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Mégabassines – Non aux Premiers prisonniers politiques en France …

Pourquoi cette pétition est importante

Lancée par Manon AUBRY

Un régime qui bascule : voilà le sentiment qui se dessine à l’approche du procès qui se tiendra le 27 juillet 2023, au Tribunal de Grande Instance de Niort. Quatre personnes y comparaîtront. Quatre personnes dont aucune des accusations ne recèle un acte de violence. Pourtant, des moyens d’une envergure sans précédent ont été déployés afin de judiciairement, les réprimer. 

Alors, quel est leur tort ? 

Avoir, tous, participé à la manifestation de Sainte-Soline, le 25 mars 2023.

Le 20 juin, à la veille de la dissolution des Soulèvements de la Terre, une vague d’arrestations et de perquisitions sans précédent, notamment menée par la sous-direction antiterroriste (Sdat), s’abat sur le mouvement écologiste, simultanément, partout en France. Parmi les personnes ciblées : Loïc Schneider, Maraîcher près de Bure (Meuse) et Agent de Service Hospitalier à Nancy (Meurthe-et-Moselle), dont le parcours témoigne d’un acharnement répressif et d’une brutalité judiciaire aujourd’hui portés à leur paroxysme.

Ce matin-là, Loïc est logé dans la cabane sobrement aménagée où il réside, à Montiers-sur-Saulx (Meuse). Dormant à ses côtés, me voilà soudain réveillée par un bruit inhabituel ; quelques craquements dans le jardin tout proche, puis ces mots chuchotés : « Imagine, s’il nous entend. »

En un claquement de doigts, 22 gendarmes du Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) et du Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie de Cattenom (PSPG)une unité de contre-terrorisme – surgissent, hurlant, dans la cabane. Loïc et moi sommes alors attrapés, projetés au sol, quasiment nus, puis chacun maintenus par plusieurs militaires. Une lumière blanche l’aveuglant, une arme de guerre sur sa tempe pointée, Loïc est immédiatement menotté.

En sortant de la cabane après une perquisition rapidement exécutée, Loïc assiste à un ballet spectaculaire : des militaires lourdement armés, portant cagoules, casques, gilets pare-balles, et parfois boucliers, déambulent là, entre fraisiers et chênes que le jeune homme ne cesse, partout, de planter.

La maison de son colocataire, de l’autre côté du jardin, est à son tour superficiellement perquisitionnée. Les moyens sont immenses ; les voisins, les amis qui ont dans la hâte rejoint les lieux, tous sont éberlués par ce déferlement policier : mais que peuvent-ils bien chercher ?

C’est finalement de la bouche d’un enquêteur que les êtres venus soutenir Loïc l’apprendront. Il lâchera, dans un marmonnement embarrassé : « Une robe de moine et un déguisement de lapin rose. »

La maison des parents de Loïc, à Laxou (Meurthe-et-moselle), est elle aussi, dans la foulée perquisitionnée, sans qu’aucun des vêtements ne soit retrouvé.

Loïc sera alors placé en garde à vue, en un lieu isolé, avant d’être transféré à 550 kilomètres de là, à la maison d’arrêt de Vivonne (Vienne), où il demeure en détention provisoire : la procureure de la République et le Juge Igor Souchu, après avoir dressé un portrait aussi fantasmé qu’effrayant de l’être qui se tenait là, ayant décidé de le priver, arbitrairement et jusqu’au procès, de liberté.

Alors, que reproche-t-on à Loïc, qui appellerait un tel déploiement de moyens d’enquête, une arrestation extraordinaire, une détention provisoire ; et à l’horizon, la possibilité de voir durant plusieurs années sa liberté entravée ?

Voici ce dont il est accusé : d’avoir, vêtu d’un costume de moine, participé à la manifestation de Sainte-Soline, le 25 mars dernier ; d’y avoir, sur un véhicule de gendarmerie détérioré, apposé un tag, avant de saisir, durant un instant, un gilet de gendarmerie trouvé au sol.

Pour cela, Loïc, dans les geôles opaques de l’État déjà enfermé, risque 7 ans de prison.
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De la même manière que le rapport de la Ligue des Droits de l’Homme conclut à la responsabilité de l’État sur l’usage disproportionné des armes à Sainte-Soline – et son président de déclarer que « Sainte-Soline est très emblématique de la période que nous vivons en matière d’atteinte aux libertés et de répression des mobilisations sociales » – nous pouvons ici légitimement nous questionner sur l’usage qui est fait des dispositifs et moyens antiterroristes dans ce pays ; ainsi que leur dessein.

Une chose est sûre : rien ne justifie une telle opération. 

Sauf à dévoyer les moyens de l’État à des fins politiques. Sauf à imaginer que ce pouvoir – conscient des grandes bascules planétaires à l’œuvre, du tarissement des ressources qui se profile, de l’effondrement énergétique qui vient, de l’inconnu climatique déjà engagé, du pourrissement généralisé des sols, de l’eau, de l’air et des liens humains ; et de la soif de Justice qui en miroir partout essaime – procède à une opération de communication à grande échelle. Sauf à imaginer que ce pouvoir, pour cela, érige un nouvel épouvantail en tous points fantasmé : celui de l’«écoterrorisme» justifiant surveillance généralisée, dissolutions, emprisonnements arbitraires et ainsi, de dissuader qui sentirait croitre en son cœur les germes de la Justice, de la solidarité et de la Liberté, de se lever.

