Je plante et préserve des variétés locales d’arbres et d’arbustes

Crédit : Morgane Wollenberg
Les arbres, des êtres vivants à part entière
Les arbres indigènes [1] participent à l’équilibre des écosystèmes et à la diversité écologique de nos paysages. Ils sont plus bénéfiques que les essences exotiques ou d’ornement [2]. Ils constituent le support de vie de la faune et de la flore européenne et jouent un rôle important dans notre environnement. Les baies du sureau noir sont appréciées des fauvettes et des merles noirs en automne, le noisetier est le garde-manger de l’écureuil roux et le renard roux glane les baies juteuses dans les haies. Autour des essences indigènes vivent de nombreuses espèces sauvages : insectes, mammifères, oiseaux mais aussi des lichens, des mousses, des fougères… Ainsi, plus de 400 espèces d’invertébrés ont été recensées sur un vieux chêne !

- Linotte mélodieuse (Linaria cannabina), un passereau commun des haies © Pixabay
Protégeons les arbres
Si vous repérez sur votre terrain des jeunes plants d’arbres (chêne, charme commun…), protégez-les des rongeurs par des manchons protecteurs. Préservez ceux qui sont situés à un endroit où ils pourront très bien se développer. De même pour les arbres dépérissants ou morts, une deuxième vie s’offre à eux et ils sont tout aussi indispensables dans les écosystèmes. Laissez les arbres se développer naturellement autant que possible sans taille ni élagage et gardez du bois mort sur pied et au sol. Si néanmoins vous êtes dans l’obligation de tailler quelques branches pour des questions de sécurité (voirie, voisinage), faites-le toujours lorsque la sève est redescendue, c’est-à-dire l’hiver de novembre à février. La taille est en effet à proscrire au printemps et en été. D’une part car les plaies rendraient les arbres plus sensibles aux maladies parasitaires et d’autre part, car la saison de nidification des oiseaux s’étend du 1er avril à fin juillet.
Favoriser les arbustes nourriciers
Pour permettre à la faune de se nourrir, pensez à préserver la végétation spontanée. Sous nos latitudes, un milieu naturel laissé en libre évolution aboutit à un boisement au bout de plusieurs années. Si vous souhaitez planter, choisissez de préférence des essences locales à fruits, baies et graines. Ainsi, les fruitiers comme les pommiers, poiriers ou figuiers fournissent une ressource alimentaire abondante aux grives, merles noir, étourneaux sansonnets et mésanges qui prélèvent la pulpe des fruits blets en automne. L’églantier, l’aubépine, le fusain d’Europe, le cornouiller sanguin, le sorbier des oiseaux ou le sureau noir fournissent des baies en été et en automne à bon nombre d’oiseaux avant leur migration : fauvettes, rossignols philomèles… Les fruits à coques comme les noix et les noisettes sont utilisés par le pic épeiche, la sittelle torchepot et les mésanges, plus tard en saison.

Quels arbres choisir ?
Les feuillus indigènes (arbres à feuilles caducs) fournissent la nourriture à la faune et facilitent la reproduction des oiseaux grâce aux enfourchures des branches : érable plane, érable champêtre, chêne, hêtre, châtaignier… Les vieux arbres fourniront à leur tour les cavités utiles aux espèces cavicoles [3] : chouette hulotte, pics, mésanges mais aussi aux chauves-souris et au loir gris.
Evitez absolument les arbres d’ornement et/ou exotiques : par exemple le chêne rouge d’Amérique, le liquidambar ou le ginkgo biloba originaire de Chine, sont des arbres d’ornement courants dans les parcs et les arboretums mais malheureusement sans grand intérêt écologique sous nos latitudes. Les oiseaux ne fréquentent pas non plus les haies uniformes de laurier-cerise, un arbuste d’ornement originaire d’Asie, considéré comme envahissant. Leurs branches ne sont pas adaptées à la fixation des nids.
Si vous partez de zéro, orientez-vous vers des pépinières locales qui pourront vous fournir des plants indigènes. L’autre solution est d’être patient et de laisser les arbustes indigènes pousser au fil des années sans jamais les couper. Au bout de 15 à 20 ans, et sans aucune intervention humaine, les ligneux [4] s’installeront.

