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Chapelle-en-Vercors : la manifestation contre la loi sécurité globale réunit 200 personnes …

C’était un challenge, par grand froid, de réunir 200 personnes  à la Chapelle-en-Vercors ce samedi 13 février pour manifester contre la loi sécurité globale, « qui prévoit entre autre d’élargir le champs d’action de la police municipale ou encore de pénaliser l’usage malveillant d’images des forces de l’ordre » explique Jean-François Julliard.

Malgré le froid et la pluie, 200 personnes se sont réunies devant l’office de tourisme de la Chappelle-en-Vercors ce samedi…

« J’ai un drapeau antifasciste, parce qu’ici on s’est battus contre les nazis, et on se battra contre tous les gens qui peuvent se rapprocher de l’extrême droite », explique Simon, venu de Saint-Marcellin pour la manifestation. Lui est particulièrement préoccupé par l’article 24 de la loi sécurité globale. Il s’agit de l’article qui pénalise l’usage malveillant d’images des forces de police. Selon cet article, il ne sera plus possible de diffuser le visage ou tout autre élément d’identification d’un policier ou d’un gendarme en intervention. Une mesure qui n’interdira pas de transmettre les images aux autorités administratives et judiciaires… « liberticide » selon Simon. « L’élargissement des pouvoirs des vigiles de la sécurité privée ou des polices municipales, ça m’inquiète aussi », continue le jeune homme.

Un stand pour écrire et afficher ses pensées était installé sur la place Pétri.

Parmi les invités, l’écrivain engagé Alain Damasio. « Cette loi de sécurité globale nous fait basculer dans un monde fasciste, où les flics auront la possibilité de blesser sans être le moins du monde inquiétés parce qu’on ne pourra plus les filmer. Or on sait que c’est ça qui nous permet de nous protéger, en manifestation », explique l’écrivain.

Chez les 200 personnes réunies place Pétri, à la Chapelle-en-Vercors ce samedi 13 février, les inquiétudes sont nombreuses : liées à la loi sécurité globale, mais aussi aux contraintes imposées par la crise sanitaire, ou encore à la liberté de manifester et de militer librement. Ce sont plusieurs inquiétudes qui se retrouvent sous le slogan « masqués mais pas bâillonnés », aujourd’hui.

« On est en train de franchir une ligne rouge en matière de droits et de libertés, et c’est crucial, on ne peut pas laisser passer ça » : martèle Corinne Morel-Darleux, conseillère régionale et de poursuivre : « Maintenant les militants sont présumés coupables, ce sont des délinquants ».

Les inquiétudes de Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, venu de Paris pour le rassemblement, font écho à celles de l’élue. « Depuis quelques années, on s’alerte, à Greenpeace, sur notre capacité à pouvoir continuer à défendre l’environnement comme on le fait. On a de plus en plus de procès pour nos actions de désobéissance civile. C’est normal qu’il y ait des poursuites, puisque nos actions sont illégales. Mais les poursuites sont de plus en plus lourdes, avec la volonté chez certains acteurs, comme chez EDF par exemple, de nous empêcher de continuer à dénoncer le risque nucléaire, par exemple. »

« Ce rassemblement, c’est aussi un des derniers espaces de sociabilité et de culture qui nous reste avec la crise sanitaire », conclut Corinne Morel-Darleux. « Les gens sont venus d’un peu partout alors qu’il fait très froid : de Romans-sur-Isère, de Grenoble, du Royans… ça fait chaud au cœur » sourit-elle.

Gérard C. pour MCD

 

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