Chers adhérents et sympathisants,
MediasCitoyensDiois exprime son soutien chaleureux et déterminé à la famille et aux proches de Samuel Paty, à la communauté des enseignants et à toutes celles et tous ceux qui défendent la liberté d’expression et de pensée.
Les fanatiques qui se réclament d’une religion pour commettre des actes criminels trahissent cette religion au lieu de la défendre. La violence dessert les causes qu’elle prétend protéger. Et les croyants pacifiques de notre pays en sont aussi victimes.
Les actes terroristes et extrémistes ont pour but de briser la cohésion nationale et de semer le doute sur les valeurs fondamentales de notre République et de notre démocratie. Nous affirmons haut et fort que nous ne cèderons jamais à la terreur et aux intolérances intégristes, et que nous continuerons à promouvoir une société respectueuse des différences. Ce n’est pas par l’exclusion, mais bien par l’éducation laïque, l’information libre et honnête, la coopération des esprits ouverts, le dialogue et la bienveillance que nous obtiendrons ce résultat.
Nous vous invitions à participer aux rassemblements prévus partout en France en hommage à Samuel Paty. MCD
Rassemblement aujourd’hui dimanche 18 octobre à 15h devant le collège lycée du Diois, pour Samuel Paty, pour les enseignant.e.s, pour la liberté d’expression, parce qu’ on ne meurt pas pour un dessin.
« Cet acte horrible est la dernière chose capable de faire réagir les lâches »
Enseignante et essayiste engagée en faveur de la laïcité, Fatiha Boudjahlat dénonce le substrat culturel qui a rendu possible cet attentat odieux.
Fatiha Boudjahlat est professeure d’histoire-géo en réseau dans l’académie de Toulouse.
Fatiha Boudjahlat est professeure d’histoire-géo en réseau d’éducation prioritaire dans l’académie de Toulouse. Pour cette militante laïque au tempérament affirmé, « les actes horribles sont la dernière chose capable de faire réagir les lâches ». L’effroyable décapitation d’un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine est un attentat islamiste d’une profonde gravité et qui pourrait susciter une prise de conscience dans la communauté enseignante comme dans le pays. Défenseure d’une application rigoureuse des principes de la laïcité notamment à l’école, elle dénonce la grande rigidification de la norme religieuse en cours et le rôle joué par les discours de victimisation portés par des associations en guerre contre l’universalisme. Interview d’une prof révoltée.
Est-il devenu impossible d’enseigner la laïcité au collège ou au lycée ?
Fatiha Boudjahlat : Ce sujet me tient à cœur et je l’aborde avec exigence scientifique. Je fais du droit et je démultiplie les sources, j’organise des débats sur des sujets comme « peut-on critiq

uer ou se moquer de la religion ? », sur Mila, sur les menus confessionnels ou sur le burkini. On travaille sur des supports variés qui vont du simple tweet au texte de loi, en passant par l’édito. On relève les arguments, on débat, mais je veille surtout à ce que les élèves ne puissent pas choisir le point de vue qu’ils vont défendre. C’est comme cela qu’ils comprennent qu’une opinion n’est qu’une opinion. Elle peut les vexer, et alors ? Il faut être ferme. J’ai le souvenir d’un élève qui avait refusé de faire la minute de silence après les attentats de 2015. J’ai été claire : « Vous prenez votre table, vous la retournez contre le mur, vous ne faites désormais plus partie de cette classe. » Cet élève a fait cette minute de silence et ne se souvient même plus de cet épisode aujourd’hui. Son attitude dénotait un conflit de loyauté, il ne faisait que ce qu’il supposait que ses parents attendaient de lui. Cela lui aurait permis de se dire qu’il n’avait pas trahi ses parents.
Les derniers chiffres du ministère indiquent que les atteintes à la laïcité sont aujourd’hui de plus en plus le fait de parents d’élèves…
J’en veux infiniment à ces parents. Je vois déjà les argumentaires qui avancent qu’ils n’ont pas incité à la violence fleurir sur les réseaux sociaux. Mais ils savaient très bien ce qu’ils faisaient, cherchant à entretenir cette idée qu’ils sont à part, qu’ils ne sont pas comme les catholiques, qu’eux croient vraiment. Ce qui me touche, c’est qu’il y a aujourd’hui des enseignants qui ont peur de ne pas être soutenus, et je ne peux pas leur donner totalement tort.
