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Quand Staline affamait les Ukrainiens

Quatre-vingt-dix ans avant la guerre lancée par Vladimir Poutine, Staline a voulu punir les Ukrainiens de leur résistance à sa politique en les affamant, provoquant la mort de millions d’entre eux.

Depuis trente ans, l’aspiration des Ukrainiens à la liberté et à une indépendance nationale les a conduits à s’emparer de leur histoire, jusqu’alors construite et racontée par la puissance dominante, l’URSS. A ressurgi alors le souvenir de la grande famine de 1932-1933, « l’Holodomor » (néologisme signifiant élimination par la faim), qualifié de génocide en 2006 par le Parlement ukrainien, alors très opposé à Moscou. La plupart des historiens ukrainiens voient dans l’Holodomor trois éléments caractérisant le crime de génocide : la confiscation de toutes les réserves de nourriture des paysans durant quelques mois décisifs (fin 1932-début 1933) ; le blocus des campagnes affamées ; la preuve fournie par divers documents de l’intention du pouvoir d’affamer les populations.

Mais la famine est d’abord provoquée, en Ukraine comme dans d’autres régions, par la politique économique de Staline fondée sur une planification exigeant des hausses de productivité inaccessibles, une industrialisation à marche forcée fondée sur l’industrie lourde et une collectivisation des terres pour augmenter les rendements afin de nourrir la population urbaine et industrielle en forte croissance.

Dans les campagnes, les paysans, voyant leurs terres confisquées, sont contraints d’entrer dans des coopératives dirigées par le Parti (kolkhoses) ou dans des fermes d’Etat (sovkhoses). Les résistances sont fortes. C’est aussi pour l’Etat un moyen d’anéantir politiquement la paysannerie, dernière classe à défendre la propriété privée : c’est ce que le pouvoir appelle la suppression « des koulaks en tant que classe », les koulaks étant les paysans dits « riches », c’est-à-dire tous ceux qui ont quelque chose à perdre à la collectivisation. Beaucoup de paysans sont tués, déportés, et frappés par la famine.

En effet, cette dernière est d’abord directement liée aux énormes prélèvements sur les récoltes prévues par le plan, alors même que la récolte de 1930 est plutôt mauvaise et celle de 1931 bien en deçà des impératifs du plan. La famine touche en particulier le Kazakhstan, les régions de la Volga et l’Ukraine, des régions grosses productrices de blé.

1932, les Ukrainiens avertissent Moscou

Regardons ce qui se passe en Ukraine : les historiens sont aujourd’hui mieux renseignés qu’hier quand l’essentiel des connaissances reposait sur les témoignages d’exilés ; l’ouverture des archives depuis trente ans leur donne accès à ce qui se tramait dans les coulisses du pouvoir et permet de croiser les nouvelles informations avec les témoignages.

« Pourquoi avez-vous créé artificiellement la famine, on avait une récolte, pourquoi avez-vous tout confisqué ? »

L’Ukraine, le Kouban et les régions de la Volga, les trois principaux greniers à blé du pays, sont particulièrement sollicités pour fournir du blé à l’industrie. En 1931, l’Ukraine est ainsi ponctionnée à hauteur de 43 % de sa récolte globale, dont une partie des semences indispensables pour la future moisson, compromettant ainsi gravement l’avenir.

En 1932, la situation des populations est dramatique. Le 10 juin, deux des plus hauts responsables ukrainiens écrivent à Staline, alertant sur la famine qui s’étend et sur la nécessité d’une aide d’urgence. Plus, l’un d’eux a le courage d’écrire : « Pourquoi avez-vous créé artificiellement la famine, on avait une récolte, pourquoi avez-vous tout confisqué ? Même sous l’Ancien Régime, personne n’aurait agi ainsi ! » Prudent, il désigne les dirigeants locaux comme responsables… lesquels n’ont en fait qu’appliquer le plan de prélèvements décidé à Moscou.

Pour toute réponse, le 21 juin, Staline et son bras droit Molotov envoient à la direction du Parti communiste ukrainien un télégramme rappelant « qu’aucune diminution du plan de livraison dû par les kolkhozes et les sovkhozes ne sera tolérée et aucun délai supplémentaire accordé ».

Résistances

Mais ce qui inquiète plus encore en haut lieu, ce sont les résistances dans les campagnes ukrainiennes. En 1932, sur 1 630 émeutes recensées par la police politique, 1 096 se produisent en Ukraine. Le 11 août, dans une lettre adressée à son envoyé spécial en Ukraine Kaganovitch, Staline écrit :

« Le plus important maintenant, c’est l’Ukraine. Les affaires de l’Ukraine vont lamentablement mal. […] Si nous n’entreprenons pas immédiatement le redressement de la situation en Ukraine, nous pouvons perdre l’Ukraine. […]. Il faut transformer l’Ukraine, dans les plus brefs délais, en véritable forteresse de l’URSS, en république véritablement exemplaire. Ne pas lésiner sur les moyens. Sans ces mesures (renforcement économique et politique de l’Ukraine, et en premier lieu, de ses districts frontaliers, etc.) nous risquons de perdre l’Ukraine. »

Pour Staline, la menace vient de la Pologne voisine qui a résisté à l’invasion bolchevique en 1920 tout comme, pour Vladimir Poutine, elle viendrait aujourd’hui de l’Occident.

