Hommage à Georges Cayol
L’ANCIEN DIRECTEUR DU JOURNAL DU DIOIS NOUS A QUITTE…
Nous avons une relation d’amitié intime avec Georges Cayol depuis 1979… incompréhensible… depuis 30 ans mon oncle Gabriel Veyret ( de saint Julien en Vercors ), engagé dans le régiment en Algérie, dans cette guerre (1954-1962 ), dans le même lieu et même régiment, rencontrait annuellement, son ancien camarade de classe et de maintenance de la « paix en Algérie »… à Die . L’occasion de nouer des relations franches et conviviales… Georges a eu des propos mesurés et je pense honnêtes sur les années dioises où les Communautés libertaires tenaient en halène le pays Diois. ( Reprendre le Journal du Diois 1968-1998 ). Hommage à une belle personne… Investie et prenante… et ces belles successions : Jérôme et Cécile , … aussi très investis dans le Diois. Claude Veyret pour MCD
Avec une infinie tristesse nous avons vu partir, ce jeudi 23 juin, Georges Cayol qui, fut longtemps le directeur de notre journal et de l’imprimerie qui portait son nom. C’est un témoin de I ‘histoire locale qui disparaît, une page qui se tourne pour notre journal.
Georges est né le 11 avril 1934, à Saint-Sauveur-Gouvernet, ce si joli petit village de la Drôme provençale, pays de son père. ll était pourtant «un pur produit du pays de la Clairette », du Diois. ll aura vécu presque toute sa vie dans ce Diois et surtout œuvré pour Die et ce territoire qu’il aimait tant.
Sa maman Marguerite, qui fut enseignante, aura été pendant toute sa retraite la correctrice assidue du « Journal du Diois. » Son papa Augustin, chauffeur de bus dans le Nyonsais, avait décidé en 1935 de venir habiter dans le Diois et de s’associer avec son grand-père maternel Paulin Philippe Janon. Ce dernier, après la Première Guerre mondiale, avec un classard originaire de Voiron (et imprimeur), Alexandre Dalmais, avaient racheté à la famille Chevalier L’imprimerie et le Journal de Die.
Georges a d’abord grandi à Bamave. La famille s’est ensuite installée à Die. Une belle fratrie qui grandira au quartier de la Chargière : L’aîné Louis, sa sœur cadette Andrée et les deux plus jeunes frères Jacques et Jean-Paul.
Enfant, Georges allait souvent à l’imprimerie et au journal, il disait qu’il préférait travailler avec son papa plutôt que d’aller à l’école. En 1951, à l’âge de 17 ans, ses parents l’envoient apprendre le métier d’imprimeur à l’école Estienne à Paris. Même si ce fut un premier déchirement de quitter pour la première fois son Diois (à l’époque pas question de revenir tous les week-ends), il apprend le métier et la vie. Sa scolarité parisienne s’étale sur trois années.
De retour, c’est Ie service militaire qui L’attend. À cette époque c’est la guerre d’Algérie, et un service militaire porté à 18 mois. De 1955 à 1957, Georges sera affecté à TIzi-Ouzou, en Grande Kabylie, au 2556 CCS du train des équipages destiné aux déplacements des troupes. Grâce à l’envoi du Journal du Diois (comme d’ailleurs à de nombreux compatriotes affectés de l’autre côté de la Méditerranée dans cette guerre qui ne disait pas son nom), c’était un peu les nouvelles du pays qui permettaient de garder le lien.
À son retour, Georges épouse Solange Gauthier de Saint-Roman en Diois. ll s’installe également au coté de son père Augustin à l’imprimerie, rue de la Citadelle qu’il dirigera seul à partir de 1966.
Tout en restant une entreprise familiale et artisanale, Georges a su donner un nouvel essor à L’imprimerie et au Journal du Diois. ll avait fait la transition entre la typo et l’oflset. Une révolution dans le monde de L’imprimerie qu’il aura accompagnée grâce à des investissements réguliers. Avec Solange son épouse, il développe aussi une papeterie, une boutique elle aussi très en pointe qui saura accompagner le développement de la bureautique.
La famille s’agrandit avec l’arrivée de Jérôme et Cécile qui, pour son plus grand bonheur, reprendra l’imprimerie familiale et le Journal en 1997.
Georges avait vu avec bonheur l’arrivée de ses petits-enfants: Elien, Zoe, Dorian, Clara el plus récemment d’un arrière-petit-fils Dante. Bientôt, il aurait pu se réjouir de l’arrivée de son deuxième arrière-petit enfant.
ll était un père et un grand-père attentionné qui aura beaucoup compté dans la vie de ses enfants et petits-enfants.

