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Controverse autour d’un droit de chasse dans une réserve des Hauts-Plateaux du Vercors

Tout est parti des déclarations d’un défenseur de l’environnement sur France Bleu Isère, à propos d’une parcelle de 4 000 hectares appartenant au Département de l’Isère.

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La chasse de régulation sur une parcelle des Hauts-Plateaux du Vercors (communes de Gresse-en-Vercors et Chichilianne) est au cœur d’une polémique.

Sur les Hauts-Plateaux du Vercors (communes de Gresse-en-Vercors et Chichilianne), il existe une parcelle de 4 000 hectares sur la Réserve naturelle nationale, qui appartient au Département de l’Isère. La collectivité l’a acquise en 1990, afin d’y éviter le braconnage. Et c’est cette parcelle qui se retrouve aujourd’hui au centre d’un début de polémique, après les déclarations du militant Jean-François Noblet, enregistrées au micro de France Bleu Isère [le lien original n’est plus accessible, seule subsiste une copie, NDLR] et pointant du doigt l’exécutif de droite du conseil départemental.

 Ève MOULINIER

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« Une chasse présidentielle en Isère ? »

On vous explique : tout a commencé quand la Fédération des chasseurs de l’Isère et les services de l’État ont… suite sur le Dauphiné Libéré

Pour l’interdiction de la chasse dans la Réserve des Hauts Plateaux du Vercors

Michel Luyat Prélenfrey 38450 Le Gua

La réserve des Hauts Plateaux du Parc Naturel Régional du Vercors a été créée en 1985 par l’Etat. Sous la pression du lobby de la chasse, cette activité y est actuellement autorisée contre toute logique lorsqu’on sait que la vocation d’un Parc Naturel est de protéger la faune sauvage, la biodiversité, la flore et le patrimoine paysager.
Dans le même temps le randonneur qui aurait la mauvaise idée d’y amener son chien, même tenu en laisse, serra verbalisé par les « gardes verts » qui sévissent dans le secteur.
Il y a donc une incohérence manifeste entre le traitement réservé au paisible randonneur accompagné de son chien et le chasseur autorisé qui vient, par loisir, tuer la faune sauvage.

La question, déjà posée à la direction du Parc, a eu comme réponse que la Réserve des Hauts Plateaux était sous l’autorité des Préfets de la Drôme  et de l’Isère car elle a été créée par l’Etat.. !
C’est une manière aisée pour ne pas endosser la responsabilité de cette incohérence.
Quoi qu’il en soit ce sont pourtant bien les « gardes verts » assermentés du Parc qui verbalisent les contrevenants.
Alors qui dirige le Parc ? Son directeur ? Le lobby des chasseurs ? Le Préfet ? L’Etat ?
Il est inadmissible et scandaleux d’autoriser des chasseurs qui, par loisir, viennent détruire la faune sauvage alors que la mission du Parc est avant tout de protéger la Vie animale sauvage, de préserver le patrimoine paysager (chose qui d’ailleurs laisse beaucoup à désirer lorsqu’on assiste aux dégâts occasionnés par l’urbanisme non contrôlé, aux travaux destructeurs entrepris chaque année par les stations de ski où l’on n’hésite pas à défigurer la montagne à coup de bulldozers, raser des forêts …etc ), de protéger la biodiversité et de limiter au maximum toute forme de pollution.
L’intérêt du lobby des chasseurs a donc prévalu lors de la création de cette réserve.
J’attire l’attention de Mme Kosciusko-Morizet ministre de l’environnement, ainsi que Monsieur le Préfet de la Drôme pour que cesse une situation devenue intolérable.
Je leur rappelle solennellement que 2010 était l’année de la biodiversité. Il n’est donc pas admissible que des chasseurs viennent par loisir, détruire une faune dont la vie est déjà fort précaire en raison de toutes les pressions dont elle fait l’objet.
Je leur rappelle également que la population de chasseurs est responsable d’un nombre non négligeable d’exactions ( j’en ai personnellement été victime) et que cette activité, bien que théoriquement encadrée par une règlementation stricte, est insuffisamment voire pas du tout surveillée, laissant ainsi la part belle à toutes sortes de dérives, tant sur le plan cynégétique que sur le plan sécuritaire. Je ne signalerai pour exemple que l’état d’ébriété avancé dans lequel se trouve bon nombre de chasseurs au cours des parties de chasse…mais il y en a bien d’autres!
Quant à croire que la chasse joue un rôle de protection (!) et de régulation des espèces animales sauvages, il faudrait faire preuve d’un angélisme à toute épreuve pour le croire. Les prédateurs naturels ayant été depuis longtemps exterminés par lesdits chasseurs, ils ont beau jeu de se présenter maintenant en sauveur ! C’est tout simplement l’histoire du pompier pyromane…
J’en appelle donc solennellement aux responsables cités plus haut pour que cesse cette situation.

Des "chasses présidentielles" de Jean-Pierre Barbier? Le Département porte plainte pour diffamation

« Chasses présidentielles » de Jean-Pierre Barbier : le Département annonce porter plainte pour diffamation

 Suite à une chronique (depuis retirée) de Jean-François Noblet sur France Bleu Isère, dans laquelle le militant écologiste accusait le président du Département de remettre au goût du jour des « chasses présidentielles », le Département de l’Isère annonce porter plainte pour diffamation. Mais le principal intéressé maintient ses affirmations.

« Une chasse présidentielle accessible à des invités dans un espace naturel à grande valeur scientifique et paysagère » ? C’est dans ces termes que Jean-François Noblet, président de l’association Le Pic Vert, a présenté l’autorisation départementale de chasse au cerf sur une parcelle de la réserve naturelle des Plateaux du Haut-Vercors. Des propos jugés « diffamatoires » par le Département. Qui annonce donc porter plainte pour diffamation.

Jean-François Noblet, président de l'association Le Pic Vert © CPIE Clermont-Dômes - Dailymotion

Jean-François Noblet, président de l’association Le Pic Vert

C’est sur France Bleu Isère le lundi 18 octobre que Jean-François Noblet a déroulé son argumentaire, dans une chronique intitulée « Carton rouge aux chasseurs »… désormais inaccessible. Le militant écologiste décrivait comment le Département aurait signé en mai une convention autorisant la chasse avec une association « pas encore déclarée officiellement. Et ce en mettant « devant le fait accompli » le Parc naturel régional du Vercors, où se trouve la parcelle.

L’opposition départementale monte au créneau

En réalité, poursuit Jean-François Noblet, la chasse est assurée par l’Amicale des agents du Département chasseurs de l’Isère. Association créée en juin 2021 pour les seuls agents du Vercors, du Trièves et du Sud-Grésivaudan. Avec comme membres de droit du conseil d’administration, Jean-Pierre Barbier, président du Département, et Fabien Mulyk, vice-président à l’Agriculture, « tous deux chasseurs ».

Florent Mathieu, suite sur le Dauphiné Libéré

 

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