Cueillette sauvage : plantes et fruits à cueillir dans la nature au mois de novembre
Ce 15 octobre 2022 autour de Gregori Lemoine, une trentaine de personnes revisitaient les plantes comestibles du Diois, sur la Combe de Boulc, organisé par Ecologie au Quotidien…. MCD
Si vous faites partie des adeptes de la cueillette sauvage, sachez que l’automne est une saison où il est tout à fait possible de continuer ses petites emplettes en pleine nature. Comme pour le jardin et le potager, le mois de novembre peut être riche en récoltes. Mais encore faut-il savoir quelles plantes et fruits sauvages glaner au fil du mois. En voici une liste non exhaustive.

Quelles plantes sauvages cueillir au mois de novembre ?
Après un tour des arbres locaux : Pins sylvestres, Tilleuls, Peupliers…Quelques plantes encore vivaces en octobre…
Pins sylvestre
Les bourgeons de Pin sylvestre sont réputés pour leur action sur les voies respiratoires. En effet ils facilitent la respiration, adoucissent la gorge et les voies respiratoires obstruées, dégagent le nez et permettent de respirer plus librement. Leurs propriétés peuvent être mises à profit aussi bien en tisanes qu’en inhalations. Le Pin sylvestre (Pinus sylvestris) se reconnaît avant tout par l’écorce rouge-oranger à l’aspect écailleux de son tronc. Le Pin sylvestre est un arbre de grande taille dont le tronc peut atteindre une hauteur de plusieurs dizaines de mètres, mais il est plus petit dans les bois de haute montagne ou sur un sol peu profond. C’est un arbre à croissance rapide qui peut facilement s’installer sur un sol bouleversé, c’est pourquoi il est qualifié d’ « espèce pionnière ». Le feuillage du Pin sylvestre (Pinus sylvestris) est caractéristique des pins puisque ses feuilles sont des aiguilles réunies en paires. Le Pin sylvestre possède des fleurs mâles différentes des fleurs femelles : il est monoïque. La floraison a lieu au printemps, vers le mois de mai. Les fleurs mâles prennent la forme de chatons de couleur jaune pâle, tandis que les fleurs femelles forment de petits cônes écailleux de couleur grisâtre.
Tilleuls
Tout est bon dans le tilleul, ou presque ! Les fleurs pour faire des tisanes, et les feuilles, à consommer crues de préférence. Cueillies au printemps, elles sont tendres et savoureuses.Utilisée en phytothérapie, la feuille de tilleul a de nombreux bienfaits pour l’organisme. Elle est utilisée pour soulager les irritations de la gorge, le rhume, les maux de tête, l’hypertension, l’insomnie et l’anxiété. Elle a également des vertus diurétiques et antispasmodiques. Enfin, la feuille de tilleul est aussi employée pour faire baisser la fièvre. Ces propriétés sont dues à la présence de principes actifs dans les feuilles de tilleul comme le mucilage (bon pour le transit), les polyphénols (augmente le bon cholestérol), ou encore les flavanoïdes et les tanins (antioxydants).
Carotte sauvage
Racines et feuilles sont comestibles… Ne pas confondre avec la ciguë. La carotte sauvage (Daucus carota) se reconnaît facilement à ses fleurs blanches disposées en ombelles, souvent pourvues d’une fleur pourpre centrale. À la base de l’ombelle, au pied des rayons, de petites feuilles transformées (les bractées) sont très découpées, ce qui est caractéristique. Un autre trait typique est la fructification : l’ombelle se contracte en forme de nid en repliant ses rayons vers l’intérieur, ce qui enclot les fruits munis de crochets à l’intérieur. La carotte sauvage ne produit qu’une racine fibreuse, non charnue. La racine de la Carotte sauvage est parfois ligneuse à l’intérieur, avec pour seule partie comestible une mince couche extérieure charnue mais fibreuse […] On peut la hacher et la manger crue, ou bien la cuire et la passer à la moulinette ». Un tel effort n’est pas l’apanage du grand public qui préfère racines charnues et cassantes, pigmentées, rarement ramifiées, faciles à préparer.

Ail des vignes
L’ail des vignes ne doit pas se confondre avec l’ornithogale en ombelle ou les crocus, qui sont toxiques. À l’automne, et donc au mois de novembre, vous pouvez cueillir les feuilles, qui ressemblent à de la ciboulette mais possède ce délicieux goût… d’ail, bien sûr ! Vous pouvez les utiliser en herbes fraîches dans vos salades d’automne
Chénopode Bon-Henri
Dernière chance pour cueillir cette plante sauvage également connue sous le nom d’épinard sauvage, qui se récolte jusqu’au mois de novembre. Consommez les jeunes pousses crues, faites cuire les autres. Attention à ne pas confondre le chénopode Bon-Henri avec le gouet tacheté qui lui, est très toxique. Rappelez-vous de ne cueillir que les plantes sauvages dont vous êtes sûrs de l’identification à 200 %.

