Guerre en Ukraine : Les autorités ukrainiennes ordonnent l’évacuation d’enfants autour de Koupiansk
Le Danemark va donner à l’Ukraine du matériel militaire pour un montant de 3,7 milliards de couronnes (480 millions de francs), a annoncé jeudi le ministère de la Défense, confirmant le «soutien indéfectible» du pays scandinave.
«Ce don comprend des chars, des véhicules de combat d’infanterie, des munitions d’artillerie, des drones et des armes légères», a indiqué le ministère dans un communiqué.
Deux jours après une visite du ministre de la Défense danois à Kiev, cette treizième donation comprend des équipements demandés par l’Ukraine, notamment des munitions, des pièces d’artillerie, des chars et des véhicules blindés, lesquels sont financés en coopération avec l’Allemagne.
«Le don d’aujourd’hui confirme que l’Ukraine peut compter sur le soutien indéfectible du Danemark dans sa lutte pour la liberté», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, cité dans le communiqué.
«Ce don envoie également un signal important à l’Ukraine et à la Russie : nous ne perdrons pas de vue notre objectif, même si l’attention du monde entier est actuellement tournée vers Israël et la Palestine», a-t-il ajouté.
Après avoir échoué à percer le front sud, les troupes de Kiev font face à plusieurs contre-attaques russes. De quoi aborder l’hiver en position délicate.

Les services de sécurité russes (FSB) ont affirmé jeudi avoir tué, lors d’une tentative d’arrestation en Russie, un homme qui, recruté par l’Ukraine, s’apprêtait à poser une bombe dans un centre d’enrôlement militaire.
Selon le FSB, ce citoyen russe devait commettre un «acte terroriste planifié par les services spéciaux ukrainiens dans la région de Tver», située à 180 kilomètres au nord-ouest de Moscou.

Cet homme est accusé d’avoir transmis à l’Ukraine des informations sur «les installations militaires et l’infrastructure énergétique de la région» et prévoyait de faire exploser une bombe artisanale dans un bâtiment du commissariat militaire de la ville de Tver, selon la même source.
«L’auteur a opposé une résistance armée lors de son arrestation et a été neutralisé», a ajouté le FSB, qui dit avoir saisi chez lui «un engin explosif improvisé prêt à l’emploi et une grenade».
Un homme de 33 ans arrêté
Le Comité d’enquête russe, chargé des principales investigations criminelles, a de son côté annoncé jeudi l’arrestation d’un natif de la ville ukrainienne de Melitopol, occupée par les forces russes.
Cet homme de 33 ans qui réside en Russie depuis 2015 est accusé d’avoir voulu tuer en les empoisonnant des étudiants diplômés d’une école d’aviation militaire de la région de Krasnodar (sud).
Selon les enquêteurs, il leur a «fourni des boissons alcoolisées et des confiseries contenant un produit médicamenteux toxique à forte dose».
Les services de sécurité russes annoncent régulièrement l’arrestation ou l’élimination de «saboteurs» ou d’agents ukrainiens en Russie ou en Crimée annexée, mais ils ne révèlent que peu de détails sur ces affaires.
La diplomatie russe s’en est vivement prise à Malte jeudi, l’accusant d’accueillir des pourparlers «anti-russes» sur l’Ukraine, malgré la participation à ce format de discussions de pays alliés au Kremlin.
«Il est évident que des démarches (comme la réunion de Malte des 28 et 29 octobre, ndlr) n’ont absolument aucun avenir, elles sont juste contreproductives», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.
«On ne peut que regretter que Malte (…) soit devenue aujourd’hui la tribune d’un évènement profondément partial et anti-russe, qui n’a rien à voir avec un règlement pacifique de la crise ukrainienne», a-t-elle ajouté.
Plusieurs dizaines de pays
Cette réunion au niveau des conseillers diplomatiques de plusieurs dizaines de pays est prévue ce weekend à huis clos à Malte, la troisième rencontre du genre après celles de Copenhague en juin, puis Jeddah en août.
