Macron en meeting géant
Emmanuel Macron a galvanisé ses troupes ce samedi lors d’un meeting géant près de Paris afin de conforter sa position de favori à la présidentielle. Dans un discours avec une forte tonalité sociale, il a notamment évoqué le pouvoir d’achat, l’éducation et la santé. Sans oublier de fustiger « ceux qui prônent le grand rabougrissement ».
Macron étrille ses concurrents
Le président sortant a ensuite longuement critiqué ses concurrents à l’élection présidentielle, dénonçant ceux qui tiennent « des théories complotistes sur le vaccin », ceux qui se disent « patriotes tout en faisant financer leur projet et leur parti par l’étranger » et ceux qui se réclament de Jaurès ou de Clémenceau […] et qui encouragent « complaisamment les mouvements indigénistes ».
Emmanuel Macron a particulièrement visé l’extrême-droite dans son discours. « Nous nous sommes habitués à ce que l’extrême droite se réclame de Charles de Gaulle […] alors qu’elle est l’héritière de ceux qui ont combattu le général », a-t-il déclaré.
« Nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays ! »
« Nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays ! », lâche Emmanuel Macron pendant son meeting. Le candidat veut « un parlement plus représentatif, des pouvoirs mieux équilibrés, une souveraineté populaire mieux reconnue ». Pour cela, il compte mener « de manière t
Macron tourne en dérision la théorie du grand remplacement
Le candidat LREM est revenu sur la polémique du drapeau européen dressé sous l’Arc de Triomphe en début d’année. Une décision qu’il a pleinement assumée. Il a ensuite adressé une pique « à ceux qui face à la Russie prônent le grand repli » et à ceux qui « défendent le grand rabougrissement ».
« Nous n’avons aucune leçon à recevoir sur l’immigration clandestine » : Emmanuel Macron
« Nous ne lâcherons rien de notre combat pour l’idéal européen »
« Nous ne lâcherons rien de notre combat pour l’idéal européen », poursuit Emmanuel Macron. Il loue les actions menées à l’échelle communautaire à ces dernières années, notamment le plan de relance européen. Le candidat estime que l’UE est un acteur idéal pour répondre à la crise alimentaire qui menace le continent africain et la crise climatique
Macron liste ses mesures pour « protéger nos enfants »
Après avoir annoncé qu’il voulait à nouveau faire de l’égalité entre les femmes et les hommes « la grande cause du quinquennat qui s’ouvre », Emmanuel Macron a listé ses mesures « protéger nos enfants », que ce soit de l’inceste ou encore du harcèlement scolaire. « Les recommandations de la Ciivise [la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, NDLR] seront suivies des faits », a-t-il promis.
Le candidat veut aussi des formations renforcées contre le harcèlement scolaire pour les enseignants et un contrôle parental installé par défaut sur les appareils numériques.
« Nos vies valent plus que tous leurs profits » : Emmanuel Macron,
Macron promet aux travailleurs une prime « allant jusqu’à 6 000 euros » s’il est réélu
« Je vois encore tant de vie empêchées, tant de blocages qui nourrissent la colère. Comme vous, je me suis parfois impatienté. Comme vous, je vois les difficultés à finir le mois, les situations d’insécurité et tant de progrès à accomplir pour faire reculer l’extrémisme », concède Emmanuel Macron, avant de revenir sur ses mesures visant le pouvoir d’achat.
S’il est réélu, il veut « permettre aux travailleurs de toucher une prime de pouvoir d’achat allant jusqu’à 6.000 euros, sans charge, ni impôt », créer « le compte épargne-temps universel » et porter à « 1 100 euros la pension minimale de retraite pour une carrière complète ».
« Malgré les crises nous avons tenu nos promesses »
« Et un, et deux, et cinq ans de plus », scande la foule à l’arrivée d’Emmanuel Macron sur scène. Ovationné, le candidat LREM remercie ses partisans d’être venus « des quatre coins du pays » et les appelle à ne « siffler personne, jamais ».
« Nous sommes là pour convaincre, pour faire advenir un projet de progrès, d’indépendance, d’avenir », poursuit-il. « En 2017 nous portions un projet d’émancipation. […] Malgré les crises nous avons tenu nos promesses », assure le président sortant, en évoquant notamment un « taux de chômage au plus bas depuis 15 ans », la suppression de la taxe d’habitation, « l’amélioration du pouvoir d’achat », la réduction des gaz à effet de serre, l’allongement du congé paternité ou encore le « doublement du nombre d’apprentis ».
