Il est trop souvent réducteur de vouloir diviser le monde en deux catégories, mais chez les défenseurs des animaux, il y a ceux qui n’arrivent pas à s’engager parce que trop sensibles devant leur souffrance, et ceux qui ont choisi de ne pas détourner le regard. Madline Rubin, qui dirige depuis quinze ans en France l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), a, elle, décidé d’agir.

Peu importe qu’elle ait à affronter en permanence ces images insoutenables de renards traqués dans leurs terriers ou de cerfs abattus à bout portant dans les chasses privées: «Ça me donne de l’énergie plus qu’autre chose, c’est une colère qui me pousse à réagir. J’ai toujours réussi à me protéger, puis à me servir de ces émotions négatives. Et j’ai une capacité de travail qui me permet de tout encaisser.»

La belle histoire classique de la petite fille qui aimait tellement les animaux qu’elle voulait devenir vétérinaire a mué… Madline Rubin a désormais le cuir bien épais. Derrière sa douceur apparente se cache une véritable guerrière.

Le combat d’une vie

Une vertu nécessaire dans sa lutte qui ressemble au combat d’une vie. Contre les institutions, déjà. L’Aspas a la procédure facile, gymnastique obligatoire pour faire bouger les choses. Les annulations d’arrêtés d’abattage des renards sont ainsi de plus en plus médiatisées. Ce n’est pas pour autant que la mission est plus facile qu’à ses débuts.