La journée internationale des droits des femmes dans le Monde.

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le président ukrainien a salué mercredi le rôle des femmes dans la lutte de son pays contre l’invasion russe.

«Je pense qu’il est important de dire merci aujourd’hui. De remercier toutes les femmes qui travaillent, enseignent, étudient, sauvent, soignent et combattent pour l’Ukraine», a dit Volodymyr Zelensky dans une vidéo mise en ligne par le présidence.
Il a également appelé à se «souvenir, à penser et à remercier toutes les femmes qui ont sacrifié leur vie pour notre pays».
Dans cette petite allocution, M. Zelensky a promis une nouvelle fois la victoire à ses compatriotes: «Ensemble nous sommes forts, ensemble nous sommes invincibles, et ensemble nous allons gagner», a-t-il dit.
Dans un communiqué diffusé ce 8 mars, le syndicat Unia évoque son soutien aux actions et protestations dans les entreprises. «Les femmes sont prêtes pour la grève du 14 juin, car ces dernières années, les choses ont reculé pour ce qui est des salaires, des rentes et de la répartition du travail rémunéré et non rémunéré» ajoute encore Unia.
Place à la «grève féministe», au lendemain d’une forte mobilisation contre la réforme des retraites: des dizaines de milliers de manifestants devraient descendre dans les rues mercredi en France pour défendre les droits des femmes.
Les syndicats FSU, CGT et Solidaires, ainsi que 45 organisations féministes ont appelé à la «grève féministe» pour exiger «l’égalité au travail et dans la vie». «Cette année, on voit bien qu’il y a une dynamique hors du commun», a commenté Murielle Guilbert, codéléguée générale de Solidaires.
Des manifestations sont prévues dans environ 150 villes en France, dont Bordeaux, Lyon, Marseille et Nantes mais aussi dans des villes plus petites, telles qu’Arras, Blois ou Carcassonne. Un nombre nettement plus élevé que celui de l’an dernier, selon le comité d’organisation.
A Paris, le cortège partira à 14h00 de la place de la République en direction de la place de la Nation.
«Cette année, le 8 mars 2023 a une saveur particulière, puisqu’il s’inscrit dans un mouvement de contestation sociale d’ampleur», a souligné le Planning familial dans un communiqué. La réforme des retraites «va encore empirer les conditions de vie des femmes», a dénoncé l’association féministe.
Le projet de réforme des retraites du gouvernement est vivement critiqué pour son manque d’équité envers les femmes, qui devraient allonger leur carrière davantage que celle des hommes. Même si cela leur permettrait de réduire un peu l’écart financièrement.
Un puissant mouvement s’est formé pour demander la révision du droit pénal en matière sexuelle. Il a exercé une pression sur le monde politique et contribué à la révolution du droit pénal en matière sexuelle.

La question du consentement était centrale dans les débats. Le Conseil des États propose un compromis qui intègre l’état de choc empêchant d’exprimer son refus. L’avocate Valérie Malagoli-Pache s’en réjouit.
Les Nations unies ont appelé les talibans mercredi, pour la Journée internationale des femmes, à «immédiatement» mettre fin aux «restrictions draconiennes» prises à l’encontre des droits des femmes en Afghanistan, «pays le plus répressif» au monde dans ce domaine.
Depuis leur arrivée au pouvoir en août 2021, les talibans ont multiplié les mesures liberticides à l’encontre des femmes. L’accès à l’université leur est interdit, comme celui à l’école secondaire. Elles ont aussi été exclues de nombreux emplois publics, ou sont payées une misère pour rester à la maison. Elles n’ont pas le droit de voyager sans être accompagnées d’un parent masculin et doivent se couvrir intégralement lorsqu’elles sortent de chez elles.
En novembre, les talibans leur ont également interdit d’entrer dans les parcs, jardins, salles de sport et bains publics. «Le fait de confiner la moitié de la population du pays chez elle dans le cadre de l’une des crises humanitaires et économiques les plus graves au monde est un acte colossal d’automutilation nationale», ont déploré les Nations unies.

