Pourquoi certaines personnes sont-elles plus ouvertes d’esprit que d’autres ?
Comme le montre le psychiatre Norman Doidge, l’intolérance aux opinions divergentes serait liée à l’hémisphère gauche de notre cerveau. Mais changer est possible.

Au lieu de percevoir des individus et des relations complexes, l’hémisphère gauche de notre cerveau a tendance à manœuvrer avec des catégories, à faire des abstractions et à isoler les choses de leur contexte.
Comment se fait-il que des gens sautent de joie avant un débat acharné et meurent d’envie de changer d’avis et de voir leurs croyances remises en question, quand d’autres se ferment à toutes divergences d’opinion, même les plus anodines, voire jugent l’expérience violente ou oppressante ? Qu’est-ce qui fait que certains d’entre nous sont des absolutistes de la liberté d’expression, quand d’autres exigent toujours plus de contraintes au langage ?
Lorsque nous croyons que la liberté d’expression est un élément fondamental d’une société démocratique, il nous est trop facile d’attribuer de la malveillance à ceux qui soutiennent le contraire. Nous voilà sûrs et certains de leurs intentions : les gens de droite refusant la confrontation avec des progressistes sont forcément des bigots et des autoritaires, tandis que tout gauchiste manifestant une telle intolérance n’est qu’un gros fragile ignorant et désireux de mettre la démocratie occidentale à genoux.
Et si la position d’un individu sur la liberté d’expression – sa propension à tolérer ou non des opinions qu’il n’aime pas – était liée à son fonctionnement cérébral et à sa façon de percevoir le monde ? Peut-être que l’opposition à la liberté d’expression traduirait moins la malveillance qu’un état d’esprit au sens strict.
Dans sa conférence « La mentalité infaillible », le psychiatre canadien Norman Doidge dévoile les relations complexes liant politiquement correct, liberté d’expression et fonctions biologiques cérébrales. Après avoir soigneusement examiné les différences fonctionnelles entre les hémisphères gauche et droit de notre cerveau, Doidge démontre comment une dépendance excessive à un côté peut affecter notre capacité à penser, écouter les autres et, finalement, à tolérer des opinions différentes. Cet article s’inspire largement de la conférence de Doidge. Il convient de noter qu’en raison de la nature embryonnaire de ce domaine des neurosciences, toutes les descriptions des états et des mécanismes du cerveau sont ici conjecturales.
Que se passe-t-il donc dans votre esprit lorsque vous ne supportez pas d’entendre des opinions alternatives ?
Un cerveau en deux parties
L’idée selon laquelle nous serions gauchers ou droitiers du cerveau est beaucoup trop simpliste. Reste que les deux hémisphères cérébraux se spécialisent dans des tâches spécifiques, adoptent des approches très différentes du monde et traitent ce qu’ils voient de manière distincte.
Comme l’explique Doidge, là où l’hémisphère droit voit les choses dans leur ensemble, l’hémisphère gauche en a une appréhension plus restreinte : au lieu de percevoir des individus et des relations complexes, il a tendance à manoeuvrer avec des catégories, à faire des abstractions et à isoler les choses de leur contexte. « Chaque fois que des gens généralisent à outrance sur les autres, déclare Doidge, ça sent l’hémisphère gauche à plein nez ». Vu qu’elle schématise le monde en catégories familières, il est probable que la partie gauche de notre cerveau soit liée à l’intolérance.
À l’inverse, l’hémisphère droit est bien plus apte à relier les choses et à les appréhender de manière holistique, en tenant compte de leurs subtilités et de leurs complexités. L’hémisphère droit recherche la nouveauté, il reste ouvert et large d’esprit lorsqu’il s’aventure attentivement dans l’inconnu, alors que l’hémisphère gauche tente de réduire toute nouvelle expérience à quelque chose qu’il connaît déjà. L’hémisphère droit comprend mieux le contexte, l’humour, les métaphores, la subtilité et les nuances, explique Doidge, et possède une plus grande capacité d’empathie, de compréhension des émotions et de lecture du langage corporel.
