Guerre en Ukraine : Kiev visée par une nouvelle attaque
Ce conflit en Europe suite à l’invasion russe…
L’Ukraine a affirmé mardi avoir abattu six missiles hypersoniques russes Kinjal lors d’une nouvelle attaque nocturne sur Kiev, un type d’armement plus difficile à intercepter, a annoncé le ministre de la Défense Oleksiï Reznikov.
«Un nouveau succès incroyable pour les forces aériennes ukrainiennes ! La nuit dernière, les défenseurs de notre ciel ont abattu six missiles hypersoniques russes Kinjal et 12 autres missiles», a indiqué M. Reznikov sur Twitter.
La CIA américaine a incité lundi les Russes à lui fournir des renseignements sur leur pays, dans une vidéo sur Telegram ciblant les mécontents de la politique du président Vladimir Poutine.
La brève vidéo du principal service de renseignement extérieur des Etats-Unis met en scène un fonctionnaire russe et sa femme dans leur maison avec un enfant, ayant apparemment une vie difficile et se demandant si celle-ci correspond à leurs rêves.
Elle suggère que les Russes peuvent agir pour améliorer les choses – en fournissant des renseignements à la CIA – tout en restant selon elle des patriotes. Elle montre aussi comment procéder, en utilisant le navigateur Tor pour accéder au «dark web» et des outils de cryptage des communications.
«La CIA veut connaître la vérité sur la Russie, et nous cherchons des personnes fiables qui peuvent nous dire cette vérité», écrit l’agence dans sa vidéo. «Vos informations peuvent être plus précieuses que vous ne le pensez», assure-t-elle.
La CIA a précisé qu’elle espérait entrer en contact avec des personnes travaillant dans les domaines du renseignement, de la diplomatie, de la science et de la technologie et autres, et qu’elle était intéressée par toutes sortes de renseignements, y compris politiques et économiques.
Les défenses anti-aériennes ukrainiennes sont entrées en action mardi avant l’aube pour repousser une nouvelle attaque «complexe» de drones et de missiles sur Kiev, au lendemain du retour annoncé dans la capitale du président Volodymyr Zelensky après sa tournée en Europe.
«L’ennemi a lancé une attaque complexe en provenance de plusieurs directions et simultanément, utilisant des drones, des missiles de croisière et probablement des missiles balistiques», a affirmé l’autorité militaire de Kiev dans un communiqué publié sur son compte Telegram.
«C’était exceptionnel par sa densité, un nombre maximum de missiles dans un laps de temps très resserré. Selon les premières informations, la grande majorité des cibles ennemies dans le ciel de Kiev ont été détectées et détruites! », ajoute le communiqué.
Peu auparavant, le maire de Kiev Vitali Klitschko a rapporté sur son compte Telegram que les défenses anti-aériennes de la ville étaient à l’oeuvre et signalé l’épave d’un drone et les débris d’un missile dans le district de Darnytskyi, dans le sud de la ville. «Trois personnes ont été blessées dans le district de Solomyansky», a-t-il ajouté.
Un an après avoir exclu la Russie, les dirigeants de 46 Etats membres du Conseil de l’Europe se retrouvent mardi après-midi en sommet en Islande pour afficher leur unité contre Moscou.
Le sommet, le quatrième seulement de l’organisation paneuropéenne en près de 75 ans d’existence, vise à multiplier les moyens de rendre la Russie pénalement responsable des destructions et des crimes causés par son invasion de l’Ukraine.
Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Rishi Sunak ou encore son homologue italienne Giorgia Meloni, qui ont tous les quatre reçu Volodymyr Zelensky depuis samedi, mèneront la famille européenne à Reykjavik.
Sans le président ukrainien? Terminant une tournée européenne qui l’a déjà mené à Rome, Berlin, Paris et Londres, ce dernier est invité comme chef de l’État d’un pays membre, mais sa présence reste incertaine jusqu’au bout.
Les États-Unis ont dévoilé lundi soir les chiffres de leur arsenal stratégique de dissuasion nucléaire, disant vouloir respecter le traité de désarmement nucléaire New Start et appelant la Russie, qui a suspendue sa participation, à en faire de même.
