Assemblée générale de l’ONU suspend la Russie du Conseil des droits de l’Homme
Guerre en Ukraine (direct)L’Assemblée générale de l’ONU suspend la Russie du Conseil des droits de l’Homme
La guerre fait rage en Ukraine. Suivez en direct l’actualité de ce nouveau conflit en Europe
Moscou a reconnu jeudi des «pertes importantes» au sein de son armée déployée en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, sans les quantifier.
«Nous avons subi des pertes militaires importantes», a déclaré Dmitri Peskov lors d’une interview à la chaîne britannique Sky News, «c’est une immense tragédie pour nous».

L’Ukraine a déclaré jeudi qu’elle était «reconnaissante» de la décision de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, affirmant que les «criminels de guerre» ne devraient pas y être représentés.
«Les criminels de guerre n’ont pas leur place dans les organes de l’ONU visant à protéger les droits de l’homme», a réagi sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.
De son côté, le Kremlin a regretté jeudi la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, avertissant que Moscou comptait «continuer de défendre ses intérêts par tous les moyens légaux».
«Nous en sommes désolés et nous continuerons de défendre nos intérêts par tous les moyens légaux et de nous expliquer», a déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, sur la chaîne britannique Sky News.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé qu’elle se rendrait vendredi à Kiev pour exprimer son «soutien indéfectible» à l’Ukraine dans son combat contre l’invasion russe.
«Le peuple ukrainien mérite notre solidarité. C’est pour cette raison que je me rendrai à Kiev demain (vendredi)», a déclaré la dirigeante européenne lors d’une conférence de presse jeudi à Stockholm. «Je veux envoyer un message de soutien indéfectible au peuple ukrainien et son combat courageux pour nos valeurs communes», a-t-elle affirmé.

L’Assemblée générale de l’ONU a suspendu jeudi la Russie de son siège au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève, en raison de l’invasion de l’Ukraine. Nonante-trois pays, dont la Suisse, ont soutenu cette proposition, initiée par les Etats-Unis.
Vingt-quatre des 193 pays membres des Nations unies ont voté contre cette suspension, la deuxième de l’histoire de l’ONU après celle de la Libye en 2011. Et 58 pays se sont abstenus, mais les abstentions, un choix dénoncé par Kiev, n’étaient pas prises en compte dans la majorité des deux tiers requise parmi les seuls votes pour et contre.
Parmi les pays ayant voté contre figure la Chine qui a dénoncé une «démarche hâtive», la mise «de l’huile sur le feu» ainsi qu’un «précédent dangereux». L’Iran, le Kazakhstan et Cuba ont aussi voté contre. Sans surprise, la Russie, le Bélarus et la Syrie se sont opposés à la résolution proposée au scrutin.

Malgré des pressions ces derniers jours de Moscou pour que les pays votent contre, plusieurs Etats africains, dont l’Afrique du Sud et le Sénégal, ont choisi l’abstention. Ils ont estimé que la résolution suspendant Moscou «préjuge les résultats de la commission d’enquête» créée début mars par le Conseil des droits de l’Homme.
Le Brésil, comme le Mexique et l’Inde, tous trois membres non permanents actuellement du Conseil de sécurité de l’ONU, a adopté la même position abstentionniste. Le Chili a en revanche voté pour.
Selon Washington, la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’Homme est bien davantage que symbolique. Elle accroît «l’isolement» de Moscou sur la scène internationale depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.
Les forces militaires russes ont exécuté de façon extrajudiciaire des personnes civiles en Ukraine, ce qui s’apparente à des crimes de guerre, a affirmé Amnesty International jeudi. L’ONG se base sur de nouveaux témoignages recueillis sur le terrain.
L’organisation basée à Londres a interrogé plus de 20 personnes originaires de villes et de villages proches de Kiev, dont plusieurs avaient été témoins ou avaient eu directement connaissance des violences commises par les forces russes.
Ces témoins ont fait état de façon récurrente d’homicides délibérés, de violences illégales et de manœuvres d’intimidation généralisées perpétrés par les forces russes contre la population civile non armée de la région de Kiev.

