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Laurent Wauquiez supprime l’aide au Théâtre nouvelle génération de Lyon pour punir son directeur

Depuis qu’il est élu à la tête de la Région Auvergne Rhône-Alpes ( merci la reforme de François Hollande ) , Laurent Wauquiez finance ses copains : Chasseurs, remontées mécaniques avec Canons à neige artificielle, syndicat étudiant à la Droite Extrême, Vidéosurveillance en Lycée, FNSEA, etc… Et détruit la culture, l’environnement, l’art, etc… :  Natura 2000, associations de protection de la nature, etc… Pas besoin de Le Pen en Auvergne Rhône-Alpes.  Sa politique est déjà là.

Selon Joris Mathieu, à la tête de l’établissement, cette décision illustre « la culture de la peur » instaurée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes par M. Wauquiez.

Le président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, lors du 18ᵉ congrès des régions de France, à Vichy (Allier), le 16 septembre 2022.

Le président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, lors du 18ᵉ congrès des régions de France, à Vichy (Allier), le 16 septembre 2022. 

La région Auvergne-Rhône-Alpes présidée par Laurent Wauquiez (Les Républicains, LR) a annoncé la suppression totale de la subvention annuelle de 149 000 euros au Théâtre nouvelle génération (TNG) de Lyon. Une décision prise en rétorsion aux propos tenus par Joris Mathieu, son directeur, dans le magazine Télérama du 20 avril, qui s’exprimait en tant que membre du bureau national du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

« Nous avons bien entendu les propos et les désaccords du directeur et nous avons fait le choix de retirer l’intégralité du financement à cette structure », a justifié sans ambages Sophie Rotkopf, lors d’une conférence de presse, vendredi 28 avril. « Comment voulez-vous discuter avec quelqu’un qui ne veut pas discuter ? Il n’a de cesse de mépriser la région, et à travers sa démarche il méprise tous les habitants en dehors de la métropole lyonnaise », a asséné la vice-présidente déléguée à la culture en Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour Joris Mathieu, cette brutale décision donne l’impression d’une parfaite démonstration de « la culture de la peur » qu’il a dénoncée dans sa tribune à l’hebdomadaire. Selon lui, la baisse générale des subventions culturelles entreprise depuis le début du second mandat de Laurent Wauquiez participe d’une « gouvernance hypercentralisée ». « Dire que nous n’avons pas voulu discuter, c’est une inversion de la réalité. Après une baisse des aides sans aucune concertation préalable, les organisations professionnelles n’ont jamais été reçues malgré leurs demandes répétées, les décisions tombent par voie de presse », affirme au Monde Joris Mathieu.

Une faible part culturelle budgétaire

Le metteur en scène rappelle que Auvergne-Rhône-Alpes se situe en avant-dernière position des douze régions françaises dans la part culturelle de son budget global, soit 8,44 euros par habitant et par an, contre 12 euros en moyenne.

Le budget annuel consacré à la culture s’élève à 60,2 millions d’euros dans la deuxième région économique de France. Lorsqu’elle a décidé d’une baisse sans précédent des aides aux institutions culturelles, la majorité présidée par M. Wauquiez a mis en avant une volonté de « rééquilibrage des territoires ». Ce principe a été réitéré pour justifier l’augmentation de 1,3 million d’euros, accordée cette année aux festivals organisés dans la région.

« Jusqu’à présent, les grandes institutions artistiques métropolitaines concentraient quasiment 60 % du budget culture de la région, au détriment des plus petites structures et manifestations des autres territoires », a estimé Sophie Rotkopf. Après la baisse de 500 000 euros de sa subvention annuelle, l’opéra de Lyon voit le retour d’une aide de 200 000 euros, en récompense d’une « décentralisation de ses activités », à savoir des tournées locales de spectacles au format réduit.

« Nous avons tendu une main que le directeur de l’opéra a su saisir, et c’est exemplaire », s’est félicitée l’élue de Roanne (Loire). « Nous avons lancé un message et nous espérons que le plus grand nombre le comprenne. A chacun d’être créatif », a ajouté Laurent Wauquiez, résumant l’état d’esprit qui préside aux choix des subventions régionales.

« Sanctionner ou récompenser »

Mathieu Joris rappelle que le TNG mène déjà « de nombreuses actions dans les lycées et les communes environnantes. L’élue de la région n’est jamais venue à notre comité de suivi pour s’en rendre compte ». Premier centre dramatique national pour jeune public, depuis 1981, le TNG compte près de huit mille spectateurs scolaires par an, ainsi que mille heures d’ateliers concernant deux mille élèves de vingt-cinq établissements.

Pour Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture de la ville de Lyon, « cette façon de sanctionner ou de récompenser des directeurs de scènes nationales en les nommant publiquement ne fait pas politique culturelle ». Et d’ajouter : « La région continue d’affaiblir dangereusement le secteur en opposant les acteurs culturels entre eux, et en privilégiant une logique de projets annuels qui fragilise la permanence des emplois artistiques et techniques. »

Richard Schittly (Lyon, correspondant)

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