Attention au type de sol
Le type et la nature du sol sont des critères non négligeables au moment de choisir des essences d’arbres et d’arbustes à planter. En effet, une essence appréciant les sols frais, acide et plutôt argileux ne poussera pas correctement ou dépérira dans un sol trop calcaire ou trop sableux.
Ainsi, avant de planter, il est important de connaître son sol en l’observant et le touchant :
- Un sol argileux est collant une fois humide, une fois sec il est très dur. Le sol argileux est une terre « lourde ». Ce sol retient bien l’eau, et se dessèche lentement. Les aubépines, groseilliers, hêtres, pommiers, chênes et charmes s’accommodent des sols argileux.
- Un sol sableux quand on l’attrape n’a pas de cohésion, mouillé il est difficile de le manipuler en petit rondin entre ses doigts, il s’effrite vite. Le sol sableux est une terre « légère ». Sa couleur n’est ni sombre ni claire, et il retient très peu l’eau. Les peupliers, frênes et sorbiers apprécient ce type de sol.
- Un sol acide se caractéristique par un pH très faible (qui tend vers 1). Au contraire un sol alcalin (basique) est un sol calcaire avec un pH élevé (qui tend vers 14). Pour déterminer rapidement cela, vous pouvez prélever une petite quantité de votre sol (à 20 cm de profondeur) et verser un peu de vinaigre blanc à 12%. Plus les bouillonnements sont importants plus votre terre est calcaire. S’il n’y a pas de réaction la terre est acide. Le chêne liège, le sureau noir, le hêtre ou encore la viorne apprécient les sols acides. Le tilleul ou l’argousier apprécient les sols alcalins. Des essences tels que l’érable champêtre et le chêne pédonculé peuvent supporter aussi bien des sols acides qu’alcalins, ainsi que des conditions climatiques variables : on dit que ces espèces ont une grande valence écologique (c’est à dire des espèces qui s’adaptent à différents types de sols, de milieux, de climats…).