Eu égard à la liberté d’expression, tout pourrait dépendre de notre manière de concevoir le monde – comme une succession d’individualités complexes et imprévisibles ou comme une somme de catégories abstraites.
Par exemple, l’actuelle culture de la « justice sociale » est un cas paradigmatique d’une pensée par le cerveau gauche. Elle arrache les individus à leurs nuances contextuelles, les classe en fonction de leur degré de « privilège » et les divise en catégories fondées sur des caractéristiques arbitraires comme la race, le genre ou la sexualité. En divisant le monde en deux classes – les oppresseurs et les opprimés – la gauche identitaire contemporaine justifie les restrictions d’expression et la censure du débat au nom de l’égalité et de l’équité, afin, selon elle, de donner une voix aux marginalisés et d’étouffer les discours des privilégiés culturels. Loin d’être curieux de l’inconnu, ils tentent de condenser la grande variabilité de l’expérience humaine individuelle en un seul récit, ostracisant toute personne dont l’opinion n’est pas parfaitement alignée sur la leur. Ils ne voient que le pouvoir et l’oppression et – ce qui est trahit l’hémisphère gauche – semblent souvent incapables d’éprouver de l’empathie pour les gens en tant qu’individus.
Interprétation du langage
En l’absence de contexte, l’hémisphère gauche a également tendance à interpréter le langage de façon littérale et manque donc totalement d’humour. Parce qu’il voit les choses dans l’abstrait, et non pas dans leur véritable contexte, il est plus susceptible de mal interpréter l’intention du discours et de verser dans la paranoïa.
En revanche, la capacité à comprendre le contexte non-littéral nécessite des attributs de l’hémisphère droit comme l’interprétation indirecte et l’empathie. L’hémisphère droit sait donc apprécier le fil narratif d’un discours, sans le considérer comme une masse d’épisodes mélangés dans le désordre.
Bien des partisans du mouvement contemporain pour la justice sociale ont également tendance à mal interpréter l’intention des discours et à voir dans les opinions de leurs adversaires idéologiques de la violence, une source de traumatisme ou un affront personnel. Par exemple, quand Erika Christakis, professeure à Yale, avait envoyé un e-mail pour dire qu’il fallait laisser les étudiants choisir leurs costumes d’Halloween, des manifestants avaient qualifié le message « d’acte de violence » et dit à Nicholas Christakis, le mari d’Erika et également professeur à Yale, « vous dépouillez les gens de leur humanité » et « vous avez créé un espace pour la violence ». Incapables de voir le contexte plus large – un enseignant de gauche, écoutant ses élèves avec sérieux, parlant calmement, s’excusant de les avoir blessés et curieux d’entendre leur point de vue – les étudiants avaient mal interprété les mots de Nicholas, en les jugeant violents et racistes. Suivant leur hémisphère gauche, celui qui est incapable d’interpréter correctement les expressions faciales, les étudiants allaient crier « efface ce sourire narquois de ton visage! » à un Christakis impassible, exprimant là le genre de paranoïa aveugle à laquelle cette partie du cerveau est encline et en détectant de l’hostilité dans le moindre de ses gestes – qu’il leur fasse face, qu’il se détourne, qu’il baisse ou élève la voix.
Cartographies du réel
Quand quelque chose de nouveau et d’important est perçu, l’hémisphère droit charge le gauche de le cartographier. La carte qu’il produit est souvent confondue avec le monde réel, alors qu’elle n’en contient que des éléments isolés et dépourvus de contexte (Selon Doidge, cette carte est vécue à la manière d’une réalité virtuelle). Ainsi, alors que l’hémisphère droit fait l’expérience d’un monde dynamique et complexe où s’agitent divers individus, l’hémisphère gauche voit une « version re-présentée de la réalité », contenant « des entités statiques, séparables, circonscrites, fondamentalement fragmentées, regroupées en classes sur lesquelles il est possible de fonder des prédictions ». Le résultat, pour Doidge, en est un sentiment d’omniscience et d’infaillibilité.
