
Manifestations en Iran : Au moins 448 morts dans la répression, selon l’ONG Iran Human Rights
Iran : la répression des manifestations a fait au moins 448 morts
L’Iran est sous le coup d’une vague de contestation massive à la suite de la mort de Mahsa Amini, assassinée par la police des mœurs.
La répression des manifestations déclenchées en Iran par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs a fait au moins 448 morts, a indiqué mardi 29 novembre un groupe de défense des droits humains.
Le bilan ne comprend que les citoyens tués dans la répression et non les membres des forces de sécurité. Sur les 448 personnes dont le décès a été confirmé, 60 étaient âgés de moins de 18 ans dont neuf filles, et 29 femmes, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège.
Décompte Plus de 90 personnes sont mortes lors d’un « vendredi sanglant » dans une manifestation pour protester contre le viol d’une adolescente
Au moins 326 manifestants ont été tués dans la répression du mouvement de contestation qui secoue l’Iran depuis septembre, affirme samedi Iran Human Rights, une ONG basée à Oslo. « Au moins 326 personnes, dont 43 enfants et 25 femmes, ont été tuées par les forces de sécurité lors des manifestations à travers le pays », estime IHR dans un communiqué sur son site internet, précisant qu’il s’agit d’un « minimum ».
IHR précise en effet ne pas avoir pris en compte « un grand nombre de morts rapportées », qu’elle est toujours en train de vérifier. Le dernier bilan de l’organisation non gouvernementale était de 304 morts il y a une semaine. IHR inclut les personnes tuées dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), limitrophe du Pakistan, soit au moins 123 victimes, selon son décompte.
90 morts en une journée
Parmi ces dernières, plus de 90 ont péri le 30 septembre, un vendredi depuis baptisé le « vendredi sanglant » par des militants, lors d’une manifestation à Zahedan, chef-lieu de la province, pour protester contre le viol d’une adolescente de 15 ans imputé à un gradé de la police, dans la ville portuaire de Tchabahar.
Le directeur d’IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam, a appelé la communauté internationale à agir pour faire cesser la répression en Iran. « La mise en place d’un mécanisme international d’enquête et de responsabilisation par l’ONU facilitera à la fois le processus visant à tenir les auteurs responsables à l’avenir et augmentera le coût de la répression continue par la République islamique », a-t-il dit.
Seize personnes ont été tuées par les forces de sécurité au cours de la semaine écoulée, dont 12 dans des zones peuplées par la minorité kurde où les manifestations ont été particulièrement importantes. Le bilan est monté notamment après la vérification des décès signalés au cours des semaines précédentes, souligne l’ONG.
Plus tôt mardi, les autorités iraniennes ont pour la première fois fait état de la mort de plus 300 personnes dans les troubles depuis la mi-septembre, un bilan dans lequel figurent des dizaines de membres des forces de l’ordre tués dans des affrontements avec les manifestants ou assassinés, selon Téhéran.
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé jeudi dernier, malgré l’opposition de Téhéran et de Pékin, d’ouvrir une enquête internationale sur la répression des manifestations. «Les autorités de la République islamique savent très bien qu’une coopération de leur part avec la mission d’établissement des faits de l’ONU, révélerait des crimes à plus grande échelle», a déclaré le directeur d’IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam.
«C’est pourquoi une non-coopération de leur part est prévisible», a-t-il ajouté. Mahmood Amiry-Moghaddam a indiqué que plus de la moitié des décès avaient été enregistrés dans des régions peuplées par les minorités ethniques sunnites baloutches ou kurdes.
Massif mouvement de contestation
Le plus grand nombre de morts a été enregistré dans la région du Sistan-Baloutchistan (sud-est), où 128 personnes ont été tuées après des manifestations non liées au mouvement de contestation déclenché par le décès de la jeune kurde iranienne Mahsa Amini, même si elles ont nourri la colère contre le pouvoir à travers le pays, selon l’ONG.
Après cela, le plus grand nombre de décès a été enregistré dans les provinces occidentales du Kurdistan, peuplé de Kurdes, et de l’Azerbaïdjan occidental, où 53 et 51 personnes ont été tuées respectivement, a-t-on ajouté de même source.
APPIS