« La famine fut, en Ukraine et au Kouban, aggravée à partir de l’automne 1932 par la volonté inébranlable de Staline de briser, par l’arme de la faim, les résistances paysannes à la collectivisation et aux prélèvements démesurés sur les récoltes »

Affamer les Ukrainiens qui ne veulent pas se soumettre, perquisitionner les villages pour confisquer toute réserve de nourriture, refouler ce qui veulent fuir la famine, déporter au goulag des villages entiers accusés de menées contre-révolutionnaires, c’est pour Staline un moyen d’en finir avec l’aspiration à la liberté que manifestent les Ukrainiens depuis la Révolution de 1917.

Leur propension à la rébellion contre sa politique économique s’est déjà manifestée en 1930 lors du lancement de la collectivisation forcée dans les campagnes : la moitié des 6 500 révoltes recensées avaient alors eu lieu en Ukraine.

« L’arme de la faim »

Plusieurs responsables locaux du Parti se félicitent des résultats obtenus, en particulier grâce à la famine. Ainsi le commissaire à l’agriculture d’Ukraine :

« Je constate – et c’est un motif de satisfaction pour nous – que les kolkhoziens, y compris les affamés, sont maintenant convaincus que la seule issue est de travailler consciencieusement en faisant bien les semailles. Ils ont enfin compris ce qu’est la force de l’Etat […]. Une idée a fait son chemin grâce à la famine : seul celui qui travaille honnêtement vis-à-vis de l’Etat peut s’en sortir. »

Et ce sont aussi ceux-là qui peuvent bénéficier du peu d’aide alimentaire fournie par le pouvoir.

Pour l’Ukraine, l’historien Nicolas Werth peut écrire :

« Conséquence directe, mais évidemment inattendue et encore moins « programmée » d’une politique, la famine fut, en Ukraine et au Kouban, aggravée à partir de l’automne 1932 par la volonté inébranlable de Staline de briser, par l’arme de la faim, les résistances paysannes à la collectivisation et aux prélèvements démesurés sur les récoltes, particulièrement fortes dans ces régions. »

« Le dictateur considérait en outre que la paysannerie constituait la colonne vertébrale du nationalisme ukrainien jugé, dans ce moment de crise économique et politique, comme le principal obstacle à l’édification du système stalinien et à la consolidation de l’Union soviétique comme nouvel empire de nations. » 

Gérard Vindt de Alternatives économiques

“Holodomor” : l’extermination par la faim en Ukraine

“Holodomor” : l’extermination par la faim en Ukraine La famine en Ukraine entre 1932 et 1933 causa la mort de 5 millions d’habitants.

De 1932 à 1933, la république d’Ukraine fut victime d’une terrible famine qui causa la mort d’environ 5 millions d’habitants. Derrière cette tragédie, la volonté implacable d’un homme : Staline.

Pierre Antilogus Publié le 20/09/2021 à 11h17 – Mis à jour le 24/02/2022

Elle était la vitrine de la jeune Union soviétique à la charnière des années 1920-1930. Riche de ses terres à céréales, réputée pour l’abondance de ses fruits et légumes, la république d’Ukraine était en plein essor industriel. A cette époque, elle représentait 22,5% de l’exploitation agricole de l’URSS et 18 % de sa production industrielle. Le Kremlin fit bâtir sur le Dniepr, fleuve traversant la région, une centrale hydraulique qui multiplia par six la production d’électricité du pays et accéléra le développement du Donbass, grand bassin minier et métallurgique.

Grâce à la NEP, la Nouvelle Politique économique instaurée en 1921 par Lénine, la population ukrainienne, pour l’essentiel constituée de paysans, bénéficiait d’un retour à la propriété privée lui permettant une relative aisance. Son identité nationale était, du reste, conservée. Dans les écoles et les universités, les cours se donnaient en ukrainien. Ainsi, après la Grande Guerre et la révolution russe opposant l’Armée Rouge aux « Blanc » pro-tsaristes, de 1917 à 1921, les 35 millions d’Ukrainiens s’imaginaient un grand avenir.