Cet événement va-t-il marquer un tournant dans la culture du corps enseignant ?
Ce qui s’est passé est aussi grave que Charlie ou le Bataclan. On ne cesse de franchir les échelons. Je ne suis pas certaine que les syndicats se montreront courageux, il faudra regarder ce qui se passe dans les jours à venir. Les actes horribles sont la dernière chose capable de faire réagir les lâches. Cette décapitation médiévale à la Daech fait réagir les lâches, prenons-en acte. On a déjà largement perdu la bataille. On voit bien que Jean-Michel Blanquer veut défendre les valeurs de la République, mais qu’il doit d’abord gagner la bataille contre sa propre administration. Il faut que l’indicible se produise – un prof décapité en France – pour que les gens réagissent. Nous le constatons tous les jours, l’orthodoxie religieuse devient la norme et les accommodements ne sont en aucun cas une solution. Plus on sera sympas et accommandants, plus on encouragera l’orthodoxie. Encore une fois, il n’y a que la fermeté qui paye.
Qu’attendez-vous de votre autorité de tutelle et, plus largement, de la classe politique ?
J’attends des propos forts, je n’en peux plus des « oui, mais ». On le constate, ce « mais » est un droit à tuer. J’attends que l’administration remette les parents à leur place et protège ses enseignants. Il n’y a pas de loi supplémentaire à faire pour cela, c’est une culture administrative qui doit changer pour soutenir ses enseignants. Dans les établissements ghettoïsés, c’est la course à qui sera le plus musulman. Il faut casser ces ghettos, fermer ces établissements, qu’importe la vindicte des syndicats dit de gauche qui ne manqueront pas de s’offusquer. Il faut piloter et encourager la mixité pour que ce soit efficace. Il faut qu’on tienne bon là-dessus, car il n’y a qu’à l’école que les enfants entendent un autre son de cloche.
Humeur : « Vous nous faîtes chier ! » par Jérémie Peltier…
Les fascistes islamistes en assassinant un professeur de notre école ont réussi la prouesse d’énerver Jérémie Peltier ! Dans une chronique qu’Ernest est d’une fierté immense de publier, Jérémie dit stop. Il nous fait même rire avec sa colère. Parce que dans ce monde tragique, le rire c’est mieux que tout le reste ! Rions encore, toujours et mort aux cons ! D.M.
Comme chaque vendredi en France, un attentat islamiste se produit. C’est sans doute une nouvelle habitude, le nouveau « train-train quotidien » avec lequel il faut désormais organiser nos semaines. Un peu comme « Le lundi c’est raviolis » de « La vie est un long fleuve tranquille ». Changement d’époque, changement d’ambiance, changement de tout, je suis d’accord.
De nouveau, ce vendredi, un barbare a tué. Il a assassiné un professeur. D’histoire qui plus est. Un professeur d’histoire qu’on a décapité (décapité, la seule chose que savent faire les barbares). On a décapité trois choses : un être humain libre (ce que jalousent secrètement les barbares), un professeur (celui qui transmet le savoir) et une discipline (l’histoire, la plus belle des disciplines évidemment).
On essaie de décrypter la fameuse « déglingue » pour tenter autant que faire se peut de s’en sortir dans une époque franchement dingue où le sourire et le rire n’ont jamais été aussi salvateurs.
Là, vous l’aurez compris, on est sur un acte d’une telle gravité et d’une telle atrocité qu’il est honnêtement très difficile d’en tirer quelque chose de léger. Sans aucun doute car ce drame et cet assassinat sont justement l’œuvre de ceux (les tueurs et leurs complices bien nombreux) qui combattent, détestent et vomissent tout ce qu’il y a de léger dans la société. On apprend en effet que le professeur d’histoire lâchement assassiné aurait été décapité par ce fasciste islamiste car des parents d’élèves se seraient « plaints » qu’il ait montré des caricatures de notre bon vieux Charlie Hebdo. Ces parents d’élèves se seraient en effet « indignés » que leurs petites filles et leurs petits garçons aient vu le zizi (ou les fesses je ne sais plus, je suis perdu) du prophète à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression.
