à Tolbiac de LDC-News | Capture écran via YouTube
Cette présence sur internet de sites d’«information» et de réseaux sociaux dédiés à la diffusion de l’idéologie de l’extrême droite radicale –et de ses actions– est un phénomène remontant au début des années 2000 mais qui a été peu étudié, en dehors de l’excellent ouvrage Fachosphère ou comment l’extrême droite remporta la bataille du net, des journalistes Dominique Albertini et David Doucet, paru il y a deux ans chez Flammarion.
Internet est devenu nécessaire pour de petites formations qui ne comprennent que quelques centaines de membres: le web permet une démultiplication du militantisme. La faiblesse numérique est remplacée par un suractivisme virtuel qui permet également à tout ceux qui refusent le jeu électoral de s’insérer dans un véritable combat culturel, initié dans les années 1970 à l’extrême droite par la Nouvelle Droite.
L’évolution, les recompositions pourrions-nous même dire, des droites radicales européennes nous poussent aujourd’hui à réfléchir à une nouvelle approche de ces milieux, qui usent de différentes stratégies pour diffuser leurs idées dans des contextes sociologiquement éloignés des leurs –comme la théorie du «grand remplacement», c’est-à-dire l’idée d’une substitution ethnique des populations européennes (comprendre les populations «blanches») par des populations extra-européennes.
De la propagande à la désinformation
Aussi certains thèmes d’extrême droite (remigration, racisme antimusulman, l’immigration vue comme une colonisation, etc.) sont-ils désormais banalisés dans le cadre d’une «guerre culturelle», menée à travers des outils porteurs: le combat culturel, l’usage des rumeurs et de la théorie du complot, la réinformation et l’usage stratégique du confusionnisme.
Ces deux dernières catégories relèvent de ce que l’on appelait par le passé de la «propagande», savant mélange de faux et de vrai, et surtout de thèmes d’extrême droite édulcorée fusionnant avec des références apolitiques ou de gauche/extrême gauche, comme Antonio Gramsci ou comme Pier Paolo Pasolini. Ce confusionnisme est particulièrement flagrant en ce qui concerne l’écologie.
Il s’agit également d’analyser cet usage par l’extrême droite de la «bataille des idées», abandonnée semble-t-il par une gauche à bout de souffle, et surtout à bout d’idées mobilisatrices.
Une étude approfondie montre que ces usages relèvent de la désinformation. Celle-ci peut être définie comme une technique de manipulation de l’opinion publique par la diffusion d’informations fausses, véridiques mais tronquées, ou véridiques avec l’ajout de compléments faux.
L’objectif est de donner une image erronée de la réalité, à des fins politiques ou militaires, à une opinion publique d’un camp adverse. Il s’agit d’une transformation de l’information initiale par dénaturation.
On peut distinguer six éléments caractérisant la désinformation: la déformation de la connaissance, l’intention de tromper (qui distingue le mensonge de l’erreur involontaire), les motifs de ce mensonge, l’objet de ce mensonge, ses destinataires, ses procédés. En ce sens, la désinformation est également une technique qui vise à substituer l’idéologie à l’information.
La désinformation a été fréquemment utilisée durant la Guerre froide, dans le cadre de la guerre «antisubversive», théorisée et mise en pratique par les milieux anticommunistes, nationalistes ou se battant contre l’indépendance des pays colonisés de l’après–guerre, afin de donner une image soit négative, soit positive, d’une idéologie, d’un régime ou d’un État.
On pense ainsi aux images négatives de l’URSS et du communisme diffusées en Europe de l’Ouest et aux États-Unis.
De la désinformation à la «ré-information»
De nos jours, la pratique de désinformation provient principalement d’«agences de presse» issues de groupes extrémistes de droite, cherchant à se présenter comme neutres –telle Novopress du Bloc identitaire, qui se décrit comme «arme de réinformation massive».
L’objectif actuel de l’extrême droite est de diffuser des informations réelles, mais tronquées ou manipulées, dans un sens favorable aux idéaux de ces groupuscules, voire de les faire passer comme provenant d’une source amie ou neutre, afin d’imposer un point de vue, d’influencer une opinion ou d’affaiblir un ennemi.
Ces sites de désinformation se présentent également par un jeu de permutation comme des sites alternatifs, de «ré-information», la désinformation étant selon eux le fait des médias «officiels».
Jean‑Yves Le Gallou, énarque et membre fondateur du Club de l’Horloge, est l’un des théoriciens de la «réinformation». Issu de la Nouvelle Droite, il fut au milieu des années 1980 le théoricien de la «préférence nationale» pour le Front national. Délaissant le combat politique, il se réoriente vers le combat culturel et la «réinformation».