plus de 200 personnes pour l’accompagner
Aux services des autres
Georges aimait rendre service. Comme il disait encore récemment «au cours de ma vie, j’ai donné ma part aux autres. Oui j’ai eu une vie de labeur mais également de bénévolat pour de nombreuses causes et sociétés ». En plaisantant, un jour, il avait calculé que s’il additionnait L’ensemble de ses années de dévouements, il pouvait cumuler 115 années d’engagement dans la vie associative. « Mieux que Jeanne Calment ! » avait on plaisanté car pour lui, il n’était pas question de s’enorgueillir de cela. C’était sa nature. Nous pouvons ainsi recenser une dizaine d’années à I’USD foot (dans le bureau) après y avoir joué dès l’âge de 12 ans. Ce fut 12 ans à L’union commerciale de Die (UCIAD) de 1980 à 1992 où il avait mis en place « la carte 5 , (carte de fidélité aux commerces locaux), sans oublier sa grande œuvre au Comité des fêtes de Die dont il était l’un des dynamiques fondateurs et fut un actif secrétaire pendant 28 ans (1961 à 1989). A cette époque de grands noms de Ia chanson française étaient venus chanter à Die.
Après le Comité des fêtes, il y eut la truffe, son autre « grande passion ». Le voisinage des « Chabertes » s’est alors couvert de chênes truffiers.
Dès que la saison arrivait, on le voyait partir avec son panier et son fidèle chien pour récolter le précieux diamant noir. Au côté de ses amis Paulet, Marcel, Paul, Pierre Tabouret (technicien en titre), il aura œuvré pour développer le négoce, la culture dans le Diois et la vallée de la Drôme.
Georges tut président du syndicat trufficole du Val de Drôme, membre actif des trufficulteurs de la Drôme qu’il présida également pendant 3 ans. ll lut aussi impliqué pendant une dizaine d’années à la fédération des trufficulteurs Rhône-Alpes. Une passion qui I’avait amené à voir du pays, à visiter en Europe nos voisins.
Georges avait donné du temps pour sa cité, pendant 24 années, il lut membre du conseil municipal Die sous la mandature d’abord Maurice Vérillon (1959-1974), celle de Marc-el Bonniot (1974-1989)
A ce titre il fut 6 ans au conseil d’administration à L’hôpital de il avait effectué deux mandats 9 ans de juge au Tribunal commerce de Die aux côtés de son ami Georges Plan.
Georges savait aussi s’engager pour des causes liées au patrimoine, comme « Sauvons Purgnon ! », »Comité de Défense de Saint-Pierre » ou « Die-Hier ».
Pas un homme à médaille
« Je ne suis pas un type à médaille avait-il rappelé lorsqu’on lui a remis le mérite agricole, « le poiré comme il disait, «pour l’ensemble de son œuvre trufficole ». ll a refusé qu’on lui décerne les Palmes académiques et l’Ordre national mérite, expliquant que « l’engagement ne se récompense pas». «Dans la vie, on participe ou on ne participe pas ! ». Cela l’avait amusé que « l’ancien imprimeur et gérant du modeste hebdomadaire soit gratifié d’une distinction spécifique du monde agricole, c’est quelque peu paradoxal l».
Georges était avant tout un homme « généreux », qui aimait les autres.
ll avait ce don naturel de savoir rentrer facilement en contact avec les autres, toujours curieux. Al’ imprimerie, il aimait bien surprendre les représentants en leur demandant d’aller l’aider à déménager un meuble à la cave. Faute de meuble ils étaient récompensés par un petit verre d’un breuvage bien sympathique, L’occasion d’un échange convivial.
De Georges, nous nous souviendrons de ces instants conviviaux, de ses expressions favorites toujours ponctuées d’un bon mot, d’une plaisanterie, d’un encouragement
Georges faisait aussi partie d’ groupe d’amis qui s’étaient baptisés « les Joyeux Lurons » il aimait bien danser avec Solange, sortir, profiter de ses amis.
Comme le rappelait Cécile sa fille dans le texte lu lors des obsèques
« ll y a trois semaines, tu était retourné avec ton frère Jacquot, belle-sœur Monique et ta fille dans ton village natal. Ce voyage, souhaitais le faire avant ton grand départ… Nous y sommes arrivés et cette journée restera un moment inoubliable. »
Gorges s’en est allé rejoindre Solange qui nous a quittés en novembre 2018. Nous te souhaitons un bon voyage. Peut-être en moment partage-t-il un beurre truffé avec Pierre, Paulet, Marcel et ses autres copains de la Truffe.
Nous reprenons in extenso l’article du Diois
Journal du Diois du 1er juillet 2022 n°3844 (74ème année)