La France envoie « des produits médicaux », dont de l’iode, à l’Ukraine
Cette aide vise à prémunir les Ukrainiens contre le risque d’un accident nucléaire lors des combats avec l’armée russe.
GUERRE EN UKRAINE – La France a envoyé à l’Ukraine “différents produits médicaux”, dont de l’iode, pour se prémunir contre le risque d’un accident nucléaire lors des combats avec l’armée russe, a indiqué ce dimanche 6 mars le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
“Oui, on a envoyé différents produits médicaux”, a déclaré Jean-Yves Le Drian sur la chaîne France 2, en réponse à une question sur l’éventuel envoi d’iode à l’Ukraine.
“On a envoyé beaucoup d’équipements médicaux, ça en fait partie”, a-t-il par la suite confirmé sur la chaîne France 5.
Auparavant, l’ambassadeur de France en Ukraine, Étienne de Poncins, avait fait état, sur la chaîne BFMTV, de la fourniture dans les prochains jours de “2,5 millions de doses d’iode pour pouvoir parer à tout danger nucléaire”.
C’est le président français Emmanuel Macron qui a pris l’initiative d’un nouvel entretien téléphonique ce dimanche avec le président russe Vladimir Poutine, pour garantir “la protection nucléaire”, a souligné Jean-Yves Le Drian sur France 2.
Un entretien Macron-Poutine d′1h45
“Le président Macron a pris l’initiative, avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), d’avoir sept ou huit points majeurs sur lesquels il faudrait que les deux parties s’entendent, pour respecter, et la souveraineté ukrainienne sur ses propres centrales, mais aussi la sécurité sur l’ensemble du territoire, et aussi sur l’ensemble européen”, a-t-il précisé.
“Ces positions-là, je crois que le président Poutine les a acceptées, en tout cas on verra demain (lundi) puisque les gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique vont se réunir demain”, a ajouté le chef de la diplomatie française.
Lors de cette conversation d′1h45, Emmanuel Macron a réitéré sa “grave préoccupation” pour la sécurité des sites nucléaires, après le bombardement le 4 mars de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, la plus grande d’Europe, selon un communiqué de la présidence française.
Vladimir Poutine s’est dit “prêt à respecter les normes de l’AIEA pour la protection des centrales” et a donné son accord pour “qu’un dialogue s’engage entre AIEA, Ukraine et Russie pour que les centrales soient mises en sécurité”, a affirmé la présidence française à la presse
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L’émetteur américain de cartes de paiement American Express a annoncé dimanche «suspendre toutes ses opérations» en Russie et au Bélarus en raison de l’invasion en Ukraine, après des décisions similaires de Visa et Mastercard.

«Les cartes American Express émises dans le monde entier ne fonctionneront plus chez les commerçants ou distributeurs de billets en Russie. En outre, les cartes émises en Russie par des banques russes ne fonctionneront plus hors du pays dans le réseau mondial American Express», détaille l’entreprise dans un communiqué, qui précise mettre fin à toutes ses opérations commerciales au Bélarus.
Le site de production ukrainien du fabricant zurichois d’emballages en verre Vetropack Holding a été fortement endommagé par des actions militaires. Aucun employé n’a été blessé.
L’étendue exacte de la dégradation de l’usine de Gostomel n’est pas connue, indique Vetropack Holding dimanche dans un communiqué.

«La situation sur place est difficile et dangereuse en raison d’éventuelles nouvelles actions militaires», précise Johann Reiter, CEO de VetroPack Holding, cité dans le communiqué.
Pour des raisons de sécurité, Vetropack avait déjà commencé le 24 février à réduire de manière ordonnée la production de son usine ukrainienne.
Le sergent «Casper», des unités de volontaires ukrainiens, se tient prêt à faire sauter, la mort dans l’âme, le dernier pont encore debout, entièrement miné, qui relie Kiev à son arrière-pays où progressent les forces russes.
Ses camarades ont fait exploser tous les autres ponts sur le flanc ouest de la capitale ukrainienne, dans une tentative désespérée de freiner la progression des chars russes.

Le seul pont encore debout, qui enjambe une rivière dans la ville de Bilogorodka, à 25 km à l’ouest de la capitale, mène vers des villages verdoyants abritant de nombreuses résidences d’été, aujourd’hui devenus une zone de guerre.
La ville de Kiev serait coupée de son arrière-pays à l’ouest si Casper recevait l’ordre de faire sauter le pont. «Nous allons tout tenter pour le garder debout», déclare à l’AFP l’ancien parachutiste.
Des frappes russes ont détruit dimanche l’aéroport de la ville de Vinnytsia, à quelque 200 kilomètres au sud-ouest de Kiev, a annoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
«Je viens d’être informé de frappes de missiles contre Vinnytsia», une ville qui compte près de 370’000 habitants, a déclaré Volodymyr Zelensky dans une adresse vidéo sur Telegram. «L’aéroport a été complètement détruit», a-t-il ajouté.
Le ministère russe de la Défense a confirmé par la suite ces frappes. «Un aérodrome des forces armées ukrainiennes a été détruit par des armes de haute précision et de longue portée», a déclaré le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov.
Dimanche, Volodymyr Zelensky a aussi reproché aux pays occidentaux leur refus d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine et leur réticence à livrer des avions de combat à Kiev. «Nous le répétons chaque jour: fermez le ciel au-dessus de l’Ukraine, fermez-le aux missiles russes, à l’avion russe de combat, à tous ces terroristes», a-t-il lancé.
«Nous sommes des humains et c’est votre devoir humanitaire de nous protéger», a-t-il poursuivi. «Si vous ne le faites pas, si vous ne nous donnez pas au moins des avions pour que nous puissions nous protéger, on ne peut en tirer qu’une conclusion: vous aussi vous voulez qu’on nous tue lentement!»
Face aux tensions avec la Russie, le gouvernement danois veut rejoindre la politique de défense de l’Union européenne et va organiser un référendum national le 1er juin, a annoncé dimanche la Première ministre.

Lors d’une conférence de presse, la cheffe du gouvernement a «vivement» appelé les Danois à lever cette dérogation, qui tient historiquement le pays scandinave – membre de l’Otan – à l’écart de la politique de l’Union européenne en matière militaire.
Le site d’information Mediazona, l’une des dernières voix indépendantes en Russie, a indiqué dimanche avoir été bloqué par les autorités en raison de sa couverture de l’invasion en Ukraine.
Le régulateur russe de l’internet «Roskomnadzor a commencé à bloquer Mediazona», a indiqué le média dans un communiqué. L’AFP a par ailleurs constaté que ce dernier était désormais sur la liste officielle des sites bloqués en Russie.

Cette mesure a été prise «parce que nous couvrons honnêtement ce qui se passe en Ukraine et appelons l’invasion une invasion et la guerre une guerre», a estimé Mediazona, soulignant que le pouvoir russe vient de mettre en place une «censure militaire et (qu’il) ne reste presque plus de médias indépendants dans le pays».
Les autorités ont également bloqué d’autres sites comme Republic, Snob.ru – tous deux dédiés à l’actualité chaude et à l’analyse – et le média d’investigation Agentstvo, ainsi que des journaux régionaux, a indiqué l’ONG de défense des droits numériques Roskomsvoboda.
Les nouvelles sanctions du G7 contre la Russie pour son invasion de l’Ukraine devront surtout «toucher les oligarques» qui ont «profité de Poutine», a jugé dimanche le ministre allemand des Finances, Christian Lindner.
«Nous travaillons sur d’autres sanctions», a-t-il expliqué à la télévision publique ARD, interrogé sur l’action du G7, dont l’Allemagne exerce actuellement la présidence.

«Je tiens particulièrement à ce que celles-ci touchent les oligarques», a détaillé Christian Lindner. «Ceux qui ont profité (du président russe Vladimir) Poutine et qui ont dérobé la richesse du peuple russe, notamment à travers la corruption, ne peuvent pas profiter de leur richesse dans nos démocraties occidentales.»
Les pays du G7 ont annoncé vendredi dans un communiqué leur intention d’imposer de «nouvelles sanctions sévères» contre Moscou, «en réponse à l’agression russe» contre l’Ukraine.
La population était prise au piège dimanche dans le port assiégé de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, où une deuxième tentative d’évacuation humanitaire a échoué, et dans la région de Kiev où l’armée russe resserre son étau, forçant les civils à fuir pour rejoindre les plus de 1,5 million de réfugiés déjà hors des frontières.
Pour la deuxième journée consécutive, la population a dû renoncer à quitter la ville portuaire de Marioupol, sur la mer d’Azov, où depuis cinq jours elle vit un «blocus humanitaire», selon le maire Vadim Boïtchenko, privée d’eau, de nourriture, de chauffage ou d’électricité.

«Au milieu de scènes dévastatrices de souffrances humaines, une deuxième tentative aujourd’hui de commencer à évacuer quelque 200’000 personnes de la ville a été interrompue», a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Ce couloir humanitaire devait permettre une évacuation jusqu’à Zaporojie, à environ trois heures de route. Mais «la colonne pour évacuer la population civile n’a pas pu sortir de Marioupol car les Russes ont regroupé leurs forces et commencé à bombarder la ville», a accusé sur Facebook Pavlo Kirilenko, gouverneur ukrainien de la région.
Les États-Unis ont jugé dimanche «hors sujet» de nouvelles exigences russes qui pourraient retarder un succès des négociations visant à sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.
Alors que les déclarations optimistes fusaient sur un accord imminent à Vienne, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a jeté un froid samedi en mentionnant «des problèmes du côté russe».
Lors d’une conférence de presse, il a réclamé la «garantie écrite» de Washington que les sanctions adoptées contre son pays depuis l’invasion de l’Ukraine n’affecteraient pas sa coopération avec Téhéran.

«Les sanctions adoptées contre la Russie n’ont rien à voir avec l’accord sur le nucléaire iranien», a rétorqué dimanche le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, interrogé depuis la Moldavie par la chaîne CBS.
«Les deux choses sont totalement différentes», donc la requête russe est «hors sujet», a-t-il ajouté. Pour lui, la Russie a «intérêt que l’Iran ne soit pas capable d’avoir une arme nucléaire ou n’ait pas la capacité de produire une arme très rapidement» et «cet intérêt reste valable quelle que soit notre relation avec la Russie depuis son invasion de l’Ukraine».
Selon Sergueï Lavrov, la Russie veut être sûre que ces mesures n’affectent pas sa «coopération commerciale, économique, d’investissement et technico-militaire avec l’Iran», notamment si ce pays bénéficiait d’un assouplissement des sanctions le visant dans le cadre d’un nouvel accord international.
Plus de 1,5 million de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe lancée le 24 février, selon les derniers décomptes de l’ONU dimanche.
Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) recensait exactement 1’534’792 réfugiés sur son site internet dédié à 14h35. Ce sont près de 166’000 de plus que lors du précédent pointage vendredi.

Les autorités et l’ONU s’attendent à ce que le flot s’intensifie, l’armée russe poursuivant leur offensive, notamment sur Kiev, la capitale ukrainienne. «Plus de 1,5 million de réfugiés venant d’Ukraine ont traversé vers les pays voisins en dix jours – la crise de réfugiés la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale», a indiqué dans un tweet le Haut Commissaire aux réfugiés Filippo Grandi.
Selon l’ONU, quatre millions de personnes pourraient vouloir quitter le pays pour échapper à la guerre.
Avant ce conflit, l’Ukraine était peuplée de plus de 37 millions de personnes dans les territoires contrôlés par Kiev – qui n’incluent donc pas la Crimée annexée par la Russie ni les zones sous contrôle séparatiste.
Le chef d’orchestre russe Tugan Sokhiev a annoncé dimanche avoir quitté ses fonctions de directeur musical du Théâtre Bolchoï à Moscou et de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, suite aux événements en Ukraine, se disant opposé à «tout conflit sous quelque forme que ce soit».

«Face à l’option impossible de choisir entre mes musiciens russes et français bien-aimés, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de directeur musical du Théâtre Bolchoï à Moscou et de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse avec effet immédiat», écrit-il dans un communiqué.
Près de 20’000 combattants étrangers se sont portés volontaires pour aider l’Ukraine à se battre contre la Russie, a déclaré dimanche le ministre ukrainien des Affaires étrangères.
«À l’heure actuelle, leur nombre est d’environ 20’000, ils viennent principalement de pays européens», a déclaré Dmytro Kouleba sur la chaîne américaine CNN. Selon lui, «de nombreuses personnes détestent la Russie» depuis des années mais n’osaient pas s’y opposer.

«Quand les gens ont vu que les Ukrainiens se battaient, qu’ils ne baissaient pas les bras, cela les a poussé à rallier le combat», a-t-il ajouté. Tout en disant «comprendre ce besoin de se battre», le chef de la diplomatie ukrainienne a toutefois jugé «plus important» d’obtenir une assistance «politique, économique et militaire» du reste du monde, et notamment «pour la défense aérienne».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé fin février la création d’une «légion internationale» de combattants étrangers pour l’aider à repousser l’invasion russe. Les volontaires ont été invités à s’adresser aux ambassades ukrainiennes dans leur pays respectif.
La Russie a mis en garde dimanche les pays voisins de l’Ukraine contre l’accueil d’avions de combat de Kiev qui seraient ensuite utilisés contre les forces de Moscou, accusant la Roumanie d’avoir autorisé de tels atterrissages.

«L’utilisation du réseau d’aérodromes de ces pays pour servir de base à des avions militaires ukrainiens et leur utilisation subséquente contre les forces armées russes pourraient être considérées comme une implication de ces pays dans un conflit armé», a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.
Les États-Unis et l’Union européenne «discutent très activement» de la possibilité d’interdire les importations de pétrole russe en réponse à l’invasion de l’Ukraine, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.
«Nous parlons à nos partenaires et alliés européens pour envisager, de façon coordonnée, l’idée d’interdire l’importation de pétrole russe tout en s’assurant que subsiste un stock suffisant de pétrole sur les marchés mondiaux», a-t-il dit sur la chaîne CNN.

L’administration Biden est sous une pression politique croissante pour étendre les sanctions contre la Russie au domaine de l’énergie. Jusqu’ici, ce secteur a été largement épargné par les mesures prises par les occidentaux afin de ne pas déstabiliser les marchés.
Des sénateurs américains, républicains comme démocrates, ont présenté jeudi un projet de loi visant à interdire ces importations. Joe Biden avait indiqué la veille que «rien n’était exclu» sur le sujet.
Interrogée dimanche sur CNN, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’est montrée plus prudente. Evoquant l’objectif de «rendre impossible pour (Vladimir) Poutine de financer ses guerres», elle a estimé que l’Union européenne devait «se débarrasser de (sa) dépendance aux énergies fossiles russes».
Le fabricant thurgovien de matériel ferroviaire Stadler Rail a, selon son patron Peter Spühler, commencé de délocaliser une partie de la production de son usine au Bélarus vers d’autres usines en Europe, principalement dans l’usine polonaise de Siedlce et en Suisse.
«Nous sommes d’avis que l’intégration économique de tels états est de nature à favoriser le processus de démocratisation et nous y avons contribué avec notre investissement», a déclaré Peter Spühler à Schweiz am Wochenende.

Le patron a ajouté que, malheureusement, après des élections manipulées au Bélarus et l’invasion russe en Ukraine, une ligne rouge a été franchie. Stadler soutient les sanctions massives et, en raison des premières sanctions, l’entreprise n’est plus en mesure d’envoyer des composants électroniques dans son usine.
Afin de maintenir les capacités de livraison, des mesures ont été prises et l’entreprise examine ce qu’il convient de délocaliser. L’emplacement au Bélarus ne sera toutefois pas abandonné. «Nous voulons conserver l’usine», a déclaré Peter Spühler.
Sur les bords de la mer Noire, la ville ukrainienne d’Odessa, qui vit depuis des jours dans l’angoissante attente d’une attaque russe, affiche dimanche un calme trompeur. Chacun essaye d’agir le plus normalement possible. Tout en s’attendant au pire.
Les Russes se préparent à bombarder cette cité portuaire stratégique, a affirmé dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dénonçant par avance «un crime militaire» et un «crime historique».

Aucune panique particulière ne s’est manifestée dans la ville après cette annonce et le déclenchement d’une sirène – elles sonnent plusieurs fois par jour depuis le début de la guerre – semble laisser les rares passants indifférents.
«On s’est si vite habitués», soupire Nastia, une étudiante. «Au début, les gens sursautaient, voulaient descendre aux abris, mais maintenant…». Les déclarations du président Zelensky ne l’ont pas angoissée plus qu’elle ne l’est déjà. «Il l’a déjà dit la semaine dernière».
Pourtant, sous les apparences de «normalité», Odessa a déjà basculé. L’entrée de la ville est cernée par des points de contrôle de militaires ukrainiens tendus. Des familles sur le départ bourrent les coffres de leurs voitures jusqu’à la gueule. Selon un responsable municipal, Mykhaïlo Chmouchkovytch, plus de 100’000 personnes ont déjà fui Odessa, une des quatre villes d’Ukraine de plus d’un million d’habitants.

Seuls quelques rares passants, des sacs de courses à la main, rentrent chez eux. Irina et Alexandre Pivovartchik sont de ceux-là. Lui, l’air las, le visage creusé et mal rasé, sourit pourtant lorsqu’on lui demande comment il se sent. «Normal». «Il nous reste de l’espoir», dit sa femme Irina. Ce soir, ils retourneront chez eux, fermeront la porte à clé «comme d’habitude» et auront leur dîner. «Nous survivrons», dit encore Alexandre avant de tourner les talons.
Un peu plus loin dans la rue, Ania, une femme de 26 ans dont la physionomie fait plutôt penser à une adolescente, reconnaît, quant à elle, être «en panique». Mais seuls ses yeux embués trahissent sa peur. Elle aussi rentre de courses avec des amis et a préparé son appartement et sa cave pour faire face le moment venu.
Vladimir Poutine a affirmé dimanche à Emmanuel Macron qu’il «atteindrait ses objectifs» en Ukraine, «soit par la négociation, soit par la guerre», a indiqué l’Elysée, à l’issue d’un entretien téléphonique d’1h45 entre les présidents russe et français.

Emmanuel Macron l’a trouvé «très déterminé à atteindre ses objectifs», dont «ce que le président russe appelle la «dénazification» et la neutralisation de l’Ukraine» ainsi que la reconnaissance de l’indépendance de la Crimée et du Donbass, exigences qui sont, selon Paris, «inacceptables pour les Ukrainiens».
Elles sont le témoignage de la guerre qui s’approche. Dans le centre de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, les innombrables statues sont désormais enveloppées de mousse, de bâches protectrices et de tissus anti-feu pour les protéger d’une éventuelle attaque.
De Neptune, qui trône avec trois autres sculptures inspirées des mythologies grecque et romaine sur la place du Marché, la place centrale de cette ville de 700’000 habitants, seul le trident est encore visible. Amphitrite, Diane et Adonis ont subi un sort similaire.

Partout dans la ville, une armée d’agents s’évertue à protéger, avec des moyens de fortune, le riche héritage culturel qui vaut à Lviv une inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.
À l’origine de ce mouvement se trouve Andriï Saliouk, le directeur de la «Société pour la protection des monuments» qui en temps normal sensibilise les habitants et les autorités à la préservation du patrimoine.
«Quand la «phase chaude» de la guerre est arrivée, un historien de l’art est venu me dire que s’il y avait un bombardement, Dieu nous en protège, on pouvait perdre les vitraux», confie-t-il à l’AFP dans son bureau, où sont suspendus plusieurs drapeaux ukrainiens et les insignes de nombreux bataillons se battant dans l’est du pays.

L’amoureux du patrimoine réalise qu’il n’y a pas de temps à perdre. «On n’a pas attendu que le gouvernement fasse quelque chose, que quelqu’un rédige une demande de financement. J’ai sorti l’argent, on a réuni une équipe et acheté les matériaux», poursuit-il, précisant avoir été soutenu par des donateurs aisés.
Aux côtés d’Andriï Saliouk figurent des restaurateurs d’art mais aussi des entrepreneurs du BTP, bons connaisseurs des chantiers de construction. Ce sont eux, par exemple, qui ont conseillé les matériaux à utiliser pour protéger les vitraux des multiples églises de la ville.
Vladimir Poutine a assuré à Emmanuel Macron qu’il n’était «pas dans son intention» d’attaquer les centrales nucléaires ukrainiennes, dont celle de Tchernobyl, a affirmé dimanche la présidence française, à l’issue d’un entretien téléphonique entre les présidents russe et français.

«Le président Poutine a dit qu’il n’était pas dans son intention de procéder à des attaques de ces centrales. Il a dit aussi qu’il était prêt à respecter les normes de l’AIEA pour la protection des centrales», a dit la présidence à la presse, après le bombardement le 4 mars de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, la plus grande d’Europe.