En 2003, il crée la Fondation Polémia, active sur internet, dans le but de combattre le «politiquement correct» des médias traditionnels. Tous les ans, la fondation décerne des «Bobards d’or», destiné à mettre en avant les supposés mensonges des médias dominants –sur l’extrême droite, l’immigration, etc.

Capture écran du site de la Fondation Polémia
En 2012, il lance avec Claude Chollet l’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique (OJIM), qui surveille les journalistes des grands médias et rédige des fiches biographiques les concernant.
Pour diffuser les thèses de l’extrême droite, en particulier identitaires, il crée en 2014 TV Libertés, une chaîne de télévision sur internet. Il est aussi le cofondateur, en 2014 toujours, de l’Institut Iliade, qui promeut la pensée de l’historien d’extrême droite Dominique Venner sur la continuité ethnique de la population européenne depuis la préhistoire.
«Gramscisme numérique»
La principale stratégie de communication des groupes ou sites étudiés peut être définie par une forme de «gramscisme numérique».
Celle-ci, comme son nom l’indique, s’inspire des thèses du théoricien politique italien Antonio Gramsci, appliquées à l’univers numérique. Il s’agit d’édulcorer et de banaliser les thèses de l’extrême droite sur internet, afin de les rendre acceptables auprès de l’opinion publique.
Elle a aussi pour objectif de faire connaître ces partis, groupes ou sites auprès de cette opinion et de lui donner une façade de légitimité –en somme, d’échanger une image négative contre une bonne image de marque, respectable.
Via un activisme tous azimuts sur la toile, les militants imposent une hégémonie culturelle, c’est-à-dire rendent leurs thèses acceptables auprès de la majorité. Cette tentative d’hégémonie est en passe d’être réussie, et d’imposer à l’opinion publique ses thématiques et ses prises de position.
Ainsi le Bloc identitaire (devenu Les Identitaires en juillet 2016), fondé en 2002 –au moment où internet prend son essor et se démocratise en France– mise tout sur le cybermilitantisme.
Son intérêt pour les nouvelles technologies est lié à la personnalité de leur leader, Fabrice Robert. Travaillant dans le milieu de la communication informatique –il est notamment le fondateur de l’agence de presse Novopress, il sera pour beaucoup dans l’adoption de la stratégie numérique du Bloc identitaire.

Capture écran du site de Novopress
L’originalité de cette stratégie repose sur l’utilisation d’outils et d’interfaces mettant à contribution les internautes en terme de propositions de contenus, de partage de connaissances et d’actions: au-delà de la réactivité que permet l’utilisation d’internet pour un tel mouvement et de l’interactivité propre à ce média, c’est dans l’intercréativité de chacun –militants, sympathisants, visiteurs– que Les Identitaires tirent leur épingle du jeu. Ils multiplient les espaces d’information, de mobilisation, de débat et de conversation, qui s’agrègent entre eux, comme l’a montré l’excellent numéro 35 de la revue Réseaux.
Ces espaces numériques ont un statut parfois ambigu: mi-politique, mi-page personnelle, ni espace privé, ni espace public. Cette ambiguïté contribue à confondre les lecteurs. Comme le montre un article du Monde consacré aux trolls d’extrême droite sur internet, il est d’autant plus important de savoir reconnaître et distinguer les différentes plateformes liées de près ou de loin à l’extrême droite et à ses idéologues.
Stéphane François
Bastion Social, le mouvement néofasciste qui s’implante en France
L’activisme néofasciste refait parler de lui à bas bruit depuis plusieurs jours, en divers lieux du territoire. Si des agressions sont à déplorer, un récent mouvement, plus intelligemment structuré, est en train de percer.

À Paris, c’est une attaque du Lycée Autogéré qui a été revendiquée par le GUD. Suite aux violences perpétrées à son université de droit, Montpellier a connu des tensions entre manifestants antifascistes et radicaux de la Ligue du Midi. À Lille, plusieurs étudiants ont été agressés lundi 26 mars près de la faculté de droit de Lille 2 par des membres d’un groupe d’extrême droite local.
À Marseille également le climat a été lourd, en raison de l’ouverture du local du Bastion Social. Nouveau né de la scène de l’extrême droite radicale, ce mouvement, partiellement issu du GUD dont il semblerait que le nom soit donc dorénavant réservé aux actions coup-de-poing, est celui qui commence à retenir l’attention.
Les racines du Bastion Social
Le Bastion Social est un mouvement en expansion lancé par les gudards, où se sont aussi fondus les membres d’Edelweiss-Savoie (fondé en 2013 après la dissolution des Jeunesses Nationalistes par l’État), et qui s’inspire largement du succès de CasaPound en Italie.