L’industrialisation à marche forcée de l’URSS

Mais une tragédie allait s’abattre sur eux : une grande famine en Ukraine. Sa spécificité ? Elle fut causée par la volonté d’un seul homme, Joseph Staline. De 1932 à 1933, le maître du Kremlin instaura l’Holodomor, mot ukrainien signifiant «l’extermination par la faim». Contrairement à l’holocauste, ce terme n’est pas rentré dans les mémoires. Et pourtant, lorsque le juriste polonais Raphael Lemkin (1900-1959) utilisa pour la première fois le mot génocide, lors du procès de Nuremberg en 1945, il avait en tête cet exemple ukrainien autant que les camps de la mort du Troisième Reich.

En 1921, quand Lénine avait institué la NEP, il s’agissait de réintroduire un peu de capitalisme pour sauver une révolution communiste en plein marasme économique. Cette politique fut couronnée de succès. Mais lorsque Staline prit les rênes de l’URSS, en 1924, il ferma la parenthèse en procédant à une nationalisation.

Il craignait que la persistance d’une économie de marché, même limitée, ne mette en péril l’édification du socialisme. Il redoutait, en outre, que les libertés octroyées aux minorités, notamment les Ukrainiens, ne favorisent la résurgence des nationalistes.

Surtout, il s’était fixé un but dont rien ne le fera dévier : l’industrialisation à marche forcée de l’URSS. Ce «Grand Tournant», annoncé fin 1929, déclencha l’Holodomor. Pour s’industrialiser, la Russie avait besoin de machines-outils qu’elle devait se procurer à l’étranger. Staline décida que l’exportation massive des céréales d’Ukraine financerait leur acquisition. Dès 1930, le pouvoir préleva brutalement 30 % des grains, puis 41 % l’année suivante !

Des militants du Parti organisaient des rassemblements politiques dans les champs, pour inculquer aux paysans les bienfaits de la collectivisation des terres.

Grenier à blé de l’URSS, l’Ukraine s’opposa à la collectivisation des terres

Pour faciliter les réquisitions, et augmenter les rendements de production, le «petit père des peuples» décréta la collectivisation de l’agriculture, l’abandon de la propriété privée au profit des sovkhozes et kolkhozes, fermes d’Etat et coopératives…

Les paysans se rebellèrent en masse. On comptait, en février-mars 1930, plus de cent foyers de révolte sur le sol ukrainien. Du côté des autorités, on dénonça les «ennemis du prolétariat», les «spéculateurs» qui cacheraient des stocks, les «saboteurs» à la solde de l’étranger, sans oublier les koulaks («usuriers» en russe), ces agriculteurs aisés considérés par le régime comme des «exploiteurs» et des «ennemis du peuple».

Toute la classe paysanne, principalement dans les régions de Kharkov et Dniepropetrovsk, fut frappée par une répression de plus en plus impitoyable. Staline lança sur l’Ukraine des «brigades de choc» constituées de komsomols, des membres des Jeunesses Communistes, et des voyous issus du lumpenprolétariat («prolétariat en haillons»). Les fermes furent fouillées puis ravagées. Leurs occupants dépouillés de leurs plus infimes réserves de grains. On confisqua même les semences, rendant impossible la récolte suivante.

Dans un climat de terreur, la police politique, la GPU-NKVD, multiplia les arrestations. Les dirigeants communistes locaux, qui cherchaient à protéger la population, furent eux-mêmes expédiés au goulag. L’un d’eux envoya à Staline une lettre pour tenter de l’émouvoir. La réponse du Vojd fut cinglante : «Je te conseille de t’inscrire à l’Union des écrivains. Là, tu pourras écrire tes fables et les imbéciles te liront.»

Des actes de cannibalisme

Le 7 août 1932 fut promulguée l’implacable «loi des épis» : garder sur soi quelques grains de blé ou de seigle devenait passible de peine de mort. Le 22 janvier suivant, une circulaire priva les paysans de leur passeport. Le piège se refermait petit à petit sur la république soviétique. Des barrages de l’armée bloquèrent les routes.

Et durant l’hiver glacial de 1932-1933, la famine, qui menaçait depuis des mois, éclata. Retenus de force dans leur province pillée, des cohortes d’affamés erraient en quête de nourriture. On mangeait les chevaux, les chiens, les chats, les racines des plantes, puis les enfants… Des actes de cannibalisme se multiplièrent et les plus jeunes, les plus vulnérables, en furent les premières victimes. Les personnes affaiblies mouraient de faim et de froid dans leurs maisons ou sur les trottoirs des villes. Beaucoup se suicidèrent. L’Ukraine devint un mouroir à ciel ouvert.

Fin 1933, la famine gagna les grandes villes. Dans les gares, comme ici à Kiev, les trains furent pris d’assaut par des habitants désireux de fuir la république exsangue.