En France, sérieusement ? On coupe la tête à un professeur d’histoire car il a montré une image ou un dessin avec des fesses et un zizi ? On lui coupe la tête ? !!! Mes amis, à y regarder de près, toute la déglingue de l’époque est là, en fait. Et en y réfléchissant bien, je crois qu’on peut dire que tout cela commence à nous faire follement mais follement chier. Et que notre patience a, comme on dit, des limites.
Dans les images diffusées par les chaines d’info en continu depuis vendredi, on voit un parent d’élève déclarer que sa fille avait été « choquée » par le cours du professeur, que d’autres enfants avaient été « blessés ». On apprend même que le professeur tué par le barbare avait malgré tout eu l’élégance de proposer aux jeunes cons qui avaient « peur d’être blessées » (tout simplement hallucinant) de sortir de la classe au moment du cours ou de « détourner le regard » des caricatures (en France, époque du sur-mesure où les élèves se croient chez Flunch, prennent ce qu’ils aiment et ne prennent pas ce qu’ils ne leur convient pas, signe supplémentaire de l’ « archipelisation » de la société française par ailleurs).
Apprenez ce qu’être blessé veut dire !
A l’issue de ce cours, on apprend que les organisations complices du crime, comme le CCIF ou le Conseil des imams de France, avaient bien insisté et fait monter la sauce sur le fait que les élèves s’étaient sentis « agressés », « humiliés », « froissés » par ce professeur d’histoire, et qu’ils estimaient qu’on leur avait « manqué de respect » en montrant des caricatures et des dessins de presse.
Eh ! Oh ! On redescend un peu ? Vous avez peur d’être blessé de quoi ? Peur d’être blessé par qui ? On a peur quand on traverse seul un endroit sombre, peur quand l’avion décolle et qu’il y a des secousses. On a peur d’être blessé quand on saute à l’élastique ou quand on a peur de tomber alors qu’on fait du scooter sans chaussette et sans gants.
Pour le reste, ce n’est rien, rien que du papier, du vent, de la foutaise. Vous nous faîtes chier. Chier, chier, chier. On est blessés quand un ami meurt ou qu’une copine nous largue, on est choqués quand on enterre son père, sa mère, sa sœur ou son frère au cimetière, on est choqués quand la femme que vous aimez vous annonce qu’elle est enceinte d’un autre homme, on est blessés quand nos amis font une soirée sans nous avoir invité. Vous vous sentez agressés de quoi ? Agressés par qui ? On est agressés quand on se fait plaquer contre un mur et qu’on se fait voler son téléphone, on est agressés quand on se fait violer, on est agressés quand on se prend un point dans la gueule. Pour le reste, ce n’est rien, rien et encore rien.
On en a plein le dos de vos blessures à la con
On a violé ton corps pour te sentir blessé ? On t’a cassé le bras ? On t’a crevé un œil pour que tu sois blessé ? Toutes les personnes qui se sentent blessées nous font chier, chier, chier.
Et on en a plein le dos de vos blessures à la con dont on nous parle chaque jour, en permanence et dans tous les lieux. Quelle que soit votre confession religieuse d’ailleurs, et ça vaut pour toutes celles et ceux qui ne croient pas non plus mais qui sont en permanence choqués et indignés : vous nous fatiguez à vous sentir offensés en permanence. Vous êtes fatigants, usants, ennuyants.
Par ailleurs, nous avons appris que le parent d’élève qui a fait la désormais célèbre vidéo avait porté plainte contre le professeur pour « diffusion d’images pornographiques » lorsque celui-ci a fait son cours sur la liberté d’expression et montré les caricatures aux enfants. Eh oh pépère, tu vas te détendre non ?! Le seul qui regarde du porno dans la famille, c’est toi le soir quand tout le monde est couché, quand t’es tranquille sur Youporn ou sur ton IPTV. Donc calmos. Ta fille est en sécurité. En pendant qu’elle est à l’école tu peux continuer de profiter de ta télé. Tu devrais remercier la République !
