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Social Suisse : une « Grève pour l’avenir » qui promet une ampleur inégalée

Tandis que la France se rejoue « des luttes pour des masques ou des vaccins », nos amiEs suisses ne se trompent pas de combat… Sans Haine, sans violence et sans armes ! (Albert Spaggiari)

La grève des femmes, qui a réuni 500 000 personnes (l’équivalent de quatre millions de personnes en France) dans tout le pays le 14 juin 2019, sera-t-elle battue ? En tout cas, un mouvement inédit a été lancé ce vendredi 4 décembre en Suisse avec la grève pour l’Avenir, qui rassemble les militants de la grève du climat, les syndicats, des établissements scolaires et bien d’autres collectifs, notamment en lien avec la jeunesse…

Dès le 17 janvier, des assemblées populaires vont être organisées dans toute la Suisse et le 21 mai 2021, une « Grève pour l’avenir » aura lieu. L’objectif est de lutter contre la crise climatique, mais aussi contre toutes les autres crises qui sont interconnectées, notamment les inégalités sociales.

Grève pour l’Avenir: rendez-vous en mai 2021

Le mouvement veut continuer de mobiliser pour un avenir écologique et social. Il annonce une grande journée d’actions pour le 21 mai prochain.
Grève pour l'Avenir: rendez-vous en mai 2021
La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles. KEYSTONE
Climat

La Grève pour l’Avenir, initiée par le mouvement de la Grève du Climat, veut continuer de mobiliser pour un avenir écologique et social. Une grande journée d’actions aura lieu le 21 mai prochain. La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles, rappelle vendredi le mouvement à l’occasion d’une conférence de presse. Diverses formes

Des actions dispersées en Suisse à l’occasion de la «Grève pour l’avenir» : Climat

Ce vendredi 15 mai devait être une journée symbole de la convergence des luttes sociale et climatique. Coronavirus oblige, les manifestants se sont repliés sur des microévénements

Manifestation à Lausanne pour le Climat, ce vendredi 15 mai 2020. 

Des actions ont eu lieu vendredi dans plusieurs régions de Suisse à l’occasion de la «Grève pour l’Avenir». La grande journée de grève et d’actions, initiée par le mouvement Grève du Climat Suisse mais aussi de nombreux syndicats, partis politiques, collectifs et associations dans les rues de toute la Suisse, est, elle, reportée. Les organisateurs ont donc concocté un programme alternatif pour respecter l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes et la distance sociale.

Les manifestants ont appelé à lutter simultanément contre deux courbes: celle du coronavirus et celle des émissions de CO2. Dans plusieurs villes, de nombreuses personnes ont participé à l’action «Alarme climatique» de 11h59. Les participants, avant tout les jeunes, ont répondu à l’invitation d’utiliser des casseroles ou des instruments, de monter le son de la musique ou de chanter et crier des slogans. Ils se sont aussi tenus sur leur balcon parfois ou ont ouvert grand les fenêtres pour faire du bruit.

«Alarme climatique» à Lausanne.

En fin d’après-midi, ce sont des micromanifestations spontanées qui devaient avoir lieu en plusieurs endroits sur le principe des espaces de «4 mètres carrés».

Manifestations avec distanciation

Dans le canton de Vaud, la Grève pour l’Avenir s’est déclinée en plusieurs actions symboliques, surtout à Lausanne. Une trentaine de jeunes activistes y ont participé à ces deux mini-rassemblements. Le premier s’est déroulé sur les escaliers du palais de Rumine avec 21 personnes à deux mètres de distance des unes et des autres, portant chacune une lettre sur un grand carton, avec pour slogans: «Le climat n’attend pas» d’un côté et «Changeons de système» de l’autre.

Une dizaine de policiers ont surveillé l’action, sous l’œil aussi de quelques passants. Le groupe s’est ensuite dirigé vers le Grand-Pont, avec ces mêmes deux slogans. Là, légèrement plus regroupé, il a fait l’objet de l’intervention de la police qui a procédé à des contrôles d’identité. En début d’après-midi, une action «Tourisme écocidaire» a finalement été annulée en ville de Lausanne.

Une motion populaire

A Fribourg, le mouvement de la Grève du Climat Fribourg a mené dès vendredi matin une action symbolique. Les militants ont déposé et accroché une centaine de pancartes et une dizaine de banderoles évoquant leurs revendications sur la place Georges-Python et sur celle de l’Hôtel de Ville.

Le mouvement de la Grève du climat et celui des Grands-parents pour le climat avaient aussi lancé fin avril une motion populaire demandant d’investir 500 millions de francs dans «des mesures de relance de l’économie cantonale écologique et socialement juste». Le texte demande qu’une partie de la fortune cantonale, qui se monte à quelque 1,3 milliard de francs, finance des mesures en faveur de la crise climatique et de la crise du coronavirus, venue se mêler au débat. Les militants comptent déposer leur motion munie des 300 signatures nécessaires avant l’été.

