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A Saclay, une ZAD lutte contre l’artificialisation de 4000 ha d’espaces naturels et agricoles…

Les projets de  ZAD (Zones à Défendre ) se multiplient mais ne se ressemblent pas. Ici 4000 hectares à Saclay,  et 3,5 hectares à Die. Bien évidement à Saclay cela est justifié autant à Die c’est d’un ridicule profond. Pendant ce temps 170 hectares sont bétonnés à Saint Vallier-26 et 13 hectares à Montélimar-26 sans poser de problème à la Confédération Paysanne de la Drôme. Ces batailles à géographies variables illustrent le sectarisme antisocial, antiartisanal et antiéconomique qui se repend dans le Diois parmi quelques uns… afin de garder une « réserve naturelle » pour les Dioises et Diois, considérés comme des indiens.

A l’heure où les problématiques de l’eau et de la durabilité de nos modèles agricoles sont plus que jamais d’actualité, les militants défendent « une des terres les plus fertiles d’Europe » selon Isabelle Goldringer, chercheuse en agroécologie.

« ZACLAY » a été bâtie sur des terres agricoles de Saclay depuis mai 2021 par le collectif contre la ligne 18 du Grand Paris Express. L’objectif : préserver « des sols extrêmement fertiles, d’une qualité et d’un rendement exceptionnels, appelés à jouer un rôle vital dans la résilience de la métropole parisienne face aux chocs climatiques ». A moyen terme, le Grand Paris Expresse menace d’artificialiser « 4000 ha d’espaces naturels et agricoles ». Samedi 13 mai, ils étaient 600 à se réunir pour s’opposer à cette destruction.

La ZAD du plateau de Saclay, nommée Zaclay, se trouve au bord de la route D36 à Villiers-le-Bâcle, en pleins champs. Pour s’y rendre, il faut traverser l’immense campus Paris-Saclay qui abrite l’école Polytechnique, AgroParisTech, l’institut recherche et développement des laboratoires Servier, le siège et les centres de formation de Sanofi, Eurofins, Danone, Nokia, EDF, Carrefour, Safran, Thales.

Une zone fantôme, dont les bâtiments semblent avoir poussé dans la nuit pour former une gigantesque ville sans habitants. En un peu plus de 20 minutes de trajet en bus depuis la gare RER de Massy-Palaiseau nous croisons quatre personnes, perdues dans ce désert de béton. Nous sommes le samedi 13 mai, les employés et étudiants sont en week-end.

« Ces zones bétonisées que j’ai connues petit étaient des champs, des arbres, des bosquets, des endroits où l’on jouait au ballon. Aujourd’hui c’est de la verdure dans des bacs », se désole Loïc, étudiant de 24 ans qui habite le plateau de Saclay depuis son enfance.

Arrivé en bordure du campus, des champs à perte de vue se dévoilent et font face aux chantiers d’extension de la « Silicon Valley à la Française », dévorant irrémédiablement la nature et les parcelles agricoles. L’image est frappante.

Un immense pont en construction se détache des infrastructures en chantier et avance à travers champs. Ce pont, c’est celui de la ligne 18 du Grand Paris qui reliera l’aéroport d’Orly à Versailles et contre lequel se battent le collectif Non à la Ligne 18, les Soulèvements de la Terre, la Confédération Paysanne et une cinquantaine d’associations.

Scientifiques, militants associatifs et politiques, syndicats, élus et habitants locaux se sont réunis ce samedi 13 mai pour une manifestation autour du chantier du métro et « dire stop à l’artificialisation de 4 000 hectares d’espaces naturels, forestiers, dont 2 300 hectares de terres agricoles ».

Durant la marche, ils ont déployé des banderoles aux abords du pont et recouvert de pancartes et de peintures certaines infrastructures avant de retourner à la ZAD située dans un champ à proximité.

A l’heure où les problématiques de l’eau et de la durabilité de nos modèles agricoles sont plus que jamais d’actualité, les militants défendent « une des terres les plus fertiles d’Europe » selon Isabelle Goldringer, chercheuse en agroécologie.

« Le limon », sédiment argileux qui compose le sol, « amené depuis des milliers d’années sur le plateau de Saclay, permet une rétention d’eau optimale. »

L’été dernier, les cultures n’ont pas souffert de la sécheresse, elles n’ont pas eu besoin d’irrigation. La bétonisation entraînera des effets « irréversibles » sur ces sols.

