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Aller vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050, c’est techniquement possible…. et humainement souhaitable !

L’objectif de neutralité carbone visé par la France en 2050 repose en partie sur le développement d’une énergie non carbonée. Pour cela, le pays mise sur le développement des énergies renouvelables. Dans un rapport très attendu remis le 27 janvier, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirment qu’aller vers 100 % d’énergies renouvelables est possible, sous certaines conditions.

Parc éolien en Normandie

La France a fait le choix d’une réduction d’environ 20 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2035, dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le développement des énergies renouvelables est essentiel. Avec une interrogation : est-ce que ces énergies vertes, intégrées en grande quantité, sont en mesure de garantir la sécurité énergétique du pays?

Un rapport, produit par le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) remis le 27 janvier au ministère de la Transition écologique répond à l’affirmative. Très attendu, il étudie « la faisabilité technique d’un mix énergétique intégrant une proportion élevée d’énergie renouvelable » d’ici 2050.

Possible mais sous conditions

L’étude décortique plusieurs scénarios, avec ou sans le recours au nucléaire. À terme, intégrer 50 à 100% d’éolien et de solaire est possible, mais sous quatre conditions. La première est de pouvoir gérer l’intermittence de la production (le solaire ne produit que le jour et l’éolien que quand il y a du vent) pour permettre la sécurité de l’alimentation en électricité. Pour cela, il est nécessaire de développer de manière importante le stockage de l’énergie à grande échelle, l’interconnexion transfrontalière, et le pilotage de la demande.

La deuxième est d’assurer la stabilité de la fréquence à 50 Hz pour pouvoir maintenir le bon fonctionnement du réseau, alors que l’éolien et le solaire ont une puissance fluctuante. L’équilibre entre la production d’électricité et la consommation est d’autant plus difficile que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques sont inégalement répartis sur le territoire. Pour combler cet écart, il est nécessaire dans un troisième temps de développer des outils de production tenus en réserve qui seront sollicités en cas de besoin. Enfin, il est nécessaire de déployer le réseau de transport nécessaire à l’acheminement de l’électricité.

« Beaucoup de problème restent à résoudre », admet Xavier Piechaczyk, président de la RTE. Mais pour Barbara Pompili, ministre de la Transition énergétique, le résultat de l’étude est un bonne nouvelle. « Nous avons désormais la confirmation que tendre vers 100 % d’électricité renouvelable est techniquement possible » a-t-elle commenté en évoquant un « moment copernicien pour le monde de l’énergie ».

Une première étape

Reste du travail à faire. L’étude de la faisabilité technique constituait la première étape. D’autres analyses sur le coût économique de chaque scénario, leur empreinte environnementale, liée notamment au développement des infrastructures, et l’impact social (les conséquences sur le mode de vie des français), seront publiées à l’automne 2021.

Le rapport a été commandé dans un moment clé. La majorité des centrales nucléaires actuelles seront mises à l’arrêt entre 2030 et 2050. La décision de lancer, ou non, les prochains chantiers pour renouveler le parc existant devrait être prise au prochain quinquennat.

Pauline Fricot avec https://www.novethic.fr/

100% d’énergie renouvelable en 2050 : un scénario de plus en plus crédible

Une France neutre en carbone, alimentée uniquement par des sources renouvelables, est-ce probable ? Oui, selon l’association NegaWatt, qui présentait aujourd’hui son scénario 2017-2050 pour une transition énergétique réussie. Sortie du nucléaire, baisse de la consommation d’énergie, biomasse, éolien… Les leviers d’action existent. Explications.

L’association NegaWatt propose « une boussole » et « un tempo » pour mener la France vers 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050.

NegaWatt persiste et signe. L’association, pilotée par une vingtaine d’experts, vient de publier son scénario prospectif pour une France propre. Elle propose « une boussole » et « un tempo » pour mener la France vers 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050. Une ambition « réaliste » et « nécessaire ».

Comment y parvenir ? En pariant d’abord sur la sobriété énergétique. Il s’agit de revoir les modes de consommation et de vie, mettre fin à la surconsommation, à l’obsolescence programmée, lutter contre le gaspillage, etc.

Consommation d’énergie divisée par 2

Pour atteindre ce graal, une plus grande efficacité énergétique est indispensable. Mais il faut « raisonner de manière intégrée », insiste Thierry Salomon, vice-président de l’association. Une vision globale et durable qui passe par une meilleure maîtrise de la consommation de l’énergie.

« Une famille qui habite dans un logement mal isolé subit l’humidité, les courants d’air et une lourde facture énergétique. Une rénovation profonde du logement permettrait de baisser la facture énergétique et améliorerait la santé de ses occupants. Une baisse de la consommation, contrairement à ce que l’on pense, améliore la qualité de vie », explique Thierry Salomon.

Ces changements pourraient diviser par deux la consommation d’énergie finale en 2050, assure NegaWatt. Et baisser de 63% la consommation d’énergie primaire.

Les énergies renouvelables se substituent aux énergies fossiles

Grâce à cette baisse de la consommation, « il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables d’ici 2050 ».

NegaWatt parie sur la biomasse solide comme première source de production d’énergie, « suivie de très près par l’éolien, puis le photovoltaïque et le biogaz ».

Une piste soutenue par une récente étude de l’Ademe : https://www.ademe.fr/actualites#actualite-177694. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie affirme que l’éolien, le photovoltaïque et le bois énergie « atteignent un niveau de coût compétitif avec les technologies conventionnelles ».

Le temps de l’action climatique

Les énergies renouvelables se substitueraient donc aux énergies fossiles.

Quant au nucléaire, les « NegaWattiens » envisagent de ne pas prolonger les réacteurs de plus de 40 ans. « Les derniers réacteurs seront arrêtés en 2035 », explique Yves Marignac, porte-parole. : https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/surete-nucleaire-le-parc-francais-dans-un-etat-preoccupant-144256.html

« Il est impératif de mettre en place des scénarios de long terme », prévient Thierry Salomon. Celui de NegaWatt permettrait de vivre dans une France neutre en carbone d’ici 2050, en cohérence avec l’Accord de Paris : https://www.novethic.fr/lexique/detail/accord-de-paris.html.

L’association appelle au « temps de l’action » : « Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année obère notre avenir énergétique et climatique. »

Marina Fabre

 

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