Les conséquences des mesures prises par les autorités afghanes «ne se limitent pas aux femmes et aux jeunes filles. Elles touchent tous les Afghans et se répercuteront sur plusieurs générations», insiste Alison Davidian, représentante spéciale de l’ONU Femmes en Afghanistan.
Une vingtaine de femmes ont manifesté mercredi à Kaboul, ont constaté des journalistes de l’AFP. «Le temps est venu pour les Nations Unies de prendre des décisions décisives et sérieuses pour le sort du peuple», a déclaré l’une d’elles dans un message lu devant les participantes. Les Nations unies estiment qu’en 2023, «11,6 millions de femmes et de filles afghanes auront besoin d’une aide humanitaire».
Malgré une résolution de l’ONU en 2000 censée protéger les femmes des conflits armés et les inclure dans les processus de paix, elles restent les premières victimes des guerres et sous-représentées dans les négociations diplomatiques, ont dénoncé mardi des responsables officielles devant le Conseil de sécurité.
L’ONU organise depuis lundi à New York et pour dix jours la 67e session de la Commission de la condition de la femme (CSW), un organe international du Conseil économique et social des Nations Unies.
A la veille de la Journée internationale des femmes du 8 mars, la directrice de l’ONU Femmes, Sima Bahous, a tiré la «sonnette d’alarme» lors d’un débat «femmes, paix et sécurité» devant le Conseil de sécurité. «Durant les 20 premières années (…) nous avons été témoins de premières historiques pour l’égalité entre les sexes», a-t-elle reconnu. Mais, «nous n’avons ni modifié de manière significative la composition des tables de négociations de paix, ni altéré l’impunité dont jouissent ceux qui commettent des atrocités contre les femmes et les filles».
Elle a cité aussi la guerre en Ukraine où les «femmes et leurs enfants représentent 90% des près de huit millions d’Ukrainiens contraints de partir dans d’autres pays».

A ses côtés, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU Linda Thomas-Greenfield a exhorté la communauté internationale à «pleinement mettre en œuvre le programme +femmes, paix, sécurité+, à l’approche du 25e anniversaire de l’adoption de la résolution 1325» en octobre 2025. Devant la presse, elle a fustigé «la violence et l’oppression auxquelles sont confrontées les femmes et les filles à travers le monde — en Iran, en Afghanistan, dans des zones d’Ukraine occupées par la Russie et dans tant d’autres endroits».
Et, a-t-elle détaillé, «seulement 28% des accords de paix contiennent des stipulations relatives à la place des femmes et durant les 25 dernières années, seuls 2% des médiateurs et 8% des négociateurs étaient des femmes».
Lors d’un échange en anglais avec quelques journalistes à New York, Mme Schiappa a déploré que les avancées des droits grâce au mouvement «#metoo et à l’émancipation des femmes» subissent un «contrecoup» et un retour du «patriarcat», y compris aux Etats-Unis et en Europe.
Écarts salariaux, taxe rose, partage inégal des dépenses et du travail domestique: les femmes passent à la caisse. Interview de l’autrice et journaliste Titiou Lecoq.

Les femmes vont manifester en masse mercredi à travers le monde pour défendre leurs droits bafoués dans de nombreux pays, à commencer par l’Afghanistan et l’Iran.
En cette journée internationale des droits des femmes, une multitude de rassemblements est prévue dans les grandes villes du monde, dont Madrid qui est habituellement le théâtre d’une gigantesque marée violette.
Talibans au pouvoir en Afghanistan, répression massive de la contestation provoquée en Iran par la mort de Mahsa Amini, remise en cause du droit à l’avortement aux Etats-Unis, conséquences de la guerre en Ukraine sur les femmes: les motifs de mobilisation sont nombreux.
Les femmes «restent les premières victimes des guerres et sous-représentées dans les négociations diplomatiques», ont dénoncé mardi des responsables officielles devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Démarche symbolique et inédite à la veille du 8 mars, l’UE a adopté des sanctions contre le ministre taliban de l’Enseignement supérieur Neda Mohammad Nadeem, «responsable de la violation généralisée du droit des femmes à l’éducation».
D’autres individus ou entités responsables de violations des droits des femmes en Iran, en Russie, au Soudan du Sud, en Birmanie ou en Syrie ont été également visés par ces sanctions.
En Europe, des rassemblements sont prévus mercredi dans plusieurs pays comme en Suisse et en France où la contestation sera notamment placée sous le signe de la lutte contre la réforme des retraites, accusée d’être injuste envers les femmes.
Les féministes se mobiliseront aussi tout particulièrement pour défendre le droit à l’avortement, remis en cause en particulier aux Etats-Unis par la décision de la Cour suprême de révoquer en juin l’arrêt «Roe v. Wade» de 1973 garantissant ce droit.
En Europe, ce droit a aussi été fragilisé récemment en Hongrie et en Pologne.
Entre le 8 mars 2022 et aujourd’hui, quels événements ont marqué l’égalité, ou plutôt les inégalités, entre femmes et hommes?