Actions sporadiques et micromanifestations

Dans le canton de Neuchâtel, les rassemblements physiques de fin de matinée à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel ont été remplacés par des actions sporadiques en fin d’après-midi dans les deux villes. Avant l’émergence de la crise sanitaire, il était prévu dans le canton de Neuchâtel que les participants convergent vers un site de réunion commun dans le chef-lieu cantonal. Une grande manifestation aurait alors dû s’ébranler à partir de là.

Ville placardée

A Bâle, L’Alliance pour le climat avait appelé la population à fabriquer et coller des affiches soutenant la protection du climat. Elle a été entendue: dessins et slogans ont fleuri dans la ville et recouvrent depuis vendredi matin l’espace public, clôtures de chantier en tête. Des clochers ont aussi sonné à midi moins cinq pour symboliser l’urgence de la situation.

Des slogans sur les murs bâlois. 

Les appels à se passer d’émissions de CO2 à Bâle dès 2030 ont également été inscrits, notamment sur des trottoirs de la ville. D’autres actions documentées en ligne sont proposées aux habitants. Des morceaux d’étoffe ont été suspendus à des fenêtres. Des personnes se sont, en outre, photographiées devant le logo d’entreprises accusées de participer à la destruction du climat.

La Grève pour l’Avenir annonce une grande journée d’actions

Initiée par le mouvement de la Grève du Climat, la Grève pour l’Avenir va organiser une journée d’actions le 21 mai prochain afin de renforcer la lutte contre les crises climatique, sociale et sanitaire

La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles. (Photo d’archive)

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

La Grève pour l’Avenir, initiée par le mouvement de la Grève du Climat, veut continuer de mobiliser pour un avenir écologique et social. Une grande journée d’actions aura lieu le 21 mai prochain.

La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles, rappelle vendredi le mouvement à l’occasion d’une conférence de presse.

Diverses formes d’actions sont prévues le 21 mai, comme des grèves, des événements éducatifs et des actions décentralisées. L’objectif est de lutter contre la «catastrophe globale» représentée par les crises climatique, sociale et sanitaire.

La responsabilité de la Suisse

La Suisse a une responsabilité particulière, car elle loge en son sein des groupes d’intérêt puissants, qui par leurs actions, mettent en danger la vie d’autrui, estime la Grève pour l’Avenir dans son communiqué. Le pays peut de la même façon avoir une influence positive sur le monde en crise.

Parmi les pistes d’actions, le mouvement revendique notamment de gérer les investissements réalisés par la place financière, de contribuer à un changement de politique énergétique, ou d’agir contre les grandes entreprises de l’agroalimentaire et des matières premières qui ne respectent pas les droits des personnes et de l’environnement.

Il s’agit également de s’opposer aux accords internationaux ayant des effets désastreux pour la planète et de promouvoir le développement de structures alternatives et l’organisation démocratique de la société, relève la Grève pour l’Avenir. Cette dernière veut par ailleurs protéger et étendre les droits des travailleurs, des peuples indigènes et des réfugiés.

Des assemblées climatiques

Afin de construire un système politique réellement démocratique, participatif et décentralisé, des assemblées climatiques se tiendront dans toute la Suisse le 17 janvier prochain. «Nous voulons montrer comment un processus démocratique peut se dérouler en dehors de la politique institutionnelle qui a consolidé et reproduit notre monde jusqu’à présent», relève le mouvement social.

Ces assemblées offriront également un espace pour les personnes sans passeport suisse et âgées de moins de 18 ans, «qui n’ont autrement pas leur mot à dire dans le processus politique». Un objectif majeur est de cibler les domaines de la vie qui ont été jusqu’à présent exclus du processus démocratique, comme l’économie, la place financière et le droit d’accès au sol.

La Grève pour l’Avenir annonce une grande journée d’actions

Initiée par le mouvement de la Grève du Climat, la Grève pour l’Avenir va organiser une journée d’actions le 21 mai prochain afin de renforcer la lutte contre les crises climatique, sociale et sanitaire.

Publié: 04.12.2020, 11h02
La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles. (Photo d’archive)
La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles

La Grève pour l’Avenir, initiée par le mouvement de la Grève du Climat, veut continuer de mobiliser pour un avenir écologique et social. Une grande journée d’actions aura lieu le 21 mai prochain.

La Grève pour l’Avenir est née du besoin d’union entre mouvements sociaux, syndicats, ONG, partis politiques progressistes, coopératives, établissements d’enseignement, associations citoyennes et personnes individuelles, rappelle vendredi le mouvement à l’occasion d’une conférence de presse.

Diverses formes d’actions sont prévues le 21 mai, comme des grèves, des événements éducatifs et des actions décentralisées. L’objectif est de lutter contre la «catastrophe globale» représentée par les crises climatique, sociale et sanitaire.

La responsabilité de la Suisse

La Suisse a une responsabilité particulière, car elle loge en son sein des groupes d’intérêt puissants, qui par leurs actions, mettent en danger la vie d’autrui, estime la Grève pour l’Avenir dans son communiqué. Le pays peut de la même façon avoir une influence positive sur le monde en crise.