Chicorée
Pour celles et ceux qui souhaitent réduire leur consommation de café, il est temps au mois de novembre de récolter la racine de chicorée. Coupez-la en petits morceaux, faites-les revenir dans une poêle, sans ajout de matière grasse. Sortez du feu et laissez refroidir dès que les morceaux se colorent. Il ne vous reste plus qu’à les moudre et à conserver le reste dans une boîte bien hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité.
Pin sylvestre
Rien de plus simple que de se préparer une tisane avec des aiguilles de pin sylvestre. Elles ajoutent un petit goût automnal qui donne envie de se glisser sous un plaid au coin d’un feu.
Plantain lancéolé
Avec leur goût de champignon, difficile de passer à côté des feuilles de plantain lancéolé en ce mois de novembre. Dégustez les jeunes pousses crues en salade ou en pesto. Si vous les préférez cuites, elles accompagneront à merveille vos soupes. Comme le précise le site Le chemin de la nature spécialisé dans la cueillette sauvage, le plantain lancéolé est déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants de moins de trois ans. Si vous souffrez d’une irritation des voies respiratoires, mieux vaut l’éviter.

Ortie
Difficile de passer à côté de l’ortie, même en novembre. Cueillez les pointes puis faites-en des soupes, des quiches, utilisez-les dans vos farces ou cuisinez-les en pesto.
Sisymbre
Tout se mange dans le sisymbre officinal. À l’automne, cueillez les feuilles et cuisinez-les, crues ou cuites, comme vous feriez avec un chou. Tout simplement.
Quels fruits et graines cueillir au mois de novembre ?
Airelle
Au mois de novembre, vous pouvez toujours récolter cette petite baie rouge acide. On évite de la consommer crue à cause de son acidité. Mieux vaut la cuire avec du sucre pour en faire de la confiture, de la gelée ou un jus avec d’autres fruits de saison.
Cenelle (fruit de l’aubépine)
Ce fruit rouge sauvage se récolte à l’automne. Il faut en extraire la pulpe (attention au noyau !) puis la mélanger à d’autres fruits de saison pour en faire de délicieuses purées, des compotes ou des confitures.