Les témoignages montrent qu’en Ukraine des civils non armés sont tués chez eux et dans la rue, dans des actes d’une cruauté innommable et d’une violence choquante, accuse Amnesty.
L’ONG a obtenu des preuves que des civils avaient été tués lors d’attaques aveugles menées à Kharkiv et dans l’oblast de Soumy, a recueilli des informations sur une frappe aérienne qui a tué des civils en train de faire la queue pour acheter des provisions à Tchernihiv, et a rassemblé des éléments de preuve auprès de la population civile assiégée de Kharkiv, Izioum et Marioupol. L’ONG a également recueilli des témoignages de viols.
Les services de renseignement allemands (BND) ont enregistré des communications radio de soldats russes dans lesquelles ils évoquent les exactions commises à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, affirme jeudi le magazine der Spiegel. Des dizaines de cadavres ont été découverts dans cette ville ukrainienne.
Le contenu de certains échanges correspond aux photos de cadavres retrouvés à Boutcha et qui ont suscité une vague de condamnations internationales. Plusieurs dirigeants dont l’Allemand Olaf Scholz ont évoqué des «crimes de guerre» perpétrés par les Russes dans cette localité reprise par les forces ukrainiennes, selon le journal.

Des responsables du BND ont informé des députés de ces conversations interceptées, poursuit der Spiegel. Selon lui, ces enregistrements viennent contredire la version livrée par Moscou selon laquelle les cadavres de personnes en vêtements civils trouvés à Boutcha y ont été placés après que les troupes russes ont évacué les lieux.
Ainsi, dans l’un des messages radio évoqués par der Spiegel, un soldat explique à un autre que lui et ses collègues ont abattu une personne à vélo. Or, la photo d’un cadavre couché sur son vélo a fait le tour du monde et des journalistes de l’AFP ont vu ce cadavre ainsi que ceux d’une vingtaine d’hommes habillés en civil en parcourant l’une des plus longues artères de Boutcha.
Dans un autre message radio, un homme affirme : «On interroge d’abord les soldats, puis on les abat». Ces messages confirment également que des mercenaires russes du groupe Wagner en Ukraine auraient participé à ces exactions, poursuit le magazine.
«Les soldats parlaient des atrocités comme de leur vie quotidienne», écrit-il, assurant que ces exécutions n’ont pas été commises de façon accidentelle par des soldats russes agissant sans ordre.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a accusé jeudi son homologue russe Sergueï Lavrov d’être «complice des crimes» commis par l’armée russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
«Le fait qu’il justifie les bombardements d’un hôpital à Marioupol et les crimes de guerre commis à Boutcha et dans d’autres villes et villages d’Ukraine (…) le rend complice de ces crimes», a-t-il déclaré durant une conférence de presse, après une rencontre avec les chefs de diplomatie des pays de l’Otan à Bruxelles.
«Chaque commentaire qu’il fait vise à perturber les pourparlers, à les bloquer et à ne pas les poursuivre», a poursuivi Dmytro Kouleba, en référence aux pourparlers initiés entre la Russie et l’Ukraine sous l’égide de la Turquie, tout en assurant être «prêt à le rencontrer» de nouveau.
«S’il est question de la paix en Ukraine et de l’arrêt des morts, alors je suis prêt à rencontrer n’importe qui», a ajouté le ministre ukrainien: «Pour éviter un autre Boutcha, nous devons parler et voir comment nous pouvons mettre fin à cette guerre».
Devant ses homologues de l’Otan, Dmytro Kouleba a insisté sur le besoin pour l’Ukraine de recevoir des armes «maintenant», ou «ce sera trop tard».
Un village de conteneurs pouvant accueillir temporairement 1000 personnes fuyant l’Ukraine verra le jour en Ville de Berne. Les autorités cantonales espèrent ainsi être en mesure d’offrir un hébergement aux nombreux réfugiés qui arrivent chaque jour.
Les travaux préparatoires pour la construction de cinq unités d’habitation modulaire seront lancés vendredi. Ces logements, destinés à un séjour de courte durée, devraient voir le jour au cours des semaines à venir, a annoncé jeudi le canton de Berne, continuellement à la recherche de solutions d’hébergement.
La Ville de Berne a été sollicitée par le canton et a immédiatement proposé de mettre à sa disposition un terrain sur le lotissement du Viererfeld, a complété le maire de la capitale Alec von Graffenried. Le canton recense à l’heure actuelle 4200 réfugiés et se prépare à en accueillir jusqu’à 30’000 d’ici à la fin de l’année.