Ces discussions, où il est notamment question du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ont la particularité de voir participer des pays alliés à la Russie ou qui se sont gardés de condamner son attaque, comme la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et l’Inde.
Après la réunion de Jeddah, qui avait rassemblé les représentants d’une quarantaine d’Etats, Moscou avait dénoncé cette initiative.
Les autorités ukrainiennes ont ordonné jeudi l’évacuation des enfants de dix localités situées à proximité de la ville de Koupiansk, dans le nord-est du pays. Les troupes russes y mènent une offensive depuis plusieurs mois.
«L’administration militaire de la région de Kharkiv prévoit d’évacuer obligatoirement les enfants de dix localités dans le secteur de Koupiansk», a annoncé sur Telegram le ministère ukrainien de la Réintégration des territoires occupés.
Au total, quelque 275 mineurs seront concernés par cette mesure, y compris à Koupiansk même, ville qui comptait quelque 25’000 habitants avant la guerre, a-t-il précisé.

Les autorités ukrainiennes avaient déjà procédé à de premières évacuations de civils autour de Koupiansk en août, face à l’avancée des forces de Moscou, dont les positions se trouvent à une dizaine de kilomètres de la ville.
Si l’armée russe n’a jusqu’à présent pas réalisé de percée dans ce secteur, ses troupes y sont à l’initiative, comme près d’Avdiïvka plus au Sud, qu’elles essayent d’encercler depuis plusieurs semaines, au prix de lourdes pertes selon les observateurs.
Armée russe à l’initiative
Le chef de l’administration militaire d’Avdiïvka, Vitaly Barabach, a une nouvelle fois fait état jeudi d’une «situation pas facile» avec des frappes russes «24 heures sur 24» sur les positions ukrainiennes et la ville.
«L’ennemi tente d’encercler la ville à la fois par le Sud et par le Nord (…) L’ennemi utilise beaucoup d’artillerie, de canons anti-aériens et l’aviation», a-t-il indiqué à la télévision ukrainienne.
Selon lui, 1598 civils restent à Avdiïvka malgré les combats, sur les quelque 30’000 que comptait la ville avant l’invasion russe. «Hier, nous n’avons pu évacuer qu’une seule personne», a regretté M. Barabach.
L’armée ukrainienne a assuré de son côté dans son rapport matinal que ses soldats «tiennent fermement la défense et infligent des pertes significatives à l’ennemi» à Avdiïvka. Elle a affirmé avoir repoussé 13 attaques russes à Koupiansk.
Ailleurs en Ukraine, un adolescent de 16 ans a été tué dans un bombardement ayant visé le village de Pojnia, dans le nord-est du pays, a indiqué sur Telegram le ministre de l’Intérieur, Igor Klymenko.
Les députés russes ont approuvé jeudi en première lecture le projet de loi du budget 2024-2026 prévoyant une envolée de 70% des dépenses militaires l’an prochain, le Kremlin réorientant toute sa politique vers l’effort de guerre.
A la Douma, la chambre basse du Parlement, 320 députés ont voté en faveur du budget triennal et 80 se sont prononcés contre. L’explosion des dépenses de Défense illustre la détermination farouche de Moscou à poursuivre son assaut en Ukraine malgré l’important coût humain et économique.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est dit «fier» de «garder ouverte» la communication avec Moscou malgré la guerre en Ukraine, revendiquant sa «stratégie» en faveur de la paix, à son arrivée jeudi à un sommet européen à Bruxelles.
«Nous maintenons ouvertes toutes les lignes de communication avec les Russes. Sinon, il n’y aura aucune chance de paix. Il s’agit d’une stratégie. Nous en sommes fiers», a déclaré le dirigeant nationaliste, qui a rencontré le président russe Vladimir Poutine le 17 octobre en Chine.
Le Kremlin a jugé jeudi que la décision de la Slovaquie d’arrêter de livrer des armes à l’Ukraine n’allait guère changer le conflit, vu la part minime de ce pays dans les livraisons occidentales d’armes à Kiev.
