Grippe saisonnière ou COVID-19 : quelle est la pandémie la plus mortelle ?

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la psychose qui règne autour du coronavirus SARS-CoV-2, osant même affirmer (sans aucun recul) que la grippe saisonnière était plus délétère et que l’on ne s’embarrassait pas de mesures aussi drastiques… Un an après le bilan tombe…
Un an après le début de la pandémie de COVID-19, le bilan est sans appel : plus de 2 millions de morts ( exactement 2. 348 001 morts ) dans le monde alors que la grippe saisonnière entraîne la mort d’environ 650 000 personnes chaque année environ dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé.
Une étude publiée début février 2021 dans CMAJ (Canadian Medical Association Journal) précise que le risque de mortalité suite au COVID-19 était 3,5 fois plus important que celui de mourir d’une grippe saisonnière.
« Nous pouvons maintenant affirmer définitivement que le COVID-19 est beaucoup plus grave que la grippe saisonnière », déclare le Dr Amol Verma, de l’hôpital St. Michael, de Unity Health Toronto et de l’Université de Toronto. « Les patients admis à l’hôpital en Ontario avec le COVID-19 avaient un risque de décès 3,5 fois plus élevé, une utilisation 1,5 fois plus élevée de l’unité de soins intensifs et des séjours à l’hôpital 1,5 fois plus longs que les patients admis pour la grippe. » La CORONA a contaminé 108 230 119 personnes ce 12 février 2021 dans le monde.
Ces résultats sont similaires aux études récemment réalisées en France et aux États-Unis.
L’étude a comparé les hospitalisations pour grippe entre le 1er novembre 2019 et le 30 juin 2020 dans 7 grands hôpitaux de Toronto et de Mississauga – des régions à forte population et à taux élevé de COVID-19. Il comprenait tous les patients admis aux services médicaux ou à l’unité de soins intensifs (USI) pour grippe ou COVID-19. Il y a eu 783 hospitalisations pour grippe chez 763 patients uniques comparativement à 1027 hospitalisations pour COVID-19 chez 972 patients uniques (représentant 23,5% de toutes les hospitalisations pour COVID-19 en Ontario pendant la période d’étude).
« Ces différences peuvent être amplifiées par de faibles niveaux d’immunité face au nouveau coronavirus par rapport à la grippe saisonnière, qui résulte d’infections et de vaccinations antérieures », précise le Dr Verma. « Espérons que la gravité du COVID-19 diminuera avec le temps à mesure que les gens seront vaccinés contre le virus et que des traitements plus efficaces seront identifiés. Il y a malheureusement aussi la possibilité que des variantes du virus soient encore plus graves. »
« De nombreuses personnes pensent que le COVID-19 affecte principalement les personnes âgées », déclare le Dr Verma. « Il est vrai que le COVID-19 affecte le plus gravement les adultes plus âgés. Nous avons constaté que parmi les adultes de plus de 75 ans hospitalisés pour le COVID-19, près de 40 % sont décédés à l’hôpital. Mais il peut aussi causer une maladie très grave chez les jeunes adultes. Les adultes de moins de 50 ans représentaient 20 % de toutes les hospitalisations liées au COVID-19 au cours de la première vague de la pandémie. Près d’un adulte sur trois de moins de 50 ans hospitalisé avec le COVID-19 a nécessité des soins intensifs ».
La famille des coronavirus provoque des infections respiratoires chez l’homme et chez l’animal qui peuvent aller du simple rhume, au Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) et au syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS).
Ce jour en France ce sont 3 427 386 personnes contaminées et 81 448 morts de la COVID-19 ( chiffres recoupés par plusieurs organimes nationaux et internationaux indépendants )
Le bilan sanitaire des précédents virus respiratoires
SRAS ou syndrome respiratoire aigu sévère :
Au cours de l’épidémie de SRAS de 2002-2003, il y avait eu 774 morts, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, sur 8 096 malades. L’épidémie avait pu être contrôlée grâce à la mise en place de mesures barrières, sans médicaments antiviraux.
MERS ou Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient :
Apparu en 2012 et toujours présent – bien que très peu actif – il a tué 858 personnes pour seulement 2 494 cas confirmés, son taux de mortalité est donc très fort : 34 %.
La Grippe porcine H1N1 ou grippe A :
En 2009-2010, l’épidémie de Grippe A, qui n’avait entraîné aucune mesure stricte de contrôle et de prévention pendant 6 mois, s’était propagée dans le monde entier, infectant plus de 1,6 millions de personnes et causant la mort d’environ 300 000 personnes (The Lancet, 2012).
La grippe de Hong-Kong
Méconnue, la grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong est une pandémie qui s’est répandue de l’été 1968 jusqu’au printemps 1970.
Apparue probablement également dans le centre de la Chine, elle a pour origine le virus H3N2 de la grippe A.
Elle a tué environ 1 million de personnes (particulièrement à Hong-Kong) dont 31 000 en France.
C’est sans doute la pandémie qui ressemble le plus au SARS-CoV-2 que nous connaissons.
Grippe saisonnière
Santé Publique France estime que la grippe (saison 2018-2019) avait provoqué le décès de 8 117 personnes dans l’Hexagone (la grippe a favorisé le décés sans en être forcément la cause première), tandis que le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de Décès (CépiDc / Inserm) en comptabilise un peu plus de 430 (le décès est officiellement lié à la grippe).
MCD avec CMAJ 2021. doi: 10.1503/cmaj.202795; early-released February 10, 2021