Les familles d’accueil doivent mûrement réfléchir à leur décision de recevoir des réfugiés pour que ces solutions d’hébergement privées puissent être proposées sur une longue durée, ont souligné les autorités. Une indemnité forfaitaire de 195 francs par personne et par mois leur est versée, à condition que les réfugiés soient hébergés pendant trois mois au moins.
A la fin de la semaine dernière, 620 enfants étaient scolarisés à l’école obligatoire. Ils intègrent soit des classes ordinaires, soit des classes d’accueil. L’accent est mis prioritairement sur les cours de langue, tout en maintenant le lien des enfants avec l’Ukraine grâce au recours à l’enseignement à distance.
Une enquête sur les circonstances de la mort de personnes habillées en vêtements civils, retrouvées mortes à Boutcha par les autorités ukrainiennes après le retrait de l’armée russe, est «la prochaine étape», a déclaré jeudi un haut responsable de l’Onu lors d’un déplacement dans cette ville proche de Kiev.
«Le monde est déjà profondément choqué», a affirmé Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint de l’Onu pour les Affaires humanitaires, à un responsable de la mairie de Boutcha, assurant que «la prochaine étape est de mener une enquête».
Le diplomate britannique, en pantalon et t-shirt noirs, est arrivé à Boutcha vers 13H00 GMT accompagné d’Amin Awad, coordinateur des Nations unies pour la crise en Ukraine, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Ils se sont rendus devant la mairie, quelques minutes après que le drapeau ukrainien a été hissé sur le toit du bâtiment officiel pour la première fois depuis l’occupation de la ville par les Russes.
L’Ukraine a besoin des armes des pays de l’Otan «maintenant» pour repousser l’offensive russe, ou «ce sera trop tard», a déclaré jeudi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba lors d’une réunion de l’Alliance atlantique à Bruxelles.
«Je ne doute pas que l’Ukraine aura les armes nécessaires pour combattre. La question c’est quand», a-t-il insisté après avoir rencontré ses homologues des pays de l’Otan, réclamant aussi avec la même urgence que les Occidentaux cessent d’acheter du pétrole et du gaz russes.
«Soit vous nous aidez maintenant, et je parle de jours, pas de semaines, ou votre aide arrivera trop tard. Et beaucoup de gens vont mourir, beaucoup de civils vont perdre leurs maisons, beaucoup de villages vont être détruits si cette aide arrive trop tard», a-t-il ajouté devant la presse.
Alors que les forces russes se sont repliées vers l’est de l’Ukraine où l’Otan s’attend à une offensive d’envergure, Dmytro Kouleba a mis en garde: «au moment où nous parlons, la bataille pour le Donbass est en cours», même si «elle n’a pas atteint son apogée».
«Cela va s’aggraver malheureusement. La bataille pour le Donbass vous rappellera» la «Seconde Guerre mondiale», avec «des milliers de chars, de véhicules blindés, des avions, de l’artillerie», a-t-il prévenu. «Ce ne sera pas une opération locale.»
Le chef de la diplomatie ukrainienne a salué les nouvelles sanctions que l’Union européenne s’apprête à adopter contre la Russie, qui comprennent la fin des achats de charbon russe, mais a appelé à aller rapidement plus loin.
Le ministre a aussi dit qu’il était prêt à rencontrer à nouveau son homologue russe Sergueï Lavrov si cela pouvait permettre de trouver une issue diplomatique. Mais, a-t-il ajouté, «je ne suis pas optimiste quand je l’écoute car tout ce qu’il dit vise à bloquer la négociation».
Les «images honteuses et inacceptables» des exactions commises à Boutcha et Irpin, près de Kiev, ont «éclipsé» les pourparlers initiés entre la Russie et l’Ukraine, a regretté jeudi l’un de leurs artisans, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.
«Les images de Boutcha, Irpin et d’autres régions sont inacceptables. Ces images ont éclipsé les négociations», a déclaré le chef de la diplomatie turque.