Au 1er mars, le États-Unis avaient déployé au total 662 missiles balistiques intercontinentaux – un chiffre comprenant les missiles à bord des sous-marins et des bombardiers -, dotés de 1419 ogives nucléaires et 800 lanceurs, selon un communiqué du département d’État.
«Les États-Unis appellent la Russie à respecter ses obligations légales en réintégrant l’accord New Start et les mesures de stabilisation, de transparence et de vérification qu’il contient», ajoute le communiqué.
La Russie a suspendu en février sa participation au traité New Start, en représailles à l’aide apportée par les Occidentaux dans la guerre en Ukraine. Cette décision avait été dénoncée à l’unisson par les puissances occidentales.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est rentré à Kiev lundi après une tournée en Europe qui lui a permis d’obtenir «de nouvelles armes puissantes» dont des drones d’attaque britanniques et des missiles au moment où son pays prépare sa contre-offensive contre les forces russes, et la conviction qu’il obtiendrait des avions.
«De retour à la maison avec (…) de nouvelles et puissantes armes pour le front», a annoncé M. Zelensky dans un message vidéo à ses concitoyens, après avoir terminé sa tournée de trois jours au Royaume-Uni, où il a également obtenu des missiles antiaériens et s’est dit optimiste concernant de futures livraisons d’avions de combat. Son homologue français Emmanuel Macron a affirmé lundi soir avoir «ouvert la porte» à la formation de pilotes ukrainiens «dès maintenant».

Après Rome, Berlin et Paris, l’étape britannique de la tournée européenne de M. Zelensky est intervenue au moment où l’armée ukrainienne revendique «le premier succès» de son assaut sur les flancs de Bakhmout, une ville de l’est épicentre des combats depuis plusieurs mois et aujourd’hui en majeure partie contrôlée par les Russes.
Armes de longue portée
Mais le moment d’une contre-offensive massive n’est pas encore venu, avait tempéré dans la journée Volodymyr Zelensky, répétant que Kiev avait «besoin de plus de temps», alors qu’il était reçu par Rishi Sunak près de Londres.
Sur le terrain, des frappes ont de nouveau fait des victimes civiles dans l’est: quatre morts à Avdiïvka, une localité située sur la ligne de front proche de Donetsk, et deux autres dans un village de la région de Kharkiv, selon les autorités régionales.
Les services d’urgence ukrainiens ont aussi fait état de frappes russes «massives» sur Kherson (sud), où plusieurs immeubles d’habitation ont été touchés. Dans la région de Nikopol (centre) des bombardements ont fait trois blessés dont une adolescente de 14 ans.

Au Royaume-Uni,le gouvernement a promis la livraison à Kiev, «dans les prochains mois», de «centaines» de missiles antiaériens et de drones d’attaque de longue portée (200 kilomètres). Ces derniers s’ajouteront aux missiles de croisière Storm Shadow promis la semaine dernière par Londres, une première pour ce type d’armement que l’Ukraine réclamait depuis des mois pour atteindre des objectifs loin derrière la ligne de front.
«Encore plus de destructions»
L’armée russe a affirmé avoir déjà abattu un de ces engins. Le renforcement de l’aide britannique provoquera «encore plus de destructions» mais n’aura «pas d’impact important sur le déroulement» du conflit, a assuré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
Mais le Premier ministre britannique Rishi Sunak a souligné que l’aide britannique s’inscrivait sur le long terme, et que Londres jouerait un «rôle-clé» dans la «coalition» que Kiev veut réussir à former pour lui livrer des avions de combat.
«Je pense que cela va arriver très prochainement, vous allez être informés de décisions que je pense très importantes», a estimé Volodymyr Zelensky lundi, se disant «très optimiste».
Former des pilotes
Aucun pays européen ne s’est jusqu’ici avancé à fournir de tels avions à Kiev mais le Royaume-Uni va déjà former dès cet été des pilotes ukrainiens.

Emmanuel Macron a lui-même annoncé lundi soir avoir «ouvert la porte pour former des pilotes» ukrainiens «dès maintenant» et «avec plusieurs autres pays européens qui y sont prêts», lors d’une interview sur la chaîne TF1. Il a refusé en revanche d’évoquer la livraison d’avions de chasse à Kiev autrement que comme «un débat théorique» à ce stade.
