Direct. Résultats des élections sénatoriales : stabilité à droite, la gauche progresse, le RN remporte 3 sièges
Direct. Résultats des élections sénatoriales : stabilité à droite, la gauche progresse, le RN remporte 3 sièges
Par Public Sénat
Comme tous les trois ans, la moitié du Sénat est renouvelée. 170 sièges sur 348 sont en jeu dans 45 circonscriptions, de l’Indre-et-Loire (37) aux Pyrénées-Orientales (66), ainsi que toute l’Île-de-France, 4 départements d’Outre-Mer, Saint-Pierre-et-Miquelon, La Nouvelle-Calédonie et 6 sièges des sénateurs représentant les Français établis hors de France.
80% des sièges sont renouvelés à la proportionnelle, dans les départements élisant trois sénateurs et plus, 20% au scrutin majoritaire, dans ceux élisant un ou deux sénateurs. On compte cette année 1829 candidats. Ce sont 78.000 grands électeurs, issus à 95% des conseils municipaux, qui élisent les sénateurs.
Les groupes politiques s’attendent globalement à une stabilité. La majorité sénatoriale LR-Union centriste ne devrait pas changer de main. Mais l’évolution des rapports de forces, les gains et les pertes, ne seront pas sans effet. Publicsenat.fr vous fait vivre cette élection, tout au long de la journée, avec tous les résultats, les analyses et notre carte interactive. Editions spéciales de 12h30 à14h30 et de 17h30 à 22h30.
Résultats ( 4 non arrivés )
Patrick Kanner s’inquiète du retour du RN au Sénat : “La vague noire est en train de progresser”
C’est une victoire en forme de regret pour Patrick Kanner, l’actuel patron du groupe socialiste du Sénat. Dans le Nord, sa liste n’a fait élire que deux candidats Patrick Kanner et Audrey Linkenheld alors qu’il en visait trois. L’autre sénatrice socialiste sortante, Martine Filleul avait menée, sans succès, une liste dissidente. « Une dissidence qui nous a empêché d’arriver premier et d’avoir le troisième siège », a-t-il analysé au micro de Public Sénat.
Comme dans le Pas de Calais, le département du Nord voit aussi un candidat RN arriver au Sénat. Joshua Hochart. « Je le vis très mal. C’est une élection qui doit tous nous interpeller. La vague noire est en train de progresser […] que tous les républicains se mobilisent pour empêcher ça. Ça passe par des politiques publiques au niveau local et national pour que ceux qui croient au RN aujourd’hui, n’y croient plus demain ».
L’Extrême Droite RN revient au Sénat avec 3 sénateurs
Tandis que Christopher Szczurek a été élu dans le Pas-de-Calais, le parti d’extrême droite enregistre aussi les victoires d’Aymeric Durox en Seine-et-Marne et de Joshua Hochart dans le Nord.
« Nous sortons renforcés », se félicite la présidente du groupe communiste, Éliane Assassi
La présidente du groupe communiste a indiqué à Public Sénat que son groupe, actuellement composé de 15 élus, sortait « renforcé » des sénatoriales
Il ne reste à cette heure ( 22h55) à attendre que les résultats de la Guadeloupe, où trois sièges sont en jeu, ainsi que le sort d’un siège en Martinique, à l’issu d’un second tour.
Élections sénatoriales 2023 : ces nouveaux sénateurs et ces nouvelles sénatrices dont vous allez entendre parler
À l’occasion du scrutin de ce dimanche, ces petits nouveaux font leur entrée au Palais du Luxembourg.
POLITIQUE – Comme attendu, ces élections sénatoriales n’ont pas bouleversé les équilibres du Sénat ce dimanche 24 septembre. Avec, sans surprise, une domination de la droite et quelques percées marginales. Parmi elles, l’arrivée de petits nouveaux au Palais du Luxembourg, qui entreront officiellement en fonction le 2 octobre. Si tous ne sont pas des novices en politique, ces néosénateurs se frottent, pour certains d’entre eux, pour la première fois au mandat de parlementaire national.
C’est notamment le cas de Yannick Jadot. Élu sénateur de Paris via la liste d’union de la gauche portée par le sénateur socialiste sortant Rémi Féraud, l’écologiste était jusqu’ici député européen. Et c’est justement pour avoir davantage de prise sur la vie hexagonale que l’ex-candidat à l’élection présidentielle a frappé à la porte du Sénat. « J’ai envie de contribuer pleinement à la politique nationale », expliquait-il récemment au micro de Public Sénat, soulignant qu’il avait travaillé « quatorze ans sur les lois européennes, notamment en matière d’environnement ».
