Guerre en Ukraine Que sait-on des « camps de filtration » russes mis en place autour de Marioupol ?
Dans de nombreux témoignages, des civils ukrainiens évacués notamment de Marioupol dénoncent la mise en place par la Russie de « camps de filtration » où les soldats russes leur auraient fait subir un traitement particulièrement dur, certains étant « déportés » en Russie.
Alors que plus d’une centaine de civils ukrainiens ont réussi à quitter l’usine assiégée d’Azovstal à Marioupol pour rejoindre Zaporijjia, certains réfugiés ont témoigné à leur arrivée, et leurs propos sont glaçants. Avant leur départ de l’aciérie, ils auraient été emmenés de force dans des « camps de filtration » montés par les Russes, une pratique déjà utilisée par Moscou durant la guerre de Tchétchénie.
« Les Russes n’ont pas laissé partir tout le monde. Il y avait des filtrages. (…) Ils cherchent les personnes qui ont travaillé pour l’État [ukrainien, NDLR] », a ainsi témoigné un rescapé d’Azovstal.
Interrogatoires, prises d’empreintes et fouilles
L’homme évoque le village de Bezimenne, dans le Donetsk, à moins de 50 km à l’Est de Marioupol, où se tiendrait ce supposé « camp de filtration ». Les civils y auraient été contrôlés par l’armée russe, obligés de présenter leurs documents d’identité et de se déshabiller pour prouver l’absence de tatouages pro-ukrainiens sur leur corps. Leurs empreintes ont été relevées, leurs téléphones portables déverrouillés.
Des images, tournées par le ministère russe de la Défense, montrent l’existence dans ce village de tentes bleues, dans lesquelles les civils évacués auraient été emmenés dès leur descente des bus.
Ce campement d’une trentaine de tentes aurait été construit aux environs du 20 mars, à peine un mois après le début de l’invasion russe : c’est en tout cas ce que prouvent des images satellites publiées par Maxar dès le 26 mars. La société de technologie spatiale avait déjà révélé l’existence de fosses communes après le massacre de Boutcha.
Vous entrez dans une tente, vous enlevez vos vêtements, ils vérifient vos documents. Ensuite, vous entrez dans une autre tente, où ils scannent votre téléphone, tous vos documents, tous vos contacts. Après cela, vous remplissez un questionnaire. Une rescapée de Marioupol.
Un autre civil évacué évoque la comparaison des identités avec des « bases de données », tandis que le maire-adjoint de Marioupol, Petro Andryushchenko, assure que ce sont les agents du FSB, le service de renseignement de la Russie, qui interrogent les civils et vérifient toutes leurs données personnelles. « S’ils trouvent un tatouage qui ne leur plaît pas, ils le grattent jusqu’au sang avec une pierre », explique-t-il à France Info.
« Une seule toilette et un seul lavabo »
L’enjeu pour l’armée russe, lors de ce véritable « tri », serait de vérifier si les civils évacués ont des liens avec le bataillon Azov, ou avec les autorités ukrainiennes.
Ils ne regardent pas seulement les tatouages. Ils scrutent ton corps pour voir si tu as des traces qui prouvent que tu as combattu ou manié des armes, comme un bleu sur l’épaule. Anton, civil ukrainien arrivé à Zaporijjia.
Sur place, les conditions de vie sont inhumaines, indignes : « une seule toilette et un seul lavabo pour des milliers de personnes », racontent à la BBC Oleksandr et Olena, envoyés dans un autre camp au nord-ouest de Marioupol, dans le village de Nikolske.
Un troisième village fait l’objet de témoignages sensiblement identiques, celui de Manhush, à l’Ouest de Marioupol.
« Des violences psychologiques, avec des interrogatoires très longs et agressifs, des fouilles à nu pour vérifier les tatouages ou une taxe de 400 dollars par voiture. Tout ça pour en laisser sortir une dizaine par jour seulement sur les centaines qui attendent », explique Dmitry, habitant de Marioupol réfugié à Zaporijjia.
Après les contrôles, les civils seraient soit autorisés à quitter la zone occupée, vers des villes d’accueil comme Zaporijjia, soit « déportés » vers la Russie.
La « déportation »
Alors qu’il s’exprimait sur les propos du chef de la diplomatie russe Lavrov sur le « sang juif » d’Hitler, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué le sujet des « camps de filtration », où son peuple est selon lui « tué, torturé et violé ».