Dans les débats sur le rôle et les limites de la liberté d’expression, différents côtés de l’échiquier politique semblent souvent percevoir des réalités différentes. Alors que les conservateurs ne peuvent pas comprendre comment une discussion courtoise peut mettre quelqu’un en danger, les progressistes ne peuvent pas comprendre comment quelqu’un peut tolérer un discours haineux. Par exemple, lorsque Nicholas Christakis demanda aux manifestants de Yale : « Si vous croyez que je ne serai jamais capable de comprendre ce que vous me dites, qu’est-ce que vous faites ici à exiger d’être entendus ? », un étudiant hurla : « Parce que nous sommes en train de mourir ». Une hystérie qui semble complètement détachée de la réalité. Mais peut-être l’élève avait-il agi conformément à sa carte du monde : un plan ordonné en catégories rigides, qui ne voit que le pouvoir et la soumission et qui perçoit les menaces séparées de leur contexte ?
Les tendances de l’hémisphère gauche à généraliser à outrance, à mal interpréter les propos et à confondre sa cartographie de la réalité avec le monde véritablement réel pourraient expliquer que certaines personnes refusent catégoriquement d’accepter d’autres points de vue. Poussée trop loin, cette dépendance excessive à la catégorisation de l’hémisphère gauche peut non seulement affecter la capacité d’un individu à écouter et à entrer en relation avec les autres, mais elle peut aussi générer de la cécité mentale.
La cécité mentale comme délire d’infaillibilité
Pour la plupart d’entre nous, notre mentalisation se fait de manière saine et automatique. Nous reconnaissons que les conclusions que nous tirons de la réalité sont sujettes à des biais et à des erreurs. Nous sommes conscients que nos congénères ont des états mentaux différents des nôtres et que la seule façon raisonnable d’évaluer ce qu’ils ressentent est de le leur demander. En conséquence, selon Doidge, nous sommes capables de de faire attention aux autres, de nouer des relations stables et d’avoir conscience de notre faillibilité.
Sans mentalisation saine vient la cécité mentale. Comme la définit Doidge, une personne atteinte de cécité mentale « comprend mal que les autres personnes ont un esprit et, plus important encore, qu’elle a elle-même un esprit invisible qui interprète la réalité ».
Nous sommes tous mentalement aveugles dans notre enfance, mais à mesure que notre cerveau mûrit, on réalise que nous pouvons former de fausses croyances. Nous commençons à utiliser la logique inductive lorsque nous prenons conscience de l’existence de l’esprit des autres et de la faillibilité de nos pensées. Le raisonnement abstrait fait son apparition et nous ne prenons plus le langage au pied de la lettre.
Reste que nous pouvons aussi régresser dans la cécité mentale à l’âge adulte (ou ne jamais en sortir). Plusieurs facteurs peuvent y contribuer, notamment les maladies mentales, l’incapacité à nouer des liens sécurisants, ainsi que le stress et les traumatismes – des expériences durant lesquelles notre hémisphère droit, comme le dit Doidge, « se déconnecte littéralement ». Nous pouvons également nous fier aux penchants de l’hémisphère gauche par un conditionnement idéologique – lorsque les idéologies en question reposent sur la catégorisation, la généralisation et le fait de sortir les choses de leur contexte.
Les adultes atteints de cécité mentale manquent d’humour, sont prompts à prendre le langage au pied de la lettre et à faire des généralisations à l’emporte-pièce sur des groupes de personnes. Ils souffrent de la pensée du tout ou rien et s’en tiennent généralement à la première explication qui leur vient à l’esprit. La personne atteinte de cécité mentale n’est pas consciente du caractère biaisé de sa façon de penser ; son expérience subjective lui apparaît comme la réalité et non pas comme une simple interprétation des événements. Elle devient égocentrique et part du principe que les autres voient le monde comme elle. Sa réalité mentale lui semble tout aussi réelle que le monde extérieur, au point qu’elle peut être terrifiée par ce qu’elle pense. La cécité mentale peut rendre une personne insensible, obnubilée par ce que les autres disent. Incapable de s’arrêter un moment pour réfléchir, l’aveugle mental devient hypersensible aux critiques, même les plus inoffensives ou constructives, jusqu’à ce qu’un désaccord soit ressenti comme un acte de violence ou une invalidation totale de son existence.