Dimanche, M. Zelensky avait reçu à Paris l’engagement réitéré de la France, notamment dans le domaine des véhicules blindés et des chars légers AMX-10 dont Paris va encore fournir «des dizaines» d’exemplaires, selon une déclaration commune.
A Berlin, le chancelier Olaf Scholz a annoncé un nouveau paquet d’aide militaire à l’Ukraine, de 2,7 milliards d’euros, incluant en particulier des dizaines de chars, d’autres blindés, de drones de surveillance et quatre nouveaux systèmes de défense antiaérienne Iris-T.
Emmanuel Macron a annoncé lundi avoir «ouvert la porte pour former des pilotes» de chasse ukrainiens «dès maintenant», au lendemain d’une rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Paris.
«Et ce avec plusieurs autres pays européens qui y sont prêts. Je crois que des discussions sont en cours avec les Américains», a déclaré le président français lors d’une interview à TF1, estimant en revanche qu’évoquer une éventuelle livraison future d’avions de chasse à Kiev «serait un débat théorique».
«On a besoin aujourd’hui de commencer à former, c’est l’accord qu’ont pris plusieurs pays européens», a-t-il ajouté, sans autre précision sur ce processus de formation. «Il n’y a pas de tabou», a-t-il assuré.
Paris avait jusqu’ici repoussé la question d’une possible future livraison d’avions de combat, en expliquant notamment qu’il faudrait de longs mois pour former des pilotes. Le début de cette formation pourrait donc, à terme, ouvrir aussi la voie à la livraison d’appareils.
Sur les armes, le chef de l’Etat n’a pas voulu détailler les nouvelles promesses évoquées la veille lors de la visite de son homologue. «Nous avons décidé de livrer de nouvelles munitions», s’est-il borné à dire.
Il a aussi évoqué, sans plus de précision, la formation de troupes ukrainiennes «qui seront en charge de mener la contre-offensive et de résister», notamment pour «réparer les véhicules, les canons». «C’est aussi ça ce dont l’Ukraine a besoin», a-t-il plaidé, alors que la France est parfois accusée d’en faire moins que d’autres grands pays européens comme le Royaume-Uni et l’Allemagne en matière de livraisons d’armes à Kiev.
Selon Emmanuel Macron, «la stratégie de la France est simple: aider l’Ukraine à résister, à organiser, au moment où elle le choisira, une contre-offensive pour pouvoir ramener tout le monde à la table des négociations et dans des conditions qu’elle aura choisies, bâtir une paix durable pour elle.»
Dimanche soir, dans une déclaration commune publiée à l’issue du dîner entre MM. Macron et Zelensky, les deux pays ont annoncé que la France formerait et équiperait «plusieurs bataillons» ukrainiens avec des «dizaines de véhicules blindés et de chars légers, dont des AMX-10RC».
Paris s’était engagé en tout début d’année à céder à l’Ukraine des AMX-10RC, des chars légers et rapides. Leur nombre n’a jamais été dévoilé mais les annonces formulées dimanche sont nouvelles, a assuré l’Elysée.
Le commandant des forces terrestres de l’armée sud-africaine est à Moscou pour des entretiens, a indiqué lundi l’armée d’Afrique du sud, confirmant des informations de presse russes, quelques jours après des accusations américaines reprochant à Pretoria des livraisons d’armes à la Russie.
La force de défense nationale sud-africaine (SANDF) «confirme que le chef de l’armée, le général Lawrence Mbatha, est à Moscou (…) pour une rencontre bilatérale entre les deux institutions militaires».
Cette rencontre a été «planifiée bien en amont» dans le cadre d’un «accord de longue date», a précisé la SANDF dans un communiqué, ajoutant qu’il s’agissait d’une «visite de bonne volonté» à l’invitation de l’armée russe.
Cité par les agences TASS et Interfax, le ministère russe de la Défense avait indiqué plus tôt que le général Lawrence Mbatha et sa délégation ont discuté avec leurs collègues russes de «questions de coopération militaire» visant à «accroître la préparation au combat des forces armées des deux pays».
«La délégation a visité des établissements d’enseignement militaire des forces terrestres et des entreprises du complexe militaro-industriel» russes, ont précisé les agences russes.