Ce n’est pas une coïncidence si les occupants capturent des civils et les prennent en otage ou les déportent comme main-d’œuvre gratuite.
Le maire-adjoint de Marioupol, Petro Andryushenko, a par ailleurs comparé les procédures supposément mises en place dans ces camps à celles des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.
Qu’arrive-t-il aux civils « déportés » ?
Parmi les civils n’étant pas autorisés à regagner la ville de Zaporijjia, certains seraient appelés pour le service militaire de la République séparatiste de Donetsk, d’autres seraient envoyés en Russie dans des zones peu peuplées et économiquement les plus pauvres : dans la région du Tatarstan (à 1 200 km à l’Est de Moscou), dans des villes au Sud de Moscou (Rostov, Tambov…) ou encore à Sakhaline (une île lointaine de l’Est).
Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, dénonce dans un message sur les réseaux sociaux la volonté du régime de Poutine d’interdire aux civils « déportés » de quitter le territoire russe.
Les Ukrainiens se voient offrir un emploi officiel par le biais de centres d’emploi. Ceux qui acceptent reçoivent des documents leur interdisant de quitter les régions russes pendant deux ans.
Un député ukrainien, Iaroslav Zheleznyak, va plus loin au sujet de l’avenir de ces civils évacués : « On les tue. Et ensuite on effectue la crémation, voilà ce qui leur arrive », a-t-il confié.
Quant au président ukrainien Zelensky, il avait dès le 20 avril dénoncé la création de « camps spécialisés » sur le territoire russe, dans lesquels seraient emmenés de force des civils ukrainiens. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés : 605 815 réfugiés ukrainiens ont été comptabilisés en territoire russe, sans pour autant connaître leur nouveau lieu de « destination ».
Pendant les guerres de Tchétchénie, déjà des « camps de filtration »
Cette pratique des « camps de filtration » n’est pas nouvelle. Pendant les deux guerres de Tchétchénie (1994-1996, puis 1999-2000), les mêmes types de « camps » avaient été créés par l’armée russe.
Les combattants soupçonnés d’avoir pris les armes contre Moscou, appelés « boeviki », y étaient envoyés et parfois soumis à des actes de tortures.
Ces pratiques avaient été dénoncées en 2000 par Human Rights Watch et Amnesty International.
Enfin, le porte-parole de l’ambassade de Russie, Alexander Makogonov, invité mercredi, a expliqué ne pas avoir connaissance de l’existence de ces « camps de filtration », déclarant à propos des civils évacués : « Ils sont arrivés à Zaporijjia sains et saufs. Les autres sont restés sur le territoire de la République populaire de Donetsk, il n’y a aucun camp de filtration, il n’y a rien ! »
Contactée par notre journal, l’ONG Human Rights Watch est en train d’enquêter sur le sujet. La directrice adjointe de HRW pour l’Europe et l’Asie centrale, Rachel Denber, confirme l’existence de « centres de filtration », néanmoins différents des « centres de détention » montés par la Russie lors de la guerre de Tchétchénie.
L’ONG craint notamment que les civils s’y trouvant soient « torturés », subissent des « traitements cruels et dégradants », voire soient « assassinés ».
Guerre en Ukraine : La Russie restera «pour toujours» dans le sud de l’Ukraine, déclare un responsable russe
La Russie envahit l’Ukraine
La Russie restera «pour toujours» dans le Sud de l’Ukraine, a affirmé vendredi un haut responsable parlementaire russe, Andreï Tourtchak, lors d’une visite à Kherson, importante ville ukrainienne dont Moscou revendique le contrôle total depuis mars.
«En m’adressant aux habitants de la région de Kherson, j’aimerais dire encore une fois que la Russie est là pour toujours. On ne doit en avoir aucun doute», a déclaré M. Tourtchak, premier adjoint au président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), cité par les agences de presse russes.
La Russie a publié vendredi une liste d’une centaine de catégories de marchandises dont l’importation sans l’accord des détenteurs de la propriété intellectuelle est autorisée afin de contourner les restrictions décidées depuis son offensive en Ukraine.
Parmi ces produits, on retrouve les téléphones Apple ou Samsung, les grandes marques automobiles, des consoles de jeux ou encore des matières et pièces détachées utilisées dans l’industrie, selon un document publié par le ministère de l’Industrie et du Commerce.
