Confinement du week-end, couvre-feu… Vous vous sentez enfermé chez vous? La méditation peut aider

MÉDITATION – Vous vous sentez enfermé, presque oppressé. Votre salon, plutôt spacieux, vous semble désormais minuscule. Depuis un an, confinements, couvre-feux et télétravail obligent, nous passons chez nous bien plus de temps que d’ordinaire. Alors que tous les départements sont en semi-confinement depuis ce week-end, le sentiment d’être enfermé chez soi risque de ne pas aller en s’améliorant.
Si c’est votre cas, une pratique peut vous être d’une aide précieuse: la méditation. Elle permet, d’une certaine manière, d’agrandir mentalement son espace, son environnement.
Il s’agit du “concept d’esprit spacieux en méditation de pleine conscience, spaciousness mind en anglais”, note Benjamin Blasco, cofondateur de l’application Petit Bambou, auprès du HuffPost.
Esprit spacieux
L’esprit spacieux, c’est l’opposé de l’esprit occupé –busyness en anglais. “Notre esprit saute de pensée en pensée, comme sur un trampoline. Il a tellement l’habitude d’être ainsi occupé. À tel point que cela devient parfois un élément de son identité propre. Qui n’a jamais croisé un ami qui répète qu’il est ‘busy’ quand on lui demande comment il va?”, s’interroge-t-il.
Avoir l’esprit aussi occupé empêche d’avoir un esprit spacieux et par là même de prendre conscience de l’espace qui est devant nous. La méditation est un outil permettant d’apprivoiser l’espace.
D’abord, “l’espace entre l’inspiration et l’expiration, ces quelques millisecondes où l’air ne rentre ni ne sort, peut être un endroit de repos, de tranquillité, une ressource spacieuse”, avance Benjamin Blasco. Ensuite, “les espaces entre deux pensées ou deux émotions permettent aussi de percevoir à quel point son esprit est spacieux”, poursuit-il.
Prendre conscience de ces espaces mentaux, ces espaces qui nous appartiennent, permet aussi de prendre conscience de l’environnement qui nous entoure. “Le monde physique change à chaque instant, le fait d’être dépasse les frontières et barrières physiques, nous sommes spacieux également”, explique Benjamin Blasco.
Donner un espace entre deux pensées
Voici un exercice pour vous entraîner.
Imaginez que vous êtres en train de nettoyer votre armoire, et que tous vos vêtements tombent sur vous. Maintenant, multipliez ces vêtements par 10.000. À ce stade, vous ne pouvez ni bouger ni respirer.
Imaginez alors que vous avez pu en sortir, et trouver un espace pour respirer. Vous avez trouvé la force de vous sortir de cette pile de vêtements, vous pouvez respirer.
Pour votre esprit, c’est la même chose. Donner un espace entre deux pensées, entre l’inspiration et l’expiration, permet de se recentrer et de rester calme.
Ce qui est impossible avec un esprit occupé, qui ne permet aucun espace de pensée. Grâce à la méditation, vous pouvez améliorer votre espace!
Ne rien faire, une notion subjective
Nous constatons également que ne rien faire est une notion subjective. Beaucoup de personnes pensent que rester chez soi, même en ayant une occupation, s’apparente à ne rien faire et que cela n’est pas valorisant. Je citerais d’ailleurs Christophe André, Psychiatre, sur sa notion de l’oisiveté: “Ne rien faire ne consiste pas à somnoler ou rêvasser, mais à rester pleinement éveillé dans la “non-action”. La non-action n’est pas de l’inaction, c’est une pleine activité intérieure. On ne fait rien, mais on ressent tout, on voit tout, on écoute tout”. Il utilise d’ailleurs pleinement ces techniques de méditation de pleine conscience pour réduire les effets du stress. Je soulignerais également l’importance d’apprendre à nos enfants à ne rien faire au lieu de vouloir sans arrêt remplir leur emploi du temps ou de les abandonner devant leurs écrans. Notre cerveau a en effet besoin de “périodes de jeûne”.
La pleine conscience, c’est savoir s’arrêter pour être. L’ennui est important et même utile pour chacun d’entre nous, il favorise la créativité, pousse à aller vers les autres, et permet de se détendre. Ne cherchons pas constamment à remplir notre temps en regardant chaque jour, chaque heure, chaque minute nos messages, nos mails, nos appels manqués, etc. Laissons-nous quelques instants de tranquillité et réduisons ainsi le stress quotidien.
Il a été démontré que des zones du cerveau s’activent lorsque nous ne faisons rien. François Eustache, neuropsychologue, indique même: “ne rien faire c’est vital”. Il évoque un état de notre cerveau défini comme “le mode par défaut” qu’il décrit comme une activité cérébrale quand on ne fait rien. Lors de moment d’oisiveté, il est possible de se tourner vers tout un univers inexploité, être dans le moment présent plutôt que de le subir. Par exemple, dans les embouteillages, à un feu rouge, ou dans les transports en commun, nous allons rapidement stresser et être anxieux de ne pas arriver à l’heure. Pourtant, nous pourrions utiliser ces moments à notre avantage, par exemple, en contemplant les passants, le ciel, en écoutant une musique relaxante pour nous évader un court instant. Si vous faites cela, vous verrez que ces moments de stress quotidiens pourront réellement devenir de petites parenthèses enchantées pour soi. Nous pensons toujours manquer de temps. Utilisons déjà chacun de ces moments, nous les approprier et non plus les subir.
Paul Breynat
Les médiations MBSR en Auvergne-Rhône-Alpes
Anne TESSON
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