LA SANDF a confirmé la visite des établissements d’enseignement militaire. Cette visite intervient en pleines tensions entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis, qui accusent Pretoria d’avoir livré des armes à la Russie, pays qui mène depuis plus d’un an une offensive militaire contre l’Ukraine.
Reporters sans frontières a déposé une plainte pour «crimes de guerre» devant la Cour pénale internationale concernant notamment la mort du journaliste de l’AFP Arman Soldin, la huitième de ce type depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, a annoncé l’ONG lundi.
Cette plainte a été révélée par le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, lors d’une cérémonie organisée à Kiev en hommage à Arman Soldin, tué mardi lors d’une salve de roquettes dans l’est du pays, en présence du PDG de l’AFP, Fabrice Fries, et de son directeur de l’information, Phil Chetwynd.
Mercredi, le parquet antiterroriste français avait annoncé avoir ouvert une enquête pour crime de guerre, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine, destinée à établir les circonstances du décès du journaliste de 32 ans.

«Même s’il n’y a pas encore de conclusion aujourd’hui, nous mentionnons bien sûr le nom d’Arman Soldin» dans la plainte de RSF, également déposée auprès du procureur général d’Ukraine, a expliqué Christophe Deloire.
Elle concerne plus généralement, selon lui, «les journalistes qui sont clairement visés, comme Bogdan Bitik», un reporter ukrainien travaillant comme fixeur pour le quotidien italien La Repubblica, abattu par un tir de sniper fin avril.
Elle dénonce aussi les «disparitions forcées de journalistes, comme celle de Dmytro Khyliuk», un correspondant de l’Agence ukrainienne d’information indépendante (UNIAN) qui, selon RSF, a «été enlevé (l’année dernière) par les forces russes et reste depuis détenu en Russie malgré les dénégations répétées du pays».
Elle porte en outre sur le «bombardement de tours de télévision», atteinte au «droit à l’information», pour M. Deloire.
Au total, l’ONG a déposé «huit plaintes concernant 53 événements, 121 journalistes et 14 équipements de média radio/télé, tous qualifiables de crimes de guerre», a indiqué l’ONG à l’AFP. Arman Soldin est au moins le onzième reporter, fixeur ou chauffeur de journalistes a avoir été tué en Ukraine depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022, selon un décompte des ONG spécialisées RSF et CPJ.
Des amis et collègues d’Arman Soldin, journaliste de l’AFP tué la semaine dernière dans l’est de l’Ukraine, se sont réunis lundi à Kiev pour saluer sa mémoire, son empathie et son dévouement à sa profession.
Arman Soldin est mort dans un bombardement alors qu’il se trouvait en reportage avec une équipe de l’AFP près de la ville assiégée de Bakhmout, épicentre des combats entre forces ukrainiennes et russes.
Des dizaines de personnes, dont des membres de la direction et des journalistes de l’AFP, se sont rassemblées lundi pour un événement organisé par l’agence de presse Ukrinform, où était accrochée une grande bannière représentant le reporter de 32 ans, souriant.
«Le meilleur de l’AFP»
Le président de l’AFP, Fabrice Fries, citant la mère d’Arman, a décrit le journaliste comme «toute l’humanité en un seul homme» et a souligné qu’il était «adoré» par ses amis, sa famille et ses collègues. «Arman a perdu la vie pour que des millions de personnes puissent savoir ce qui se passe en Ukraine. A l’heure où une guerre inhumaine ravage l’Ukraine, la mémoire d’Arman est notre fierté», a ajouté M. Fries.

Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’AFP, a qualifié M. Soldin de «partie intégrante» de la couverture de la guerre en Ukraine et l’a remercié d’avoir contribué à une couverture «superbe».
«Il n’y avait personne d’aussi courageux et d’aussi engagé qu’Arman Soldin», a déclaré M. Chetwynd, ajoutant: «La perte d’Arman est dévastatrice pour nous, car il représentait le meilleur de l’AFP».
Troisième victime
Né en Bosnie, Arman Soldin est le troisième reporter français à perdre la vie depuis le début de l’invasion russe lancée en février 2022 et au moins le onzième reporter, fixeur ou chauffeur à avoir été tué, selon les ONG de défense de la presse.