Cependant, «la Russie et l’Ukraine semblent disposées à se réunir de nouveau à Istanbul», a assuré le ministre qui s’exprimait devant la presse à Bruxelles, à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan.
La Turquie a accueilli par deux fois des négociations directes entre les deux parties, le 10 mars au niveau ministériel à Antalya (sud) et le 29 mars à Istanbul, mais «l’atmosphère positive qui s’en dégageait a hélas été assombrie», a insisté le chef de la diplomatie turque.
Il a indiqué avoir rencontré lors de cette visite le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. Le ministre a également rapporté que les négociations se poursuivaient avec les deux pays belligérants pour organiser l’évacuation par voie maritime des civils de Marioupol, ville du sud-est de l’Ukraine assiégée depuis plusieurs semaines.
Par ailleurs, Mevlüt Cavusoglu a annoncé qu’il se rendrait à Washington le 18 mai, à l’invitation du secrétaire d’Etat Anthony Blinken.
Les réfugiés ukrainiens qui sont arrivés en Suisse ne sont pas encore prêts à travailler. Leur priorité est encore de trouver une certaine stabilité, a expliqué Nicole Hostettler, présidente de l’association des offices suisses du travail.

Actuellement, les cantons et les offices régionaux de placement n’ont que peu de demandes d’Ukrainiens. Mais le besoin d’information grandit, a précisé Nicole Hostettler. Les Ukrainiens se renseignent sur le marché du travail de manière générale.
Selon la présidente de l’association, les demandes d’emplois augmenteront au cours des semaines à venir. Toutes les branches sont concernées. Les employeurs devront respecter les conditions de travail en vigueur en Suisse, a rappelé Nicole Hostettler.
Les privés qui souhaitent accueillir des réfugiés ukrainiens doivent s’adresser aux autorités ou aux organisations d’aide. Cela permet de donner plus de stabilité aux personnes qui cherchent refuge en Suisse et facilite le travail d’enregistrement pour les autorités cantonales.
Environ 40% des Ukrainiens qui sont arrivés en Suisse sont accueillis par des privés. Ils ne se sont pas tous annoncés auprès des autorités cantonales, a regretté jeudi Gaby Szöllösy, secrétaire générale de la Conférence des directeurs cantons des affaires sociales lors d’un point de presse.

Elle a appelé les privés qui accueillent des réfugiés à prendre contact avec les autorités cantonales. Cela permet de simplifier le processus d’enregistrement, la scolarisation des enfants, le versement de l’aide sociale ou l’organisation d’une visite chez le médecin. Cela permet aussi de respecter la charge qui pèse sur chaque canton.
Miriam Behrens, directrice de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) a également rappelé que la cohabitation n’est pas toujours simple. Dans ces cas, les organisations d’aide et les autorités peuvent aider. Une fiche d’explication sera publiée afin de clarifier les attentes des réfugiés et des familles d’accueil.
Miriam Behrens a aussi souligné le rôle important du cercle des amis et des voisins. «Un voisin peut préparer le dîner ou aider pour les devoirs. Cela allège la charge qui pèse sur les familles d’accueil.»
La Suisse a bloqué 7,5 milliards de francs de fonds russes, a indiqué jeudi l’ambassadeur Erwin Bollinger. Et de préciser que les sanctions ne concernent qu’une partie des Russes et des entreprises liées à Moscou.
C’est plus que nombre d’autres pays, a-t-il poursuivi. Les Pays-Bas ont par exemple indiqué avoir bloqué quelque 500 millions. En Suisse, la tendance est à bloquer plus que ce qui est nécessaire.

Jusqu’à présent, Berne a repris quasiment toutes les sanctions décidées par l’Union européenne, a ajouté Erwin Bollinger. Les sanctions ont été au fur et à mesure massivement étendues, jusqu’à atteindre un niveau encore rarement atteint.
Les procédures fonctionnent bien. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) a en outre rédigé un aide-mémoire à l’attention des cantons. «Les cantons savent désormais ce qu’ils doivent annoncer et comment», a précisé Lukas Regli, du SECO. Tout comme les banques. Elles connaissent bien le système et ce qu’elles doivent bloquer.
Kiev a appelé Moscou à «réduire son degré d’hostilité» dans les négociations après que la Russie a accusé l’Ukraine jeudi de revenir sur des propositions faites durant leurs pourparlers fin mars à Istanbul.
«Si Moscou veut montrer qu’il est prêt au dialogue, il doit réduire son degré d’hostilité», a déclaré sur Twitter un conseiller du président Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Podoliak, également membre de la délégation ukrainienne en charge des discussions avec la Russie.
Actuellement, 1000 personnes fuyant l’Ukraine frappent à la porte de la Suisse quotidiennement, a indiqué jeudi David Keller, directeur de l’état-major de crise pour l’asile au Secrétariat d’État aux migrations (SEM). «La situation ne devrait que peu changer à l’avenir.» Le SEM table sur l’arrivée de 15’000 à 30’000 personnes par mois.
La situation d’accueil s’est quelque peu améliorée, a-t-il poursuivi. Quelque 2500 lits ont pu être installés pour permettre aux personnes de se reposer. Il y a une semaine, la réserve était de 900 lits.