«La part de la Slovaquie dans les livraisons d’armes (à Kiev, ndlr) n’était en effet pas si grande, et c’est pourquoi cela ne va guère affecter tout le processus», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avant d’accuser une fois encore les Etats-Unis d’alimenter le conflit en aidant l’Ukraine.
Un tribunal de Stockholm a relaxé jeudi Sergeï Skvortsov, un homme d’affaires russo-suédois qui était accusé d’avoir transmis illégalement des technologies aux services de renseignement russe.
«La question principale dans cette affaire est de savoir si les activités de l’accusé auraient pu conduire à l’espionnage» mais l’accusation «n’a pas été en mesure de prouver» que c’était son intention, a dit le juge Jakob Hedenmo dans un communiqué.
Le nouveau Premier ministre slovaque Robert Fico ( Extrême droite ) a annoncé jeudi l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine, limitant le soutien à son voisin à l’»aide humanitaire et civile».

«Nous considérons l’aide à l’Ukraine uniquement comme une aide humanitaire et civile, nous ne fournirons plus d’armes à l’Ukraine», a déclaré M. Fico, au lendemain de sa nomination à la tête d’un gouvernement de coalition associé à un parti d’extrême droite prorusse.
La Russie a procédé mercredi à des tirs d’essai de missiles balistiques visant à préparer ses forces à une «frappe nucléaire massive» de riposte, au moment où elle s’apprête à sortir du traité interdisant les essais nucléaires.
De hauts responsables russes ont menacé à plusieurs reprises de se servir de l’arme nucléaire depuis le début du conflit en Ukraine en février 2022. A d’autres reprises, Vladimir Poutine s’est pour sa part voulu rassurant à ce sujet.
Le président russe a supervisé mercredi ces exercices qui ont impliqué le tir d’un missile balistique intercontinental Iars à partir du cosmodrome de Plessetsk dans le nord-ouest et d’un missile balistique Sineva d’un sous-marin en mer de Barents. Des avions à long rayon d’action Tu-95MS ont également procédé à des tirs de missiles de croisière, d’une portée inférieure et parfois utilisés dans des frappes en Ukraine.
«Sous la direction du commandant suprême des forces armées russes, Vladimir Poutine, un exercice d’entraînement a été mené (…). Des tirs d’entraînement de missiles balistiques et de croisière ont eu lieu», a annoncé le Kremlin.

Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a quant à lui expliqué dans son rapport que ces manoeuvres visaient à simuler le «déclenchement d’une frappe nucléaire massive par les forces offensives stratégiques en réponse à une frappe nucléaire ennemie».
Son ministère a diffusé sur Telegram des images montrant un missile s’envoler dans un ciel nocturne dans un halo de lumière ainsi que d’un bombardier en train de décoller à partir d’un tarmac.
Dans un court extrait fourni par la télévision publique russe, on voit Vladimir Poutine écouter le rapport de Sergueï Choïgou et celui du chef d’état-major Valéri Guérassimov après ces manoeuvres.
La doctrine nucléaire russe prévoit un recours «strictement défensif» à l’arme atomique, en cas d’attaque de la Russie avec des armes de destruction massive ou en cas d’agression avec des armes conventionnelles «menaçant l’existence même de l’Etat».
Abandon de traités
Les exercices de mercredi sont rendus publics le jour même où la chambre haute du Parlement russe, le Conseil de la Fédération, a approuvé la révocation de la ratification du Traité d’interdiction des essais nucléaires (TICEN).
Les sénateurs ont voté le texte à l’unanimité par 156 voix, ouvrant ainsi la voie à sa promulgation par Vladimir Poutine. Celle-ci ne fait guère de doute, le président russe ayant été à l’origine de cette mesure. Pour Moscou, l’abandon de ce traité vise à «rétablir la parité» stratégique avec les Etats-Unis, qui ne l’ont jamais ratifié.