Plantation d’un arbre © LPO Pour planter un arbre…
En novembre ou en décembre, dans un sol non gelé, creusez un trou de 50 à 60 cm de profondeur avec une pelle, en gardant la terre de côté. Le trou doit pouvoir contenir les racines et sa motte de terre. Puis mettez la motte dans le trou. Si l’arbuste est fragile, fixez un tuteur avec une ficelle entourant le tronc, il fera office de soutien. Rebouchez en tassant la terre avec les bottes ou la pelle [5], puis arrosez abondamment au pied de l’arbre avec de l’eau de pluie récupérée par vos soins.
Publié le mardi 27 octobre 2020 – Mis à jour le mardi 10 novembre 2020
[1] Indigène ou autochtone : se dit d’une espèce qui vit naturellement sur une aire biogéographique donnée, sans que l’homme ne soit intervenu.
[2] Les arbres et plantes d’ornement sont des plantes vouées à la « décoration » : elles ont été sélectionnées et cultivées pour leurs qualités d’agrément (couleurs des fleurs, du feuillage, forme, etc.). Ce ne sont donc pas des végétaux sauvages qui poussent spontanément dans la nature.
[3] Cavicoles : espèces qui se reproduisent dans les cavités (arbres, bâtiments…), à ne pas confondre avec cavernicoles = espèces associées aux cavernes.
[4] Ligneux : Désigne une plante qui renferme du bois dans ses organes.
[5] Un tassage trop important du sol risque d’expulser l’air et de provoquer une asphyxie des racines par manque d’oxygène, conduisant au dépérissement de l’arbre. C’est l’arrosage qui va permettre aux racines de se coller à la terre.
Vallée de la Drôme, le 01 Novembre 2020
« Sous les arbres … rejoignons nous ! »: action de plantation de 10 000 arbres sur la Vallée de la Drôme et le Diois.
Madame, Monsieur,
Les associations Biovallée et Ecologie au Quotidien vous invitent à prendre part au programme nature « sous les arbres … rejoignons nous ! » qui débute ce 1er Novembre 2020.
Ce programme vise, à minima, la replantation de 10 000 arbres à partir du 20 février 2021 sur les espaces « communs » des 100 communes de la Vallée de la Drôme avec le soutien des habitants et habitantes, des entreprises, des associations et des collectivités locales.
100 projets locaux, sponsorisés par les pépiniéristes de la vallée. Une mise à disposition gracieuse de plants pour les projets en fonction des souhaits et des arbres qui seront disponibles chez les pépiniéristes au début du mois de février.
Les espaces dit « communs » sont des terrains appartenant au domaine public (Mairies, Communautés de Communes, Département, Région, Etat, etc.), les terrains sous contrat, bail, convention avec une structure d’intérêt général ou utilité publique. Les établissements scolaires, d’accueil de personnes âgées, en situation de handicap ou victime de précarité, les centres de formation et fondations sont éligibles à ce programme. Comme des terrains d’expérimentation en agroécologie, jardins forestiers et maraichage sous couvert, des jardins ouvriers, partagés ou familiaux sur des terrains communaux ou sous convention et /ou bail garantissant l’usage collectif. Ainsi que les zones artisanales, industrielles, pavillonnaires et commerciales propriétés des Communes. Retrouvez la carte des communes éligibles en pièce jointe. Cette année 2021 le projet se cantonne à la Biovallée.
Pour participer à ce programme nous vous invitons à identifier les terrains dont vous disposez et à renseigner les informations sur votre projet dans le formulaire joint au présent courrier ou directement en ligne sur la plateforme Biovallée : https://biovallee.letsco.co/
Cet espace numérique rend visible l’ensemble des projets, vous permet de vous mettre en contact directement avec les autres porteurs et porteuses de projet, de mettre à jour vos informations au fur et à mesure des avancées de votre projet. Les formulaires papier y seront saisis par nos soins.
Vous pouvez dès à présent soutenir financièrement ce programme en adhérant* à l’association Biovallée et/ou en réalisant un don* en tant qu’habitant ou habitante, association, entreprise ou collectivité par courrier ou en ligne. Retrouvez ces informations et les modalités de défiscalisations sur le site internet de Biovallée : https://biovallee.net/adherer.
Vous trouverez à la suite de ce courrier les grandes étapes du programme, vos contacts, le formulaire, la carte des communes éligibles et le bulletin d’adhésion de l’association Biovallée.
Le Président de l’Association
Biovallée – Philippe Huyghe –
Association des Acteurs
de Biovallée
ECOSITE – Place Michel PAULUS
26400 Eurre
Tél : 04 26 52 11 22
E-mail : communication@biovallee.net
Les 3 CO-Présidentes de l’association Ecologie au Quotidien
Anne Tesson, Valérie Bourdin et Fabienne Soudé
Association Ecologie au quotidien
3 rue saint Marcel
26150 DIE
E-mail: ecologieauquotien.die@gmail.com
Tél : 04 75 21 79 16
« Sous les arbres … rejoignons nous ! »
-Programme Nature 2021-
- Du 1er Novembre 2020 eu 15 Janvier 2021 : Recensement des projets d’aménagement d’espaces nature dans toute la vallée à partir d’un formulaire et/ou d’une inscription en ligne.
- Possibilité déjà de faire les trous de plantations, s’approvisionner en compost et paillages, créer des collectifs pour prendre soin du projet/programme/action. Faciliter les coopérations avec les paysannes et paysans de la commune, les services techniques des espaces verts des communes et Interco. Protéger et sécuriser les trous. Imaginer les compléments possibles : mares, fleurs, sentiers pédagogiques, ruches, hôtels insectes, etc…
- Du 01 Janvier au 22 Février 2021 : Sensibilisation, formation et accompagnement des porteurs et porteuses de projets et des bénévoles. Organisation des « Rencontre de Die » les 29/30/31 Janvier et 20/21/22 Février en lien avec le programme.
- Entre le 01 et le 15 février : Les « bons de commandes » formulés aux pépiniéristes seront étudiés pour valider les arbres qui pourront être alloués aux projets en fonction de vos demandes.
- 20 Février : Début des plantations d’arbres et aménagement des espaces nature dans toute la vallée.
- Jusqu’au 2 Avril : Bilan du programme à partir des groupes projets locaux.
- Avril – Mai : Évènement de bilan et de perspective du programme Nature.
Vos contacts :
Biovallée – Tao Carpentier
– tao@biovallee.net – 06 33 45 23 20 ou 04 26 52 11 22
Ecologie aux Quotidien – Sylvain Roche
– ecologieauquotidien.die@gmail.com – 06 60 54 19 80 ou 04 75 21 00 56

