Cantal : Randonneuse de 25 ans tuée dans un accident de chasse : ce que l’on sait
Une randonneuse est décédée sur place après avoir reçu une balle perdue. L’auteure du coup de feu mise en cause est une jeune femme de 17 ans. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire et elle a été placée en garde à vue.
Une randonneuse de 25 ans a été tuée par balle dans l’après-midi de ce samedi dans le Cantal, dans un accident de chasse. La jeune femme est décédée après avoir reçu une balle perdue vers 15 heures lors d’une battue aux sangliers qui a démarré dans l’Aveyron voisin et se déroulait, au moment des faits, sur la commune de Cassaniouze.
La victime se trouvait sur un sentier de randonnée balisé lors de l’accident, et se promenait avec son compagnon.
L’auteure du coup de feu placée en garde à vue
La balle perdue a été tirée par une chasseuse de 17 ans, qui avait reçu les formations d’usage. Elle a été placée en garde à vue dimanche matin, a annoncé le procureur de la République d’Aurillac.
Ce dernier a précisé samedi soir que l’auteure du coup de feu a été testée négative aux stupéfiants et à l’alcool. Une enquête a été ouverte du chef d’homicide involontaire, confiée à la brigade de recherche d’Aurillac.
Les écologistes demandent l’interdiction de la chasse le week-end
La secrétaire d’État à la Biodiversité, Bérengère Abba, a réagi sur Twitter samedi soir, évoquant un « drame insoutenable et inacceptable ». La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili parle aussi d’une « drame effroyable ». Le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, a par ailleurs appelé à « réglementer cette activité ».

« A quand l’interdiction de la chasse le week-end et les vacances scolaires ? », a demandé quant à elle Mélanie Vogel, sa porte-parole, retweetée parle porte-parole d’EELV, Julien Bayou. Matthieu Orphelin, député écologiste du Maine-et-Loire, propose un compromis. « J’ai échangé avec des chasseurs. Ils seraient OK pour arrêter de chasser à 11h le week-end. Discutons-en! »
Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a également réagi, lançant un appel à « prendre la mesure du drame ». « Sans attendre les résultats de l’enquête, je veux vous dire que rien ne peut justifier, même de façon accidentelle, la mort d’une personne », a-t-il souligné.

Chers amis chasseurs,
C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris en fin d’après-midi le décès d’une randonneuse de 25 ans par un tir accidentel dans le département du Cantal. Le tir aurait été effectué par une jeune chasseresse Cantalienne lors d’une battue au grand gibier sur la commune de Cassaniouze.
Je tiens à présenter à la famille de cette jeune femme et à ses proches mes plus sincères condoléances.
Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a également réagi, lançant un appel à « prendre la mesure du drame ». « Sans attendre les résultats de l’enquête, je veux vous dire que rien ne peut justifier, même de façon accidentelle, la mort d’une personne », a-t-il souligné.
« Je vous demande d’exclure de vos chasses toute personne qui n’aurait pas une conduite sécuritaire parfaite lors de la pratique de notre passion, il en va de notre avenir collectif », a ajouté le représentant des chasseurs.
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La mort d’une jeune femme de 25 ans, samedi dans le Cantal, relance le débat sur la chasse. Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon demandent son interdiction le week-end. La majorité plaide pour des mesures d’encadrement. Marine Le Pen défend les chasseurs.
Elle avait 25 ans, se promenait avec son compagnon sur un sentier balisé de Cassaniouze, dans le Cantal. Elle est morte, samedi, d’une balle perdue lors d’une battue de sanglier. L’auteure du coup de feu – une adolescente de 17 ans – a été placée en garde à vue ce dimanche matin pour homicide involontaire.
Cet accident dramatique a relancé le débat sur l’interdiction de la chasse le week-end. « Il y a urgence à réglementer cette activité », a immédiatement réagi Yannick Jadot. Dans son programme, le candidat écologiste à la présidentielle, prône une interdiction de la chasse le week-end et les vacances scolaires.
Même position pour Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, qui a également demandé sur France 3 dimanche de « cesser de vendre des armes qui sont aussi puissantes ».
Une interdiction le week-end ?
À l’inverse, l’extrême-droite défend les chasseurs. « Je considère que la chasse est une tradition ancestrale et qu’elle doit être maintenue. Si vous empêchez les chasseurs de chasser le week-end, ils ne pourront pas chasser parce qu’ils travaillent quand même les chasseurs », a plaidé Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, sur France Inter.
Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, a fait part de sa « tristesse », et indiqué que « toutes les fédérations de chasseurs » sont en train d’être contactées « pour qu’il soit rappelé l’ensemble des règles de sécurité » et qu’une réunion sera demandée « dès le début de la semaine prochaine de l’ensemble des fédérations de nature pour rappeler les dispositifs de sécurité ».
Quelles sont ces règles de sécurité ?
Malgré les accidents de chasse, des règles de sécurité strictes sont édictées par la fédération nationale des chasseurs. En Théorie pour avoir le droit de chasser, il faut posséder un permis de chasse, délivré après la réussite d’un examen qui comporte une épreuve théorique et une épreuve pratique. Une question de sécurité est éliminatoire. En France, un mineur peut, à partir de 15 ans, pratiquer la chasse en présence et sous la responsabilité d’un accompagnateur. Par ailleurs, l’arme doit être transportée déchargée dans un véhicule et elle ne doit être chargée que quand le chasseur va tirer. Les tirs à hauteur d’homme sont interdits, tout comme le fait de tirer à travers une haie ou un buisson, ou en direction de routes, des chemins, des voies ferrées, vers les habitations ou des lignes de transport électrique. Enfin, il n’existe pas d’infraction spécifique de « chasse en état d’ivresse » dans le Code pénal, comme pour la conduite. En revanche, un test d’alcoolémie pourra être effectué en cas d’accident. Si le résultat est positif, l’alcool sera considéré comme circonstance aggravante. En l’occurrence, dans le cas du Cantal, ce ne sera pas le cas puisque la responsable du tir a été testée négative aux stupéfiants et à l’alcool.
Au gouvernement, Berangère Abba, secrétaire d’État en charge de la Biodiversité, promet que « s’il s’avère qu’on a encore des choses à renforcer, on le fera », rappelant avoir annoncé « la création d’une application de géolocalisation dans laquelle on pourrait savoir autour de soi où ont lieu les battues ».
Une mesure qui ne convainc pas les défenseurs des animaux. « Madame la ministre, les gens n’en peuvent plus de risquer leur peau en allant se promener », a tweeté le journaliste Hugo Clément.
La France, pays européen comptant le plus de chasseurs (1 million), est aussi le seul en Europe où il est possible de la pratiquer tous les jours pendant la saison, alors que la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas ou encore le Portugal ont instauré un ou plusieurs jours de non-chasse.
Une pétition réclamant l’interdiction de la chasse le mercredi et le dimanche avait recueilli plus de 120 000 signatures l’automne dernier et poussé le Sénat à créer une mission sur la « sécurisation » de cette pratique. Elle doit rendre ses conclusions à l’été.
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