Cette révocation soulève la crainte d’une intensification de la course aux armements. La Russie, depuis la dislocation de l’URSS, n’a pas procédé à de tels essais. Le dernier, du temps de l’Union soviétique, remonte à 1990 et le dernier des Etats-Unis à 1992. Vladimir Poutine a pour autant affirmé début octobre ne pas savoir dans l’immédiat si son pays allait reprendre les essais nucléaires.
La Russie a déjà abandonné plusieurs traités de désarmement nucléaire ces dernières années, dont l’important accord New Start avec les Etats-Unis. Elle a aussi déployé à l’été 2023 des armes nucléaires tactiques, moins puissantes que les ogives des vecteurs stratégiques, au Bélarus, son plus proche allié et un voisin de l’UE.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a assuré mercredi que son pays ne parlerait de contrôle des armes nucléaires que lorsque Washington, le principal soutien militaire et financier de l’Ukraine, cesserait d’être «hostile» à Moscou.
La Russie, héritière de la puissance nucléaire soviétique, et les Etats-Unis détiennent à eux deux près de 90% de toutes les armes nucléaires présentes sur la planète.
Vladimir Poutine, qui a vanté ces dernières années les nouveaux armements russes mis au point, capables selon lui de percer les boucliers antimissiles existants, a assuré que la Russie était en train d’achever les essais de deux d’entre eux : le Bourevestnik et le Sarmat.
Le président russe Vladimir Poutine a supervisé mercredi des exercices militaires impliquant des tirs de missiles balistiques, le jour même où les députés russes ont approuvé la sortie du pays du traité interdisant les essais nucléaires.
«Sous la direction du commandant suprême des forces armées russes, Vladimir Poutine, un exercice d’entraînement a été mené (…). Des tirs d’entraînement de missiles balistiques et de croisière ont eu lieu», a indiqué le Kremlin dans un communiqué.
Un opposant russe à l’assaut de la Russie contre l’Ukraine, Mikhaïl Kriger a vu sa peine de sept ans de prison confirmée en appelé mardi, selon plusieurs ONG, en pleine répression des voix critiques du Kremlin.
Selon l’ONG Memorial, M. Kriger a proclamé peu avant la sentence que le président russe Vladimir Poutine était le «terroriste N°1 dans le monde» et lancé dans la salle «Slava Oukraïni!», soit «Gloire à l’Ukraine».
Arrêté en novembre 2022, le prévenu avait été condamné en mai à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme», «incitation publique à l’extrémisme», notamment pour avoir souhaité voir M. Poutine pendu, dans des messages publiés sur Facebook avant l’offensive de février 2022.
Ces messages, selon l’accusation, justifiaient également un attentat commis contre l’antenne des services de sécurité (FSB) à Arkhangelsk (nord-ouest) en 2018 et un autre en 2019 contre le siège du FSB à Moscou.

Mais l’opposant, lors de son procès en mai, a affirmé que ces messages étaient utilisés comme des «prétextes» pour punir son militantisme «antiguerre» et «pro-ukrainien», tout en répétant vouloir voir le président russe pendu comme «d’autres criminels de guerre».
Mardi, une cour d’appel militaire de la ville de Vlassikha, dans la région de Moscou, a maintenu sa condamnation et la peine de sept ans ferme prononcée en première instance, ont rapporté Memorial et OVD-Info, des ONG spécialisées dans le suivi des répressions politiques.
La Russie réprime depuis des années les voix critiques, mais la campagne de répression a pris une ampleur considérable avec l’assaut contre l’Ukraine en février 2022.
La quasi-totalité des opposants d’envergure ont été emprisonnés ou poussés à l’exil et des milliers de Russes ordinaires ont été poursuivis pour avoir manifesté leur désaccord avec le Kremlin. Selon l’ONG Memorial, elle-même victime de la répression, le pays compte actuellement au moins 634 prisonniers politiques.
Le soutien apporté à Israël après l’attaque sanglante lancée par le Hamas ne viendra pas contrecarrer l’aide apportée à l’Ukraine, a assuré mardi le chancelier allemand Olaf Scholz.