Un monde d’hémisphères gauches
Dans son livre sur la manière dont cette dichotomie cérébrale construit notre réalité, le psychiatre Iain McGilchrist écrit que « nous avons fini par être prisonniers […] du seul hémisphère gauche ».
« À quoi ressemblerait le monde si l’hémisphère gauche devenait l’unique pourvoyeur de notre réalité ? » demande McGilchrist. Selon lui, l’impersonnel deviendrait personnel ; les objets matériels supplanteraient l’expérience existentielle ; les valeurs morales supérieures seraient discréditées ; la moralité deviendrait une fonction des calculs utilitaires et de l’intérêt personnel, et le virtuel serait privilégié par rapport au réel. « Il y aurait un échec total du sens commun, puisqu’il est intuitif et repose sur la collaboration des deux hémisphères », observe McGilchrist. « Il y aurait une montée de l’intolérance et de l’inflexibilité, une réticence à changer de voie ou d’avis » : « Les liens entre les personnes […] le contexte auquel chaque individu appartient, seraient négligés, voire activement perturbés […] L’exploitation plutôt que la coopération serait […] la relation par défaut entre les individus humains […] Le ressentiment conduirait à se focaliser sur l’uniformité et l’égalité, non pas comme un souhait à équilibrer avec d’autres, mais comme le souhait ultime, transcendant tous les autres. En conséquence, les individualités seraient émoussées et l’identification se ferait par catégories – groupes socio-économiques, races, sexes, etc., – qui auraient d’ailleurs l’impression implicite ou explicite d’être en compétition les unes avec les autres et se tiendraient rigueur les unes les autres. La paranoïa et le manque de confiance pourraient devenir les attitudes dominantes de la société, tant entre les individus qu’entre les groupes, et caractériser la posture des gouvernements vis-à-vis de leurs citoyens. »
Cela vous dit quelque chose ? À bien des égards, la société moderne en est venue à être dirigée par l’hémisphère gauche : à ne pas tolérer la nuance et l’ambiguïté, à vouloir absolument catégoriser les gens au détriment de la cohésion sociale, et aujourd’hui – avec l’omniprésence des réseaux et médias sociaux – à confondre toujours plus la réalité virtuelle, dépourvue de profondeur ou de contexte, avec le monde réel. Doidge est du même avis : « Certains aspects de la vie et des activités modernes, tels que les nouveaux modes de travail et les technologies informatiques, exagèrent et renforcent le fonctionnement de l’hémisphère gauche au détriment du droit […] Ce glissement vers la gauche est également l’une des raisons pour lesquelles les adultes se sentent surmenés, à cran, et se considèrent souvent comme des machines, ou sont traités comme tels, et ont tant l’impression d’une dévitalisation, d’une déconnexion d’avec leurs sentiments et le sens de leur vie. »
Si les deux côtés du cerveau sont nécessaires à une mentalisation saine, ils n’ont pas la même valeur. L’analyse séquentielle et logique nous conduit à la vérité : elle nous donne, selon McGilchrist, « des résultats bien plus proches – et qui confirment la validité – de la façon dont l’hémisphère droit comprend le monde, et non de celle du gauche ». Si l’hémisphère gauche joue un rôle crucial dans un processus intermédiaire de premier plan – prendre en compte l’image plus complète de l’hémisphère droit et la décortiquer – il ne peut pas à lui seul nous mener à la vérité.
Comment s’en sortir ?
Dès lors, comment avancer vers la vérité et la libre discussion dans un monde où l’hémisphère gauche est aux manettes ?