«Le dévouement d’Arman à son travail, pour raconter au monde l’histoire de cette terrible guerre, était total», a déclaré Antoine Lambroschini, rédacteur en chef chargé de la couverture de l’Ukraine.
«Arman s’est distingué dans tout ce qu’il a fait parce qu’il n’a jamais perdu de vue le fait qu’au-delà des implications géopolitiques de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, il y a des hommes, des femmes, des enfants, des parents et des grands-parents, des frères et des soeurs», a-t-il ajouté.
«Nous garderons toujours au fond de nous ton grand sourire généreux, ton rire, ton courage, ton attention aux autres, ton énergie, ton enthousiasme, ta joie de vivre», a déclaré Emmanuel Peuchot, journaliste de l’AFP qui se trouvait aux côtés d’Arman au moment de sa mort.
L’Eglise orthodoxe russe a annoncé lundi que le président Vladimir Poutine lui avait donné par décret l’une des oeuvres les plus célèbres de l’art russe, la Trinité d’Andreï Roublev, un nouveau signe de l’influence croissante du clergé.
Icône russe la plus célèbre, largement considérée comme un chef d’oeuvre de l’art national, la Trinité d’Andreï Roublev datant du XVe était exposée depuis près d’un siècle dans des musées russes.
«En réponse à de nombreuses demandes de croyants orthodoxes, le président russe Vladimir Poutine a pris la décision de rendre à l’Eglise orthodoxe russe l’icône miraculeuse de la Trinité, peinte par Saint Andreï Roublev», a écrit le Patriarcat de Moscou dans un communiqué.
Elle sera «exposée pour la vénération publique» dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou avant d’être placée au sein de la cathédrale de la Trinité de Serguiev Possad, le «Vatican» orthodoxe russe près de la capitale.
L’icône, qui représente trois anges assis à une table, peinte par le moine et peintre Andreï Roublev, canonisé dans les années 1980, avait été donnée à la célèbre galerie Tretiakov de Moscou par les autorités soviétiques en 1929.

L’Eglise russe a exigé son retour à plusieurs reprises depuis la disparition de l’URSS. elon les médias russes, la Trinité n’a quitté le musée qu’à trois reprise, dont en 2022 lorsqu’elle avait été prêtée à l’Eglise pour une liturgie à Serguiev Possad, après quoi elle avait dû être retirée de la galerie pour restauration.
En plus de cette oeuvre d’art, l’Eglise recevra la tombe d’Alexandre Nevski, un prince médiéval et héros national russe, selon un accord signé le 10 mai avec le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et rendu public dimanche.
Le plus grand musée russe cède la tombe, propriété de l’Etat, pour une durée de 49 ans avec possibilité de prolongation, a expliqué l’Ermitage dans un communiqué, ajoutant que cette initiative avait été approuvée par le ministère de la Culture.
Selon l’Ermitage, les conditions de son exposition par l’Eglise feront l’objet de contrôles. Ces mesures illustrent l’influence grandissante de la puissante Eglise orthodoxe russe sur l’appareil d’Etat, sur fond d’offensive en Ukraine déclenchée il y a plus d’un an.
Le patriarche orthodoxe russe Kirill a apporté son soutien à l’offensive russe dans ses sermons. En avril, Vladimir Poutine avait quant à lui salué le rôle «consolidateur» de l’Eglise pour la société et la jeunesse russe au moment où le pays est confronté à «de graves défis».
Le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko a annoncé lundi que son pays était en «état d’alerte» depuis que «quatre appareils ont été abattus» pendant le week-end en Russie, ce que Moscou n’a pas officiellement reconnu. Samedi, les agences de presse russes ont rapporté qu’un hélicoptère s’était écrasé dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine, évoquant un «incendie du moteur».
D’autres sources ont cependant fait état de quatre appareils abattus par l’Ukraine au total dans le ciel de Briansk, deux hélicoptères et deux avions, ce que l’armée russe, peu prolixe sur ses pertes, n’a jamais confirmé, ni infirmé.
Mais, lors d’une visite au centre de commandement de l’armée de l’air bélarusse, M. Loukachenko, principal allié du Kremlin, a fait état de développements «alarmants» qui ont poussé Minsk à se mettre en «état d’alerte plus élevée».
