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Elections européennes 2024 : « Nous proposons une autre voie pour transformer l’Europe »

Un an avant les élections européennes, une coalition d’universitaires, d’artistes, de membres de la société civile, d’acteurs publics et privés, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit, Mario Monti et Jacques Rupnik, appelle, dans une tribune à une consultation citoyenne de masse auprès des jeunes des vingt-sept pays de l’Union.

Imaginez que vous arrêtiez une personne dans la rue pour lui demander ce qu’elle pense de l’Europe. Au début des années 1950, une fermière âgée a répondu : « Si c’est pour la paix, d’accord. » Soixante ans plus tard, la même question a été posée à une vieille dame ukrainienne. Nous sommes en 2014, pendant les semaines de la « révolution de la dignité » [révolution de Maïdan]. La dame montre fièrement une immense étendue de blé en disant que, grâce à celle-ci, toute l’Europe serait nourrie.

A l’inverse, dans le débat public d’aujourd’hui, l’Europe est souvent associée à de mauvaises nouvelles, à des contradictions ou, au mieux, à de grands problèmes mondiaux à traiter. Secouée par les crises, la société européenne se retrouve divisée. Pourtant, ces dernières années, « l’Europe » a signifié beaucoup de choses : la solidarité lors de la pandémie et des actions coordonnées pour faire face à la guerre et à la crise climatique.

Mais au lieu de discours apaisés, nous voyons un nombre croissant de forces amplifier les divisions, contre l’unité et la solidarité européennes. Le contexte dans lequel se dérouleront les élections européennes dans un an est extrêmement préoccupant. Selon un sondage Eurobaromètre, l’Europe devrait défendre les valeurs de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

Redécouvrir l’esprit originel du projet européen

Depuis la seconde guerre mondiale, ces valeurs, ainsi que la liberté de circulation, le niveau de vie, les échanges culturels, mais aussi les amitiés et l’amour, se sont développés là où les armées combattaient autrefois. Après soixante-dix ans de paix et d’union, de nombreux Européens ont du mal à s’en rendre compte.

Les frontières qui, hier, passaient par Verdun et la Somme, se situent aujourd’hui ailleurs, de Cutro à Kiev, sans oublier les frontières entre les gagnants et les perdants de la mondialisation, de plus en plus marquées par le fossé entre les centres économiques et les périphéries. Les contradictions qui définissent ces nouvelles « frontières » doivent donc être abordées, afin de redécouvrir l’objectif et l’esprit originels du projet européen.

Les sentiments prédominants chez les Européens sont, dans l’ordre, l’incertitude, la frustration, l’impuissance, la colère, la peur, autant de sentiments qui alimentent la division. Cependant, pour plus d’un Européen sur trois, l’espoir fait partie de ces sentiments prédominants. Un espoir actif et déterminé. L’espoir qui pousse tant de personnes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne (UE), à continuer à se battre pour les valeurs européennes, même au péril de leur vie. L’Europe doit être à la hauteur de cet espoir de liberté.

Renforcer un dialogue positif vers la jeunesse

C’est pourquoi, à un an des élections, face à tant de forces qui cherchent à tirer parti de la division, nous construisons une alternative. Nous proposons une autre voie pour transformer l’Europe. Un chemin qui commence par l’écoute de ceux qui porteront le poids de l’avenir sur leurs épaules : les jeunes.

A l’ère des réseaux sociaux, les jeunes citoyens peuvent être particulièrement vulnérables à la désinformation et ont été fortement touchés par les événements récents : la pandémie, la guerre, l’inflation, le chômage et l’inquiétude climatique. Notre objectif est de renforcer un dialogue positif entre eux, au-delà des frontières et des barrières linguistiques, dans toute leur diversité.

Nous devons orienter le débat politique autour de leurs priorités. Nous devons remplacer l’agenda de la peur et de la division par leur « agenda de l’espoir ». C’est ainsi que l’Europe et l’espoir sonneront à nouveau de la même façon avec le projet Eurhope, consultation citoyenne de masse auprès des jeunes des vingt-sept pays de l’Union.

Aujourd’hui, nous invitons tous les jeunes citoyens, tous les membres de la société civile, tous les Etats membres, les villes et les régions, ainsi que toutes les organisations engagées à rejoindre la « révolution de l’espoir » !

Les signataires de la tribune : Gian-Paolo Accardo, cofondateur et rédacteur en chef de Voxeurop ; Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC Paris, fondateur de The Good Lobby ; Antonio Argenziano, président des JEF Europe ; Mikulas Bek, ministre des affaires européennes de la République tchèque ; Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT ; Gabriele Bischoff, députée européenne ; Damian Boeselager, député européen ; Gilbert Bourseul, président de Topics ; Maroua Bouzaida, vice-présidente de Toulouse Métropole ; Mercedes Bresso, députée européenne, ancienne présidente du Comité des régions ; Jeanne Bretécher, présidente of Social Good Accelerator ; Pascal Canfin, député européen et président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen ; Karine Caunes, rédactrice en chef European Law Journal ; Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen ; Alicia Combaz, directrice générale de Make.org ; Olivier Costa, chercheur au CNRS et professeur au Collège d’Europe ; Axel Dauchez, président de Make.org ; Valérie Decamp, directrice exécutive de Mediatransports ; Adrien Duguet, président de l’association Civic Tech Europe ; Martial Foucault, directeur du Cevipof ; Ignacy Niemczycki, président de la Fondation Geremek ; Sandro Gozi, député européen, président de l’Union des fédéralistes européens ; Claus Haugaard Sorensen, ancien directeur général à la Commission européenne, président de Global Executive Leadership Initiative ; Luca Jahier, président du European Semester Group, ancien président du Comité économique et social européen ; Benedek Javor, ancien député européen ; Zora Jaurova, productrice, dramaturge et experte en politique culturelle et industrie créative ; Gergely Karacsony, maire de Budapest ; Biliana Kotsakova, avocate et défenseuse des droits de l’homme ; Christophe Leclercq, fondateur de Euractiv et président Europe de MediaLab ; Nathalie Loiseau, députée européenne, ancienne ministre des affaires européennes ; Mario Monti, membre du Sénat italien, ancien premier ministre italien, ancien commissaire européen ; Isabelle Négrier, directrice générale d’EuropaNova ; Bertrand Pancher, député de la Meuse (LIOT), président de Décider ensemble ; Clémence Pène, vice-présidente de A Voté ; Jacques Rupnik, directeur de recherche à Sciences Po, ancien conseiller de Vaclav Havel ; Emma Smetana, artiste, interprète, journaliste ; Inga Wachsmann, présidente de Citizens for Europe.

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