43 parents drômois attaquent en justice le Préfet de région pour inaction climatique
Maya Baldoureaux-Fredon
43 familles drômoises attaquent en justice le Préfet de Région pour inaction climatique. Ils se sont regroupés en un collectif, nommé « Parents pour la planète. » L’audience devant le tribunal administratif de Lyon s’est tenue ce vendredi 30 juin.

C’est une première en France : 43 familles drômoises attaquent en justice le Préfet de Région pour inaction climatique. Le collectif qui regroupe ces parents s’appelle « Parents pour la planète » et se compose de pères et de mères inquiets pour l’avenir de leurs enfants, face au changement climatique.
L’audience devant le tribunal administratif de Lyon a eu lieu ce vendredi 30 juin. Une partie des demandes du collectif est recevable, selon le rapporteur public, dont le rôle est de donner un avis sur les requête. Le rapporteur public de Lyon a donc proposé le rejet de la requête, tout en reconnaissant sur certains points « l’intérêt à agir« , c’est à dire la légitimité de ces parents drômois. Les juges ont désormais un mois pour rendre leur jugement. Ils peuvent aller dans le sens du rapporteur public, ne pas le suivre du tout ou le suivre en partie.
Action inédite
« Apparemment, c’est une première juridique le fait qu’ils aient reconnu notre intérêt à agir, notre légitimité, sur deux points : la pollution atmosphérique et la biodiversité dans la Drôme« , explique Hélène Fléchet, habitante de Crest à l’origine du collectif et du recours en justice. Les « Parents pour la planète » avancent notamment le fait que la pollution à l’ozone est au-dessus des normes dans la Drôme. « Ce qui est inhabituel, c’est qu’on est de simples citoyens, pas une association ou un organisme« , détaille François Velliet, qui fait également partie du collectif. Habituellement, ce sont en effet les associations qui portent ce genre de requêtes. Le tribunal reconnaît donc la légitimité, pour de simples citoyens, de rappeler à l’ordre l’Etat sur ses obligations en matière de climat.
« Il n’y a pas de droit climatique aujourd’hui, donc on prend des grands engagement internationaux, on vote des lois mais il n’y a aucune contrainte pour que les pouvoirs publics s’astreignent à respecter ces obligations-là« , explique Marie Pochon, députée écologiste de la Drôme. « Cette requête, comme l’ensemble de ces recours, rentre dans cette dynamique-là. On pose l’obligation de respect de protection des droits humains fondamentaux qui sont déjà menacés par le changement climatique. »
Nos familles drômoises l’assurent, elles veulent seulement forcer l’Etat à agir et ne demandent aucune indemnité. Le jugement sera connu d’ici un mois. Le collectif « Parents pour la planète » pourrait faire appel, si le tribunal administratif rejette finalement la requête.
