

Saint-Jean-De-Muzols en Ardèche : 90kms de Die ; 1h30 de déplacement. (à Coté de Tain-Tournon-07 )

Notre biographique : Jean-Louis Virat
Jean-Louis Virat est né en 1947 dans une famille catholique plutôt aisée. Bien qu’élève indocile il a mis les bouchées doubles après le baccalauréat pour devenir expert-comptable après avoir été diplômé de sciences-Po Paris.
Parallèlement il s’est marié à vingt et un ans et eut rapidement trois enfants qui, vingt-cinq ans plus tard, l’ont fait grand-père de dix petits-enfants.
A peine diplômé il s’installait à son compte puis s’associait à l’un de ses confrères. A l’issue de cette association en 1994, Jean-Louis Virat décide de repartir à zéro et de « couler des jours paisibles » à Die (26) où il disposait de sa résidence secondaire. Ce nouveau départ lui aura réservé bien des surprises, de l’arrivée de son premier petit-fils à un contexte professionnel beaucoup plus exigeant que prévu. Ce contexte inattendu l’a donc conduit à développer une entreprise de comptabilité qui a prospéré de Die à Livron et à Crest, dans toute la Biovallée. A soixante-dix ans il quitte ses trente collaborateurs et ses deux jeunes associés après une prise de retraite progressive. Outre une activité qu’il a voulu novatrice sur le plan relationnel, humain et technologique, Jean-Louis Virat a servi sa profession en étant élu au conseil de l’ordre des experts comptables.
La politique l’a interpellé brièvement et après avoir été aux côtés de Pierre Larrouturou pour les élections législatives de 1997 puis candidat aux élections cantonales de 2004, il a acquis la conviction que les engagements associatifs convenaient mieux à sa nature.
Son entrée progressive en retraite à partir de 2012 et sa rencontre avec l’Association « Écologie au Quotidien » constituent un élément marquant dans ses engagements. Bien que conscient des « menaces climatiques », il s’en remettait jusque-là aux responsabilités de nos dirigeants. « Écologie au Quotidien » est venu bousculer cette passivité face à une gravité croissante de la situation. La responsabilité vis à vis des jeunes génération n’a dès lors cessé de s’amplifier… nourrie par la richesse des échanges et des actions tant à l’occasion des « Rencontres de l’Écologie » que grâce aux différents engagements et responsabilités qui sont venus s’ajouter localement et nationalement.
Outre « Ecologie au Quotidien », citons « Le Laboratoire de la Transition » qu’il a créé avec Olivier De Schutter, Rapporteur spécial aux Nations Unies, le « RéDAR » qui vient en aide à des familles de réfugiés en situation régulière, l’association des acteurs de la « Biovallée », ainsi que diverses associations locales auxquelles il apporte une contribution active. En « complément » de ces engagements il participe activement à l’animation de trois autres associations « nationales » : « Grands-Parents pour le Climat », l’association des « lecteurs d’Alternatives Économiques » et l’association des « Convivialistes » qui viennent nourrir ou inspirer ses actions de terrain qui, en retour, alimentent les nécessaires réflexions plus « théoriques ».
C’est peut-être ce qui explique sa curiosité et son gout pour l’écriture d’articles qui témoignent de regards décalés pour sortir de conformismes et de dogmatismes qui lui semblent stériles. Et dans cet esprit « trans-classes », non conformiste, il s’adresse « aux plus riches » dans un ouvrage paru en 2020 : « Nantis sceptiques, devenez écolos ! Et changez le monde, vous aussi » !
C’est une étape dans un cheminement qui se nourrit de cet entrecroisement d’actions et d’échanges. Pour Jean-Louis Virat, l’horizon est sombre, l’effondrement restant pour lui une éventualité. Mais il aime citer l’exemple de la Résistance durant la dernière guerre. Encore faut-il ne pas se tromper de bataille. Iconoclaste (ni la technologie des « techno-croissantistes, ni le repli d’une écologie extrémiste ou intégriste), il plaide pour une « écologie intégrée » dans un monde « moderne » et cherche à imaginer une « transition populaire » nécessairement juste vers une sobriété désirable, conviviale et solidaire qui fasse contrepoids au consumérisme individualiste addictif, vide de sens et qui risque de conduire le monde à sa perte.
C’est à la jeunesse qu’il s’adresse en priorité avec les animations du « Laboratoire de la Transition » dans les établissements scolaires drômois mais aussi dans le cadre du SNU. Depuis 2023 il prépare différentes actions pour les associations locales et les collectivités en escomptant leur mise en œuvre à partir de 2024. Mais c’est aussi aux séniors qu’il s’adresse. Face à « l’insouciance triste » de nombreux adultes il rêve d’une solidarité intergénérationnelle qui lui a déjà valu le trophée « héros Notre Temps* » en 2022.
A la fois « chien dans un jeu de quilles » et « ouvreur de voies », nul doute qu’il devrait continuer d’apporter de nouvelles initiatives.
Claude Veyret
* Trophée « héros Notre Temps* » en 2022 : https://www.notretemps.com/notre-temps-et-vous/evenements-notre-temps/les-heros-de-notre-temps-2022