On y trouve aussi des produits de consommation courante, comme des couverts de table. «Conformément à ce document, la responsabilité juridique est levée en cas d’importation de ces productions par les importateurs en contournant les canaux officiels de distribution», a indiqué le ministère.
Nombre de ces marchandises sont produites par des groupes qui ont décidé de se retirer du marché russe à la suite de l’offensive contre l’Ukraine. D’autres, comme les pièces détachées destinées à l’industrie automobile, tombent sous le coup des sanctions imposées par les Occidentaux.
Ce mécanisme d’importations parallèles doit permettre d’éviter les pénuries dans l’industrie comme dans le commerce de marchandises que la Russie est incapable à l’heure actuelle de produire elle-même. Le ministère insiste néanmoins sur le fait qu’il ne s’agit pas «d’une autorisation d’importation ou de vente de contrefaçons».
Le président Vladimir Poutine a affirmé à de nombreuses reprises ces dernières semaines que les Occidentaux avaient échoué à mettre l’économie russe à genoux avec les sanctions, même si elles ont mis à mal la chaîne logistique, le secteur financier et l’industrie.
Une vidéo montre comment une soldate ukrainienne chante, fusil en main, pour remonter le moral aux personnes cachées dans un sous-sol de l’usine d’Azovstal, à Marioupol.
Le régiment Azov, qui défend l’immense aciérie Azovstal où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens de Marioupol, a accusé vendredi les forces russes d’avoir visé une de ses voitures participant à l’opération d’évacuation de civils, tuant un soldat.
«Durant le cessez-le-feu sur le territoire de l’usine Azovstal, une voiture a été visée par les Russes avec un missile guidé antichar. Cette voiture se dirigeait vers des civils pour les évacuer de l’usine», a indiqué le régiment sur la messagerie Telegram. «Un combattant a été tué et six blessés», a-t-il ajouté.

Les dirigeants des grandes puissances du G7 vont tenir dimanche une réunion virtuelle consacrée à la guerre en Ukraine à laquelle participera aussi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé vendredi une porte-parole du chancelier allemand Olaf Scholz.
«Le 8 mai est une date historique marquant la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe qui a occasionné la terreur, la destruction et la mort en Europe», a déclaré la porte-parole Christiane Hoffmann lors d’une conférence de presse régulière, estimant qu’avec l’actuelle guerre en Ukraine «la cohésion du G7 est plus importante que jamais».

L’Allemagne assure la présidence du G7 cette année. Cette réunion, la troisième depuis le début de l’année, sera consacrée «en particulier à la situation en Ukraine», a indiqué Christiane Hoffmann sans plus de détails. Le président américain Joe Biden avait déjà annoncé une réunion cette semaine du groupe du G7, sans livrer de date précise, à propos de possibles sanctions supplémentaires contre la Russie.
«Nous sommes toujours ouverts à des sanctions supplémentaires», a-t-il déclaré mercredi à la Maison-Blanche, ajoutant qu’il discuterait avec les membres du G7 «sur ce que nous ferons et ne ferons pas.» Le groupe des pays riches du G7 comprend l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon.
Des informations attribuées à l’état-major de l’Ukraine font état de la perte d’un nouveau navire de guerre par la Russie dans le conflit ukrainien.
Un tribunal bélarusse a condamné vendredi à six ans de prison la compagne russe d’un opposant local, un an après leur rocambolesque arrestation à bord d’un avion qui avait été intercepté et contraint d’atterrir à Minsk par un chasseur.
A l’issue d’un procès qui s’est tenu à huis clos à Grodno (ouest du Bélarus), Sofia Sapega, compagne de l’opposant bélarusse Roman Protassevitch, a été «emprisonnée pour une durée de six ans dans une colonie correctionnelle à régime général», a indiqué la Cour Suprême du Bélarus dans un communiqué.
Elle a été reconnue coupable notamment d’incitation à la haine sociale et de collecte illégale de données personnelles, selon la même source.
Sofia Sapega, âgée de 24 ans, et Roman Protassevitch, 27 ans, avaient été arrêtés en mai 2021 à Minsk après le déroutage forcé de leur avion de la compagnie Ryanair reliant Athènes à Vilnius par un avion de chasse MiG-29 de l’armée bélarusse.