Premièrement, il nous faut appréhender l’intolérance comme un défaut humain et non comme un trait politique. J’ai mis l’accent sur la menace que représente le gauchisme de la justice sociale car, dans le monde occidental contemporain, c’est dans cette mouvance qu’on est le plus enclin à vouloir restreindre légalement la liberté d’expression, à censurer des intellectuels et à juger les opinions d’un individu en fonction du groupe auquel il semble appartenir. Une intolérance qui s’est infiltrée dans les universités, les médias et d’autres institutions, et inhibe la libre discussion à la fois par des politiques en bonne et due forme, mais aussi par une culture diffuse de conformisme et d’autocensure. Des études indiquent également que les gauchistes ont plus de mal à comprendre la mentalité conservatrice que l’inverse.
Reste que l’intolérance est aussi bien présente à droite – même si elle n’est peut-être pas aussi manifeste ou ouvertement influente. Quiconque réduit les individus à des catégories, nie le contexte et la nuance, refuse de débattre ou confond sa réalité sociale personnelle avec celle de tous les autres, souffre d’une mentalisation défectueuse. En appréhendant l’intolérance comme un défaut humain et non pas comme un mal uniquement endémique chez nos adversaires politiques, alors nous pouvons la détecter et nous en prémunir chez nous.
Mais il nous faut aussi accepter que les gens habitent des réalités différentes. Si nous voulons sincèrement nous comprendre, il faut essayer de percevoir le monde comme ceux avec qui nous sommes en désaccord. Telle est la question que nous devons nous poser : « Comment ont-ils pu arriver à cette conclusion et comment puis-je leur montrer que leur réalité ne correspond pas à la mienne ? » Plutôt que de regarder nos adversaires politiques comme des communistes maléfiques ou des racistes invétérés, nous devons les voir comme des individus. En règle générale, l’intolérance est le fruit d’un état d’esprit et de bonnes intentions perverties.
Il ne suffit pas d’apprendre aux gens ce qu’est la liberté d’expression. Nous devons les éduquer sur le fonctionnement de l’esprit. La neuroplasticité – l’idée que le cerveau peut se réorganiser – laisse entendre que changer notre façon de penser est possible. Cette notion devrait être au centre de notre système éducatif. Voyez un peu comment la discussion serait facilitée si nous avions tous connaissance de la faillibilité de nos propres processus de pensée, des différentes façons dont nous percevons le monde et des distorsions cognitives endémiques à certaines idéologies.
Toute défense significative de la liberté d’expression doit commencer par les individus. Nous ne pourrons garantir la liberté d’expression que si nous nous efforçons d’écouter les autres, d’améliorer nos propres processus cognitifs, de vivre de manière curieuse avec des esprits larges et ouverts, de considérer les gens comme des individus et de remettre en question nos réalités personnelles. Ce qui veut dire rejeter les idéologies dogmatiques gratifiant les névroses et la pensée du tout ou rien et réfléchir de manière critique aux technologies modernes qui nous arrachent au contexte du monde réel.
En grande partie, les progrès que nous avons réalisés dans la société occidentale ont été le fruit d’une discussion libre et sans entraves. La vérité, la liberté et la justice pour les personnes marginalisées ne seront pas atteintes en évitant le débat ou en imposant des limites au langage. La société ne progressera que si chacun d’entre nous s’engage dans un débat acharné, accepte la possibilité de changer d’avis et cultive une conscience de la faillibilité de son propre esprit, même dans un monde qui exige l’infaillibilité.
Freya India Ager pour Areo Magazine (traduction Peggy Sastre)
Cet article est initialement paru dans Areo Magazine, site d’opinion et d’analyse dirigé par Helen Pluckrose. Areo Magazine entend défendre les « valeurs humanistes », comme la liberté d’expression ou la raison. Freya India Ager est journaliste indépendante et vit en Angleterre. Elle est diplômée en sciences politiques du King’s College de Londres.
