Autrefois péjorative, l’expression «cervelle d’oiseau» semble définitivement avoir fait son temps. On savait déjà les oiseaux, et en particulier les corvidés – famille qui comprend les corbeaux, corneilles, pies et autres geais –, capables d’utiliser des outils, de résoudre des énigmes géométriques, et même d’anticiper un avenir proche. On les découvre désormais également dotés de conscience.

Cette affirmation, qui s’appuie sur une étude parue à la fin du mois de septembre dans la revue Science, est loin d’être anodine. Elle vient en effet relancer les débats souvent vifs autour de la conscience animale, battant en brèche l’idée bien ancrée que la conscience serait une prérogative exclusive de l’être humain, voire des grands singes et quelques rares mammifères dits «supérieurs».

Longtemps négligées par la communauté scientifique, les études dédiées à la cognition animale ont fleuri depuis 2012, date à laquelle un collectif de scientifiques de premier plan – dont le physicien Stephen Hawking – signait la Déclaration de Cambridge sur la conscience. Ceux-ci y affirmaient notamment que «les humains n’étaient pas les seuls à posséder les substrats neurologiques qui produisent de la conscience», appelant, par la même occasion, à intensifier les recherches afin de mieux appréhender cette capacité des animaux.