«Nous soutenons l’Ukraine économiquement, financièrement, avec une aide humanitaire mais aussi avec des armes. Ce soutien ne sera en aucun cas affecté par le fait que, depuis les horribles heures du matin du 7 octobre, nous sommes tournés vers Israël et le Moyen-Orient avec la plus grande compassion et la plus grande inquiétude», a déclaré le chancelier allemand au cours d’un forum économique germano-ukrainien à Berlin.
«Israël et l’Ukraine bénéficient de notre solidarité indéfectible», a encore affirmé Olaf Scholz qui avait été le premier chef de gouvernement à se rendre en Israël après l’assaut meurtrier du Hamas.

Vladimir «Poutine a envahi l’Ukraine parce que, dans son aveuglement impérialiste, il s’attendait à une victoire facile et rapide. Il s’est trompé. Et il se trompe à nouveau s’il pense pouvoir tenir plus longtemps que nous», a poursuivi Olaf Scholz.
L’Allemagne est au deuxième rang des pays pourvoyeurs d’aide financière et militaire à l’Ukraine, derrière les Etats-Unis, Olaf Scholz rappelant mardi que l’enveloppe totale de cette assistance à Kiev s’élevait à 24 milliards d’euros depuis le début de l’offensive russe en février 2022.
«Notre promesse tient toujours», a assuré M. Scholz en présence du Premier ministre ukrainien Denys Chmygal qui participait au forum. «Avec nos partenaires de l’UE, du G7 et de nombreux autres pays, nous ne laissons planer aucun doute sur notre détermination et notre capacité à tenir bon», a-t-il ajouté.
Un tribunal russe a ordonné lundi le placement en détention provisoire «jusqu’au 5 décembre» de la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva, arrêtée la semaine dernière, devenant le second reporter américain détenu dans le pays, ont indiqué les agences de presse russes.
Le tribunal Sovetski de Kazan, dans la région du Tatarstan, a indiqué avoir validé ainsi la demande des enquêteurs qui ont arrêté mercredi la journaliste, l’accusant de manquements liés à son inscription au registre des «agents de l’étranger».
Les forces russes ont abattu dimanche trois missiles ukrainiens visant la Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou et régulièrement visée par des frappes des forces de Kiev, a affirmé un responsable russe.
«Trois missiles ennemis en direction de la Crimée ont été abattus» dans la région de Kherson, a déclaré sur Telegram le responsable Vladimir Saldo, installé par Moscou à la tête des zones occupées de cette zone du sud de l’Ukraine.
Au moins six personnes ont été tuées et 14 blessées samedi par des tirs de missiles russes sur un dépôt postal de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, ont rapporté des responsables locaux. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a partagé sur les réseaux sociaux une vidéo de ce qui semble être un entrepôt gravement endommagé à côté de débris et d’un conteneur portant le logo de l’opérateur postal ukrainien Nova Pochta.
«Les six personnes tuées et les 14 blessées par l’attaque des occupants étaient des employés de l’entreprise qui se trouvaient à l’intérieur du terminal de Nova Pochta», a indiqué le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Sinegoubov. «Les victimes, âgées de 19 à 42 ans, ont été blessées par des éclats d’obus et le souffle (des explosions)», a-t-il ajouté.
Quatorze personnes sont hospitalisées, dont 7 dans un état grave, selon Oleg Sinegoubov. «L’analyse des débris se poursuit sur les lieux afin d’établir le nombre exact de blessés et de morts», a déclaré le porte-parole du bureau du procureur régional Dmytro Tchoubenko au média public Suspilne.
Plusieurs frappes russes ont fait au moins trois morts et quatre blessés en Ukraine durant les dernières 24 heures, notamment à Kryvyï Rig, ville natale du président Volodymyr Zelensky, ont annoncé samedi les autorités ukrainiennes.
Dans la soirée de vendredi, le bombardement d’une zone résidentielle a fait un mort et un blessé à Kryvyï Rig, dans la région de Dnipropetrovsk (sud), selon la police nationale.
La personne blessée, une femme de 57 ans, a été touchée par des éclats d’obus et est hospitalisée dans un état grave, a indiqué l’administration présidentielle.