Au niveau administration, 26’000 procédures sont désormais closes et 21’000 personnes ont obtenu le statut de protection S. Beaucoup de réfugiés veulent aller dans une ville ou un canton spécifique. «C’est un défi», a reconnu David Keller. Tous les souhaits ne pourront toutefois pas forcément être exhaucés.
La Russie a accusé jeudi l’Ukraine d’être revenue sur certaines des propositions qu’elle avait faites lors de pourparlers fin mars à Istanbul, et que Moscou avait dit accueillir positivement. Kiev appelle de son côté Moscou à réduire «son degré d’hostilité» dans les négociations.
Mercredi, «la partie ukrainienne a présenté au groupe de négociateurs un projet d’accord dans lequel il est évident qu’elle revient sur les dispositions les plus importantes déterminées le 29 mars à Istanbul», a déclaré dans une vidéo le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
«Cette incapacité une fois de plus à trouver un accord négocié démontre les véritables intentions de Kiev, sa ligne visant à faire s’éterniser voire à faire échouer les négociations, en rejetant les ententes qui avaient été trouvées», a-t-il ajouté.
Selon lui, dans le texte des propositions faites en Turquie, la partie ukrainienne avait exclu la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, des garanties de sécurité et d’intégrité territoriale que réclame Kiev. Or dans un nouveau document présenté mercredi, cette partie aurait disparu.
Par ailleurs, Kiev réclamerait, selon Sergueï Lavrov, que les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky négocient directement de la Crimée et du Donbass ukrainien, région de l’Est de l’Ukraine où Moscou a reconnu deux pouvoirs séparatistes juste avant de lancer son offensive.
Enfin, selon le ministre russe, Kiev serait revenu sur une disposition prévoyant que Moscou pouvait s’opposer à toutes futures manoeuvres militaires impliquant des forces étrangères en territoire ukrainien.
«Nous voyons avec cela que le régime de Kiev est contrôlé par Washington et ses alliés, qui poussent le président Zelensky a continuer les combats», a martelé Sergueï Lavrov. Néanmoins, a-t-il dit, la Russie «poursuit le processus de négociations», faisant état de son propre projet d’accord sans en révéler le contenu.
Le Parlement européen a réclamé dans une résolution adoptée jeudi l’imposition d’un embargo «total et immédiat» sur les importations «de pétrole, de charbon de combustible nucléaire et de gaz» russes.
La résolution a été votée par 513 eurodéputés (22 voix contre, 19 abstentions). «C’est un moment très important et une étape significative. La position du Parlement est claire et envoie le plus fort des messages de soutien à ceux qui se trouvent sur la ligne de front», a commenté la présidente de l’institution, Roberta Metsola, après le vote de cette résolution non contraignante.
La Commission européenne a proposé mardi aux Vingt-Sept d’accentuer les sanctions en arrêtant les achats de charbon russe, qui représentent 45% du total des importations de charbon de l’UE, et en fermant les ports européens aux bateaux russes. Les modalités de ce 5e train de sanctions sont actuellement discutées entre les représentants des Etats membres.
Le Parlement exige donc d’aller plus loin, mais un embargo éventuel sur le pétrole russe (25% du total des importations européennes de pétrole) et le gaz russe (45% du total) fait l’objet d’âpres discussions entre les États membres, Berlin ayant exprimé publiquement ses réticences. Le sujet doit être discuté lundi lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Avec cette résolution, les eurodéputés demandent également «d’intensifier les livraisons d’armes à l’Ukraine», ce que Dmytro Kouleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, a encore réclamé jeudi lors d’un déplacement au siège de l’Otan à Bruxelles.
Jusqu’ici, les 27 se sont mis d’accord sur une enveloppe d’un milliard d’euros pour fournir des armements à Kiev. «Cela peut paraître beaucoup, mais un milliard d’euros, c’est ce que nous payons chaque jour à Poutine pour l’énergie qu’il nous fournit», avait souligné mercredi Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne.
Le Parlement a aussi invité l’UE à couper l’accès des banques russes au système financier international Swift (7 établissements sont pour l’instant privés d’accès) et à interdire le transport routier et maritime de marchandises vers la Russie.