Parmi les pistes d’actions, le mouvement revendique notamment de gérer les investissements réalisés par la place financière, de contribuer à un changement de politique énergétique, ou d’agir contre les grandes entreprises de l’agroalimentaire et des matières premières qui ne respectent pas les droits des personnes et de l’environnement.

Il s’agit également de s’opposer aux accords internationaux ayant des effets désastreux pour la planète et de promouvoir le développement de structures alternatives et l’organisation démocratique de la société, relève la Grève pour l’Avenir. Cette dernière veut par ailleurs protéger et étendre les droits des travailleurs, des peuples indigènes et des réfugiés.

Des assemblées climatiques

Afin de construire un système politique réellement démocratique, participatif et décentralisé, des assemblées climatiques se tiendront dans toute la Suisse le 17 janvier prochain. «Nous voulons montrer comment un processus démocratique peut se dérouler en dehors de la politique institutionnelle qui a consolidé et reproduit notre monde jusqu’à présent», relève le mouvement social.

Ces assemblées offriront également un espace pour les personnes sans passeport suisse et âgées de moins de 18 ans, «qui n’ont autrement pas leur mot à dire dans le processus politique». Un objectif majeur est de cibler les domaines de la vie qui ont été jusqu’à présent exclus du processus démocratique, comme l’économie, la place financière et le droit d’accès au sol.

La «Grève pour l’avenir» prévue  par les syndicats et les jeunes est reportée. Une mobilisation originale et multiforme aura quand même lieu vendredi.

Pandémie oblige, les jeunes activistes pour le climat et leurs partenaires syndicaux ont dû reporter à des jours meilleurs la journée de grève qu’ils prévoyaient pour vendredi. Une multitude d’initiatives affichant le «refus de laisser perdurer une société ‘anormale’ qui court à sa perte» marqueront quand même ce 15 mai.

La journée restera une mobilisation nationale. Avec d’abord un jeu en ligne, qui sera accessible sur le site internet challengeforfuture.ch le jour même. «On proposera différents défis à relever dans toute la Suisse», explique la militante vaudoise Ella-Mona Chevalley. «En y participant, tu peux montrer que toi aussi, tu veux un changement», peut-on lire sur le site. Le but est «de résoudre autant de challenges que possible et de les partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag #challengeforfuture», indique le site. Certaines tâches seront spécifiques aux cantons.

Concours de la plus belle banderole

Le mouvement des jeunes de la Grève du climat sera aussi présent toute la journée sur les ondes avec une web radio romande, basée à la Chaux-de-Fonds mais accessible à tous via le site internet de la Grève pour l’avenir. Au programme: formations, discussions et musique. Ainsi qu’un suivi des «actions décentralisées, symboliques et créatives» prévues dans différents cantons. Des actions dites «surprise» et réservées aux grévistes que ceux-ci refusent de révéler pour l’heure.

Les militants invitent toutefois la population à participer à leur concours de la plus belle banderole du 15 mai à brandir sur tous les balcons. Le gagnant sera dévoilé sur la web radio. Toujours sur les ondes, les animateurs aborderont plusieurs thématiques durant la journée d’actions notamment celles touchant les réfugiés climatiques, la région autonome du Rojava ou encore la «transformation nécessaire après le Covid-19».

Enfin, à 11h59 une alarme climatique retentira dans toute la Suisse. Comment? Par le bruit que chacun fera perché à sa fenêtre ou sur son balcon. «Le but étant de faire le plus de bruit possible pour montrer que la crise climatique n’attend pas», relate le site du 15 mai.

Se réapproprier ses droits démocratiques

Si une grande partie de ces actions sont prévues en ligne et sur les réseaux sociaux, celles dites «décentralisées, symboliques et créatives», elles, auront lieu dans l’espace public. Il s’agit pour les grévistes de «reprendre leurs droits d’expression, de grève et de manifestation». Dans le canton de Vaud par exemple, les jeunes appellent la population à sortir dans les rues à 17h30 et à tracer un carré de 4 m2 autour de chacun «afin qu’ils reprennent leurs droits démocratiques» et «demandent un changement radical du système pour rétablir une justice climatique et sociale», tout en respectant les mesures de protection sanitaire. «Nous avons d’un côté les activités économiques qui reprennent et, de l’autre, on nous interdit d’exercer nos droits, celle notamment de manifester dans les rues, même en respectant les directives sanitaires. Les répressions du 1er et du 4 mai en sont la preuve. Cela ne va pas», déplore Ella-Mona Chevalley.

A Neuchâtel, les jeunes ont déjà distribués 10’000 tracts recyclés en tous-ménages avec un manifeste commun à la Grève du climat, aux Grands-parents pour le climat, à Unia et au Syndicat des services publics, explique le Neuchâtelois Robin Augsburger.

MCD avec Le matin.ch ; le nouvelliste.ch ; le temps.ch ; le courrier.ch et l’évènement.ch

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