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Centrale nucléaire du Tricastin : après les perquisitions, le lanceur d’alerte témoigne

La centrale nucléaire du Tricastin se situe sur le site nucléaire du Tricastin sur la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, à 10 km de Pierrelatte, 28 km au sud de Montélimar et 50 km au nord d’Avignon. Avec les centrales de Gravelines et de Dampierre aussi mises en service en 1980, c’est la seconde centrale en activité la plus âgée du parc nucléaire français, après celle du Bugey.

La construction de la centrale nucléaire du Tricastin a débuté en 1974, et elle a été mise en service en 1980 (T1 & T2) puis 1981 (T3 & T4). Elle comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de 915 MW chacun, soit une puissance totale de 3 660 MW pour la centrale. La superficie du site est de 55 hectares.

Le refroidissement de la centrale est assurée par l’eau du Canal de Donzère-Mondragon. Le combustible nucléaire neuf arrive par transport routier sous forme d’assemblages fabriqués, entre autres, à la FBFC. Le combustible usé est entreposé en piscine de refroidissement pendant quelques mois, avant d’être expédié en train à l’Usine de retraitement de la Hague.

Sa proximité avec des sites aquatiques comme le Rhône ou la Gaffière, le cours d’eau qui traverse le site du Tricastin l’expose aux risques d’inondation.

La centrale nucléaire du Tricastin..
La centrale nucléaire du Tricastin.

Des perquisitions ont été menées à la fin du mois de septembre dans la centrale nucléaire du Tricastin pour enquêter sur d’éventuelles défaillances rapportées par un lanceur d’alerte. Cet ancien cadre d’EDF s’est confié à France 3.

Les réacteurs de la centrale drômoise du Tricastin, l’une des plus anciennes de France, chauffent pour une autre raison qu’à l’accoutumée. Ces derniers mois, deux cadres d’EDF ont dénoncé la dissimulation d’incidents dans la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme. En 2021, un lanceur d’alerte se faisant surnommé « Hugo » avait porté plainte contre EDF dénonçant une « politique de dissimulation » de l’entreprise en matière de sécurité nucléaire. Ce qui avait abouti à l’ouverture d’une instruction contre X à Marseille.

En ce mois d’octobre 2022, c’est un autre cadre d’EDF, se faisant appeler « Victor » dans la presse, qui a demandé à se constituer partie civile dans l’enquête menée par un juge à Marseille sur des soupçons d’obstacles au contrôle des inspecteurs de la sûreté nucléaire à la centrale.

Nucléaire : des perquisitions ont été menées à la centrale du Tricastin pour enquêter sur un incident • ©France 3 Lyon

« Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux »

Les deux cadres avancent que la direction de la centrale du Tricastin et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) auraient dissimulé ou minimisé des défaillances sur le site pour être sûres que la centrale obtienne son autorisation décennale.

Dans le cadre de ces plaintes, la centrale de la Drôme a été perquisitionnée à la fin du mois de septembre, comme l’a révélé le site d’information Mediapart le 25 octobre. Hugo, le premier cadre à avoir lancé l’alerte, s’est confié à France 3 Rhône-Alpes. « Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux et aujourd’hui il se passe des choses extrêmement concrètes et fortes avec une perquisition à la centrale et une autre au sein de l’Autorité de sûreté nucléaire », raconte Hugo. « Un avis négatif aurait rendu difficile pour l’Autorité de sûreté nucléaire de donner son feu vert » à la poursuite de l’activité de la centrale du Tricastin au-delà de 40 ans, poursuit ce cadre d’EDF.

Selon le lanceur d’alerte, « il faut s’assurer que la priorité est à la sûreté, mais pas uniquement avec des mots et des paroles », dit-il. Selon lui, une fuite d’eau importante aurait notamment été minimisée par EDF et l’ASN à l’été 2018. EDF et l’ASN nient toute dissimulation d’incidents majeurs.

Camille Belsoeur  sur FR3

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