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« Café mortel » mardi 12 avril à 18h30 entrée libre au local 3 rue St Marcel

  • Café Mortel : Un espace d’échanges pour sortir la mort du silence

De 18h30 à 20h30 au local d’Ecologie au Quotidien (3 rue St-Marcel à Die)
A 20h30, Repas partagé à partir des plats apportés par chacun.e (pour celles et ceux qui le désirent).

Sur le modèle proposé par le sociologue et ethnologue suisse Bernard Crettaz. On boit un coup et on échange…. sur la mort. Parlent ceux qui en ont envie. Se taisent ceux qui préfèrent. Et tou.tes s’écoutent…

Atelier animé par Ecologie au Quotidien et Michèle Geoffroy

Inscription au lien suivant : ==> Lien Internet

Pourquoi c’est si important de parler de la mort justement?

« La mort c’est le dernier chapitre de la vie. La mort donne la vraie valeur de la vie. Ce n’est pas les compagnies qu’on a bâties, les oscars qu’on a gagnés qui sont importants. Ce sont nos valeurs, les gens qu’on a aimés, qui sont présents dans notre vie, c’est cela qui compte… Dans le film, il y a l’image des équilibristes. Dans la vie, on a tendance à marcher comme si on était sur un terrain plat et solide. Mais dans les faits, on est sur un fil. Il n’y a rien qui prouve qu’on sera vivant dans une heure. On l’assume qu’on va être vivant, mais on n’a aucune certitude. Alors, il faut se centrer sur les choses qui peuvent nous rendre heureux maintenant, car on ne sait pas quand la mort arrivera pour nous enlever cette vie.»

Comment avez-vous procédé pour décider ce qui serait dans votre film et ce qui serait coupé au montage?

« Pour le film, j’ai tourné pendant 55 heures et on en a gardé 1 h 30. En plus, j’ai fait beaucoup de recherche, et j’ai fait des entrevues avec les gens que l’on voit dans le film, plusieurs fois avant même le tournage. Pour choisir ce qui serait dans le film, ce n’était pas évident. Je me suis fié à deux pôles pour faire mon film : comment apprivoiser la mort pendant qu’on est en santé? Et, c’est quoi la mort? Comment cela se passe-t-il lorsqu’on meurt? Donc par la suite, cela a été intuitif pour choisir les passages de mes diverses entrevues.»

Vous mentionnez qu’il faut en parler pour tenter d’apprivoiser la mort, cependant, dans votre film, l’infirmière Françoise, qui a accompagné les gens dans la mort pendant près de 15 ans, elle disait ne pas se sentir prête à mourir. Elle qui avait apprivoisé la mort des autres, ne se voyait pas s’accompagner dans la sienne. C’est assez troublant non?

« Oui c’est troublant, mais elle est quand même morte de manière douce. En fait, on ne le sait pas comment cela va se passer à l’heure de notre mort. On ne sait pas comment on va réagir. Mais dans le cas de Françoise, alors qu’elle s’approchait de la mort, ce n’était pas de la mort en soi dont elle avait peur, mais plutôt celle de ne plus vivre.  Et c’est cela en fait qu’on a tous peur… de ne plus vivre. Et quand on le réalise que c’est de cela qu’on a peur, alors on prend les moyens pour la vivre pleinement notre vie, ne pas subir, mais tenter de se rendre heureux dès maintenant. Car si on arrive à la mort avec des regrets sur notre vie, alors ce sera plus difficile de l’accepter notre mort. »

Un regard plein de vie sur la mort

BIBLIOGRAPHIE
– À titre dʼexemple, lʼun des nombreux
ouvrages écrits par Bernard Crettaz :
Petit manuel des rites mortuaires,
Bernard Crettaz, Gallaz, Ducor, Delécraz

– Cafés mortels – Sortir la mort du
silence, Bernard Crettaz, Labor et Fides

« Dans la foulée des cafés philo, des
Cafés mortels réunissent en Suisse
depuis 2004 des assemblées de
personnes autour de la mort, pour
lʼextirper du ghetto dans lequel la
plongent les secrets de famille, le mythe
de la « bonne fin », et notre société
consumériste qui a peur de la voir en
face.
Dans ces réunions de bistrot, les
participants sʼexpriment à bâtons rompus
sur des deuils vécus et qui souvent ne
passent pas.
En six ans, 40 Cafés mortels ont mobilisé
plus de 3 000 participants, sous la
conduite de Bernard Crettaz, qui dresse
ici un bilan sur cette expérience et cet
engouement uniques.
Il y est beaucoup question de secrets
engendrés par des suicides, des morts
dʼenfants, des décès accidentels, liés aux
non-dits familiaux, à Exit ou aux
cérémonies funèbres qui se sont
formellement bien déroulées, mais qui
cachent des détresses plombées par le
silence.
Au-delà des témoignages dont lʼauteur se
fait lʼécho, Bernard Crettaz explique les
règles à suivre pour que la parole sur la
mort se libère des discours exclusivement
thérapeutiques ou institutionnels. Pour
lʼauteur, il est vital de restituer à la mort

sa réalité irréductible, sauvage, brutale et
scandaleuse, cette dimension qui ouvre
sur la vie et la vérité. »
Jʼai lu le passage suivant à lʼauditoire pour
expliciter un peu et donner des repères, un
cadre :
(Page 93 et suivantes)
« Au Café mortel, chacun vit les
échanges selon sa propre sensibilité et
ses attentes particulières. Je sais aussi
que certains fréquentent beaucoup
dʼautres lieux semblables et que « mon »
Café mortel nʼest quʼune des très
nombreuses offres culturelles autour de la
mort. Sa spécificité tient au fait que lʼon
peut y dévoiler des « choses cachées »
selon une dynamique collective et une
ritualité spécifique dont voici les traits
principaux.

Préparé par Michèle Geoffroy

26150 Die

 

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