 « Un TGV régional »

Le tronçon Est de la ligne 18 est déjà sorti de terre, les travaux préliminaires de la partie Ouest ont débuté : fouilles archéologiques, études des sols. La ZAD se situe à l’endroit précis où le segment Est se finit. La construction du pont à travers ces espaces agricoles promet d’emmener dans son sillage une urbanisation insatiable.

Paradoxalement, la ligne 18 ne va pas permettre « une amélioration des transports publics dans la zone » explique Fabienne, habitante du plateau de Saclay et membre du collectif Non à la ligne 18.

Au total, le nouveau métro sera doté de 12 gares sur une distance de 50 kilomètres. C’est « un TGV régional » selon Fabienne. Paris Saclay ne disposera que de deux stations, respectivement à Polytechnique et à Moulon, distantes de plus de 2,5 km.

Pour le collectif la ligne 18 sera « un transport de transit et non un transport de desserte », bénéfiques aux seuls étudiants ou travailleurs de la zone qui devront reprendre un bus après leur arrivée en gare pour se rendre dans leurs locaux.

Le collectif estime également que la ligne « ne pourra concurrencer l’automobile pour la majorité des trajets domicile-travail ». La plupart des étudiants habitent « au sud du campus, ils prennent leurs voitures alors que la ligne 18 va d’Est en Ouest » selon Fabienne.

« C’est un appel d’air qui exacerbe les mobilités, la métropole parisienne est de plus en plus grande, le lieu de travail de plus en plus loin. Le métro express est le meilleur moyen pour transformer le territoire en ville morte ».

Dans une étude datant de juin 2020, la DRIEAT d’Ile de France (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports) tablait sur 4 400 passagers par heure le matin à l’heure de pointe et ce en 2030 quand le campus Paris-Saclay aura atteint une expansion sans précédent. Pourtant la ligne 18 est conçue pour transporter quelque 40 000 usagers par heure.

« Ce métro coûte 4.5 milliards d’euros pour une fréquentation moyenne de maximum deux lignes de bus » selon Fabienne, qui estime que la meilleure solution aurait été de créer ces deux lignes de bus au départ des gares du RER B.

600 personnes étaient réunies samedi 13 mai pour protester contre le chantier

« Il n’y a plus de débat démocratique »

Face à ce torrent de béton, Benoît Houillon, le maire de Magny-les-Hameaux, commune du plateau de Saclay, est démuni.

« Je lutte depuis plusieurs années pour sauvegarder ces terres agricoles, mais il est devenu impossible de se faire entendre face au Frankestein créé par les législateurs de la Société du Grand Paris. »

Le Projet a été imposé à la population malgré une majorité d’avis défavorables lors des enquêtes publiques. Les élus et associations ont tenté des recours mais tous ont été jugés irrecevables, supplantés par le classement du site en tant qu’Opération d’Intérêt National.

« Il n’y a plus de débat démocratique et le seul moyen de préserver le territoire est aujourd’hui de soutenir les collectifs comme celui de Zaclay », explique Benoît Houillon. 

Chloé Gerbier, une militante de Terre de Luttes confirme ces propos : « aujourd’hui les vraies victoires ne peuvent se faire qu’au niveau local. Au niveau national, ce n’est plus possible. Sur la loi climat on s’est battus, on s’est pris une porte dans la gueule ».

Procession du samedi 13 mai

Le meilleur moyen de lutter est de « se battre sur le territoire contre les symptômes des luttes mortifères » selon elle.

Si l’on additionne les 500 budgets de la carte des luttes locales contre les projets inutiles de Reporterre « on n’atteindra jamais les objectifs de limite de l’artificialisation des terres prévus par le ZAN en 2050 », assène Chloé Gerbier.

Le ZAN, Zéro artificialisation nette, est un dispositif étatique censé atteindre un équilibre entre les terres artificialisées et les terres renaturalisées. Ce ZAN est d’ailleurs très limité puisque la renaturalisation d’une parcelle n’équivaut pas à la destruction d’un écosystème riche.

Ce qui donne toujours plus d’arguments aux militants locaux, aux zadistes, aux associatifs, aux scientifiques de plus en plus nombreux, qui défendent la nature à travers la France.