L’expérience du Bastion Social tombe à point, tant la concomitance d’un gouvernement ouvertement euro-libéral avec la crise de confiance dans le Front national constitue une occasion en or pour un mouvement néofasciste de s’offrir un repositionnement. L’imitation des «fascistes du troisième millénaire» de CasaPound n’a pas commencé en 2018. Avant le Bastion Social, il y a eu le Mouvement d’Action Sociale (MAS). On ne peut pas dire que le premier soit le simple rejeton du second. Cependant, comprendre pourquoi et comment agissent ces militants qui font aujourd’hui parler d’eux demande de se pencher quelque peu sur l’expérience du MAS, qui fut ô combien plus discrète.
Le MAS apparaît en 2002, avec des militants orphelins de leur organisation dissoute par l’État, Unité Radicale (UR), suite à l’attentat manqué contre Jacques Chirac. Ils ont d’abord rejoint les Jeunesses Identitaires, fondées par l’équipe dirigeante d’UR après la dissolution. Mais les cadres ne souhaitaient pas continuer sur la lancée idéologique et les modalités d’agitation et propagande des années précédentes.
Comme CasaPound, le groupe se réfère au philosophe italien Julius Evola, théoricien majeur de l’extrême droite radicale, à la fois dans sa conception d’une vision païenne du monde et dans celle d’une unité continentale fédérant des communautés ethniques.
Ils ont préféré mettre à profit l’interdiction de leur ancien mouvement pour provoquer une révolution culturelle dans leur mouvance. Comme tout reboot, celui-ci provoque des déceptions: l’abandon de l’anticapitalisme, de l’antisionisme, du totalitarisme et des références aux fascismes mènent certains militants à rompre avec les Identitaires et à édifier leur propre mouvement.
Ces sécessionnistes créent d’abord le groupuscule Pro Patria, auto-dissous en 2009, qui s’inspirait des Nationalistes Autonomes allemands –eux-mêmes ayant rompu avec le fantasme de constituer des partis-milices, selon la forme classique du fascisme, pour s’identifier à la structuration de l’ultra-gauche– par groupes affinitaires, avec des réseaux fluides d’individus qui s’interconnectent lors des actions.
Pro Patria se transforme vite en MAS (2010) et noue des liens, en particulier avec le Groupe Union défense (GUD), Terre et Peuple (mouvement «völkisch» qui défend un nationalisme du sol et du sang, et qui entretient à dessein un certain nombre d’ambiguïtés avec le nazisme) et les Belges post-rexistes de Nation. Le MAS se révèle déjà très inspiré par les Italiens de CasaPound. Ses militants animent d’ailleurs une émission –«Méridien Zéro»– sur la web-radio internationale de CasaPound, Radio Bandiera Nera. «Méridien Zéro» a continué malgré l’incendie du studio-local du MAS en 2014 et même après la disparition du mouvement en 2016.
Comme CasaPound, le groupe se réfère également au philosophe italien Julius Evola, théoricien majeur de l’extrême droite radicale, à la fois dans sa conception d’une vision païenne du monde et dans celle d’une unité continentale fédérant des communautés ethniques. Ses membres n’animent pas de revue propre mais se réfèrent à Rébellion, un magazine national-bolchevique toulousain à la dimension sociale marquée, à Réfléchir et agir, un magazine völkisch, et sont liés à Zentropa, blog esthétique d’extrême droite radicale qui cherche à produire une culture graphique. Forger un type de visuel spécifique à une vision politique, afin de mieux véhiculer cette dernière: c’était là ce que le futurisme avait réussi au bénéfice du fascisme il y a un siècle.
Agir local, penser global
Stratégiquement, la volonté du MAS d’investir la contre-culture et l’ultra-gauche est nette et n’est pas sans évoquer la galaxie dite «socialiste-européenne» qui, après Mai-68, voulait lier ensemble mouvances anarchiste et néonazie. On peut aisément en relever divers exemples.
En 2011, les militants du MAS firent des collages sur les banques parisiennes dénonçant «les banksters». Cette même année, ils sont présents dans la tentative française d’imitation du mouvement des Indignados espagnols. À partir de 2013, on les retrouve dans la multiplication des «Zones à défendre» (ZAD). Ces tentatives de participer aux mouvements d’ultra-gauche sont dénoncées comme des «infiltrations fascistes» par les intéressés –et les militants du MAS ont été physiquement sortis à diverses reprises des ZAD dans lesquelles ils s’étaient invités. Il y a cependant de la part de ces militants nationalistes-révolutionnaires une vraie logique idéologique, leur utopie étant bien celle de créer des communautés locales enracinées et fédérées dans un grand espace européen.
