Le 1er clip de l’année : Keny Arkana lance un message d’espoir avec « Viens mon frère »
Keny Arkana sort un nouveau clip ce premier janvier, et il tombe à point nommé : après une année 2020 traumatique pour l’ensemble de la planète, « Viens mon frère » appelle à la résilience et l’espoir.
« Viens mon frère », le deuxième clip de Keny Arkana en un mois
On en avait le pressentiment depuis la mise en ligne du clip « J’sais pas faire autrement (Avant l’Exode 1) » le 4 décembre dernier : Keny Arkana est bel et bien de retour, et elle a plusieurs missiles à lancer avant de dévoiler, on l’espère, le projet Exode. « Viens mon frère » est bien la suite directe du clip précédent, auquel il s’enchaîne via une séquence en vue subjective d’un homme hagard, assis sur des marches d’escalier.
Dans ce nouveau titre, la rappeuse s’adresse à ceux et celles que la vie a abimés, et qui, lentement, se sont enfoncés dans des situations inextricables. Loin de verser dans le misérabilisme ou de promettre des transformations miraculeuses, l’artiste se met à hauteur d’homme et encourage à la résilience. « On soigne pas les plaies de l’enfance, faut l’accepter (…), Parfois tout est injuste, faut l’accepter, (…) plus rien ne sera comme avant, mais c’est comme ça, on avance. » , dit-elle à son « frère ». À travers lui, elle invite aussi l’auditeur à changer de regard sur les oubliés de la rue car, comme elle le souligne dans une des phrases les plus fortes du titre :
« Le monde tolère mal les carences de ceux qui ont dû grandir avant l’âge ».
Le projet Exode n’a pas encore de date de sortie officielle.
Image à la Une : Keny Arkana, DR
Keny Arkana, née le 20 décembre 1982 à Boulogne-Billancourt, est une rappeuse française, d’origine argentine ayant grandi à Marseille. Militante altermondialiste, elle fait partie du collectif La Rage du peuple créé en 2004 dans le quartier de Noailles à Marseille.
Nota : Exode (depuis 2020)
Après un long silence, Keny Arkana fait son retour en 2020 avec une apparition dans l’album 13’Organisé, album réunissant une cinquantaine de rappeurs de Marseille sous l’égide de Jul. Elle est la seule femme présente sur cet album.
Elle annonce son retour en novembre 2020 et son troisième album, Exode, déjà prévu à la sortie de son dernier projet L’Esquisse 3, trois ans plus tôt. Pour préparer la sortie de ce prochain album elle sort dès la fin de l’année 2020 un premier morceau « J’sais pas faire autrement » et le 1er janvier 2021, un deuxième, intitulé Viens mon frère. Ces deux nouvelles chansons sont les premiers extraits de ce qui semble être la mixtape « Avant l’Exode » qui annonce la sortie du prochain projet.
Influences et militantisme
En solo depuis 2003, Keny Arkana publie son premier maxi vinyle en 2004, Le Missile est lancé. Début décembre 2004, elle apparaît sur la compilation Om All Stars, aux côtés d’artistes et groupes marseillais tels que IAM ou Psy4 De La Rime. Elle y interprète Les Murs de ma ville, où elle rend hommage à sa ville. Elle fonde par ailleurs avec son manager LTK sa propre structure de production nommée La Callita avant de signer un contrat en 2006 chez Because Music. Elle réalise en solo la street-tape CD intitulée L’Esquisse.
Keny Arkana retranscrit, à travers ses écrits, son mal de vivre, et aussi sa vision du monde (la rabia del pueblo, « la rage du peuple »), ce qui lui vaut d’être assimilée aux mouvances altermondialiste, anticapitaliste, anarchiste, révolutionnaire et anticolonialiste du rap français. Elle refusera cependant toute étiquette politique, se décrivant comme « impossible à encarter ».
Keny Arkana privilégie le militantisme, se définissant non comme une rappeuse, mais comme une contestataire qui fait du rap. Elle participe en 2004 à la fondation du collectif La Rage du Peuple, qui milite pour « une colère positive, fédératrice, porteuse d’espoir et de changement. » Elle intervient ainsi dans de nombreux forums altermondialistes en Afrique et en Amérique du Sud et en tire un documentaire vidéo intitulé Un autre monde est possible (2006) tourné au fil de ses pérégrinations au Brésil, au Mali, au Mexique et en France.
En 2007, le sociologue Philippe Corcuff rapproche alors ses textes altermondialistes du langage néo-zapatiste du sous-commandant Marcos au Mexique et de la mélancolie radicale du philosophe allemand Walter Benjamin.
En juin 2017, elle se produit à la fête du travailleur alpin à Fontaine, en Isère. Le 8 juillet 2017, elle se produit au festival en Othe à Aix en Othe, dans l’Aube. Le 16 juillet 2017 elle se produit au festival El Clandestino à Saint-Laurent, dans la Creuse devant 20 000 personnes.
Keny Arkana a également donné des concerts à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ainsi qu’à celle du Testet.