Châtaigne ( peu dans le Diois calcaire )
S’il reste des fruits du châtaignier (à ne pas confondre avec les marrons !) autour de chez vous, profitez-en ! Les châtaignes se conservent très bien pendant 6 mois. Vous pouvez les consommer crues ou cuites au four après avoir enlevé la peau.
Noisette
Même chose pour les noisettes : vous pourrez ramasser les dernières en ce début du mois de novembre. Profitez-en pour faire, comme les écureuils, vos réserves pendant l’hiver et de tester ces recettes.
Prunelle
Récoltez le fruit du prunellier pour en faire un délicieux sirop, une sauce ou une liqueur.
MCD et EaQ
Présentation du thème : “C’est quoi, l’ethnobotanique ?”
Le Séminaire d’ethnobotanique interroge depuis quinze ans son objet, empruntant aussi
bien les voies connues que des chemins peu explorés. Chaque année, il semble qu’on puisse en
élargir le propos, ou, au contraire, revenir à un sujet mal cerné, ou traité de façon trop superficielle.
L’ethnologie le sait depuis longtemps : les sociétés changent, les relations entre les humains, entre
les humains et le monde sous ses aspects infiniment divers, évoluent sans cesse. Le matériau de la
réflexion est inépuisable. La réflexion peut s’y trouver dépassée.
De temps à autre, on doit tenter, non l’impossible hiérarchisation des objets qui “valent qu’on s’y
arrête”, mais la mise en perspective des positions du questionnement.
Au début du XXIe siècle, la relation des sociétés humaines avec les plantes conserve beaucoup des
attitudes anciennes. Certaines d’entre-elles se perdent, d’autres se transforment. Il s’y ajoute en
permanence de nouveaux usages/nouvelles représentations, souvent reliés à la construction de l’idée
contemporaine de nature.
C’est au moment où les sociétés urbaines se font de plus en plus urbaines, leur culture s’étendant à
la Terre entière, que, des montagnes aux abysses, des haies bocagères aux forêts tropicales, des
décombres aux “hot spots”, l’attention aux “choses de la nature” s’exacerbe, requiert de
l’éclaircissement, le jalonnement de premier secours.
L’ethnobotanique, longtemps regardée comme l’inventaire anachronique d’histoires feuillues plus
ou moins folkloriques, est aujourd’hui en droit, sinon de revendiquer une situation de discipline
autonome, en tout cas de s’interroger sur elle-même comme champ particulier des sciences
humaines.
L’ethnobotanique est désormais loin de la nostalgie.
Chers herbophiles !
Voici le programme des balades botaniques et des stages plantes sauvages pour ce printemps 2022 :
20 mars : Salades sauvages et premières floraisons (Valdrôme)
27 mars : Salades sauvages et tendres pousses (Die)
14 au 18 avril : Stage Echappée sauvage, botanique et plantes sauvages comestibles (Corse), avec Cécile Billard
5 au 8 mai : Stage Ethnobotanique et cuisine sauvage (Lot), avec Claire Brachet
11 et 15 mai ; Plantes des milieux humides (Bouligons, sources de la Drôme et Marais des Nays), avec Camille Lemerrer
18 mai : Sauvages de ma rue (Die)
21 et 22 mai : Découverte sensorielle et sensible de la flore de Saoû (Saoû)
18 juin : Pivoines et autres trésors de la flore montagnarde (Valdrôme)
26 juin : Flore des Hauts-Plateaux du Vercors (Vallon de Combeau)
24 au 26 juin : Stage Dessin, encres et botanique (Boulc), avec Déborah Bécot et Marie Marquet
20-29 Janvier 2023: temps de connaissances proposés par Ecologie au quotidien (Die)
Grégori Lemoine, ethnobotaniste.
Objectifs : Apprivoiser toujours mieux les plantes sauvages comestibles et médicinales, sous l’angle de leurs usages modernes et traditionnels !
Où et quand? : Soubreroche (Boulc-en-Diois et Die, Drôme).
Pourquoi? : Le Haut-Diois est une région incroyable en matière de biodiversité car elle se trouve au carrefour entre un climat méditerranéen et continental ; on y trouve à la fois des plantes de climat sec (lavande, thym, …) et des plantes de milieux plus humides (prêle, menthe, ortie, berce, …).
Comment? En se baladant chaque jour dans ces superbes paysages montagneux, pour y découvrir les plantes et leurs histoires in situ.
L’expérience d’apprentissage se déroule en 5 étapes:
La reconnaissance des plantes sauvages comestibles et médicinales dans leur environnement, avec l’oeil aiguisé du botaniste et de l’herboriste!
La cueillette des plantes médicinales : se familiariser avec la période de la cueillette, mais aussi avec l’heure idéale, les conditions climatiques, les outils, et surtout les parties à cueillir (feuilles, fleurs, semences, écorce, etc) pour s’assurer la présence d’un maximum de principes actifs dans les plantes cueillies, et par conséquent leur efficacité dans les traitements.
Le séchage et la conservation des plantes : les erreurs à ne pas commettre et les précautions à prendre pour que les plantes conservent un maximum de propriétés.
Les bases de la phytothérapie et de la médecine naturelle : comprendre l’angle d’approche de la médecine par les plantes; comment considère-t-elle le corps et la santé, quelles parties utiliser, en quelle quantité et sous quelle forme en fonction des affections ? L’objectif n’est pas d’être capable de cerner d’emblée toutes les pathologies et leurs remèdes; néanmoins, quelques études de cas seront proposées pour sentir le raisonnement à fournir lorsqu’on décide d’utiliser les plantes dans un cadre thérapeutique.
La réalisation de remèdes naturels à base de plantes médicinales : Une fois cueillies et séchées, les plantes sont prêtes à être transformées en tisanes, décoctions, gélules, teintures-mère, macérats, etc. Nous aborderons brièvement les différentes manières de transformer ces plantes en « médicaments » naturels.
A ce stage de printemps s’ajoute la dimension « cuisine sauvage« , car c’est au printemps, seulement, que les feuilles sont tendres et juteuses, sans amertume aucune ! Pour ne pas manquer ce « régal végétal », les balades de terrain seront aussi axées sur la cueillette de plantes à destinée culinaire – et plusieurs recettes seront fournies au fil du stage pour s’essayer à la cuisine sauvage.
Ces objectifs seront répartis sur 4 journées, passées le plus souvent en pleine nature. Une majorité de balades de terrain alterne avec des ateliers de transformation des plantes.
Le temps consacré à chacune de ces étapes sera fonction du temps qu’il fera (influant sur la longueur et le lieu des balades de reconnaissance), et dans une certaine mesure, des priorités et aspirations du groupe.
Au-delà de ces ajustements, la formation vise en tout cas à se familiariser avec la majorité des plantes de la saison, leurs usages traditionnels, leurs petites particularités, leurs modes de cueillette, de séchage, et de transformation en remèdes (gemmothérapie, tisanes, gélules, teintures-mères, macérats huileux, etc).
Grégori Lemoine, ethnobotaniste.