Cette interception avait suscité un tollé. Le Bélarus a affirmé qu’il avait intercepté l’avion après avoir reçu une «alerte à la bombe», mais une enquête menée par une agence de l’ONU a conclu que celle-ci était «délibérément fausse».
Après leur arrestation, Roman Protassevitch, qui résidait en Europe depuis 2019, et Mme Sapega sont tous les deux apparus dans des vidéos où ils disaient être passés aux «aveux», leurs sympathisants affirmant cependant qu’il s’agissait de confessions obtenues sous la contrainte.
Roman Protassevitch est un ancien rédacteur en chef de Nexta, un média ayant joué un rôle de premier plan dans la grande vague de contestation de la réélection en 2020 du président bélarusse Alexandre Loukachenko, qui dirige d’une main de fer son pays depuis 1994. L’opposant est actuellement assigné à résidence au Bélarus dans l’attente de son procès.
Un journaliste et opposant russe de renom, Ilia Azar, a annoncé vendredi qu’il était poursuivi pour avoir critiqué l’offensive de Moscou en Ukraine, nouvel exemple de la répression visant les détracteurs de cette intervention militaire.
Ilia Azar, a indiqué sur sa chaîne Telegram qu’il faisait l’objet de poursuites administratives pour avoir «discrédité le recours aux forces armées russes pour protéger les intérêts de la Russie et de ses citoyens, et maintenir la paix internationale», ajoutant que cette accusation se basait sur un message qu’il avait publié sur Facebook.
Les autorités «ne précisent pas lequel, mais je commençais à penser avec inquiétude qu’on m’avait oublié ou alors que je ne m’opposais pas assez clairement à la guerre», a-t-il ironisé. Ilia Azar qui ne se trouve actuellement pas en Russie, risque selon lui jusqu’à 100’000 roubles d’amende (1400 euros au taux actuel).
Les forces russes poursuivent leur offensive sur l’aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol, a affirmé vendredi le ministère ukrainien de la Défense, alors qu’un convoi de l’ONU est attendu pour évacuer les civils toujours réfugiés dans l’usine.
Les forces russes ont, «dans certaines zones, avec le soutien de l’aviation, repris les opérations visant à prendre le contrôle de l’usine» et «le blocus des unités de défense (ukrainiennes) continue», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le communiqué n’évoque pas de trêve alors que l’armée russe avait annoncé mercredi soir qu’elle respecterait un cessez-le-feu unilatéral pendant trois jours, de jeudi à samedi, pour permettre l’évacuation des civils de cette immense aciérie.
Mais un commandant ukrainien dans l’usine avait indiqué jeudi qu’ils «ne tenaient pas leur promesse» de trêve. La prise d’Azovstal permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de Marioupol, port stratégique à la pointe sud du Donbass qui comptait près de 500’000 habitants avant la guerre mais a été dévasté par deux mois de siège et de bombardements.
Une vidéo d’un compte twitter, couvrant la guerre, montre des frappes attribuées à l’armée ukrainienne sur des positions des forces russes.
Severodonetsk, l’une des villes d’importance du Donbass encore sous contrôle ukrainien, est «quasiment encerclée» par les forces russes et les séparatistes prorusses du Donbass, qui essaient d’en prendre le contrôle total, a indiqué vendredi le maire de la ville Olexandre Striouk.
Selon le maire, interrogé sur la chaîne ukrainienne 1+1, les troupes russes et prorusses «tentent d’attaquer la ville depuis plusieurs directions».
Bien qu’une très large majorité des quelque 100’000 habitants de la ville soient partis, le maire a déploré que 15’000 d’entre eux refusent de partir. «On n’arrive à convaincre de partir seulement dix personnes par jour», a-t-il regretté.

Severodonetsk, comme Lyssytchank, sa ville jumelle toute proche, est la cible de bombardements russes depuis plusieurs semaines, avec une ligne de front qui n’a cessé de se rapprocher.
les deux villes sont situées dans la région de Lougansk, à près de 80 km à l’est de Kramatorsk, devenu le centre administratif du Donbass ukrainien depuis que les forces séparatistes prorusses se sont emparés de la partie orientale de ce grand bassin houiller en 2014.
Au moins 25% des habitations de Kharkiv ont été détruites par la guerre en Ukraine, selon son maire. L’ONU a dévoilé vendredi les efforts pour avancer vers le nouveau plan directeur pour relancer la seconde ville du pays.