Avant de monter sur-scène, Emmanuel Macron offre une « surprise » à ses partisans
Emmanuel Macron joue gros en montant ce samedi à 16h sur la scène de l’Arena à Nanterre (Hauts-de-Seine) pour son seul meeting de campagne avant le premier tour. Avant de prendre la parole pour au moins une heure, le président sortant a promis une première partie « surprise », « interactive et collaborative » à ses partisans, avec qui il veut partager « un moment d’union et de communion ».
35 000 personnes attendues sont attendues dans la plus grande salle couverte d’Europe, ainsi que 300 parlementaires et 1 500 élus locaux. Marc Fesneau, le ministre en charge des relations avec Le Parlement, ne sera pas de la partie puisqu’il vient d’être testé positif au Covis-19.
À La Défense, lors de son seul meeting de campagne, Emmanuel Macron a voulu rééquilibrer son image

Arrivée du président-candidat Emmanuel Macron pour son premier grand meeting de campagne à Nanterre (Hauts-de-Seine) , le 2 avril 2022
Des clins d’oeil par dizaines, au sens propre comme au figuré. Il faut dire qu’Emmanuel Macron est techniquement irréprochable, il maîtrise le geste à la perfection. Lorsqu’il s’adresse à ses proches, ceux assis aux premier et deuxième rangs de l’immense salle de La Défense Arena, qui lui ont dédié une partie de leur vie depuis 2016, il ne peut réprimer des oeillades séductrices captées par la caméra. Quand il évoque Brigitte Macron, « celle qui m’importe et m’apporte le plus », acclamée par la salle, n’en parlons pas : elle aussi y a droit, bien sûr, plus encore que les autres. Chez Macron, l’amour est tactile mais, tous vous le diront, il est également oculaire.
De son oeil droit, toujours il cligne. Vous pourrez vérifier. Sauf que ces dernières semaines, depuis l’annonce de son programme-fleuve à Aubervilliers, certains en macronie considèrent qu’il devrait les équilibrer un tantinet, ses clins d’oeil. RSA conditionné à une activité, retraite à taux plein à partir de 65 ans… Selon eux, il n’y aurait pas assez de signaux envoyés à la gauche. Donc, de preuves d’amour. À cette gauche sociale-démocrate qui constitue encore une large part de son électorat et qui, par manque d’enthousiasme, pourrait ne pas se mobiliser suffisamment le 10 avril. Alors, au moment où il connaît une baisse continue dans les sondages et que Marine Le Pen, elle, grignote petit à petit son retard, Emmanuel Macron a dédié à cette gauche une bonne partie de son discours ce samedi, lors de son seul grand meeting de campagne. Puis, il a tout fait pour que chacun, d’où qu’il vienne dans le camp des modérés, puisse se sentir attiré. À la Défense, le président sortant était à l’attaque.
« Leurs vies valent plus que tous les profits ». Emmanuel Macron nous a habitués à beaucoup d’excentricités, mais peut-être pas à celle consistant à aller chaparder le slogan du Nouveau parti anticapitaliste. « Indigné » par les révélations concernant la maltraitance et les réductions de budget dans les Ehpad, le candidat n’a pas hésité à scander le mot d’ordre d’Olivier Besancenot en 2002 et de Philippe Poutou aujourd’hui. Après avoir repris à son compte la « planification écologique » de Jean-Luc Mélenchon cette semaine en Charente-Maritime, le voici qui poursuit son marché dans les concepts et expressions présentes sur les étals politiques de gauche. Bingo ! Une nouvelle case est cochée : quelques minutes plus tard, le chef de l’État prônera la « force tranquille de la fraternité », rappelant aux sympathisants un brin plus âgés les bons souvenirs de 1981. En fin de discours, il ira même jusqu’à singer François Hollande : « La mobilisation c’est maintenant ! Le combat c’est maintenant ! » Mais, évidemment, pas le changement. Les clins d’oeil sémantiques sont-ils suffisamment appuyés ?