Le refus du MAS de verser dans l’islamophobie pour en rester à une conception ethnique des rapports intercommunautaires, affirmant que l’islam n’est qu’un moyen du capitalisme international pour détruire la conscience ethno-culturelle européenne, est clairement contraire à l’évolution générale des extrêmes droites françaises.
Sur le plan géopolitique, ils constituent toutefois un cas assez rare dans l’actuel nationalisme français en récusant un point de vue pro-russe, contrairement à une tendance de fond de l’extrême droite française et européenne, et en rejetant nettement les conceptions néo-eurasistes. Pour eux, la Russie de Vladimir Poutine n’est qu’un autre dispositif du capitalisme mondialisé. Cette position n’est toutefois pas hégémonique dans leur espace, puisque le journal national-bolchevique Rébellion a pris position pour le rattachement de la Crimée à la Russie. Les gudards lyonnais que l’on retrouve au Bastion Social ont eux, dès le début de la crise ukrainienne, violemment critiqué la Russie, et ont participé en avril 2017 à la conférence «Paneuropa» à Kiev du Réseau Reconquista (à l’esthétique franchement nazifiante), pour qui l’Europe n’est pas à dimension eurasiatique, mais comprise entre les mers de l’Adriatique, de la Baltique et la Mer noire –ce qui renvoie à un vieux projet polonais remis au goût du jour depuis peu, mais dont le principe revient à définir une Europe dont la Russie serait externalisée.
De même, le refus du MAS de verser dans l’islamophobie pour en rester à une conception ethnique des rapports intercommunautaires, affirmant que l’islam n’est qu’un moyen du capitalisme international pour détruire la conscience ethno-culturelle européenne, est clairement contraire à l’évolution générale des extrêmes droites françaises.
Le groupuscule était arrivé à essaimer sur le territoire de l’Auvergne à Nantes, mais connaissait manifestement un turn-over permanent. Il a tenté de le compenser en produisant diverses structures périphériques et en s’auto-définissant comme un réseau: association d’aide aux sans domicile fixe (peu active), groupes de randonnées, ciné-clubs, structures d’aide humanitaire en Grèce, etc. En somme, ici, l’action sociale n’était nullement disjointe du combat culturel: on est bien plus proche de CasaPound que des bavardages du combat culturel à la française.
La recherche d’un espace
La volonté de construire une ligne «néo-nazie de gauche» a toujours laissé à la plus extrême marge les groupuscules français. Elle a été tentée par de nombreux groupes éphémères dans les années 1968-1978. Toutes les apparitions, de Pro Patria puis du MAS, n’ont jamais rassemblé qu’une quinzaine de personnes. Par ailleurs, le décalque des innovations du nationalisme allemand et italien est toujours compliqué en France, pour des raisons de différence sociologique du milieu militant comme des diversités de réception des sociétés nationales.
Pour que le groupe puisse faire corps, il lui faut des ennemis identifiés, le sentiment qu’un moment se joue.
Néanmoins, force est de constater que la marque Bastion Social paraît séduire, même si ces percées sont pour l’instant concentrées sur des zones assez classiques d’implantation des radicaux. Pourquoi cela semble-t-il prendre, alors qu’une expérience proche comme celle du MAS n’attira pas l’attention? Peut-être est-ce d’abord un effet d’ambiance: le Front national ennuie actuellement. Sans doute est-ce également lié à l’angle pragmatique localiste du Bastion Social: si le politique ne change rien, alors agir ici et maintenant ne serait plus le signe vain des agissements groupusculaires mais une façon de «réenchanter le monde».

Des membres de Bastion Social, le 24 mars 2018, à Marseille. | Bertrand Langlois / AFP.
En proclamant que ses valeurs sont «autonomie-identité-justice sociale», le Bastion Social n’invente certes rien –le slogan lui-même n’étant pas sans rappeler celui d’un mouvement du début des années 1990. Mais à cette date, les néofascistes n’avaient pas face à eux un FN en doute, une Europe en crise, un terrorisme islamiste en force, une ultra-gauche vivante. Car pour que le groupe puisse faire corps, il lui faut des ennemis identifiés, le sentiment qu’un moment se joue. Si les reboots peuvent décevoir, les crossovers aimantent le public…
En cela, les agitations actuelles sont, pour l’instant, moins tributaires de la technique des militants que du climat produit par la déliquescence de l’espace public et les assauts de démagogie consécutifs à chaque attentat.
Nicolas Lebourg
Bizarre ! Votre titre parle de sites d’extreme droite et gauche, mais le texte, comme le pâté d’alouette et de cheval, traite trés majoritairement de l’extreme droite. Trés trés bizarre !
Et le surlignage en vert bleu quasi illisible n’arrange rien. Vous n’avez plus de rouge ????