«Les bombardements ne sont pas terminés» mais «la situation est bien meilleure qu’il y a quelques jours», a dit à la presse à Genève le maire Igor Terekhov depuis sa ville. «Beaucoup de personnes ont commencé à revenir et les autorités les aident, notamment pour l’accès à l’eau.
«La ville de Kharkiv aura besoin à la fois de rétablir des infrastructures et des habitations», a-t-il ajouté, remerciant la communauté internationale pour son soutien. Tout dépendra de la poursuite des bombardements et des efforts, mais le maire estime qu’après les hostilités, il faudra jusqu’à trois ans pour faire de Kharkiv «encore une meilleure municipalité».
Le gouvernement à Kiev a établi en avril des projets de recommandations qui doivent être appliqués par les collectivités locales lorsque la situation sécuritaire le permettra. Il a demandé à la Commission économique de l’ONU en Europe (CEE-ONU) de le soutenir dans ces efforts.

Après cette requête, celle-ci a rassemblé plus de dix agences onusiennes. Le projet pilote à Kharkiv devrait être répété dans de nombreuses autres villes. Igor Terekhov a convié le Britannique Norman Foster à prendre la responsabilité du nouveau plan directeur de sa ville largement détruite. Celui-ci a promis de rassembler les meilleurs Ukrainiens et une expertise mondiale.
Il faut «actualiser» le plan directeur qui avait été décidé il y a trois ans, a dit à la presse le Britannique. Il souhaite lier la prochaine approche de la ville au patrimoine de la région et aux infrastructures vertes.
De son côté, le maire veut une municipalité ouverte sur les nouvelles technologies avec des parcs prévus pour cette activité économique. «Kharkiv a toujours une ville pionnière» sur cette question, a-t-il aussi ajouté.
Il appelle à diversifier les quartiers et à établir des abris antiatomiques, des parkings souterrains ou encore des parcs verts. Les premières réunions ont démarré en avril et les premiers résultats du groupe piloté par la CEE-ONU seront dévoilés dans deux semaines.
Malgré l’entrée en guerre ratée contre l’Ukraine d’une «armée russe du mensonge» et le soutien des Occidentaux à Kiev, la Russie restera «un compétiteur» qui «ne va pas disparaître», estime le chef d’état-major français, le général Thierry Burkhard.
«Forces morales», «entraînement», «guerre des perceptions »: dans un entretien à l’AFP et au New York Times, le plus haut gradé français revient sur les enseignements de plus de deux mois de conflit en Ukraine, en marge d’un déplacement en Estonie où 350 soldats et aviateurs français sont déployés dans le cadre de l’OTAN.
Selon le général Thierry Burkhard le plan russe initial était de faire tomber le régime du président Zelensky. Quelque chose n’a pas marché. Ce dispositif n’était pas très cohérent tactiquement. La défense ukrainienne, agile et déconcentrée, a infligé de très fortes pertes aux Russes.
»Nos yeux de praticiens ont vu des images affolantes, comme celles d’une colonne de 60 chars à l’arrêt… L’armée russe est l’armée du mensonge. Des gens ont menti en disant que l’armée ukrainienne ne se battrait pas, que les forces russes étaient prêtes à faire la guerre, que les chefs savaient commander«, déclare-t-il.
Après l’échec de la phase 1, puis une deuxième phase de réarticulation du dispositif, on est maintenant dans la phase 3, où ils essayent de grignoter le Donbass. Désormais le dispositif russe est cohérent, ils concentrent 80% à 90% de leurs forces dans le Donbass contre 20% dans la première phase.

Le chef d’état-major français également évoqué les enseignements tirés jusque-là de la guerre en Ukraine. «Tout d’abord, l’importance des forces morales. Les Ukrainiens ont gagné dans ce domaine. Ils ont une armée qui défend son pays et un pays qui soutient son armée. Cela se construit, ce n’est pas quelque chose qui se décrète le jour où une guerre éclate», souligne le général Thierry Burkhard avant de poursuivre son analyse.
Deuxième point, l’importance de la guerre informationnelle, le champ des perceptions. Les Ukrainiens ont réussi à imposer leur narratif face aux Russes, qui étaient un peu les maîtres en la matière. Troisièmement, l’importance de l’entraînement, qui est coûteux et difficile. L’armée russe est supérieurement équipée mais n’a pas réussi à entraîner ses soldats à la haute intensité.