«Je veux parler de la région de Briansk, où quatre appareils aériens ont été abattus», a déclaré le dirigeant bélarusse, cité dans un communiqué publié par la présidence. La région de Briansk est à la fois frontalière de l’Ukraine et du Bélarus.

Ces déclarations attribuées par la présidence à M. Loukachenko interviennent alors que son absence lors de plusieurs événements publics ces derniers jours ont alimenté des spéculations sur l’état de santé du dirigeant âgé de 68 ans.
La présidence bélarusse a publié trois photos de M. Loukachenko dans un effort apparent pour contrer ces spéculations. Sur ces clichés, le dirigeant a le regard fixe et la mine fatiguée, la main gauche enroulée dans des bandages.
La dernière apparition publique filmée de M. Loukachenko remonte au 9 mai, lorsqu’il s’était rendu à Moscou pour assister à des cérémonies commémorant la victoire contre l’Allemagne nazie en 1945.
Plusieurs journalistes russes avaient alors souligné qu’il avait l’air fatigué. De plus, il n’avait pas assisté à un déjeuner offert par Vladimir Poutine, ne s’était pas adressé aux anciens combattants bélarusses le 9 mai à Minsk, rompant avec la tradition, et avait manqué des festivités nationales au Bélarus dimanche.
Lundi, la cheffe de l’opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a souligné les «nombreuses rumeurs circulant sur l’état de santé du dictateur Loukachenko», appelant ses concitoyens à «être bien préparés à tout scénario». Interrogé sur l’état de santé du dirigeant bélarusse, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a appelé lundi les journalistes à «se fier seulement aux informations officielles».
M. Loukachenko dirige depuis 1994 le Bélarus d’une main de fer. Après un large mouvement de contestation déclenché par sa réélection entachée, selon des ONG, de fraudes massives en 2020, son régime a lancé une répression implacable qui se poursuit aujourd’hui.
En parallèle, alors que ses relations avec l’Europe se sont tendues, il s’est rapproché de M. Poutine dont il a soutenu l’offensive contre l’Ukraine dès son déclenchement en février 2022.
La Russie a indiqué lundi avoir fait décoller l’un de ses avions de guerre pour aller à la rencontre de deux avions militaires, français et allemand, au-dessus de la mer Baltique, qui selon elle allaient «violer la frontière» russe.
«Après que les avions militaires étrangers ont fait demi-tour (…), le chasseur russe est revenu en toute sécurité à l’aérodrome», a affirmé le ministère russe de la Défense sur Telegram.
Selon le ministère, les deux appareils en question sont un patrouilleur P-3C Orion de la marine allemande et un appareil de surveillance anti-sous-marin Atlantique 2 de la marine française.
La frontière russe n’a pas été violée, a-t-il précisé. «Le vol du chasseur russe s’est déroulé dans le strict respect des règles internationales d’utilisation de l’espace aérien au-dessus des eaux neutres sans traverser les routes aériennes et s’approcher dangereusement d’un aéronef étranger», a encore assuré le ministère russe.

En avril, un chasseur russe avait intercepté un avion de la marine allemande qui s’approchait de la frontière russe en mer Baltique. Un mois plus tôt, des chasseurs russes étaient allés à la rencontre d’un drone américain Reaper MQ-9 en mer Noire, qui après leurs manoeuvres s’était abîmé en mer. L’incident avait provoqué un accès de tension entre Washington et Moscou.
Un haut responsable des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine a été blessé lundi à Lougansk, l’un de leurs bastions, dans une explosion qui a fait six autres victimes, ont annoncé les autorités locales.
«Sept personnes ont été blessées à la suite d’une explosion dans le centre de Lougansk», a indiqué sur Telegram le dirigeant de la «république» de Lougansk autoproclamée par les séparatistes, Léonid Passetchnik. «Quatre hommes sont dans un état grave, dont un jeune de 17 ans, ainsi que le ministre de l’Intérieur par intérim Igor Kornet», a-t-il ajouté.
Selon l’agence de presse russe Ria Novosti, l’explosion a eu lieu dans un salon de coiffure du centre de Lougansk, ville contrôlée par les séparatistes depuis 2014. Des témoins cités par l’agence russe TASS ont rapporté que l’explosion a été provoquée par une grenade.

