« Réconcilier végétarien et viande de qualité, loin des polémiques inutiles et des débats hystérisés »
La campagne des élections législatives se clôt ce soir à minuit. Un dernier post de Célia de Lavergne ( sur un sujet au cœur de ses engagements ) qui a beaucoup œuvré en matière d’agriculture et d’alimentation. Mais ses travaux, y compris participatifs ( ateliers législatifs participatifs ) ont été démolis par la FNSEA et les lobby agro-industriels ( relayés par les Droites ) en arrivant au Parlement français ( Assemblée nationale et Sénat ). Nous n’avons consciemment et lucidement pas relayer les campagnes des Droites dures, d’Extrême Droite ou Droites fascisantes ou nucléocrates par choix éthiques et politiques. Nous sommes au cœur des pays ( Diois, Vercors, Dieulefit, Baronnies, etc…) des résistances écologiques, sociales et démocratiques… Ils sont des histoires qui contraignent et des mémoires qui obligent… MCD
Célia de Lavergne, Députée LRM de la Drôme
L’option du menu végétarien dans les cantines scolaires prévue par la loi « climat » est soutenue par une partie croissante de l’opinion qui y voit une liberté pour tous de choisir son plat, souligne, dans une tribune, la députée,La République en marche, Célia de Lavergne
Le débat sur la place du repas végétarien dans nos cantines, et plus largement dans nos assiettes, suscite dans l’opinion comme dans le monde politique des passions insoupçonnées. Enjeux philosophiques, nutritionnels, sociaux, environnementaux : la question de nos choix alimentaires touche à l’intime et au quotidien de nos vies.
En introduisant un menu sans viande ni poisson dans nos cantines, il n’est pas question d’opposer les tenants de nos traditions culinaires ou nos éleveurs avec ceux qui se déclarent végétariens ou « flexitariens ». Il est question de répondre à une attente sociétale forte et de réconcilier, autour de valeurs partagées : le goût, la diversité alimentaire, la qualité des produits, l’équilibre nutritionnel des assiettes et le respect des choix de chacun.
Une majorité de nos concitoyens, en particulier les jeunes, veut pouvoir choisir une option végétarienne, pour des raisons très diverses, de régime alimentaire, par convictions environnementales, pour des raisons cultuelles ou encore philosophiques. Et 80 % d’entre eux se déclarent favorables à ce que l’accès à un choix végétarien soit même rendu obligatoire dans nos cantines, comme le montre un sondage Harris Interactive pour le Réseau Action Climat France de février 2021. Nous devons répondre à cette attente sociétale forte, et faire progresser la liberté de choisir son plat pour tous.
Faciliter la liberté de choix
Sur le plan nutritionnel, commençons par casser une idée reçue : une alimentation sans viande ni poisson est tout à fait possible, et bien faite, elle est saine, variée et équilibrée. Dans nos cantines, les gestionnaires sont tenus de respecter des exigences de santé publique fortes et d’équilibre nutritionnel des repas très encadré.
L’introduction d’assiettes végétariennes hebdomadairement dans nos cantines par la loi EGalim de 2018 a suscité un élan bénéfique vers plus de recettes, plus de formations, et plus de filières d’approvisionnement. Le plan protéines végétales prévu par le gouvernement dans le cadre du plan de relance nous permettra de fournir des légumineuses françaises de qualité, et d’être à terme souverains en la matière. Les conditions de réussite de la montée en puissance des plats végétariens dans les cantines sont réunies, alors allons-y !
L’intégration d’un choix végétarien apporte des bénéfices environnementaux. Notre alimentation représente le quart de nos émissions de gaz à effet de serre, et le menu végétarien émet 30 % d’émissions de moins qu’un menu carné. Cela en fait, de tous les gestes individuels, l’un des plus efficaces pour réduire son impact sur le climat ! Sans imposer, nous facilitons simplement la liberté de choix.
Faire baisser l’empreinte environnementale
Ainsi, dans la loi « climat », nous accélérons la réponse en matière d’option végétarienne, par une généralisation du menu hebdomadaire dans nos cantines et par des dispositions pour permettre la liberté de choix chaque fois que plusieurs menus sont possibles, notamment en imposant l’offre d’un choix végétarien en cas de choix multiple dans les restaurants universitaires. Beaucoup sera à faire également dans les cantines des collèges et lycées, qui dépendront des candidats aux élections à venir en juin. Mais nous allons aussi plus loin sur l’attente sociétale forte pour plus de qualité de la viande.
Car nous avons et aurons besoin d’élevage de qualité. Il est une tradition française et une activité millénaire, nécessaire, indispensable même pour des raisons agronomiques et de fertilisation des sols. L’enjeu est donc de baisser l’empreinte environnementale de cette activité, notamment par une alimentation animale française adaptée et par l’amélioration du traitement des effluents. Ce que font les agriculteurs et que nous encourageons.
Pour les y aider, du chemin reste à faire. Plus de la moitié des viandes bovines de nos cantines sont importées, ainsi que 80 % de l’approvisionnement en volaille, avec encore trop souvent de la viande mixée de piètre qualité nutritionnelle dans des plats transformés. Ce n’est plus acceptable. La loi « climat » entérinera un objectif minimum de 60 % de viandes et poissons de qualité dans nos cantines d’ici à 2024.
L’enjeu, notre souveraineté alimentaire
Au-delà de l’impact environnemental positif, c’est un enjeu essentiel de notre souveraineté alimentaire. Nos éleveurs gagnent mal leur vie. Nous devons faire en sorte que leur viande de qualité aille davantage dans nos assiettes, à consommer avec modération !
Ma conviction est que nous devons agir sur tous les fronts, et réconcilier végétarien et viande de qualité, loin des polémiques inutiles et des débats hystérisés. Et cela aidera nos agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, comme nos producteurs de protéines animales et végétales, notre santé et enfin l’environnement.
Célia de Lavergne(Députée LRM de la Drôme)