Une extermination ignorée du reste du monde

Historiens et démographes s’accordent à dire, après maintes études et controverses, que l’Holodomor a tué près de 5 millions de personnes. Pendant tout ce temps, l’URSS, elle, n’avait jamais cessé d’exporter par millions de tonnes les céréales ukrainiennes… Caché par le régime stalinien, l’Holodomor se déroula en silence, ignoré du reste du monde.

Un journaliste britannique de 27 ans, Gareth Jones (1905-1935), avait pourtant donné l’alerte. Après avoir obtenu une interview d’Adolf Hitler, nouveau chancelier du Reich, le reporter avait souhaité rencontrer Staline. En mars 1933, arrivé à Moscou, il apprend, par des informateurs, que l’Ukraine est dans une «situation dramatique». A la façon d’un Tintin ou d’un Roule­tabille, il faussa compagnie à ses guides et se rendit sur place. Là, au cours d’un péri­ple cauchemardesque de plusieurs jours – la cinéaste polonaise Agnieszka Holland l’a retracé dans un film sorti en 2019, L’Ombre de Staline –, Gareth Jones découvrit l’horreur de la situation.

Arrêté, menacé de représailles s’il parlait puis chassé d’URSS, il relata toutefois son expérience dès son retour à Londres. Mais le journaliste se heurta au scepticisme, voire à l’hostilité des milieux officiels. En ce début des années 1930, où l’on redoutait un nouveau conflit mondial, personne ne tenait à indisposer l’Union soviétique.

Après s’être rendu illégalement en Ukraine en 1933, le Britannique Gareth Jones fut le seul journaliste à publier des articles sur la situation dans cette république. Il sera assassiné un an plus tard en Mongolie.Walter Duranty, le complaisant correspondant du New York Times à Moscou, accusa Jones d’affabulation. Le président du Conseil français, Edouard Herriot, fut invité à visiter l’Ukraine du 26 au 31 août 1933. En suivant un itinéraire balisé, il y vit «des récoltes admirables», et savoura «une soupe excellente, digne d’un restaurant lyonnais». Sa délégation s’étonna toutefois, sans poser de questions, de la présence de vêtement usagés qu’ils apercevaient au loin, sur le bord des routes : il s’agissait des cadavres de personnes mortes affamées.

Une famine préméditée, un génocide de classe

Il fallu attendre quarante ans et la parution de L’Archipel du Goulag (1973) d’Alexandre Soljenitsyne, puis l’ouverture de quelques archives soviétiques en 1991, après la chute de l’URSS, pour que l’Holodomor soit enfin admise.

Si nul désormais ne la nie plus, un point reste débattu : Staline, en voulant détruire le peuple ukrainien, s’est-il rendu coupable de génocide ? De nombreux historiens répondent par l’affirmative, comme l’américain Robert Conquest, auteur de La Grande Terreur (coll. Bouquins, 1995), ou les Français Stéphane Courtois et Nicolas Werth, co-auteurs du Livre noir du communisme (éd. Robert Laffont, 1997), ouvrage de référence sur les crimes du stalinisme. «Cette famine préméditée, organisée, systématisée était destinée à éliminer la partie la plus dynamique de la paysannerie. Il faut appeler cela un génocide de classe», explique Nicolas Werth. Et d’ajouter : «L’Holodomor se distingue par la volonté d’éradiquer le nationalisme et de punir des paysans. Elle est aggravée volontairement. Il y a une spécificité.»

Pour d’autres historiens comme le Russe Viktor Kondrashin, auteur de La famine de 1932-1933 : la tragédie des villages soviétiques (éd. Penza, 2008), la famine n’aurait été qu’une «conséquence accidentelle de la stupidité et de l’incompétence des dirigeants soviétiques».

Les archives à Moscou sont de nouveau scellées

A ce jour, vingt-quatre pays, parmi lesquels les Etats-Unis, ont reconnu l’Holodomor comme un génocide. L’Union européenne, elle, préfère dénoncer un crime contre l’humanité, tandis que les Nations unies, où la Russie détient un droit de véto, se contentent d’appeler à un «devoir de mémoire» envers les millions de victimes… Et l’Ukraine ? En 2003, avant la Révolution orange, le Parlement ukrainien avait voté une résolution qui assimilait cette famine à un génocide. Depuis 2006, elle est officiellement reconnue comme tel. Au grand dam de la Russie de Vladimir Poutine qui refuse d’associer la situation ukrainienne en 1932-1933 à ce terme. Presque quatre-vingt-dix ans après les faits, les archives à Moscou sont de nouveau scellées et le débat est soumis aux pressions gouvernementales. «Etre historien en Russie est un métier difficile…», souligne Nicolas Werth.

https://www.geo.fr/histoire/holodomor-lextermination-par-la-faim-en-ukraine-206333

➤ Article paru dans le magazine GEO Histoire de juin-juillet 2021 sur les derniers secrets de Staline (n°57).

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