On entend déjà les commentaires des intellectuels, des commentateurs pour expliquer la situation (comme s’ils ne savaient pas ce qui se passait depuis des années et des années et des années dans ce pays, comme si la montée du relativisme ne se voyait pas, comme si depuis des années et des années des livres n’avaient pas été écrits sur toute cette merde, sur les anti-Charlie et sur les minutes de silence sabotées en janvier 2015) : « Les élèves sont pris dans un conflit de loyauté entre ce qu’on leur enseigne et leurs valeurs familiales ». Eh ! Oh ! On peut redescendre un peu. Quel conflit ? On s’en branle bordel. Ils sont grands, ou alors ils vont grandir, ils vont tomber. Ils ne vont pas nous casser les couilles à revendiquer je ne sais quoi.
J’en peux plus d’entendre parler de vos religions à toutes et tous en permanence. C’est ça le progrès ? Croire en un truc hyper vieux, totalement irréaliste et franchement ringard ? Tout cela nous fait chier. On n’en peut plus. On n’en peut plus d’entendre sans arrêt comme pour vous faire plaisir et vous donner un sucre : « Oui, vous avez le droit d’être choqué par les caricatures de Charlie Hebdo, vous avez le droit de vous sentir blessé » ; « vous n’êtes pas obligés d’aimer Charlie Hebdo même si vous devez le respecter » ; « Il faut faire comprendre aux élèves pourquoi on travaille sur ce sujet pour ne pas les heurter ».
Bah en fait, j’ai envie de te dire que non ! Non, que ce soit les juifs, les cathos, les musulmans, on ne vous accorde pas le droit de vous sentir blessés pour si peu. Vous êtes grands, vaccinés (sauf les anti-vaccins Pro-Raoult) et vous allez arrêter de pleurnicher en permanence pour des choses drôles qui devraient vous détendre l’anus à toutes et tous.
Car oui, c’est drôle. Quand Desproges dit « Israël est un pays assez laid et mortellement ennuyeux. Dedans, il n’y a rien, et autour, c’est plein d’arabes », c’est drôle. Oui, c’est drôle. Et il faut quand même être sacrément con pour ne pas trouver ça drôle, et encore pire pour se sentir blessé. Si vous ne riez toujours pas après avoir lu cela trois fois, vous pouvez partir vous cacher, la vie n’a pas besoin de vous et vous ne la méritez pas.
« On emmerde vos épidermes »
Par ailleurs, toi le parent d’élève, tu vas arrêter de nous emmerder. Le prof sait tout ce que toi tu ne sais pas, donc tu déposes ta fille ou ton fils devant les grilles de l’école et tu le laisses faire. Point. Fin de la discussion. Et toi, le gros con d’élève qui ne sait rien à part regarder Tik Tok sur ton téléphone, tu vas commencer par la fermer, t’assoir sur la chaise et écouter. Car le professeur sait, et toi tu ne sais rien. Et ta mère et ton père ne savent rien non plus à part comment te laver le cul. Donc tu vas arrêter de faire chier et d’aller pleurer dans leurs bottes quand un prof t’a fait comprendre que t’étais débile et pas un surdoué qui s’ignore comme on te le fait croire. Tu vas l’écouter, la fermer et apprendre. Tes susceptibilités, on s’en moque, ça ne nous intéresse pas. Ce n’est tout simplement pas intéressant.
Depuis l’attentat terroriste islamiste de vendredi, on entend dans la vidéo de ce gros con de parent d’élève qui tourne partout : « Le professeur s’est permis de montrer notre prophète » ou un truc dans le genre. « Il s’est permis ? ». Quoi ? Il s’est permis d’enseigner ? De dire des choses ? C’est son métier espèce d’abruti. Donc lâche nous tu veux. Il se permet ce qu’il veut, en fait. Il est payé pour ça, pas toi. Donc vos épidermes, on s’en moque comme de l’an 40. La vie c’est avec la tête, un peu avec la bite, beaucoup avec le cœur. L’épiderme, ce n’est rien, le ciel, ce n’est rien.
« Croire, c’est la liberté de chacun », entendons-nous sur les plateaux télé comme pour modérer tout de suite ce qu’il vient de se passer, comme pour rassurer tout de suite celles et ceux qui veulent croire absolument, toujours et encore, au détriment de la raison, pour les rassurer tout de suite sur le fait qu’elles ont raison de continuer à croire car tout cela est très beau. Car il ne faut surtout pas heurter les croyances des uns et des autres par crainte qu’ils se mettent à pleurer.
