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Mon vote sur les néonicotinoïdes

Ce jour j’ai voté contre le projet de loi relatif aux conditions de mise en marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire dit « projets betteraves » visant à réintroduire la possibilité d’utiliser des néonicotinoïdes dans la filière betterave française.https://rcf.fr/sites/default/static.rcf.fr/radios/rcf26/celia-de-lavergne.jpg
Je suis pleinement consciente des difficultés de la filière betterave sucrière française et très attentive à ce que des solutions d’accompagnement leur soient apportées, mais j’ai la ferme conviction que la réintroduction des néonicotinoïdes n’est pas une solution acceptable.
Avant tout car il s’agit d’un retour en arrière, or ma conviction est que nous ne pouvons « reculer » devant les progrès faits en matière de produits pesticides. Comptez sur moi pour donner le temps de la transformation des filières aux agriculteurs, que je tente d’accompagner au mieux depuis le début de mon mandat, mais pas pour revenir en arrière.
Les difficultés de la filière betterave sucrière sont structurelles ; elles sont liées à la fin des quotas, à la faute collective de tous les acteurs pour trouver suffisamment rapidement d’alternatives fiables aux néonicotinoïdes, à la sécheresse qui fait baisser les rendements depuis des années. Tout autant voire bien davantage qu’au puceron et à la jaunisse. Les réponses à leur apporter sont donc à rechercher ailleurs que dans la réintroduction des néonicotinoïdes.
Ce projet de loi traduit une approche que je ne cautionne pas. Le message au monde agricole n’est pas le bon. Je sais les contraintes des producteurs, je sais les difficultés sur le terrain dans un contexte difficile tant par l’apparition de maladies ou la multiplication des évènements climatiques extrêmes. Je sais que de nombreuses filières nécessitent encore des produits phytopharmaceutiques pour traiter certaines situations. Je suis prête à dialoguer, comme depuis le premier jour de mon mandat, et à soutenir la transformation de filières dans des conditions acceptables pour les paysans, même si cela nécessite de la pédagogie auprès des citoyens pour faire comprendre ces contraintes et faire aimer notre agriculture. Mais ce n’est pas ce qui nous est proposé là.
Nous connaissons la dangerosité de ces substances : ces produits sont toxiques pour les pollinisateurs et agissent sur leur système nerveux central. L’impact des néonicotinoïdes sur la biodiversité dépasse donc les ravageurs ciblés et les substances actives du produit se retrouvent à 90 % dans les sols pendant plusieurs années, mais aussi dans les cours d’eau ou champs avoisinants.
En 2018, lors de la loi EGALIM, j’avais moi-même défendu auprès d’Edouard Philippe l’élargissement de la définition des néonicotinoïdes et obtenu l’accord du gouvernement. Ma volonté d’alors était de ne permettre en aucun cas un retour en arrière ou un contournement de la loi. Je suis fidèle et cohérente à cette position. Nous ne devons pas et nous ne pouvons pas reculer devant cet objectif.
Le confinement a été le meilleur remède contre l’agribashing, redonnant à nos paysans toute la reconnaissance pour leur travail et la qualité de leurs produits. Elle avait permis de changer le discours et le regard de nos concitoyens sur le travail passionnant mais exigeant de nos producteurs. Nous devons continuer sur cette voie plutôt que d’envoyer un message néfaste tant à nos agriculteurs qu’à nos citoyens.
J’ai bien évidemment échangé avec nos représentants du monde agricole pour évoquer ce vote et les assurer de mon plein soutien pour les échéances à venir. Vous êtes très nombreux, citoyens et associations, à m’avoir interrogée sur ce sujet. Je m’excuse de n’avoir pu répondre en amont à tous et donné suite à l’ensemble des très nombreux rendez-vous que vous m’avez demandés. Je reste bien évidemment à votre disposition pour de plus amples échanges et remercie toutes celles et ceux qui ont partagé leurs convictions avec moi.
Célia de Lavergne

Rendez-vous à Nyons avec Célia de Lavergne.


La députée de la circonscription Célia de Lavergne tiendra une permanence décentralisée le lundi 19 octobre à 14h30 à Nyons dans l’ancienne salle des mariages.

L’occasion d’échanger et de répondre à toutes les sollicitations. La prise de rendez-vous se fait par téléphone, au 07 83 86 82 55.

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