Avant ce conflit, plusieurs responsables séparatistes, qui combattent Kiev depuis 2014, avaient également été tués dans des attentats et dans des embuscades. L’Ukraine n’a jamais revendiqué de responsabilité pour ces attaques.
Les présidents de la Commission et du Conseil européens ont réagi prudemment lundi à l’annonce de la tournée européenne, cette semaine, d’un représentant spécial du gouvernement chinois. Interrogés sur le sujet lors d’une conférence de presse commune, Ursula von der Leyen et Charles Michel ont souligné leur espoir que la Chine joue un rôle pour pousser la Russie, son proche partenaire, à cesser son invasion de l’Ukraine.
Pékin a jusqu’ici maintenu une attitude «neutre» dans ce conflit, refusant de condamner ouvertement l’agression russe envers Kiev. Une position qui n’est pas tenable pour l’UE, dont les présidents de la Commission et du Conseil ont inlassablement répété, lundi, qu’il y avait bien «un agresseur, la Russie, et une victime, l’Ukraine», dont le droit à l’intégrité territoriale est bafoué au mépris des principes des Nations Unies.
«Nous espérons sincèrement que la Chine jouera un rôle positif pour convaincre la Russie de cesser son agression et respecter la Charte des Nations Unies», a brièvement réagi Charles Michel. Avant lui, Ursula von der Leyen a elle aussi souligné que «la Chine joue un rôle important à cause de son influence sur la Russie».

«Je pense que c’est très bien qu’enfin, après 14 mois, le président (chinois) Xi ait appelé le président (ukrainien) Zelensky», avait-elle d’abord noté, revenant sur un premier contact téléphonique au plus haut niveau entre Pékin et Kiev qui a eu lieu après plus d’un an de guerre. «La Chine, en tant que membre (permanent) du conseil de sécurité de l’ONU, a aussi une responsabilité spécifique, de faire, comme tous les autres, le maximum pour que cesse son agression», a-t-elle ajouté.
Plans de paix
L’Allemande et le Belge ont répété lundi que la «formule de paix» avancée par Kiev était pour eux une base incontournable de toute tentative de négociations. Pékin avait elle-même avancé un «plan de paix», plutôt une liste de principes, que le président Xi Jinping avait rapidement discuté avec Moscou.
«Nous ne devons jamais oublier que l’Ukraine est le pays qui a été brutalement envahi et doit donc être celui qui établit les principes de base d’une paix juste. La formule de paix du président Zelensky devrait être la base de nos efforts, sur laquelle débuter le travail», a répété Ursula von der Leyen lundi.
Li Hui, diplomate chinois au rang le plus élevé à se rendre en Ukraine depuis l’invasion à grande échelle du territoire ukrainien par les troupes russes, a été ambassadeur de Chine en Russie pendant dix ans. Il est attendu à Kiev mardi et mercredi, et se rendra également en Pologne, en France, en Allemagne et en Russie, selon l’annonce, la semaine dernière, des Affaires étrangères chinoises.
La Pologne a reçu le premier lot de lance-roquettes HIMARS de fabrication américaine qu’elle compte déployer dans la région frontalière avec la Russie, a annoncé lundi le ministre polonais de la Défense. «Cette arme sera déployée dans la partie nord-est de notre pays (…), sa tâche sera de dissuader l’agresseur», a déclaré Mariusz Blaszczak aux journalistes.
En mars, le ministère avait précisé que ces systèmes de longue portée allaient équiper une unité militaire basée à Olsztyn, à environ 80 kilomètres de la frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad. Selon M. Blaszczak, les HIMARS «renforceront l’armée polonaise sur le flanc est du pays et de l’Alliance atlantique».

La Pologne, un pays frontalier de l’Ukraine qu’elle soutient fermement, a acheté 20 HIMARS en 2019 et a maintenant reçu la première livraison de ces systèmes. Varsovie dit négocier avec les États-Unis l’acquisition d’un nombre bien plus élevé de ces armes.
