Guerre en Ukraine : une famille iséroise organise le transport et l’accueil de 34 réfugiés
La solidarité en faveur des réfugiés ukrainiens ne faiblit pas dans les Alpes. Une famille du Sappey-en-Chartreuse a organisé le transport et l’accueil de 34 femmes et enfants arrivés samedi après un long voyage.
Nadia et Svetlana préparent le bortsch, une soupe traditionnelle ukrainienne. Installées seulement depuis quelques jours avec leurs trois filles, les deux sœurs sont déjà presque comme chez elles dans la cuisine d’Isabelle.
Elles sont arrivées samedi 19 mars au Sappey-en-Chartreuse (Isère), fuyant l’invasion russe en Ukraine. « On a voyagé quatre jours ensemble. On se connaît. On a eu le temps d’échanger », explique Isabelle Nury. « Même s’il y a la barrière de la langue, on fonctionne à peu près pareil. J’ai découvert des cousins proches dans nos cultures. »
La cheffe d’entreprise iséroise a mobilisé, en quelques jours, plein de bonnes volontés pour organiser le voyage et l’accueil de 34 femmes et enfants ukrainiens dans les Alpes. A leur arrivée en France après plusieurs jours de voyage, les réfugiés ont été accueillis par des familles volontaires. « Ils se sont embrassés comme s’ils se connaissaient depuis longtemps. C’était très touchant », se rappelle Isabelle Nury.
« Il s’agit de sauver notre liberté »
Nadia et Svetlana ont fui leur ville de Kharkiv, à une vingtaine de kilomètres de la Russie, après neuf jours d’enfer sous les bombes. Elles laissent en Ukraine leurs proches et leur mari restés combattre l’armée russe.
« Nous voulons rester libres. Cette guerre se poursuit car il s’agit de sauver notre liberté. Nous ne pouvons pas rester à genoux (…) On est tellement reconnaissants devant cette générosité, cette gentillesse des Français. Aujourd’hui, on ressent beaucoup d’amour, beaucoup de soutien », témoigne Nadia, pneumologue ukrainienne hébergée chez Isabelle.
Grâce à un solide réseau amical et associatif, la famille Nury a été contactée par une trentaine de familles volontaires. Douze accueillent depuis vendredi, en Isère et en Haute-Savoie, 34 nouveaux réfugiés.
Une expérience « très positive »
« J’ai constaté que les gens qui sont arrivés en France avaient besoin de se retrouver dans une famille parce qu’ils ont besoin de lien. Les mettre seuls dans un appartement, sans support, je pense que c’est un deuxième traumatisme. Il y avait une peur d’être séparé », ajoute Isabelle Nury.
Accueillir une famille ukrainienne est pour elle un engagement sur la durée. Les personnes qui souhaitent se porter volontaires doivent être « assez souples, disponibles », estime-t-elle. « Si vous avez une grande maison qui est à moitié occupée et que vous avez envie de vivre une expérience sur du long terme, parce qu’on ne sait pas du tout combien de temps ça va durer, je pense que ça vaut le coup. Ca bouleverse un petit peu sa vie mais de façon très positive. »
Isabelle et sa famille préparent déjà la venue d’un nouveau groupe de réfugiés ukrainiens dans les Alpes. Pour Nadia, Svetlana et leurs filles, c’est déjà une nouvelle vie qui commence.
