Paroles de manifestants à Grenoble : « le pass sanitaire, c’est une atteinte à nos libertés »

Environ 2.000 personnes selon la police, plus du double selon les organisateurs, ont pris part ce samedi à une nouvelle manifestation anti pass sanitaire à Grenoble. La troisième ce mois-ci. Dans le cortège, des personnes de tous âges et de toutes professions. Nous avons recueilli quelques témoignages.
Une atteinte à la liberté
Tous les manifestants que nous avons rencontré dans le cortège étaient présents avant tout pour « défendre » leur « liberté ». « Le pass sanitaire, c’est anti social » explique Marie-Jeanne, retraitée de la santé, qui veut garder « la liberté de vivre comme j’ai envie de vivre ». Un peu plus loin dans le cortège, René, gilet jaune de la première heure, qui explique fièrement avoir fait « 14 mois de prison pour outrages » depuis 20 ans qu’il milite « contre les dérives de la justice », aujourd’hui il dit s’attaquer « aux dérives des institutions ». Loïc, ingénieur, est venu accompagné de ses deux enfants pendant que sa femme travaille. Il dénonce les menaces sur l’emploi pour les personnes en contact avec le public qui ne seraient pas vaccinées, « une extorsion de consentement » estime-t-il.
Anti vaccin et complotistes dans le cortège
Dans le cortège aussi de nombreux anti vaccin et des complotistes comme ces étudiantes qui refusent de s’exprimer devant la presse et accusent les médias de diffuser « des mensonges ». Michelle, retraitée, prend à partie notre journaliste lorsqu’elle parle du vaccin, « ce n’est pas un vaccin, arrêtez de dire vaccin » pour elle, pas de doute possible, « c’est une machination ».
La manifestation s’est terminée aux alentours de 17 heures place de Verdun après un arrêt devant l’Hôtel de ville vers 16 heures. Des CRS étaient présents. Il n’y a pas eu de débordement.
Les morts du Covid sont des personnes non vaccinées dans près de 80% des cas
Les personnes non vaccinées contre le Covid-19 représentent environ 85% des malades hospitalisés en France, y compris en réanimation, et 78% des décès dus au virus, selon une étude publiée vendredi.
La France a dépassé mardi soir le seuil de 50% de sa population entièrement vaccinée, un niveau toutefois encore éloigné du seuil d’immunité collective évalué à environ 90% avec le nouveau variant Delta.
Selon les résultats d’une étude Harris Interactive pour LCI réalisée fin juillet et publiée vendredi, 4 Français sur 10 déclarent soutenir les manifestations contre le pass sanitaire.
Parmi les Français qui soutiennent les rassemblements, 65% justifient leur soutien par « l’impression de se voir imposer ce qu’ils doivent faire, de ne pas avoir le choix ».
D’après un autre sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien du 16 juillet, 62% des Français se disaient favorables au pass sanitaire pour entrer dans les lieux publics et 69% à la vaccination obligatoire pour les soignants.
Pass sanitaire: Comment les opposants veulent encore se mobiliser
Plus de 150 rassemblements sont prévus partout en France pour le quatrième samedi de suite à l’heure où certains préparent déjà une nouvelle riposte devant la justice.
POLITIQUE – C’est fait: le Conseil constitutionnel a tranché, le pass sanitaire va pouvoir s’appliquer aux activités du quotidien dès le 9 août prochain. Voulu par Emmanuel Macron pour contenir la quatrième vague de covid-19, l’outil a été validé le jeudi 5 août par les Sages, dans les grandes largeurs et contre vents et marées, tout comme l’obligation vaccinale pour certaines professions.
Un aval suprême en forme de victoire pour l’exécutif, qui fonde l’essentiel de sa stratégie sur ces deux jambes face à la résurgence du virus. Mais qu’en est-il pour les anti-pass? Les figures de l’opposition n’ont pas attendu longtemps pour dire toute leur déception ou leur colère à l’égard de la décision venue de la rue de Montpensier, qui vient entériner un dispositif contesté par de nombreux juristes et spécialistes, jusqu’à la Défenseure des Droits. Une défiance qui s’observera encore dans la rue ou dans les tribunaux. Car les “antis” n’ont pas dit leur dernier mot.
Une riposte dans la rue…
Leur riposte commence, pour certains, dès ce samedi 7 août. Pour la quatrième semaine de suite, des manifestations “pour la liberté” et “contre la dictature sanitaire” sont prévues dans plus de 150 villes en France. Des rassemblements particulièrement scrutés, 48 heures après la décision des Sages, alors que les cortèges ne cessent de s’étoffer depuis l’instauration, le 21 juillet, du pass sanitaire dans certains lieux de loisirs et de culture.
Malgré la torpeur de l’été, 204.000 personnes, anti-pass, anti-vaccins ou anti-confinement, aux revendications protéiformes, sont descendues dans la rue le 31 juillet, contre 161.000 une semaine plus tôt, selon les chiffres des autorités.
Samedi, quatre manifs sont prévues dans la capitale où la préfecture de police attend 10.000 participants aux profils divers, parfois vêtus de gilets jaunes ou de blouses blanches. Le mouvement devrait également mobiliser massivement dans le sud, en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, notamment à Toulon, Montpellier et Nice, comme la semaine dernière.
Surtout, ces cortèges, déjà garnis de personnels soignants, pourraient jouir de la mobilisation de plusieurs syndicats du milieu du soin, qui appellent à la grève depuis quelques jours. Comme une sorte d’agrégation des revendications. Et le signe d’une mobilisation, certes rejetée par la majorité des Français, mais partie pour durer?
Les chiffres de l’affluence seront très attendus, samedi soir, pour la première journée de manifestations post-décision du Conseil constitutionnel… alors que le gouvernement, soutenu par la population dans cette affaire, ne semble pas prêt -du tout- à renoncer. Qu’importe pour les plus farouches opposants, déterminés à continuer leur lutte en espérant qu’elle fasse des ricochets. Et pourquoi pas devant la justice.
… et devant la justice?
C’est en tout cas le spectre que laissait planer le collectif d’avocats, baptisé DejaVu, lundi 2 août, en déposant leur recours devant les Sages. Ces juristes, qui promettaient “une guerre judiciaire” en cas de décision défavorable du Conseil constitutionnel, n’ont, pas perdu de temps. Ils évoquent désormais sur leur site “une résistance légaliste en s’appuyant sur le droit invocable devant une pluralité de juridictions, en vue de créer un élan jurisprudentiel en faveur du respect des droits fondamentaux.”
En d’autres termes, ils prévoient des actions collectives, car elles ont “le plus de chances de succès.” Au programme: défendre les soignants qui seraient sanctionnés en cas de non-présentation du pass, attaquer la Commission européenne devant la Cour de justice de l’Union pour obtenir les contrats d’achat des vaccins, ou cibler l’Agence européenne du médicament pour qu’elle dévoile les données brutes d’évaluation de ces mêmes vaccins.
Autant de petites batailles à venir auxquelles s’ajoutent, pour certains, l’espoir de contrer le gouvernement à travers les décrets d’application de sa fameuse loi. La toute dernière étape de son difficile parcours. “Le décret pourra être contesté puisque le Conseil constitutionnel lui-même précise qu’il valide sous réserve en disant bien que si le gouvernement, par décret, prend des décisions qui sont disproportionnées ou discriminatoires, alors elles ne seront pas conformes à la Constitution”, faisait valoir le député Ugo Bernalicis, ce vendredi, sur RFI.
Un cas de figure que l’on retrouve, par exemple pour les centres commerciaux. Si les Sages ne voient pas d’inconvénients à l’extension du sésame sanitaire à ces zones très fréquentées, ils stipulent que la loi doit “garantir l’accès des personnes aux biens et services de première nécessité.” Reste que, ces potentiels recours, aussi nombreux soient-ils, n’empêcheront pas le “pass” du gouvernement de se déployer dès lundi prochain.
Pass sanitaire : Des manifestations prévues partout en France pour le quatrième samedi consécutif
MOBILISATIONS A Paris, la police s’attend au même nombre de manifestants que la semaine dernière

C’est un nouveau week-end de manifestation qui s’annonce. Des rassemblements « pour la liberté » et « contre la dictature sanitaire » sont prévus ce samedi dans plus de 150 villes en France. En plein été, les cortèges n’ont cessé de gagner en importance depuis l’instauration, le 21 juillet, du pass (vaccination totale, test Covid-19 négatif ou certificat de rétablissement) dans certains lieux de loisirs et de culture.
Avec la validation définitive de l’extension du pass sanitaire par le Conseil constitutionnel jeudi, la mobilisation devrait encore une fois être importante. Déjà le 31 juillet, les manifestations à travers le pays avaient rassemblé plus de 204.000 personnes, contre 161.000 une semaine plus tôt, selon le ministère de l’Intérieur. « On attend globalement le même nombre de manifestants », pronostique une source policière.
Manifestation à risque à Paris
Ces manifestations ont lieu alors que 55 % des Français se disent disposés à présenter un pass sanitaire pour se rendre dans les cafés et restaurants et 63 % pour embarquer dans un train ou dans un avion, selon une enquête Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne publiée le 4 août. 20 % des sondés disent par ailleurs « soutenir » le mouvement de contestation, 17 % éprouver de la « sympathie » à son égard.
Quatre rassemblements sont prévus dans la capitale où la préfecture de police attend 10.000 manifestants et prévoit une affluence particulièrement importante à la manifestation prévue dès 11 heures au métro Pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), pour un départ en début d’après-midi vers le centre de Paris. « C’est la manifestation la plus à risques, notamment de départs en cortèges sauvages. On y portera une attention particulière », a expliqué une source policière qui évoque par ailleurs une « vigilance » particulière autour des Champs-Elysées. Sur Twitter, Florian Philippot, ex n.2 du RN et président des Patriotes, appelle à un rassemblement à 14h30 devant l’Ecole militaire (VIIe) pour faire face « à des institutions qui ont tout trahi ».
Des manifestations partout en France
Comme la semaine dernière, l’affluence devrait être particulièrement forte en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, notamment à Toulon, Montpellier et Nice. A Marseille, une manifestation, déclarée en partie seulement, s’élancera à 14 heures du Vieux-Port à l’appel du syndicat SUD et de sapeurs-pompiers. Pas moins d’une douzaine de manifestations sont prévues dans les Hauts-de-France, l’Aube et les Ardennes, notamment à Lille, Abbeville, Reims ou Dunkerque.
A Saint-Brieuc, la contestation se divise en deux rassemblements, l’un à l’appel d’organisations et de partis de gauche (Attac, Confédération paysanne, EELV, France Insoumise) ainsi que de « gilets jaunes » locaux. L’autre manifestation est organisée par le mouvement de Florian Philippot et d’autres formations de droites radicales comme Debout la France ou l’Union Populaire Républicain de François Asselineau. A Toulouse, les manifestants protesteront non seulement contre le pass sanitaire mais aussi contre la réforme de l’assurance chômage et celle des retraites.
A Cambrai (Nord), entre 60 et 70 commerçants, essentiellement des restaurateurs, gérants de bar ou de salles de sport, comptent ne pas ouvrir samedi, une « journée morte » pour marquer leur opposition au contrôle du pass sanitaire dans leurs établissements