Thierry Burkhard avertit. Nous devons être bien conscients que les Russes sont dans une vraie stratégie de temps long. Ils ont renforcé leurs capacités militaires, en particulier en développant des armements de niche comme les armes hypersoniques. Ils sont engagés dans la lutte informationnelle, ils ont mis en place une forme de dépendance énergétique des Occidentaux… Aujourd’hui notre manque de liberté d’action provient de l’espèce de toile d’araignée mise en place par la Russie.
Il faut se réarmer, renforcer la cohésion et se mettre en position d’être compétiteurs avec les Russes. Mais il ne faut pas perdre de vue que la Russie ne va pas disparaître. Elle est au Conseil de sécurité (des Nations unies, ndlr), dispose de plusieurs milliers de têtes nucléaires… Il faut qu’on trouve la capacité à affaiblir la Russie, qui sera certes un pays avec lequel nous serons en compétition, mais avec lequel il faudra peut-être reconstruire une architecture de sécurité.
Les autorités des îles Fidji ont saisi, à la demande des États-Unis, un superyacht soupçonné d’appartenir à un oligarque russe visé par des sanctions liées à la guerre en Ukraine, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice.
Le navire Amadea, estimé à 325 millions de dollars, appartient, selon Washington, à l’homme d’affaires et député Suleiman Kerimov, visé par des sanctions européennes et américaines. Selon Washington, Suleiman Kerimov a fait fortune grâce à ses participations dans de grandes entreprises énergétiques et financières russes, dont Gazprom et Sberbank.
Amarré à Lautoka, dans l’ouest des Fidji, depuis la mi-avril, l’Amadea était immobilisé par les autorités fidjiennes depuis l’émission d’un mandat américain de saisie. Mardi, un tribunal local avait ordonné sa saisie, qui a eu lieu dans la foulée.
La demande de saisie de l’Amadea est fondée sur le fait qu’il «enfreindrait la législation américaine, notamment la loi sur les pouvoirs économiques en cas d’urgence internationale, de blanchiment d’argent et de conspiration», a déclaré jeudi le ministère américain dans un communiqué.
Suleiman Kerimov fait partie d’un groupe d’oligarques «qui profitent du gouvernement russe par le biais de la corruption et de ses activités malveillantes dans le monde entier, notamment l’occupation de la Crimée», a-t-il ajouté.

L’Amadea mesure 107 mètres, dispose d’une piscine, d’un jacuzzi, d’un héliport et d’un «jardin d’hiver» sur le pont, selon le site spécialisé superyachtfan.com. «Il n’y a pas de cachette pour les avoirs des criminels qui soutiennent le régime russe», a de son côté affirmé dans un communiqué le ministre de la Justice américain Merrick Garland.
«Le ministère de la Justice s’efforcera sans relâche de tenir pour responsables ceux qui facilitent la mort et la destruction dont nous sommes témoins en Ukraine», a-t-il ajouté.
«Cette saisie montre aux oligarques russes corrompus qu’ils ne peuvent pas se cacher, même dans les endroits les plus reculés du monde», a commenté pour sa part la numéro deux du ministère américain de la Justice, Lisa Monaco. «Chaque yacht acheté avec de l’argent sale est dans notre viseur», a-t-elle assuré.
Plusieurs sites spécialisés indiquent que Suleiman Kerimov en est le propriétaire, mais cela n’a pas pu être confirmé par l’AFP de manière indépendante. Une société enregistrée comme étant propriétaire du bateau, Millemarin Investment, a demandé un sursis à exécution de cette saisie, dans l’attente d’une décision en appel. La haute Cour des Iles Fidji a refusé cette demande.
L’Espagne avait déjà saisi en avril, à la demande des Etats-Unis, un superyacht d’une valeur de 90 millions de dollars, appartenant au milliardaire russe Viktor Vekselberg, un allié du président Vladimir Poutine.
Washington a annoncé en mars la création d’une cellule dédiée à la poursuite des «oligarques russes corrompus» et de tous ceux qui violeraient les sanctions adoptées par Washington contre Moscou.
Un tweet du journaliste Raphaël Grand de la RTS fait référence à un article du journal «Le Monde» qui décrit comment la Confédération surveille la banque russe par laquelle transitent les paiements occidentaux pour les achats de gaz auprès de Moscou.