Il a réclamé que «toutes les mesures nécessaires» soient prises pour que «les actes de Vladimir Poutine et d’Alexandre Loukachenko», le président bélarusse, «soient poursuivis comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité».
Les eurodéputés se sont également prononcés pour la création d’un «fonds analogue au plan Marshall» pour reconstruire l’Ukraine après la guerre.
Le président du Bélarus, principal allié de la Russie, a réclamé jeudi de participer aux négociations sur la «guerre» en Ukraine, utilisant le terme dont l’emploi a été banni par Moscou.
La Russie a appelé son offensive «opération militaire spéciale» et a interdit, notamment aux médias, d’utiliser les termes de «guerre» ou d’»invasion », sous peine de lourdes peines de prison.
Visiblement agacé de ne pas participer aux pourparlers en cours entre Moscou et Kiev, le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, qui a prêté son territoire à l’armée russe, a martelé devoir être associé à ce processus.
«Nous considérons cela comme une guerre qui est juste à la porte de notre pays. Et elle a des effets sérieux sur la situation au Bélarus. C’est pourquoi, il ne doit pas y avoir d’accord dans le dos du Bélarus», a-t-il insisté lors d’une réunion de son conseil de sécurité.
Selon lui, Moscou «comprend» cette position, mais pas l’Occident, qui n’entretient presqu’aucune relation avec Minsk du fait de la répression interne massive de l’opposition et de son alliance avec la Russie.
L’Ukraine ne veut pas de Minsk à la table des négociations, car il a laissé l’armée russe lancer son offensive sur Kiev depuis le territoire bélarusse.
Moscou n’a jamais dit vouloir inclure Minsk aux pourparlers, alors que Alexandre Loukachenko a toujours à coeur d’être traité sur un pied d’égalité par la Russie, louvoyant pendant plus de deux décennies entre l’Ouest et le Kremlin.
Pour Alexandre Loukachenko, après la «guerre viendra le temps de la renaissance et de la reconstruction». Or selon lui, l’Occident dépouillera alors l’Ukraine de ses richesses.
«Il faut chercher le bonheur parmi les siens. Je le dis depuis longtemps, les trois peuples slaves (Russes, Bélarusses et Ukrainiens) doivent, au regard de ce qui se passe dans le monde, s’asseoir à la table et s’entendre. D’égal à égal», a-t-il martelé.
Le Bélarus s’est vu infliger des sanctions économiques lourdes pour son rôle dans l’offensive russe, des mesures qui frappent une économie déjà ultra-dépendante de la Russie et étranglée par de précédentes vagues de représailles économiques occidentales.
Les pays du G7 ont demandé jeudi dans une déclaration commune la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
«Nous sommes convaincus que le moment est venu de suspendre l’adhésion de la Russie au Conseil des droits de l’Homme», proposition qui sera soumise au vote jeudi de l’Assemblée générale de l’ONU, indiquent les ministres des Affaires étrangères des pays membres du G7.
Ils promettent en outre que les auteurs des «massacres» dans la ville de Boutcha en Ukraine «devront rendre des comptes et seront poursuivis».

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient réclamé lundi la suspension de la Russie de cette instance internationale, en réponse «aux images de Boutcha», où ont été retrouvés de nombreux cadavres après le départ des forces russes. L’Assemblée générale de l’ONU doit procéder au vote dans l’après-midi.
Une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Canada, Japon, Allemagne et Italie) se tient également à Bruxelles jeudi.
Ces pays estiment dans leur déclaration commune que «les massacres dans la ville de Boutcha et dans d’autres villes ukrainiennes seront inscrits sur la liste des atrocités et des violations graves du droit international (…) commises par l’agresseur sur le sol ukrainien».
Le G7 assure travailler à «augmenter la pression sur la Russie en imposant des mesures restrictives supplémentaires».
L’Union européenne examine jeudi un cinquième ensemble de sanctions qui, pour la première fois, comporte des mesures dans le secteur de l’énergie avec un embargo sur les achats de charbon à la Russie.
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