Mais arrêtons ! Non, on peut aussi dire que ça fait chier. Redire que ça fait chier. Croire est à la source de pas mal de conneries sur cette terre et ça commence à sérieusement faire chier. Est-on obligés de croire à quelque chose honnêtement ? Moi, je crois profondément que le PSG mérite de gagner la Ligue des Champions, je n’en fait pas des caisses chaque jour et je ne me mets pas à pleurer car je trouve que c’est injuste quand ils perdent.
Est-ce qu’on pourrait enfin dire qu’on vit beaucoup mieux quand on ne croit pas à toutes ces conneries ? Dans un édito publié il y a plusieurs mois, Riss, le directeur de Charlie Hebdo, proposait l’instauration d’un # sur twitter #WithoutGod, pour montrer à quel point on vit bien mieux sans dieu, à quel point c’est moderne, cool, sexy et sympa. C’est ce combat qu’il faut mener car tout cela commence à faire chier.
Des jeunes devenus vieux
Par ailleurs, on va s’arrêter deux secondes sur les jeunes : la génération Oui Oui est devenue la génération Ouin Ouin. Caroline Fourest parle très justement de « Génération offensée ». Qui pleurniche sans arrêt. Toutes les enquêtes montrent d’ailleurs (et depuis plusieurs années maintenant) que les jeunes, toutes confessions religieuses confondues, sont ceux qui défendent le moins Charlie Hebdo, les caricatures et la liberté d’expression. Dans une enquête réalisée par l’Ifop, Charlie Hebdo et la Fondation Jean-Jaurès à l’occasion de l’ouverture du procès de janvier 2015, 40 % des moins de 25 ans considéraient que le procès intenté en 2006 par la Grande Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France contre Charlie Hebdo pour avoir publié un numéro sur Mahomet reproduisant des caricatures était justifié.
40 %, 4 sur 10, qui trouvent qu’il était justifié de faire un procès à Charlie pour cela ? Eh, oh, les jeunes, on vous a pissé dans le cerveau ? Normalement, dans un pays normal, les jeunes rient, les vieux sont choqués et outrés. C’est comme ça que ça se passe et ça doit de passer.
Pourquoi nos jeunes sont devenus vieux ? Dans la chanson « jeunes et cons » ces blaireaux n’ont gardé que « cons ». C’est à eux de se marrer, et c’est eux qui passent leur vie à chialer. Je ne comprends plus rien. Je sais simplement qu’on en a marre des chiants. Des pas drôles. Des ceux qui ne savent pas rire. Des gros cons qui nous font chier car se sentent blessés quand ils voient deux hommes s’embrasser dans la rue. Qui nous bassinent car leur femme doit être vierge avant le mariage. Qui nous cassent les bonbons car on montre nos formes, nos corps, nos seins et nos fesses partout.
Vous nous faites chier. Et on a perdu patience. Donc, à partir d’aujourd’hui, vous toutes et tous, les chiants, les pénibles, les complices de tout ce qui s’est passé vendredi : on ne vous accorde plus le droit de vous sentir offensés et de nous expliquer que c’est normal que les uns et les autres se sentent blessés. Ça a trop duré, trop longtemps. Les petites phrases à coups de « Il faut faire preuve de pédagogie, il ne faut pas choquer et faire comprendre… » : basta ! Un professeur décapité, et on va continuer à prendre au sérieux leurs chouineries de gamins immatures qui ne savent pas rigoler quand un dessinateur dessine une bite et une chatte.
Il est temps que ça rentre (l’humour, pas la bite, je sais me tenir). Car on veut se marrer. La période est suffisamment chiante avec le Covid pour que l’on continue à accepter les pleurnicheries.
On a fermé la nuit avec le couvre-feu et la fermeture des boîtes de nuit, je ne sais pas si vous êtes au courant. On ne peut plus choper car tous les lieux nocturnes sont clos. On ne peut plus danser et draguer librement. La période est donc déjà assez difficile pour en plus passer notre temps à vous consoler en permanence car vos yeux ont vu un barbu tout nu ! Donc Basta. Ras le cul. On ne va pas non plus se rajouter vos pleurnicheries. Tous les politiques chiants vont nous dire : « Il ne faut pas que les Français se divisent ».