Un incendie a également été provoqué dans la nuit par une frappe sur un complexe industriel, ont déclaré les forces de l’ordre, précisant que le feu avait été éteint. «Des infrastructures essentielles sont endommagées», a ajouté l’administration présidentielle en évoquant cet incendie.
Une autre personne est décédée dans un bombardement à Nikopol, ville située sur la rive du fleuve Dniepr, à une centaine de kilomètres à l’est de Kryvyï Rig, a affirmé l’administration régionale. Encore plus au sud, dans la région de Kherson, une série de frappes a fait un mort et un blessé depuis vendredi matin, selon les autorités nationales.
Des attaques ont également fait deux blessés au total dans les régions de Kharkiv et Donetsk, à l’est. L’administration présidentielle a indiqué que plusieurs localités de la région de Donetsk s’étaient trouvées «sous le feu des Russes», dont Avdiïvka.
Cette cité industrielle, quasiment située sur la ligne de front depuis 2014, est le théâtre de violents combats depuis mi-octobre, l’armée russe y ayant lancé plusieurs assauts.
La Russie a affirmé vendredi avoir repoussé des assauts ukrainiens sur la rive gauche du Dniepr qu’elle occupe et où se déroulent, selon des blogueurs militaires, des incursions, Kiev tentant d’y ancrer ses forces.
«L’ennemi a tenté à plusieurs reprises de s’emparer de têtes de pont sur des îles et la rive gauche du Dniepr (un fleuve devenu ligne de front, ndlr) (…) mais sans succès», a affirmé dans son rapport quotidien le ministère russe de la Défense, précisant que les 36e et 38e brigades d’infanterie de marine ukrainiennes avaient mené ces assauts.
L’Ukraine est engagée depuis juin dans une contre-offensive pour libérer ses territoires de l’est et du sud de son territoire. Mais, jusqu’ici, les avancées ont été limitées. Interrogés par les l’AFP, les responsables ukrainiens n’ont pas souhaité s’exprimer sur ces opérations dans la région méridionale de Kherson, où chaque camp contrôle une rive du Dniepr.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le chef d’état-major de l’armée Valery Zaloujny ont cependant eu une réunion avec de hauts responsables militaires dans la région de Kherson vendredi, a annoncé la présidence. «Volodymyr Zelensky et les commandants ont discuté des opérations actuelles des défenseurs ukrainiens dans le sud», parmi d’autres sujets, a-t-elle souligné dans un communiqué.
La chaîne Telegram Rybar, proche de l’armée russe et suivie par plus d’1,2 million de personnes, a de son côté évoqué jeudi soir un débarquement d’unités ukrainiennes près du village de Krynky sur la rive gauche du Dniepr, qui sont «parvenues à (y) prendre pied».
Plus à l’ouest, dans le secteur de Pichtchanivka, également sur la rive gauche, Rybar a signalé la présence de soldats ukrainiens près d’un pont reliant les deux côtés du fleuve.
Selon une autre chaîne Telegram proche des militaires russes, WarGonzo, suivie par plus d’1,1 million de personnes, «les troupes ukrainiennes tentent de prendre pied et de constituer des réserves pour développer leur initiative sur la rive du Dniepr contrôlée par l’armée russe».
La contre-offensive des forces ukrainiennes dans le sud et l’est ne leur a jusqu’à présent permis de reprendre qu’une poignée de villages. Les militaires russes ont de leur côté déclenché des offensives dans l’est et le nord-est, avec également peu de succès.
La ligne de front n’a guère évolué depuis que les forces ukrainiennes ont repris en novembre 2022 la ville de Kherson sur la rive droite du Dniepr.
Le Kremlin a jugé vendredi «inacceptables» les propos du président américain Joe Biden sur son homologue russe Vladimir Poutine, qualifié de «tyran».

«Une telle rhétorique ne convient guère à des chefs d’Etat et est inacceptable pour nous», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. «Nous n’acceptons pas un tel ton à l’égard de la Fédération de Russie, à l’égard de notre président», a-t-il ajouté.
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