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De la gauche en miettes à la gauche en niet ?

C’est fait. Nous avons évité le pire. Mais la gauche est en miettes. Sans doute fallait-il en passer par là.

Une gauche en miettes peut-elle se métamorphoser d’abord en niet ? Niet à cette vision néo libérale, consumériste et inégalitaire qui asservit ? Niet au diktat du lobby du nucléaire, un nucléaire dont les dérives n’ont pas fini de nous inquiéter ? Niet au repli identitaire ? Niet à l’Europe des marchands ? Niet à la religion de la finance ? Niet à cette démocratie honteusement dévoyée ? Niet aux partis partisans ?…

Mais les « niet » ne suffisent pas

Alors quoi ?

Les gauches seront-elles enfin capables de sortir des querelles de clocher, des affrontements d’égo pour s’unir sur les fondamentaux qu’elles partagent à peu près, pour sortir des multiples dogmatismes minoritaires ou sectoriels qui empêchent d’avancer, pour combiner, mettre en synergie des pensées contraires et néanmoins pertinentes… comme nous y invite Edgar Morin, ce sage dont nous serions avisés de nous inspirer. Bref en attendant on peut comprendre les plus modestes qui, désespérés et désemparés, ont fini par céder aux sirènes de l’extrême droite ou aux mirages d’un libéralisme pourtant épuisant.

Une gauche au-delà du « niet » pour une France inquiète

Mais alors, imaginer quoi?

Celle d’un vivre autrement ! D’un vivre autrement ensemble !

A la gauche reconstruite de créer les conditions propices, institutionnelles, pour inventer démocratiquement, avec des grands débats et des conventions citoyennes, de nouvelles façons de vivre, des priorités pour un mieux-être pour le plus grand nombre. Sans doute cela passe-t-il par plus d’égalité et de justice sociale, mais aussi par une revitalisation de la vie collective et associative, par la disposition d’équipement collectifs et conviviaux, contrepied du modèle consumériste et individualiste, par différents services publics (santé, éducation, sécurité…) qui réhabilitent le prendre soin et le lien social… au lieu et à la place de ce « modèle » où le pire comme le meilleur, le futile comme le nécessaire, ont la même « valeur ». Oui, je me prends à rêver que les citoyennes et les citoyens imaginent en grand nombre ce qui serait bien, ce qui ferait du bien-être. Légitimant par conséquent des mesures « discriminatoires », pour une consommation ainsi « canalisée », nous éloignant d’un consumérisme forcé et forcené aux mains du marché et des capitalistes.

Oser un vrai volontarisme ?

Car il en faudra. Car il en faudra bien, du point de vue économique mais aussi psychologique, déjà au sujet de la trilogie finfernale : l’avion, la viande, la voiture… mais sans oublier le reste ! Il en faudra aussi pour remplacer et faire face au chantage à l’emploi. Il en faudra pour basculer vers beaucoup plus de transports collectifs et de déplacements doux, vers une agriculture extensive pour une « gastronomie » partagée, vers un urbanisme et des logements qui changent le confort et la vie, la vie ensemble… Basculer c’est créer beaucoup de nouveaux emplois. Mais c’est aussi en détruire beaucoup. Nous devons l’admettre et mettre en place une solidarité concertée, planifiée, volontariste, qui a du sens.

Solidarité de la collectivité qui doit orchestrer et prendre en charge cette lourde transition.

Solidarité des nantis qui ont tant profité des enrichissements de ces soixante-dix dernières années.

Solidarité de l’Europe résistant enfin aux lobbys et mettant les multinationales à juste contribution.

Bref, un projet de « bascule ».

Ce pourrait être un beau projet, un beau projet économique… et aussi humain… y compris avec nos concitoyens Européens… dont nous en serions une nouvelle fois l’aile marchante face à l’Europe marchande.

Je rêve ?

Je le crains. Les partis seront-ils capables de se mettre en retrait tout en s’unissant ? Et mon rêve ne s’arrête pas là. Notre jeune Président de la république, fraichement réélu, a une certaine étoffe, mais pas pour mener la politique que j’appelle de mes vœux. Alors, sa cohabitation avec un premier ministre de gauche, soutenu par la vraie majorité des Français, un premier ministre qui fasse le poids, qui tienne tête, ça pourrait faire une combinaison intéressante !

A ce stade je ne sais pas rêver mieux !

Jean-Louis Virat

26150 Die

Nanti et engagé

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