Livres jeunesse : cinq ouvrages sur les arbres
Un chêne qui surgit, bien droit, d’une page des « Arbres » ; une ode chlorophyllienne dans « Sois un arbre » ; un bûcheron censé scier la croissance humaine dans « Contes des arbres et forêts »… Sélection de cinq livres à mettre au pied du sapin – pardon, de l’épicéa.
Pour un feuilletage en relief

Pas simple de proposer un livre à pop-up consacré aux arbres, plante ligneuse dont la particularité est de se tenir dressée. Sauf à assumer une certaine verticalité en matière de lecture, comme avec ce petit catalogue qu’on feuillettera de bas en haut à la façon d’un calepin. Dix arbres « incontournables » d’ici et d’ailleurs – du chêne au pommier, de l’olivier au baobab – composent un ouvrage en relief aux doux contrastes numérisés et aux textes simples non dépourvus d’anecdotes. Saviez-vous que l’on fabrique des battes de cricket avec le bois du saule pleureur ? Ou que le ginkgo biloba – également appelé « arbre aux 40 écus » – est apparu sur Terre il y a 270 millions d’années, avant même les dinosaures ? A l’approche de Noël, les jeunes lecteurs y apprendront que l’épicéa est le vrai nom du sapin au pied duquel s’amassent les cadeaux.
« Les Arbres », d’Arnaud Roi, illustrations de Boris Zaïon, Milan, 24 p., 13,90 €. A partir de 6 ans.
Pour prendre racine

Dans la peau, ou plutôt l’écorce, d’un arbre. Tel est le mot d’ordre de cet album en mode impératif, appelant le lecteur à s’imaginer doté d’un tronc, de branches et de frondaisons. « Sois un arbre ! Garde la tête bien haute, étire tes branches jusqu’au soleil. Laisse tes racines s’enrouler, s’entortiller dans le sol pour mieux t’y ancrer », scande une prose non dénuée de poésie. Une certaine érudition affleure également pour nous rappeler que les arbres d’une même forêt prennent soin les uns des autres et qu’ils s’échangent des informations grâce à leurs racines entrecroisées et à leurs réseaux de champignons (le réseau mycorhizien). Inspirée de La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), de l’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, cette ode chlorophyllienne initiera les plus jeunes aux vertus de l’écologie.
« Sois un arbre ! », de Maria Gianferrari, illustrations de Felicita Sala, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Luba Markovskaia, La Pastèque, 40 p., 17 €. A partir de 6 ans.
Pour voir à travers les branches

Un air de Brassens nous vient en tête à la lecture de ce petit album. Auprès de leur arbre, en haut de la colline, tous vivent en harmonie : renard, hérisson, oiseaux, et même un petit garçon, qui y a bâti une cabane. Dans ses branches larges et son port évasé, le végétal accueille tout le bonheur du monde. Jusqu’à un terrible orage, qui le brise. Si le refuge est perdu à jamais, c’est autre chose que les humains vont réussir à créer à partir de cette perte, une harmonie nouvelle avec les animaux. Aussi simple dans le propos que dans le choix des couleurs : orange, vert, bleu et blanc, pour un jeu de contrastes élégant.
« L’Arbre », de Coralie Saudo, illustrations de Mélanie Grandgirard, Les Albums Casterman, 40 p., 14,90 €. Dès 3 ans.
Pour des récits pleins de sève

Savez-vous qu’un arbre pousse sur la Lune depuis des milliers d’années ? C’est même lui qui est responsable de la surpopulation de la Terre, figurez-vous. Chaque nouvelle branche engendre une nouvelle génération d’êtres humains. Dans ce récit chinois, l’un des Contes des arbres et des forêts du recueil, un bûcheron est donc envoyé sur l’astre pour couper court à cette inflation. Peine perdue. Et nous voici 7,7 milliards d’humains, dont 1,4 milliard en Chine (et moi, et moi, et moi). Un peu plus tôt dans ce même recueil, c’est une femme française qui fait croître la population mondiale, mais à l’autre bout de la pyramide des âges : Misère – c’est le nom de cette pauvre vieille – envoie gracieusement la Mort, qui venait lui rendre une visite de courtoisie, dans son pommier ensorcelé, dont nul ne peut redescendre. Plus personne ne meurt, et voilà des générations qui s’entassent dans les maisons. Ce ne sont là que deux contes parmi une dizaine du monde entier (Angleterre, Japon, Estonie, Afrique de l’Ouest…), tous formidablement choisis et narrés.
« Contes des arbres et des forêts », de Rolande Causse, Nane et Jean-Luc Vézinet, illustrations de Marc Daniau, Les Eléphants, 76 p., 16 €. Dès 6 ans.
Pour les botanistes en herbe

Lisa Voisard revient, et c’est une excellente nouvelle. L’autrice d’Ornithorama s’attaque cette fois-ci à ceux qui hébergent les oiseaux. Avec Arborama, elle propose, toujours dans un style graphique et pétillant, de répertorier les arbres de nos contrées, d’apprendre à les reconnaître dès le plus jeune âge. A chaque fiche d’identité, un petit texte : on lit ainsi que le sapin blanc vit environ trois cents ans, qu’il atteint de 30 à 50 mètres de hauteur et que son mode de reproduction est monoïque, avant d’entrer dans les détails : dessin de son écorce, de ses aiguilles, bourgeons et cônes (mâles et femelles). A emporter lors des promenades en forêt ou au parc !
« Arborama », de Lisa Voisard, Helvetiq, 200 p., 24,90 €. Dès 6 ans.