Après le bilan, les propositions
Au cas où ils ne le seraient pas, les propositions prennent le relais. Après avoir mis en avant son bilan, Emmanuel Macron s’est longuement attardé sur toutes les propositions que l’on pourrait qualifier de « sociales », des 50 000 infirmiers et soignants qu’il compte recruter à la revalorisation de l’allocation pour les mères seules, en passant par ses mesures sur le grand âge et sur l’éducation, à laquelle il adresse un grand plaidoyer. Il fait applaudir les enseignants, « à qui nous devons tant », lance qu’ils seront « mieux rémunérés » et « libres d’innover, d’expérimenter ». Contrairement à sa présentation de programme, il n’est plus question de les faire travailler plus pour leur faire gagner plus. Dernier détail, mais pas des moindres : le président a fait lui-même le SAV de sa réforme du RSA, qu’il compte conditionner à une activité. Certains, dans sa propre majorité, y voyaient une redite de la proposition que la droite portait depuis des années. Il rectifie : « Il ne s’agit pas comme l’ont prétendu certains de travaux d’intérêt général, non, encore moins de vouloir couper des aides à ceux que la vie a trop abîmés pour exercer une activité, il s’agit tout simplement de tendre la main et d’offrir à tous les bénéficiaires du RSA des perspectives, un espoir. » Édulcoré, gauchisé : chacun en tirera sa conclusion.
Sans avoir mis de côté sa réforme des retraites, sa lutte contre l’insécurité et son mantra sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus », Emmanuel Macron a donc remis sa campagne sur ses deux jambes idéologiques, à une semaine du premier tour. Écueil numéro un : check. Mais dans ce discours de remobilisation assumé, il y en a d’autres à balayer. Depuis son entrée en campagne, le président est accusé de rester trop en surplomb. De gérer. Et la gestion, ce n’est pas tellement macron-compatible, ni l’ADN d’En Marche. Alors le Macron de 2022 s’est mis dans la tête de faire du Macron 2017. Quelque peu grossièrement, disons-le.
Candidat anti-système
Pour casser son image de sortant plan-plan, de chef d’État installé, le voilà qu’il se place en candidat anti-système. Au moment d’évoquer ses propositions concernant une nouvelle méthode, plus collaborative, pour l’éducation : « Alors, je vous rassure, le système nous dira que c’est impossible, on nous expliquera que ça n’a jamais été fait, qu’il faut faire comme avant (…) mais comme c’est impossible, nous le ferons, parce que nous l’avons déjà fait ! », a-t-il déclaré sous les applaudissements de la foule. Quelques minutes plus tard, rebelote sur sa volonté de décentraliser les décisions en matière de Santé : « Je vous rassure, malgré vos applaudissements, là aussi, le système viendra nous dire que c’est impossible et nous le ferons ! » Le « système », ce spectre gazeux et inquiétant ; ce tour de passe-passe aisé qui est d’habitude l’apanage des populistes, Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon en tête de gondole… Mais qui d’autre le représente mieux qu’un chef de l’État en poste depuis cinq ans sous la Ve République ? La ficelle est un peu grosse. Le clin d’oeil un peu trop appuyé. Mais Emmanuel Macron a besoin de retrouver une vitalité, une forme de transgression que le costume élyséen n’aide pas à préserver. « Je n’ai jamais été partisan du politiquement correct ! », lâche-t-il, considérant que c’est celui-ci qui a fauté dans le combat contre l’extrême droite, « en faisant la leçon à ses électeurs ».
De nouveau « et de droite et de gauche », de nouveau transgressif, Emmanuel Macron estime qu’il est désormais le seul rempart raisonnable aux extrêmes. Et il compte bien le montrer. La dernière partie de son long discours – deux heures, tout de même -, il la consacre à ses adversaires directs, d’abord Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon. La première et ses « contre-vérités crasses », ses « théories nauséabondes », qui veut « sortir le matin de l’Europe et le soir y retourner » et dont on ne « relève jamais les incohérences ». Le second : il « se réclame de Jaurès et de Clémenceau et pourtant cesse de défendre la laïcité, verse dans le communautarisme encourageant complaisamment des mouvements indigénistes profondément antirépublicains ». Les voilà rhabillés.
Les références sont à droite, à gauche, au centre. Partout, du moment que leurs destinataires se trouvent dans le magma allant du PS jusqu’aux LR. Emmanuel Macron veut incarner le vote utile, le vote raisonnable, le vote sérieux face aux dangers des extrêmes. Après avoir cambriolé les mots de la gauche, il prend le costume du Général : « J’appelle toutes celles et ceux de la social-démocratie, du gaullisme, les écologistes qui ne nous ont pas encore rejoints, à le faire ! Nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays ! », a-t-il scandé. Selon lui, « les choix d’avril sont simples ». Lui ou le chaos, en somme.
Erwan Bruckert; Vu 26663 fois
Nous ne roulons pour personne et donc avons passé en revue les propositions et actes de Anne Hidalgo, Emmanuel Macron, Jean Luc Melenchon et Yannick Jadot, candidats crédibles pour cette élection. MCD