«Le Congrès américain a approuvé la vente de près de 500 lance-roquettes à la Pologne. Ils seront amenés en Pologne dès que possible», a déclaré lundi M. Blaszczak. «Nous voulons nous assurer que dans le cadre de ce nouveau contrat en cours de négociation, la coproduction des HIMARS puisse avoir lieu en Pologne. C’est l’objectif que nous nous sommes fixé», a-t-il ajouté.
La Pologne a annoncé une importante augmentation des dépenses de défense, à 4% du produit intérieur brut, le Premier ministre expliquant que son pays devait s’armer «plus rapidement», dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine.
Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a qualifié lundi de «risibles» des informations de presse selon lesquelles il aurait proposé des informations sur les positions des troupes russes aux services de renseignement ukrainiens.
Le quotidien américain Washington Post a rapporté dimanche qu’Evguéni Prigojine a plusieurs fois proposé au renseignement ukrainien de lui fournir des informations sur l’emplacement d’unités de l’armée russe, en échange d’un retrait des forces de Kiev de Bakhmout, ville de l’est de l’Ukraine où ses hommes combattent dans une féroce bataille.
Le journal dit s’appuyer sur des documents des services secrets américains ayant fuité et des responsables ukrainiens et américains anonymes.

Ces affirmations, qui ne peuvent pas être vérifiées de manière indépendante, sont publiées au moment où M. Prigojine et l’état-major russe sont à couteaux tirés, sur fond de rivalités au sein des forces de Moscou dans le cadre du conflit en Ukraine.
«Il semblerait que je me batte pour la Russie, mais qu’en parallèle (le président ukrainien Volodymyr) Zelensky suive mes instructions. Donc la main gauche est en guerre avec la main droite», a réagi ironiquement M. Prigojine lundi. «Risible», a-t-il balayé, dans un message audio publié sur Telegram par son service de presse.
M. Prigojine a notamment affirmé qu’il ne s’était «pas rendu en Afrique depuis le début» du conflit en Ukraine, en réponse aux affirmations du Washington Post selon qui le patron de Wagner aurait rencontré des membres des services de renseignement ukrainiens dans un pays d’Afrique qui n’est pas nommé.
Le patron de Wagner a estimé que des membres de l’élite russe pourraient être derrière ces accusations. «Ils s’efforcent de déverser autant de merde que possible sur moi», a-t-il lancé avec virulence, dans son langage fleuri habituel.
Interrogé par la presse, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié d’»intox » les informations publiées par le Washington Post.
M. Prigojine critique publiquement l’état-major russe depuis plusieurs mois, l’accusant de ne pas fournir à ses combattants de Wagner les munitions nécessaires pour leur permettre de prendre Bakhmout, où ils sont en première ligne.
Ces critiques sont devenues encore plus violentes ces derniers jours, M. Prigojine insultant dans des vidéos le chef de l’état-major, Valéri Guerassimov, et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.
La Russie a affirmé lundi avoir intercepté un missile de longue portée Storm Shadow dans le cadre du conflit en Ukraine, quelques jours à peine après l’annonce par Londres de la livraison de ces armes aux forces de Kiev.

Lors des 24 heures écoulées, «les systèmes de défense antiaérienne ont intercepté sept missiles anti-radar HARM, un missile de croisière de longue portée Storm Shadow et 10 (projectiles) de lance-roquettes multiple HIMARS», a assuré dans un communiqué le ministère russe de la Défense.
Les nouvelles livraisons d’armes britanniques à l’Ukraine, annoncées par Londres en amont d’une rencontre entre le Premier ministre Rishi Sunak et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, vont causer «encore plus de destructions», a averti lundi le Kremlin.
«La Grande-Bretagne aspire à se placer à la tête des pays qui continuent d’inonder l’Ukraine en armements», a dénoncé devant la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a estimé que ces livraisons n’auront «pas d’impact important sur le déroulement» du conflit, mais «provoqueront encore plus de destructions».
Le Kremlin a estimé lundi que les relations entre Moscou et Ankara allaient continuer de s’ «approfondir» quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle turque, qui se dirige vers un second tour inédit après un premier tour disputé dimanche.
«Nous suivons les informations venant de Turquie avec une grande attention et un grand intérêt. Nous respecterons le choix du peuple turc. Mais dans tous les cas, nous nous attendons à ce que notre coopération continue, s’approfondisse et se développe», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.