Le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban a jugé vendredi que Bruxelles avait franchi «une ligne rouge» en voulant interdire les importations de pétrole russe et «porté atteinte» à l’unité européenne affichée depuis le début de la guerre en Ukraine.
«La présidente de la Commission», Ursula von der Leyen, «a volontairement ou non attaqué l’unité européenne», a-t-il déclaré dans une interview à la radio. «J’ai dit oui aux cinq premiers paquets de sanctions, mais nous avons clairement signifié dès le début qu’il y avait une ligne rouge: l’embargo sur l’énergie. Ils ont franchi cette ligne (…), il y a un moment où il faut dire stop», a-t-il ajouté.

La Hongrie avait déjà dit mercredi son opposition au projet d’embargo «dans sa forme actuelle», et Viktor Orban, proche avant l’invasion du président russe Vladimir Poutine, enfonce le clou. «Il faut une décision unanime, tant que la question hongroise ne sera pas résolue, il n’y aura pas de oui de la Hongrie», a-t-il insisté, sans vouloir utiliser le mot de «veto».
«La proposition a été renvoyée à l’expéditeur, à Madame la Présidente pour qu’elle la retravaille, nous attendons une nouvelle proposition», a ajouté le dirigeant.
L’unanimité des 27 est impérative pour l’adoption de sanctions par l’UE. Elle a été obtenue pour les cinq précédentes séries de sanctions. La Commission préconise dans son 6e paquet de sanctions «une interdiction de tout le pétrole russe, brut et raffiné, transporté par mer et par oléoduc» pour fin 2022.

Selon Viktor Orban, les Européens avaient acté «le droit souverain de chaque pays sur son mix énergétique», la Hongrie étant dépendante à 65% du pétrole russe. Un embargo «équivaudrait à une bombe nucléaire larguée sur l’économie hongroise», a lancé vendredi le Premier ministre, habitué aux bras de fer avec ses partenaires européens depuis douze ans.
La dérogation prévue pour son pays jusqu’à fin 2023 par la Commission n’est à ses yeux nullement satisfaisante, «la transformation totale du système hongrois de transport et d’approvisionnement en énergie» nécessitant «cinq ans» et s’avérant très coûteuse à mettre en oeuvre.
«Nous n’irons nulle part avec une exemption d’un an et demi», a-t-il tranché, précisant que Budapest accepterait la proposition si le pétrole brut livré par pipelines était exclu du train de mesures. Viktor Orban a également protesté contre l’inclusion dans le train de sanctions du chef de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Kirill, soutien affiché à l’offensive. «Nous ne permettrons pas aux dirigeants d’églises d’être mis sur une liste de sanctions», a-t-il dit.
Des panneaux de signalisation routière en russe ont été installés aux alentours de la ville ukrainienne de Marioupol, remplaçant ceux en ukrainien et en anglais, ont annoncé les autorités séparatistes prorusses de la région.
Le port stratégique de Marioupol (sud-est) est depuis le début de l’offensive de la Russie contre l’Ukraine le théâtre d’une bataille sans merci. Les derniers combattants ukrainiens sont assiégés sur un gigantesque site sidérurgique.
Le reste de la ville et ses alentours ont été conquis par les forces russes et leurs alliés de la république autoproclamée de Donetsk, non reconnue par la communauté internationale, qui revendique sa souveraineté sur Marioupol.
Le ministère des Transport de ce territoire a annoncé jeudi le remplacement des panneaux d’entrée des agglomérations de la région, publiant des photos d’ouvriers démontant ceux bilingues en ukrainien et anglais pour les remplacer par des noms en russe.
La Russie dément vouloir occuper des territoires ukrainiens, mais a reconnu l’indépendance de deux régions séparatistes, lançant officiellement son offensive contre son voisin le 24 février au nom de la défense des Russes et Russophones de ces zones. Pour les adversaires de Moscou, il s’agirait d’une première étape en vue d’une annexion.
Cette semaine, le chef-adjoint de l’administration présidentielle russe, Sergueï Kirienko, s’est rendu à Marioupol et dans sa région.
«A chaque étape, il y a eu des discussions avec la population, qui (…) veut avoir confirmation que la Russie est revenue pour toujours», a commenté sur sa chaîne Telegram le dirigeant des séparatistes, Denis Pouchiline, qui accompagnait le responsable du Kremlin.