Raison pour laquelle il souhaitait donc poursuivre ce combat législatif à l’échelle nationale à moins qu’il ne s’agisse, comme le prétendent ses détracteurs, d’un tremplin en vue des municipales à Paris. Au Monde, il assure qu’il n’a pas « d’agenda caché ».
Ian Brossat, de la mairie de Paris au Sénat
Il avait pris une autre dimension au moment des élections européennes de 2019, durant lesquelles il était tête de liste PCF. L’élu communiste de Paris Ian Brossat fait lui aussi son entrée au Sénat. Habitué des plateaux télé en sa qualité de porte-parole du Parti communiste, ce proche de Fabien Roussel est également connu pour avoir mené une véritable guerre à Airbnb dans la capitale, où il est justement en charge du logement comme adjoint à la maire Anne Hidalgo. Une expérience sur laquelle il entend miser au Palais du Luxembourg. « Pour faire bouger les choses, il faut activer des leviers nationaux. La lutte contre la spéculation immobilière suppose des lois pour réguler le prix du foncier, qui nourrit la cherté du prix du logement. Il y a besoin de parlementaires qui agissent à ce niveau, qui portent ces exigences. Je veux prolonger les combats que j’ai menés en tant qu’élu local », expliquait-il début septembre à L’Humanité.
Annick Girardin, ancienne ministre de Macron (et Hollande)
C’est passé à trois voix près. L’ancienne ministre de la Mer et des Outre-mer Annick Girardin (entre 2017 et 2022), a été élue sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon. Un archipel où cette membre du Parti Radical de Gauche avait déjà été élue députée pour la première fois en 2007. Avant de rejoindre Emmanuel Macron, elle avait été nommée par François Hollande secrétaire d’État au développement et à la Francophonie en 2014, puis à la Fonction publique entre 2016 et 2017. Preuve du caractère particulier de ces élections sénatoriales, le siège qu’elle a conquis ne reposait que sur 39 grands électeurs. Elle a ainsi obtenu 20 suffrages (soit plus de 50 % des voix) face à son concurrent divers centre qui en a récolté 17.
C’est donc une élue particulièrement expérimentée qui fait son entrée au Palais du Luxembourg, où elle va siéger au sein du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen (considéré comme le plus vieux groupe parlementaire), les radicaux, et non au sein du Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, présidé par le macroniste François Patriat.
Mathilde Ollivier, la benjamine écologiste
À 29 ans, la nouvelle sénatrice des Français de l’étranger fait son entrée au Palais du Luxembourg. Elle a reçu le soutien de la secrétaire nationale d’EELV, Marine Tondelier et siégera au groupe écologiste du Sénat. Elle habite Vienne, en Autriche, et siégeait déjà à l’Assemblée des Français de l’étranger. Elle est issue des marches pour le climat et s’est engagée en politique pour « changer les choses », comme elle le confiait à au podcast En toute confidence le 7 septembre. Elle dépasse de quelques mois le record détenu par son collègue socialiste Rémi Cardon, né également en 1994 (en mai, elle est née en juin). Lui avait été élu à 26 ans, en 2020, faisant de lui le plus jeune sénateur de la Ve République à l’époque.
Agnès Evren vient grossir les rangs de LR
L’eurodéputée depuis 2019 a fait toute sa carrière politique chez LR. Elle a travaillé dans des cabinets ministériels quand François Fillon était Premier ministre ; elle a ensuite eu un rôle clé pendant sa campagne présidentielle en 2017. Élue conseillère régionale d’Île-de-France en 2015, elle a été vice-présidente de la région de Valérie Pécresse. À 52 ans, elle entre au Sénat, avec le soutien des centristes et pourrait rejoindre le groupe de Bruno Retailleau, largement majoritaire même s’il perd quelques sièges.
Parmi les petits nouveaux, à noter au Parti socialiste l’entrée d’Alexandre Ouizille dans l’Oise d’Audrey Linkenheld dans le Nord et Audrey Belim à La Réunion. Évelyne Corbière est élue aussi à La Réunion, pour « La gauche pour les Réunionnais », soutenue par La France Insoumise. Une victoire dont s’est réjoui l’ancien sénateur Jean-Luc Mélenchon mais qui aura du mal à faire oublier l’échec de son parti. Enfin, notons l’arrivée de Silvana Silvani, sénatrice communiste de Meurthe-et-Moselle.
https://www.huffingtonpost.fr