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Christophe André et son rapport à l’écologie : « Dans la famille, on n’achète plus de viande »

Christophe André, médecin psychiatre et auteur à succès, spécialiste de la méditation, est également attentif à la planète. Il nous parle de son rapport à l’écologie.

Christophe André et son rapport à l'écologie : « Dans la famille, on n'achète plus de viande » Capture écran Christophe André

Comment est née votre conscience écologique ?

Il n’y a pas eu un événement fondateur. D’ailleurs, j’ai des souvenirs de gestes non écolos durant mon enfance. Mon grand-père vivait au-dessus d’une station-service et j’adorais respirer l’odeur de l’essence. On jetait aussi nos piles dans le jardin en pensant qu’elles allaient se décomposer. Cette absence absolue de conscience reposait sur deux actes de foi. Le premier, que la terre était tellement plus forte que nous qu’elle pouvait tout digérer.

Le second, que le progrès ne pouvait qu’être bon. La progression a donc été lente et a débuté dans les années 80, lorsque j’ai vu les plages basques polluées. Pour la première fois, je me suis dit : « On déconne. » Puis la véritable étape a été l’arrivée de mes enfants et le comportement de mes filles, dès leur plus jeune âge. Elles réclamaient que l’on s’ajuste.

Quel est votre geste écoresponsable accessible au quotidien ?

Je suis attentif aux économies d’énergie. Je mets toujours un couvercle sur les casseroles, je coupe le gaz avant que la cuisson ne soit terminée. Je suis également antimode. J’ai une dent contre elle. Dans la famille, on n’achète plus de viande. De plus en plus d’études ont révélé qu’elle n’était pas si bonne pour la santé quand on en consommait trop. C’est entré en résonance avec mes connaissances de médecin.

Dans le même temps, les écologistes affrmaient que les élevages industriels étaient une catastrophe absolue. J’ai eu un cancer du poumon en 2015, dont la seule cause compréhensible, n’ayant jamais fumé, était la pollution urbaine. Toute la branche de la médecine environnementale montre qu’une terre polluée bousille notre écosystème, mais surtout la santé des gens. Je me suis alors dit qu’il était impossible qu’un médecin vive à l’encontre de ce qui peut être bon pour la santé.

Quel serait votre slogan pour une planète plus verte ?

La planète, c’est notre maison. Si l’on n’en prend pas soin, on vivra d’abord dans la crasse, puis le toit s’écroulera sur notre tête. Le mot écologie vient du grec oikos, qui signifie maison.

Quel est votre rapport à la nature ?

Il y a tellement de données scientifiques sur ses bienfaits que cela renforce mon attirance personnelle. C’est là que se trouvent nos racines, nos moyens de nous réparer, de nous ressourcer. Elle est bonne pour l’immunité, pour le cerveau, pour freiner le vieillissement cognitif, elle est réductrice des inégalités de santé. Tous les ans, nous partons randonner une ou deux semaines et, à chaque fois, c’est le plus beau moment pour moi. Ça me répare. On sait que marcher quarante-huit heures en forêt accroît nos capacités immunitaires. Les données biologiques montrent l’impact bénéfique pour les humains de l’immersion régulière dans la nature. Or les enfants passent plus de temps devant les écrans que dehors, c’est une vraie absurdité.

Auriez-vous un message destiné aux jeunes ?

Propagez vos idées auprès de votre génération, vous le ferez bien mieux que nous qui, après avoir détruit la planète, donnons des conseils ! C’est par cette contagion que nous arriverons peut-être au point de bascule où la majorité des gens feront attention à ne plus acheter cinquante tee-shirts en coton par an.

Quel serait votre message pour réconforter la planète ?

Juste désolé. Mais je sais qu’elle survivra. Tous les dégâts que nous commettons conduiront à notre perte, mais la planète ne fonctionne que sur le temps. Peut-être que, dans quelques milliers d’années, elle aura reconstruit des choses magnifiques, sans nous. La question est de savoir si l’on veut faire partie de la suite de la série ou bien, au contraire, des personnages qui disparaissent, alors qu’elle continue…

Valérie Robert

La Nouvelle Peur des autres, de Christophe André, Patrick Légeron et Antoine Pelissolo, Odile Jacob.

le 11/03/2023

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