«Près de 500 civils» au total ont pu être évacués ces derniers jours de la ville de Marioupol dans le sud-est de l’Ukraine, assiégée et bombardée par les Russes, ont indiqué vendredi les autorités ukrainiennes, précisant que les évacuations se poursuivaient ce vendredi.
«Nous avons réussi à évacuer presque 500 civils» depuis le début de cette opération «difficile» organisée par l’ONU, a indiqué sur Telegram le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak. «L’Ukraine continuera de tout faire pour sauver tous les civils et les militaires» bloqués à Azovstal, a-t-il assuré.
Les évacuations sous l’égide de l’ONU, qui ont commencé le week-end dernier, devaient se poursuivre ce vendredi depuis cette immense aciérie, dernière poche de résistance ukrainienne de ce port stratégique du sud du Donbass, a indiqué à l’AFP la vice-Première ministre Iryna Verechtchouk.

L’ONU, associée au Comité International de la Croix Rouge (CICR), a annoncé jeudi après-midi avoir envoyé un nouveau convoi à Azovstal, où il resterait encore des centaines de militaires dont beaucoup de blessés et quelque 200 civils, selon la municipalité.
«Aujourd’hui, nous nous concentrons sur Azovstal», a souligné Mme Verechtchouk. «L’opération démarre en ce moment. Nous prions pour sa réussite», a-t-elle ajouté.
Jeudi soir, elle avait indiqué que les habitants de Marioupol étaient appelés à se rassembler à 10H00 GMT (12h en Suisse) devant un centre commercial de Marioupol pour être évacués.
Un nouveau convoi de l’ONU est attendu vendredi pour évacuer les derniers civils retranchés dans l’aciérie d’Azovstal à Marioupol, dernière poche de résistance ukrainienne dans ce port stratégique du Donbass, sans assurance toutefois d’une trêve des combats.
Malgré cette incertitude, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des questions humanitaires, Martin Griffiths, a annoncé jeudi que ce nouveau convoi se dirigeait vers la ville martyre, devenue un des symboles de l’invasion russe débutée le 24 février.
«A l’heure où nous parlons, un convoi est en route pour arriver à Azovstal d’ici demain matin avec l’espoir de récupérer les civils restants dans ce sombre enfer, qu’ils habitent depuis tant de semaines et de mois, et de les ramener en sécurité», a déclaré Martin Griffiths à Varsovie. Le Comité international de la Croix-rouge (CICR) a confirmé y être associé.

Une centaine de civils avaient déjà pu quitter ce complexe le week-end dernier, à l’occasion d’une évacuation organisée avec l’ONU et le CICR.
Les informations sur la situation dans l’aciérie de Marioupol, où vivent retranchés dans d’immenses galeries souterraines civils et combattants, restaient néanmoins contradictoires.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré jeudi soir dans son message vidéo quotidien que les forces russes continuaient à pilonner l’aciérie en dépit de la promesse russe d’une trêve de trois jours débuté jeudi matin.
Les bombardements russes continuent à faire rage «alors que des civils doivent encore être évacués, des femmes, des enfants», a-t-il dit dans ce message diffusé sur sa page Facebook.
Selon la chaîne américaine NBC, des informations communiquées par les États-Unis ont aidé l’Ukraine à couler le croiseur russe Moskva. Selon des responsables anonymes cités par la chaîne jeudi, les forces ukrainiennes ont demandé aux Américains des renseignements concernant un navire croisant en mer Noire.
Les Américains auraient alors identifié le bâtiment comme étant le Moskva et auraient précisé sa position. Le Moskva, navire amiral de la flotte russe en mer Noire pouvant officiellement compter jusqu’à 680 membres d’équipage, a coulé le 14 avril. Un haut responsable américain, sous couvert de l’anonymat, a démenti auprès de l’AFP que les États-Unis avaient fourni des renseignements permettant d’identifier le Moskva.
«Nous ne fournissons pas d’information de ciblage spécifique sur les navires. Nous fournissons une palette de renseignements pour aider les Ukrainiens à mieux comprendre les menaces posées par les navires russes dans la mer Noire et pour les aider à se préparer dans la défense contre de potentielles attaques venues de la mer», a déclaré ce haut responsable.