Les « vols vers nulle part », nouvelle tendance du secteur aérien, encensée par les médias, m’écœure

En gros, l’avion décolle (avec ses passagers nostalgiques des voyages en avion), tourne en rond durant quelques heures au-dessus de la ville, puis atterrit après ce petit tour de manège. Après avoir bien brûlé son kérosène.
ÉCOLOGIE – Impliquée dans la lutte contre le réchauffement climatique, je propose notamment sur mon compte Instagram @Decroissante de nouveaux imaginaires autour du voyage. Mon but? Révolutionner notre manière de pratiquer le tourisme, afin qu’il soit plus doux, plus respectueux du vivant.
J’avais prévu de créer une publication inspirante sur mon rapport au voyage pour expliquer pourquoi celui-ci avait évolué au cours de ces dernières années, suite à ma prise de conscience de l’urgence écologique. Un vrai déclic. Car après avoir été adepte des séjours à l’autre bout du monde, j’ai fait le choix de pratiquer aujourd’hui un tourisme plus local, slow, sans avion.
Puis je suis tombée sur des articles récemment parus dans l’actualité sur le secteur aérien, qui m’ont profondément choquée et indignée.
Sur le coup de l’émotion, je décide de relayer l’information que je viens de découvrir: la naissance des voyages “vers nulle part”.
Le concept dit comme ça sonne plutôt bien… Jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’il s’agit encore d’une énième aberration du système ecocidaire dans lequel on vit.
Après les vols à vide, les “vols vers nulle part”
J’ai découvert une nouvelle pratique de tourisme aérien: les “vols vers nulle part”
Je connaissais déjà la méthode des vols à vide permettant aux compagnies aériennes de conserver leurs créneaux de vol.
Mais les vols vers nulle part: c’est un nouveau concept dans le monde merveilleux du capitalisme.
Au départ, je croyais que c’était une blague (du style Le Gorafi). J’ai donc quelques recherches pour vérifier que ce n’était pas un canular.
J’ai franchement été dégoûtée de ce que j’ai pu lire.
Certaines compagnies aériennes adoptent ou envisagent d’adopter une stratégie pour pallier à la crise COVID et à l’effondrement du trafic aérien, en proposant des vols vers… nulle part.
En gros, l’avion décolle (avec ses passagers nostalgiques des voyages en avion), tourne en rond durant quelques heures au-dessus de la ville, puis atterrit après ce petit tour de manège. Après avoir bien brûlé son kérosène.
Sidérée et écœurée par l’analyse de certains médias
Je suis sidérée par l’absence d’analyse critique lorsque les grands médias évoquent cette pratique.
La presse mainstream en vient à saluer cette “solution assez originale” permettant de “sauver le secteur aérien”, mais quelle aubaine! Le Figaro évoque les “initiatives insolites des compagnies aériennes”. C’est vrai que c’est marrant et tellement insolite de polluer le ciel de cette façon-là! Du jamais vu! Le Journal du Dimanche, bien que plus nuancé dans son article, titre quand même: “Les vols sans destination cartonnent”.
L’Obs parle d’“astuces pour amortir l’effondrement du trafic aérien”. Je réfléchis et je me dis dans la tête, les yeux écarquillés: “Mais c’est pas le secteur aérien qu’il faut sauver, bordel, c’est la viabilité de notre vie sur Terre!”. Notons que le terme “effondrement” est utilisé dans cet article, mais pas à très bon escient…
Je souligne que le vocabulaire exprimé dans nos médias reflète une vision tellement “bisounours” et surtout très obsolète de notre système capitaliste destructeur de notre écosystème.
Je suis écœurée de constater qu’en 2020, ce type de fait est encore classé dans la rubrique “Actu Insolite” et abordé avec autant de légèreté!
Dans le contexte de la crise climatique en cours, ces actes sont criminels
De mon point de vue, c’est tout simplement criminel, suicidaire et irresponsable à l’égard de notre survie sur une planète déjà en surchauffe.
Nos forêts ne cessent de brûler, notre bon sens continue de s’éteindre.
Sidérant !
Très bel article.
Effectivement c’est totalement sidérant, à croire que certains n’ont toujours pas compris que la planète se meurt de leurs bêtises. Je croyais avoir tout vu, tout lu, tout entendu… Mais non, chaque jours ramène son lot de stupidités.
Je n’ai pas pris l’avion depuis 25 ans et je ne m’en porte pas plus mal.
Si seulement les idiots allaient habiter sur Mars 😉