Bah en fait, si ! Il faut se diviser en deux catégories : les mâtures qui veulent encore rigoler et qui savent être légers, et les autres, les insupportables, les chiants, ceux qui vous cassent un dîner car ils sont chiants et pleurent tout le temps. Je plaide pour diviser les Français en deux catégories : ceux qui méritent la vie car ils la font danser ; et les autres qui ne servent à rien car ils ne savent même pas l’embrasser en cachette. Ceux qui font l’éloge de la frivolité et contre les enfants de la frilosité.
On a envie de rire, de danser et d’aimer !
Il va falloir que vous compreniez un truc : nous on veut se marrer. Car après la vie il n’y a rien. Donc on veut jouir, profiter, sortir, rire, s’amuser. Car c’est la seule façon de s’en sortir. Car c’est la seule façon de surmonter le tragique de nos existences. Donc devenez grands, et arrêtez un peu de croire à des conneries ça vous fera du bien et vous pourrez peut-être baiser comme des lapins.
L’année 2020 a été pourrie. Que toutes les personnes qui se sentent offensées, blessées, indignées, heurtées ou que sais-je encore prennent enfin une bonne résolution pour 2021 : arrêtez de nous faire chier svp ! Arrêtez d’être connes. Devenez matures. Nous on est fatigués et cette fois on va arrêter de sécher vos larmes quand vous pleurnichez. On a plus de temps à perdre avec vos bêtises. Donc si ça ne vous plait pas car vous êtes des pisse-froid, restez confinés, ce n’est pas grave. La vie mérite des jouisseurs, des danseurs, des chanteurs et tout ce que le monde regorge de troubadours en tout genre. Si vous n’avez pas ces qualités, si vous n’arrivez pas à vous apaiser, à vous détendre (je vous assure que je connais des moyens hyper agréables pour cela), hop, confinement imposé, c’est n’est pas bien grave et ça nous fera des vacances et le Covid circulera moins.

Le directeur de Charlie, Riss, écrit cela dans son édito du merveilleux livre publié à l’occasion des 50 ans de Charlie Hebdo, Charlie Hebdo : 50 ans de liberté d’expression publié aux Échappés (3) :
« Des idéologies intolérantes, des intégrismes religieux sont toujours bien présents dans un monde qu’on avait cru un peu vite débarrassé de toutes formes de totalitarisme. Les libertés fondamentales, dont la libre expression, nécessitent un combat incessant sans lequel elles ne manqueraient pas de s’éteindre silencieusement. La censure, qui était autrefois le monopole des tyrans et des États répressifs, s’est aujourd’hui démocratisée par le biais des réseaux sociaux où se multiplient les intimidations, le harcèlement et même les menaces de mort (…). La liberté d’expression ne repose pas sur les seules épaules d’une poignée de dessinateur, journalistes, écrivains, universitaires, artistes ou cinéastes, mais sur celles de tous les citoyens qui croient en elle. Chacune de leurs voix, chacune de leurs opinions compte et doit pouvoir s’exprimer sans peur et sans crainte, et à travers elle, nous rappeler de ne pas oublier ceux qui ont consacré et parfois perdu la vie pour cette liberté vitale ».
« Intégrisme religieux », « Totalitarisme », « Intimidation », « Réseaux sociaux », « Peur », « Crainte », « Vie » : Tout ce qu’il se passe depuis hier est dans ce texte. Est expliqué. Et la façon se de défendre face à toute cette merde aussi.
Pour être clair : on va continuer à montrer le cul du barbu, de se marrer là-dessus car on va pas se mentir ça nous fait bien marrer. Vive l’histoire, vive la République, vive les profs, vive le cul. Honneur et hommage à Samuel, victime de la barbarie islamiste, martyr de l’extrême droite religieuse.
« En France, on n’a pas d’idées, mais on a des gros cons ». Phrase de conclusion signé Cabu, dont je vous conseille l’exposition à la Mairie de Paris en ce moment pour continuer à flotter dans ce monde de trous du cul.
[1] Caroline Fourest, Génération offensée. De la police de la culture à la police de la pensée, Grasset, 2020
[2] https://jean-jaures.org/sites/
[3] Charlie Hebdo, 50 ans de liberté d’expression, Les Echappés, octobre 2020
Tout est dit, et bougrement bien dit !