Inviter des amis chez soi, accueillir des étrangers sur son sol, héberger un parent dans le besoin, loger des sans-abri… l’hospitalité paraît un geste élémentaire de la sociabilité. Elle comprend des règles, des obligations implicites, tout un ensemble de rituels, de l’arrivée au départ du visiteur. Pourtant, en dépit de son apparente jovialité, l’hospitalité n’est pas un geste qui va de soi, et la relation de l’accueillant avec son hôte demeure complexe. Elle réactive pour l’accueillant l’angoisse, latente dans toute rencontre, d’être envahi par l’étranger, d’être dépossédé de son lieu de vie, de ses biens personnels, de son être le plus propre par ce parasite potentiel qu’est l’autre. D’où parfois aussi le sentiment de gêne, de malaise, d’exclusion, et l’envie de fuir d’un hôte qui ne peut jamais vraiment faire comme « chez lui » chez autrui.
« Faites comme chez vous ! »
vrir lui-même la porte du réfrigérateur.
Enfermons les pauvres !
Ah ! Babel !
Un ravissement sans violence
Anne Dufourmantelle
