Sélectionner une page

Guerre en Ukraine : le risque de guérilla populaire, un cauchemar pour Poutine

Une victoire militaire de la Russie en Ukraine pourrait n’être que le début des ennuis pour le président russe.

Un sondage réalisé en décembre 2021 montrait qu'un Ukrainien sur trois serait prêt à prendre les armes contre une invasion russe. (Ici, des membres des bataillons de défense territoriale ukrainiens lors d'un exercice à l'extérieur de Kiev, le 19 février 2022.)

Un sondage réalisé en décembre 2021 montrait qu’un Ukrainien sur trois serait prêt à prendre les armes contre une invasion russe. (Ici, des membres des bataillons de défense territoriale ukrainiens lors d’un exercice à l’extérieur de Kiev, le 19 février 2022.)

Au troisième jour de son invasion, l’armée russe resserre son étau sur l’Ukraine. Les combats ont gagné ce vendredi 25 février la périphérie de Kiev, tandis que, dans le reste du pays, les troupes russes ont atteint d’autres grandes villes comme Kramatorsk (est), Kharkiv (nord-est) ou Marioupol, le principal port de l’est du pays. « Les forces font tout leur possible » pour défendre l’Ukraine, a martelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait décrété, la veille, la mobilisation générale pour contrer la progression russe.

Si l’incontestable supériorité de l’armée russe interroge sur la capacité des troupes ukrainiennes à faire face durablement, une victoire militaire de Moscou pourrait n’être que le début des ennuis pour Poutine. « Il ne faut pas sous-estimer la volonté des Ukrainiens de se battre et leur capacité de riposte individuelle, souligne Mathieu Boulègue, chercheur spécialiste de l’Eurasie à la Chatham House, un think tank londonien. Les Ukrainiens ne lâcheront pas leur territoire et sont prêts à mourir pour le défendre. »

« Neutralisez l’occupant ! »

Comme l’ont appris à leurs dépens les Etats-Unis en Afghanistan, envahir un pays et renverser son gouvernement est une chose, mais le contrôler en est une autre. A fortiori l’Ukraine, deuxième plus grand pays d’Europe après la Russie et peuplé de 42 millions d’habitants. Un sondage réalisé en décembre 2021 montrait qu’un Ukrainien sur trois serait prêt à prendre les armes contre une invasion russe. Et 21,7% de la population se dit encline à rejoindre un mouvement de résistance civile.

De son côté, le ministère ukrainien de la Défense a d’ores et déjà appelé les civils à prendre les armes. « Nous demandons aux citoyens de nous informer des mouvements ennemis ; faites des cocktails Molotov, neutralisez l’occupant ! », a-t-il écrit dans un message publié sur Facebook vendredi. La veille, ce dernier avait déjà exhorté « ceux qui ont une expérience de combat » à rejoindre les bataillons de défense territoriale. Ces unités mises en place par la loi sur la résistance nationale adoptée début janvier sont composées de civils entraînés par l’armée à mener des opérations de guérilla.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, des milliers d’Ukrainiens avaient déjà eu recours à des tactiques de guérilla pour résister contre les troupes d’Hitler, puis de Staline. Plus récemment, la résistance des insurgés lors de l’invasion soviétique de l’Afghanistan dans les années 1980 avait conduit l’Armée rouge à plier bagage.

« Longue et hideuse période de représailles »

Jeudi, le président russe a assuré ne pas vouloir « d’occupation » de l’Ukraine, mais aura-t-il le choix ? « Même si les troupes russes parvenaient à défaire l’armée ukrainienne, je ne pense pas que Poutine puisse garder le contrôle du pays, estime Glen Grant, analyste à la Baltic Security Foundation ayant conseillé l’Ukraine sur sa réforme militaire. La population ne l’accepterait pas et cela nécessiterait un nombre de soldats russes beaucoup trop important pour maintenir son emprise sur le pays ».

D’autant que la question d’un soutien à une potentielle résistance ukrainienne commencerait à être évoquée dans les chancelleries occidentales, selon plusieurs journaux anglo-saxons. « Leur aide pourrait être très utile », souligne le général Dominique Trinquand, expert militaire et ancien chef de la mission française à l’ONU. Ils pourraient notamment fournir des armes, de l’équipement, voire un entraînement dans les pays voisins. »

« Une guerre éclair serait suivie d’une longue et hideuse période de représailles, de vengeance et d’insurrection, avait déjà mis en garde le Premier ministre britannique, Boris Johnson, samedi 19 février, lors de la conférence de Munich sur la sécurité. Si l’Ukraine est envahie par la force brute, je ne vois pas comment un pays englobant près d’un quart de million de kilomètres carrés pourrait être tenu sous contrôle. »

In fine, le risque de voir le nombre de morts grimper parmi les soldats russes est grand. Avec, en corollaire, les conséquences que cela implique auprès de l’opinion en Russie. « Si l’armée russe s’enlise en Ukraine et que cela se traduit par de nombreuses pertes, Poutine fera inévitablement face à un coût politique important », estime Glen Grant.

Paul Véronique

L’Allemagne autorise la livraison de 400 lance-grenades à l’Ukraine

Un grand immeuble résidentiel à Kiev a été lourdement touché par un missile entre les 18ème et 21ème étages, a indiqué samedi le service d’Etat pour les situations d’urgence.

18h43
Deux journalistes danois blessés par balle dans le nord-est de l’Ukraine
18h40
Les civils terrés dans des caves face à l’offensive russe
18h21
Un député norvégien propose Zelensky pour le Nobel de la paix
Volodymyr Zelensky
18h16
La Grèce proteste auprès de Moscou après la mort de deux civils d’origine grecque
18h12
L’Ukraine demande son soutien à l’Inde
Narendra Modi
18h00
L’Allemagne prête à une «limitation» de l’accès à Swift pour la Russie
Robert Habeck
17h47
L’Allemagne autorise la livraison de 400 lance-grenades à l’Ukraine
17h44
La Russie «frustrée» par la ferme résistance de l’Ukraine
17h34
Macron affirme sa «détermination à soutenir» la Moldavie et la Géorgie
Emmanuel Macron
17h31
En Russie, les anti-guerre s’organisent
17h28
L’Allemagne isolée dans son refus d’exclure la Russie de Swift
Mateusz Morawiecki
17h24
La Roumanie, refuge pour des Ukrainiens et avant-poste de l’Otan à l’est
17h20
La pression monte sur le Conseil fédéral
Quelques centaines de personnes ont manifesté leur soutien à l’Ukraine samedi sur la place des Nations à Genève.
17h16
Blinken au peuple russe: «Vous ne méritez pas une guerre vaine avec vos voisins»
17h14
Suède et Finlande stoïques face aux avertissements russes
Maria Zakharova
17h09
La Pologne annonce que 115’000 Ukrainiens sont arrivés dans le pays
17h06
L’ambassade de Suisse maintient un service limité
17h01
Les Occidentaux promettent des armes à l’Ukraine
16h30
La Russie annonce «élargir l’offensive» sur l’Ukraine
16h19
25’000 armes automatiques ont été distribuées aux habitants de Kiev
16h09
«J’ai passé la nuit terrée dans un sous-sol, sous les bombardements»
Éclats d’obus après une explosion dans un quartier résidentiel de Kiev. Comme de nombreux habitants de la capitale ukrainienne, Natalia a préféré quitter la ville par crainte des bombardements russes.

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *