A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Administration autonome du nord et l’est de la Syrie (AANES) a annoncé samedi par un communiqué avoir décrété le 8 mars un jour férié.

A l’occasion de l’arrivée de la Journée internationale des droits des femmes, l’Administration autonome du nord et l’est de la Syrie (AANES) a annoncé samedi par un communiqué avoir décrété le 8 mars un jour férié. 

Le décret présenté par le Conseil exécutif du Conseil autonome et législatif est entré en vigueur samedi dans la soirée.

Les organisations de femmes de la région autonome du nord et l’est de la Syrie ont exprimé leur satisfaction, car ce jour férié était réclamé depuis longtemps.

La Journée internationale de la femme promeut l’égalité des droits entre les femmes et les hommes depuis 1911. Ce jour-là, les femmes du monde entier descendent dans la rue pour revendiquer leurs droits. Même si le rôle des femmes dans la société a déjà changé. L’égalité des droits pose encore des problèmes à l’échelle mondiale.

Le 8 mars est un jour férié dans certains pays comme, l’Angola, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Burkina Faso, l’Érythrée, la Géorgie, la Guinée-Bissau, le Kazakhstan, le Cambodge, le Kirghizstan, le Cuba, le Laos, le Madagascar, la Moldavie, la Mongolie, la Corée du Nord, le Népal, la Russie, la Serbie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ouganda, l’Ukraine, l’Ouzbékistan, le Vietnam et le Belarus. En Allemagne, le 8 mars est également un jour férié depuis 2019 – mais uniquement à Berlin.

APPIS

Journée de lutte pour les droits des femmes

Le 8 mars, la Via Feminista appelle à une balade militante

De l’élévation de l’âge de l’AVS des femmes aux luttes contre le racisme et le patriarcat, le programme est copieux.

Le Collectif genevois de la grève féministe invite à découvrir ses luttes le 8 mars au travers d’un itinéraire au centre-ville.
Le Collectif genevois de la grève féministe invite à découvrir ses luttes le 8 mars au travers d’un itinéraire au centre-ville.

Retraites : Le référendum contre la réforme de l’AVS est lancé

C’est avec une pensée pour les victimes du conflit en Ukraine – et de toutes les guerres en cours – que le Collectif genevois pour la grève féministe a entamé mardi sa présentation du programme concocté pour le 8 mars, la journée internationale pour les droits des femmes. Cette année, c’est un parcours au centre-ville ponctué d’arrêts sur quatre lieux consacrés à des thématiques précises qui est proposé «à celles et ceux qui le voudront».

«C’est une voie pavée de nos luttes que nous proposons de découvrir, résume Laura Drompt, coordinatrice de l’événement. Nous le savons, cette Via Feminista vers l’égalité sera longue, mais nous voulons faire bouger les choses.»

«C’est une réforme qui se fait sur le dos des femmes, et cela alors que les finances de l’AVS vont bien. Nous avons besoin d’une réforme qui augmente les rentes, pas l’âge de l’entrée à la retraite.»

Anne Michel, membre du Collectif genevois pour la grève féministe

«Festif et engagé»

La Via Feminista sera ouverte mardi 8 mars, de 16 heures à la tombée de la nuit. Les places et rues investies pour l’occasion seront la place Bel-Air, celles des Volontaires et de l’Île, ainsi que la promenade des Lavandières. Les organisatrices promettent «un événement engagé, festif, convivial et inclusif».

C’est-à-dire? «Au son des tambours, en signant une pétition pour le droit d’asile, en soutenant le référendum contre la retraite à 65 ans, en tissant des liens entre les associations genevoises et la population civile, en se laissant emporter par de la poésie sonore, chacun-e-x pourra prendre part à cette journée», écrit le Collectif.

Thématiques et revendications

Sur la place de l’Île, c’est justement le projet fédéral d’élever l’âge AVS des femmes à 65 ans qui sera conspué. «C’est une réforme qui se fait sur le dos des femmes, et cela alors que les finances de l’AVS vont bien, critique Anne Michel. Nous avons besoin d’une réforme qui augmente les rentes, pas l’âge de l’entrée à la retraite.»

La lutte contre le racisme et les discriminations trouvera place à la promenade des Lavandières. «Nous avons appris que des personnes racisées résidant en Ukraine sont empêchées de sortir du pays, commente Meriam Mastour. Ce type de discrimination, que l’on retrouve dans tous les pays, y compris en Suisse, est une conséquence logique des traitements infligés aux personnes racisées.»

Sur la place des Volontaires, c’est la culture qui déploiera ses ailes revendicatrices, alors que la place Bel-Air accueillera les écoféminismes (elles tiennent au pluriel). «Les femmes sont particulièrement vulnérables face au changement climatique, conclut Paoulina Acevedo. La justice climatique ne peut aller sans justice sociale.»

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Eric Budry est journaliste, rattaché à la Tribune de Genève, et couvre plus spécifiquement la politique cantonale. Détenteur d’un master en sciences politiques de l’Université de Genève, il a œuvré dans différents journaux avant de rejoindre le quotidien genevois en 2000.

Ensemble, en grève féministe le 8 mars !

La prise de conscience et les mobilisations féministes grandissent et font bouger les lignes partout dans le monde. Nous sommes debout, nous voulons décider de nos vies. Nous voulons l’égalité.

Nous voulons être reconnues dans nos métiers, bien payées, à égalité avec les hommes au travail !

Avec la crise sanitaire, les femmes sont toujours en première ligne, mal payées, majoritaires dans des métiers essentiels (soins, santé, services publics). Nous sommes touchées de plein fouet par la précarité, les bas salaires et le temps partiel subi. Notre travail est déconsidéré et invisibilisé. Aides à domicile, assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH), enseignantes, soignantes, travailleuses sociales… Les grèves se multiplient dans les métiers féminisés. Faisons converger ces luttes le 8 mars pour imposer des revalorisations salariales, des emplois stables et durables et des perspectives de carrière ambitieuses ! Les femmes immigrées ou sans papiers sont surexploitées, peu reconnues socialement et peu susceptibles d’évoluer dans leurs emplois. Nous voulons qu’elles soient régularisées !

Nous voulons vivre dans une société sans violence sexiste et sexuelle ! Nous voulons être libres de nos choix sur nos corps !

#Metoo, notre mobilisation partout dans le monde bouscule les rapports de domination et met à mal le patriarcat. Nous refusons les violences sexistes et sexuelles que ce soit dans les bars (#BalanceTonBar), dans nos couples ou nos familles (#MeTooInceste), dans la santé (#StopVog, Stop violences obstétricales et gynécologiques), dans notre travail, les lieux scolaires universitaires (#metoofac), dans les fédérations sportives, la culture (#metootheatre), le journalisme, la politique (#metoopolitique).

Les femmes handicapées sont pénalisées par le manque de soins et freinées dans leur choix d’autodétermination de leur sexualité ou dans la possibilité de mettre au monde des enfants. Elles subissent d’autant plus les violences sexistes et sexuelles qu’elles soient d’ordre privé, institutionnel, médical ou économique (le versement de l’allocation d’adulte handicapé.e dépend des revenus du conjoint).

Nous dénonçons l’élection à la présidence du parlement européen d’une parlementaire anti-avortement et nous exigeons que le droit à l’IVG entre dans la charte des droits fondamentaux. En France, l’allongement du délai pour avorter doit enfin être voté, plus question d’être obligée de partir à l’étranger !

L’éducation non sexiste, la lutte contre les stéréotypes dans les manuels scolaires, contre le cyberharcèlement doivent enfin être effectives ! L’orientation ne doit plus être genrée, personne ne doit contrôler nos corps et la façon dont nous nous habillons !

Nous voulons avoir du temps pour nous, nous en avons assez d’assurer toutes les tâches à la maison, parce que c’est l’égalité et que nous le valons bien !

Nous refusons d’être les variables d’ajustement, celles qui sacrifient leur travail, qui enchaînent les doubles journées avec le ménage, les courses, la cuisine, etc. pour pallier les déficits de services publics et prendre soin des enfants ou des personnes dépendantes.

Comble du mépris : notre travail est si dévalorisé que deux ans après le début de la crise sanitaire, le pouvoir fait toujours comme si on pouvait télétravailler tout en gardant les enfants ! Nous voulons une réduction du temps de travail pour toutes et tous, allongement du congé maternité et du congé paternité et d’accueil de l’enfant, nous voulons une meilleure rémunération du congé parental pour qu’il soit plus partagé, nous voulons un vrai service public de prise en charge de la petite enfance et de la dépendance !

Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous ferons la grève féministe partout dans le monde pour :

Affirmer notre solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent la répression, la négation de leurs droits, à commencer par nos sœurs d’Afghanistan, violemment réprimées par les talibans et abandonnées par les pays occidentaux

Exiger des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, sachant que pour les seules violences conjugales, le Conseil Economique Social et Environnemental estime à 1 milliard l’investissement nécessaire. Afin de prévenir toutes les formes de violence, il est indispensable d’accompagner et protéger les victimes, de former toutes les personnes qui travaillent à leurs côtés, de sanctionner les agresseurs, de faire appliquer les lois existantes et de compléter la législation.

Exiger l’égalité salariale et professionnelle et dénoncer le fait que les femmes sont toujours payées un quart en moins. En France, c’est comme si nous arrêtions d’être payées chaque jour à partir de 15h40

Revendiquer la revalorisation des métiers féminisés, la fin de la précarité et des temps partiels et l’application de la loi qui – depuis 50 ans ! – prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égale

Obtenir le rattrapage des pensions des femmes retraitées qui sont inférieures de 40% à celles des hommes

Exiger un investissement financier et un recrutement massif dans les services publics, notamment dans les secteurs du soin, du lien et de l’éducation pour socialiser les tâches domestiques !

Développer une éducation féministe et égalitaire qui lutte enfin contre les stéréotypes et les violences et qui donne à tou.te.s la possibilité de réussir leur parcours scolaire et professionnel

Exiger l’allongement des délais pour l’IVG et l’accès sur l’ensemble du territoire à des centres IVG

Ce 8 mars, nous serons à la veille des élections présidentielles. Le gouvernement et le patronat bloquent toute avancée et multiplient le féminisme washing. Pire, la réaction masculiniste s’organise relayée par l’extrême droite qui revendique un discours sexiste, raciste et LGBTophobe. Partout dans le monde, la première chose que font ces partis réactionnaires quand ils arrivent au pouvoir, c’est de remettre en cause les droits fondamentaux des femmes.

Alors que la « grande cause » d’Emmanuel Macron s’est avérée une vaste opération d’enfumage, que les idées misogynes relèvent la tête, nous donnons rendez-vous à toutes les femmes, à tous et toutes les féministes.

Le 8 mars, on s’arrête tout.e.s. On se met en grève. Plus de bla bla, plus de promesses sans lendemain, des actes. Ne nous libérez pas, on s’en charge !

Action, Aid, Peuples Solidaires, Association Nationale des Etudes Féministes (ANEF), APEL-Égalité, ATTAC, Chiennes de garde, CGT, CNDF, Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV), collectif Tenon, Collectif bas les masques, Femmes Egalité, Femmes Solidaires, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir – FDFA, Fffrac, FIDL, Fondation Copernic, FSU, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des femmes de Paris, Mémoire Traumatique et Victimologie, Mouvement Femen, Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Nous Toutes, Osez le féminisme, Rajire, Réseau Féministe « Ruptures », Solidaires, Stop Violences Obstetricales et Gynécologiques, SKB, UNEF….