Le 27 juillet, c’est donc l’indépendance de la Justice, aussi, qui sera questionnée ; ainsi que l’état de vitalité – ou d’anémie – de l’exigence démocratique en ce pays. Car comme nous venons de le voir, par-delà les cas singuliers des quatre personnes ici inculpées, le juge Igor Souchu, à travers son verdict ce jour-là répondra à cette impérieuse interrogation : est-il encore permis, en ce pays, de manifester ? Est-il encore permis, en ce pays, d’exercer ses droits politiques les plus fondamentaux, sans risquer de se voir, un matin, par une brigade antiterroriste brutalement réveillé, à l’autre bout du pays déporté, à ses proches arraché, et à des fins politiques emprisonné ?

Réponse le 27 juillet, à Niort.
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« Je ne suis d’aucun parti si ce n’est celui de la vie. Je suis partisan de ce souffle qui anime chaque être vivant, ce chant de la liberté. »
Loïc Schneider.

Pour Loïc, pour les inculpés de Sainte-Soline : votre soutien est précieux. Signez et relayez cette pétition, afin, le jour du procès, de demeurer symboliquement à leurs côtés.

Merci.

Manon Aubry, compagne de Loïc.

Pour en savoir plus

• Blast – Portrait vidéo : DE SAINTE-SOLINE À BURE : LOÏC, VOYAGE AU CŒUR DE LA VIOLENCE JUDICIAIRE
Reporterre : Après Sainte-Soline, Loïc, poète maraîcher, risque 7 ans de prison
•  APPEL AU RASSEMBLEMENT LE 27/07 DEVANT LE TRIBUNAL DE NIORT

Signatures : 34 962Prochain objectif : 35 000
828 personnes ont signé aujourd’hui

Signez cette pétition

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Loïc : voyage au cœur de la violence judiciaire
Chèr·e·s ami·e·s,D’abord, merci : car désormais, nous sommes 6 000 qui nous tenons aux côtés de Loïc. En quelques jours seulement, goutte après goutte, l’onde est devenue vague. Le moment est venu – à l’approche du procès qui se tiendra à Niort ce jeudi 27 juillet – de nous agréger en un tsunami. Pour cela, continuons – par tous les moyens – à nous mobiliser, à manifester notre soutien à Loïc ; et à travers lui, notre attachement indéfectible aux libertés fondamentales et droits politiques que nous refusons de voir, par ce pouvoir dissouts. Alors, amplifions le mouvement. En visionnant et diffusant, aussi, ce puissant portrait vidéo venant de paraître.Comme le décrivent ses auteurs : « Ceci n’est pas seulement le portrait d’un militant anarchiste, ancien Anonymous, poète, maraîcher et jardinier pirate, qui est de toutes les ZAD, de tous les combats pour la justice sociale. Dans ce Long format, Blast raconte, à travers le destin de Loïc, l’histoire d’une criminalisation judiciaire inouïe contre le mouvement social et écologiste. Une criminalisation qu’on voudrait camoufler sous une robe de moine… »Avec minutie et justesse, ces images retracent, donc, le destin de Loïc : la déferlante judiciaire qui depuis ses 19 ans s’abat sur lui, la violence policière à la quelle il a assisté et dans sa chair vécue, sa peine de prison de 3 ans et son incarcération dans les geôles allemandes pour « deux cailloux », jusqu’à son arrestation, le 20 juin dernier, par une vaste unité de contre-terrorisme, pour des accusations dont aucune ne recèle un acte de violence. Face à ces brutalités, ces images exposent l’humanité profonde imprégnant cet être : son intarissable dévotion à défendre un idéal de solidarité, de Justice, et de liberté, la créativité si singulière dont il fait preuve dans la lutte, son aversion pour la violence et l’injustice, la sensibilité qu’il déploie dans la poésie, sa passion pour le jardinage, la vie qu’il ne cesse – sous toutes ses formes et à toutes les échelles – de répandre ; et ces « bébés fraisiers » que partout il essaime. Le destin de Loïc est, à lui seul, une allégorie. Il est un condensé du monde. Ou plutôt, des mondes : l’un sachant sa fin proche ; l’autre naissant. Loïc – comme nous tou·te·s – avons choisi d’être du côté du présent, et celui de l’avenir : nous sommes du côté du vivant. Pour Loïc, pour les inculpés de Sainte-Soline : érigeons plus fièrement encore la vague qui jeudi déferlera en ce tribunal. Nous pouvons gagner. Nous allons gagner. 6 000 fois et plus encore : merci. Manon Aubry, compagne de Loïc. _____« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Antonio Gramsci.

Manon AUBRY
  • godier VINCENT
    Loic est un homme de grand cœur, nous avons effectué plusieurs voyages en Ukraine à but humanitaire !!Humaniste et poète en aucun ça violent !! ça place n est nullement en prison !! c est un exemple

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