Rassemblement festif et déterminé les 13 et 14 mai

Pour défendre les terres du plateau et ancrer la lutte dans la durée, près d’un millier de personnes sont venus les 13 et 14 mai pour une marche festive et animée suivie de la levée d’une grange paysanne dont la construction se poursuit sur le tracé de la ligne 18.

On en parle déjà dans la presse !
Reporterre – Grand Paris : à Saclay, ils disent non au béton et à la répression
La Relève et la Peste – A Saclay, une ZAD lutte contre l’artificialisation de 4000 ha d’espaces naturels et agricoles
France 3 Île-de-France – Plateau de Saclay : une nouvelle mobilisation contre la ligne 18 et l’artificialisation des terres agricoles
France 3 Île-de-France – Reportage TV
BFMTV Paris – Île-De-France: Une manifestation contre la future ligne 18 uu métro sur le plateau de Saclay
Le Parisien 91 – Essonne : plus de 600 personnes ont défendu les terres fertiles du plateau de Saclay dans le calme

L’appel

Rassemblement festif et déterminé les 13 et 14 mai : stop au saccage des terres fertiles du plateau de Saclay.

Pour défendre les terres du plateau et ancrer la lutte dans la durée, nous appelons à venir bâtir une grange et à bien d’autres festivités ! La semaine suivante sera consacrée à des ateliers et discussions sur l’avenir d’une agriculture paysanne sur le plateau.

Depuis les années cinquante, 1400 ha de terres parmi les plus fertiles d’Europe ont été bétonnées sur le plateau de Saclay. Si rien n’est fait dans les prochains mois, ce qui reste de terres nourricières et d’espaces naturels sur le plateau de Saclay risque de disparaître sous le béton du Grand Paris privant la population francilienne de l’espoir d’une autonomie alimentaire, d’emplois locaux non délocalisables, d’adaptation à la crise climatique, rayant de la carte la biodiversité remarquable de ce territoire et accaparant les finances publiques au profit d’un grand projet inutile et imposé.

Ce projet du Grand Paris Express est un non-sens tant aux plans écologique et financier qu’en terme d’égalité des territoires, de réponse aux besoins des populations et de leur droit à décider de l’avenir du territoire sur lequel iels vivent.

Alors que l’artificialisation des sols est une des limites planétaires à ne pas franchir, chaque hectare compte. La formation des sols arables nécessite des dizaines de milliers d’années. Pourtant, l’État et les grandes multinationales du BTP décident de sacrifier des terres exceptionnelles au prétexte hypocrite de lutte contre le dérèglement climatique. Or, la préservation des terres non bétonnées est un levier incontournable de l’adaptation aux enjeux du 21ème siècle. Les experts et les scientifiques le répètent : en Île-de-France comme ailleurs, notre dépendance énergétique et alimentaire doit nous amener à réduire les flux. Il en va, ainsi, pour la population francilienne, de la nécessité de se nourrir localement, de contenir la hausse des températures et du maintien de la biodiversité. Pourtant, aujourd’hui, les travaux préliminaires (fouille archéologique, études des sols, déplacement de réseaux) sont en cours de réalisation et l’arrivée de la ligne sur le tronçon ouest imminente.

Dans le contexte déjà très urbain de l’Île-de-France, ce sont plus de 4000 ha d’espaces naturels et agricoles qui sont lourdement menacés.

Mais cela n’est pas inéluctable !

Depuis 2006, des collectifs se mobilisent pour dénoncer ce faramineux gaspillage, le passage en force de l’État. Et la mobilisation s’amplifie avec, depuis maintenant deux ans, l’occupation de champ à Zaclay par le Collectif Contre la Ligne 18 et l’artificialisation des terres.

Les 13 et 14 mai prochains, à l’heure où la menace de la ligne 18 sur les champs est palpable, il est temps d’aller plus loin. Nous appelons à venir en masse défendre et faire vivre les terres du plateau de Saclay lors d’un rassemblement festif et déterminé. Le week-end sera suivi d’une semaine de partage et d’ateliers thématiques et pratiques sur l’avenir d’une agriculture paysanne pour le plateau de Saclay.

Pour signer l’appel, c’est ici !

C’était le programme

Semaine du 8 au 12 mai

Chantiers participatifs !

Samedi 13 mai

10h – Accueil

  • Assemblage des pièces de la charpente
  • Artivisme – réalisation de panneaux et banderoles pour la marche de l’après-midi
  • Formation – déplacement collectif. Comment travailler la cohésion de groupe et former un cortège solidaire

11h – Visite et prise de parole de l’AMAP historique « Les jardins de Cères » à l’occasion des vingt ans de l’association

12h – Cantine et buvette

14h30 – Marche festive et animée :
Entre champs, chantiers et espaces urbanisés

18h – Levée de la charpente de la grange paysanne avec La clé de luttes, fanfare militante

20h – Concerts

Dimanche 14 mai

10h – Construction de la grange paysanne

12h – Cantines et buvette

14h – Assemblée des luttes franciliennes

18h – Bal folk

20h – Sound system

Le programme de la semaine dédiée à l’agriculture paysanne du 15 au 20 mai est à retrouver ici.


Infos générales

Contact : zaclay [a] proton. me

Infos, mises à jour : groupe signal de Zaclay sur ce lien.

Chantiers à Zaclay tous les weekend d’avril-mai pour les pièces de la charpente ET pour aménager le camp pour l’évènement. Chantiers participatifs et d’organisation toute la semaine avant le 13-14 mai ! N’hésitez pas à venir nombreux.se.s et à inviter vos ami.e.s ! Venez avec vous outils.

Chantiers participatifs et d’organisation toute la semaine avant le 13-14 mai !

Pour dormir :

– Il n’y a pas de bâti en dur, ni d’eau courante ou de raccordement réseau (mais on a de l’eau potable). Pensez à prendre une tente !

– Si vous ne pouvez pas dormir en tente, on a des hébergements dispos : nous contacter par mail.

Pour manger et boire :

– Cantine à prix libre sur place pour le petit-déjeuner, déjeuner et diner.

– Prévoyez des en-cas au cas où.

– Bar à prix libre. Alcool à prix fixe.

– Apportez des gourdes/bidons d’eau !

Pour venir :

Zaclay, campement contre la ligne 18 du métro et son monde, est situé sur la RD36, entre Villiers-le-Bâcle et Saclay (localiser sur OpenStreetMap).

Transports en commun : RER B jusqu’à Massy-Palaiseau ou Le Guichet, puis bus arrêt CEA Porte Nord (bus 91-11 ou 91-10) ou Christ de Saclay (bus 9).

Covoiturage : N’hésitez pas à vous organiser avec mobicoop.

Pour toute demande n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse zaclay [a] proton.me ou à passer nous voir à Zaclay.

Les violences sexuelles et sexistes seront combattues pendant ce week-end. Nous proposons une stratégie de lutte collective contre les oppressions (sexisme, racisme, classisme, validisme, etc.) où chaque personne est responsable de son environnement dans la mesure de ses forces.
> Numéro d’urgence à contacter en cas de problème : 07 58 87 59 06.
> Des bénévoles porteront des guirlandes lumineuses, vous pouvez vous adresser à ces personnes en cas d’agression sexiste.
> Une permanence sera tenue au stand FFS pendant les soirées (à coté de l’accueil).

Infoline : 07 58 86 87 37

Informations pour venir sur le camp, infos pratiques de l’évènement.
Numéro à appeler (signal possible)

Legal team (BAJ) : 07 58 94 86 84

Étant donné le contexte répressif des mouvements de contestation (réforme des retraites, soulèvements de la terre), un dispositif de base arrière juridique (BAJ) est prévu en cas de personnes seraient inquiétées par les forces de l’ordre.
Voici un brief juridique pour bien vous préparer au week-end :

Avocate à contacter en cas de problème : Coline Bouillon, barreau de Créteil.

Samedi 13 et dimanche 14 mai 2023, près d’un millier de personnes ont
participé au grand rassemblement organisé à Zaclay par le Collectif
contre la ligne 18 et l’artificialisation des terres (CCL18) pour défendre
une agriculture paysanne et les terres fertiles du plateau de Saclay. Une
grange paysanne est en cours de construction sur le tracé prévisionnel
du tronçon ouest de la ligne 18.
https://lnkd.in/eh5fzXch
Et le programme continue toute la semaine jusqu’au 20 Mai autour de l’agriculture paysanne et du sens que cela prend en contexte péri-urbain francilien.
https://lnkd.in/ePwtfSzp
#agriculturepaysanne #grandparis

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